‹ Les transformations de l'armée françaiseChapitre 11 sur 174 · En exceptant toutefois celle de Chine en · texte numérisé non relu

En exceptant toutefois celle de Chine en

2. Von der Goltz donne pour cette lenteur des explications difficiles à admettre: « La distance à laquelle la portée des nouvelles armes force les adversaires de « se tenir pendant la bataille, l'ignorance où le vainqueur se trouve sur l'éten- « due de son succès, enfin le défaut de passion que les Prussiens ont apporté à « faire la guerre do 1870. » Gomme si les batteries de la ré>ervc qui ont couvert la retraite du i" corps à Frœschwiller n'étaient pas à portée de pistolet des tirailleurs allemands, comme si la défaite complète dos Français pouvait être le moins du monde douteuse, comme j^i enfin les mobiles do Vitry, les villes de Châteaudun, de Saint-Caluis et d'Étrepagny, le village de Fontenoy n'étaient pas là pour témoigner de la fureur haineuse do nos envahisseurs. « La cavalerie alh^nande », comme le dit avec raison le commandant Canonge dans son Histoire militaire contemporaine, résumé précis et judicieux des guerres de 185i à 1871, « a été « complètement au-dessous dos exigences de la situation, en ce qui concerne la 1 poursuite; la grande tradition de Bliicher est perdue, à aucun moment de la « guerre, les Aliouiands n'ont su organiser la poursuite, à plus forte raison la «mener à fond ainsi que le faisait Napoléon. » (2® volume, p. 400.)

lonne brisée sans retour dès qu'une batterie de quatre pièces de petit calibre, amenée sur son flanc, y ouvrit une brèche, enfin les escadrons des carabiniers et les gardes françaises se précipitant à Tenvipar cette brèche. On fait grand bruit des raids de cavalerie de Stuart, de Stoneman et de Sheridan pendant la guerre de la sécession et des distances parcourues par les escadrons des confédérés et des fédéraux ; mais, dès Tannée 1691, le marquis de Feuquières n'avait-il pas fait en trente heures plus de vingt lieues dans une reconnaissance sur Savilan, passant et repassant le Pô ainsi que deux aulres rivières, et n'avait-il pas exécuté en Allemagne un véritable raid de 35 jours à la tête de 1,000 cavaliers * ? Au dire de Saint-Simon, M. de Mélac portait la terreur à vingt lieues à la ronde et Frédéric II nous apprend que, pendant la guerre de Sept ans, les pandours de Laudon étaient partout à la fois.

Qu'a-t-on écrit de nos jours sur le semce obligatoire, qui soit supérieur à ce qu'en a dit le maréchal de Saxe au début de ce livre, si vieux pourtant, qu'il a intitulé Mes Rêveries^? Et ne pouiTaiton pas graver en lettres d'or sur la porte de l'École supérieure de guerre, ces mots du prince de* Ligne, si pleins d'esprit et de bon sens: c II ne faut pas prévenir les temps; un enseigne qui voudra « savoir commander une armée, ne sera guère capable que d'être « enseigne lorsqu'il la commandera. »

Non ! tout n'est pas progrès : la vérité dans l'art de la guerre, comme en toutes choses, est immuable dans sa nudité ; les vêtements dont on la couvre changent seuls avec les circonstances. € Les grands principes de la guerre sont éternels », a dit Napoléon, et « les guerres bien conduites seront toujours méthodiques », ajoute avec raison en rappelant ces paroles, le général de cavalerie qui s'est fait l'éditeur du général de Brack. « Les principes « fondamentaux sont indépendants des gros effectifs, des inven- « lions modernes, et notamment de' la nature des engins de des- « truction*. »

On affecte de croire que nos règlements vieillis ont causé nos

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