‹ Les transformations de l'armée françaiseChapitre 10 sur 174 · juillet, — 1k juillet · texte numérisé non relu

juillet, — 1k juillet

Curely, — Curély. Même correc-

tion toutes les fois que se présente le nom de Gurélv.

Creuilly,

Pourpry,

quatre années,

au sous-officier,

ont,

Friant,

maestricht

15 juillet,

15 juillet,

Pourpry,

Giers,

impérieuse.

lisez : Cœuilly.

Poupry.

— sept années.

— aux sous-officiers.

— .sont.

— Morand.

— mu'skirch.

1\ juillet.

- 2ï juillet.

— Poupry.

— Gien.

— inférieure.

DE

But de l'ouvrage. — Nécessité de l'étude de l'histoire. — Leçons du passé. — Défenses de Grave, de Lille, de Saint-Sébastien ; capitulation de Soissons. — Surprises de Crefeld, de Taroulino et de Bcaumont. — Poursuites après Frœschwiller, léna, la Katzbach, Waterloo. — Bataille de Fontenoy. — Mot du prince de Ligne. — Nos délailes ne sont pas dues à nos règlements vieillis, mais à Tinobservauce de ces règlements. — Dissémination des corps d'armée en 1870. Inaction de la cavalerie. Observations du maréchal Niel. Indications du général de Brack. — La tactique change tous les dix ans, mais le côté moral de la guerre reste le même. — Exemples à éviter ou à suivre. — Baylen, le 116« régiment. — Capitulation de Minden. — Beni-Mered, Camaron, Tuyen-Quan. — Villcroy à Crémone, Bizanet à Berg-op-Zoom. — Brenier à Almeïda, Ortega à Puebla. — Kléber à Torfou, le capitaine de Saint-Sauveur à Gand. — Mot de l'amiral Jurien de la Gravière. — Von der Goltz, la Nation armée.

Celui qui écrit ces pages est entré dans TarinOe il y a quarantesix ans; les chemins de fer étaient alors dans l'enfance; le télégraphe électrique n*exislait pas encore; il n'était question ni des armes à tir rapide, ni des canons se chargeant par la culasse, et ridée de la nation ai^mée se résumait dans la légende de 1792. Depuis lors, les conditions de la vie des peuples et des individus ont été transformées, et les institutions militaires ont subi le contre-coup de cette transformation. Il est donc naturel à un vieux soldat de chercher à comparer ce qu'il a trouvé à son début avec ce qu'il a laissé en terminant sa camère active. Comme à ses yeux la guerre de Crimée marque à la fois Tapogée et le commen-

cément de la décadence de Tancienne armée, il avait d^abord pris la date de cette gueiTe, c'est-à-dire Tannée 1854, pour premier terme de sa comparaison ; entraîné par le sujet, il s'est laissé aller peu à peu à remonter plus haut sans limite déterminée, afin de mieux juger de Tenchaînement des faits et de pouvoir motiver ses appréciations sur une plus longue expérience.

En opposant Tarmée d'autrefois à celle d'aujourd'hui, il ne recherche pas la stérile satisfaction d'écraser le présent sous les souvenirs du passé. Il n'a pas méconnu la loi du progrès et la force des événements au point de rêver le retour à une organisation qui a fait son temps. Enfin, il ne croit pas avoir obéi à ce sentiment si commun chez les hommes de son âge, qui, au fond, ne regrettent qu'eux-mêmes et leui's jeunes années dans les institutions et dans les mœurs qu'ils ont connues jadis.

Loin de lui la prétention d'écrire l'histoire complète de l'armée ou d'élaborer un cours d'organisation ou d'art militaire. 11 abandonne cette tâche à de plus jeunes que lui, ayant devant eux des années qu'il n'est pas «en droit d'espérer. D'ailleurs, plusieurs ouvrages de ce genre ont été déjà publiés, et parmi eux il en est d'excellents.

Ce qu'il se propose, c'est d'étudier les transformations successives qu'a subies, principalement pendant ces trente dernières années, l'état militaire de la France, pour signaler les changements motivés par les événements ou dictés par le bon sens et justifiés par les résultats, au milieu des dispositions inspirées par une fausse appréciation des faits, par un esprit exagéré d'imitation servile, par les sophismes de certains écrivains militaires ou par l'influence de la politique; en un mot, de constater le progrès partout où il se manifeste et de dénoncer toute erreur qui lui paraîtra porter en elle un germe de décadence.

Dans ces causeries familières, il s'adresse à la fois à ses contemporains ou à ceux qui l'ont suivi de près , espérant qu'ils y retrouveront leurs propres souvenirs et y reconnaîtront quelquesunes de leurs impressions personnelles, et aux jeunes officiers d'aujourd'hui, si avides de savoir, mais trop portés à dédaigner un passé qu'ils n'ont fait qu'entrevoir à travers le voile de nos désastres.

Si pour celui qui le coimatt i fond, c'est une source iil^puisatlc d'enseignoûieiUg, et nous nous étonnoos du mépris avec lequel il cel trop gouveiU traité par (les auteurs qui placent toutes les conditions du Biiccès à la guerre dans les détails tecli- * niques. Certes la substitutlou de ta colonne de peloton à la colonne de compagaie, le nouvel ordre normal de marche, l'allégemenl de la charge du cheval de dragon ou de chasseur, la Cormation en ligne de masses, le perfeciionnement d'un obus à balles, le réglage du tir d'une kitterip sont des questions dont nous nous garderons bien de contester l'importance capitale; mais pense- t-on qu'uu officier sauva tout ce qu'il lui est indiepensable de savoir, lorsqu'il les aura étudiées à fond?... Ne trouyera-t-il plus rien à apprendre dans l'histoire de ce passé si dédaigné aujourd'hui ? Son esprit mî- Utairu ne ce dévoloppera-t-il pas enlisant non seulement Biigeaud, Marmont, Moi-and, Foy, Saint-Cyr, l'archiduc Chai'les, Jomini, Napoléon, mais eacoro Feuquières, Guibert, Puységur, le prince de Ligne, le maréchal de Saxe, Berwick, Frédéric II? Pense-t-on, par exemple, qu'en dépit des perfectionnements apportés k la forti- Bcaliou, à l'artillerie et aux armes â feu, les défenses de Grave on 1074 par M. de Chamilly et de Lille en 1708 par le duc de Boufflers ne soient pas restées, aussi bien que les longues résistanuGS du général Diibreton à Uurgos en 1812 et du général Rey à Saint- Sébastien en 1813, des exemples à mettre sous les yeux de tout gouverneur de forteresseV La triste capitulation de Soiesons, en 1814, n'est-elle pas encore citée comme une preuve del'imporlance que l'événement peut donner à une place, si petite qu'elle soit? Regarderait-on par hasard comme des vieilleries surannées las indications si claires et si nettes qu'a données le marécliiil de Berwick sur la guerre dans les Alpes? La surprise do l'armée du comte de Clermont par le duc de Brunswick à Crefeld, pendant la guerre de Sept ans, celle de Murât par Kutusor à Taroutino, dans la campagne do 1812, cellephis incroyable encore du général de Failly par l'armée allemande à Beaumout pendant la dernière guerre ', ne sont-elles pas, en dépit de tous les chauge-

1. La reîseiDblanco rntpc CreMil et Beniimoiil est Trapiianlt' : If» reconnals- MSOes Uu matin uo irouvont pas l'ennemi, le eioéral en ulior surpris ft son dé- Jeunar par le prrmier coup du canon, des bïlieries di8|iosi«3 & loisir sur la Unira ù'iiu bois. i-tc...

menls survenus dans Tart de la guerre, trois événements presque identiques à des intervalles de cinquante ans? Les préparatifs si complets et si bien ordonnés de Texpédition d'Egypte et de celle d'Alger ne font-ils pas honte aux organisateurs de toutes ces entreprises décousues dont nous avons été les témoins, depuis la * guerre de Crimée jusqu'à celle du Tonkin* ?

Lorsqu'il s'agira d'étudier la question capitale de la poursuite des armées vaincues, prendra-tonpour modèle l'armée prussienne laissant les Autrichiens gagner sur elle trois jours de marche après Kœniggrsetz, l'armée allemande perdant, le soir môme de la bataille de Frœschwiller, le contact avec les troupes en déroute du maréchal de Mac-Mahon, pour ne les retrouver que deux jours plus tard*, ou bien la cavalerie de Murât, l'infanterie de Lannes et de Soult, ne lâchant pas les colonnes prussiennes avant d'avoir forcé Hohenlohe à Prenzlow, Blùcher à Lubeck de capituler avec les derniers restes des vaincus d'Iéna et d'Auerstaedt, et ce même Blûcher traquant à son tour avec toute l'énergie de la haine l'armée de Macdonald battue à la Katzbach, puis faisant, par son infatigable activité, de la défaite de Waterloo, un désastre irréparable pour Napoléon ? Certes, la formation de l'armée française à Foutenoy avec ses deux lignes d'infanterie, symétriquement encadrées chacune entre deux ailes de cavalerie, n'avait rien de commun avec notre tactique moderne ; mais combien de généraux auraient eu besoin de savoir ou de se rappeler les péripéties de cette bataille : la colonne infernale marchant sur le centre de nos positions, sans être ébranlée par les assauts réitérés de l'infanterie et de la cavalerie, cette même co-

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