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OFFICIERS, SOLS-OFFICIERS, AVANCEMENT

« eût lieu. » Par là, le roi et le ministre pouvaient avancer qui bon leur semblaient. Tandis que des hommes qui auraient fait des généraux capables, attendaient leur tour suivant Tordre du tableau, et n'arrivaient pas parce que la porte ne leur avait pas été toute grande ouverte à leurs premiers pas dans la carrière, d'autres n'avaient qu'à laisser faire le temps pour parvenir au commandement des armées. On pouvait être sous Louis XIV, colonel d'emblée à dix-huit ans, comme le marquis de Grignan, ce qui faisait dire à son aimable aïeule, la marquise de Sévigné : En vérité, cette place est bien agréable à dix-huit ans. On fit encore mieux sous le règne de Louis XV, puisque le duc de Fronsac, fils du maréchal de Richelieu, fut nommé à l'âge de sept ans colonel du régiment de Septimanie. L'ordonnance de 1758, rendue sous le ministère du maréchal de Belle-Isle, fut le premier pas fait vers la régularisation de l'avancement. Les considérants qui précèdent cette ordonnance sont dignes d'attention. On y donne comme cause du relâchement de la discipline une ambition mal entendue et impatiente, qui a fait tomber dans une espèce de discrédit le grade de capitaine et le peu d'expérience de ceux qui se sont trouvés à la tête des régiments par des avancements prématurés. L'ordonnance portait qu'à l'avenir un officier ne pourrait être pouiTu d'un régiment qu'il n'eût servi dans les grades inférieurs d'officier, dont cinq ans en qualité de capitaine. Le grade de lieutenant-colonel devait toujours être donné à l'ancienneté. Mais cette ordonnance, qui avait surtout pour objet de placer les lieutenants-colonels expérimentés, véritables chefs corps, à côté déjeunes colonels passant leur vie à Versailles, resta lettre morte. L'ordonnance de 1762, sous le ministère de Choiseul, donna des règles pour l'avancement des sous-officiers plutôt qtfe pour celui des officiers. Sous le ministère deSégur, on avait réservé les grades à la noblesse; un travail, préparé à la suite de cette ordonnance par les comités de la guerre, classait les grades en deux catégories, la première destinée à la petite noblesse, la seconde réservée à la grande noblesse.

L'ordonnance du 17 mars 1788 posa pour la première fois les vrais principes de l'avancement. « Il faut », y est-il dit, « animer « l'émulation par la vue de l'ordre et par l'espérance de la justice « et calmer ou réprimer cette fermentation universelle de préten-

« lions que le défaut de règles produit et que les abus ne font quV « nimer sans pouvoir les satisfaire. » Ces belles parolesi qui trouveraient si bien leur application aujourd'hui, ue sont cependant pas extraites d'un article de journal actuel inspiré par la vue d'abus dépassant tous ceux dont l'ancien régime s'est rendu coupable; elles sont textuellement extraites du préambule de rordonnance du 17 mars 1788.

Les conditions générales d'avancement fixées par cette ordonnance étaient les suivantes : jusqu'au grade de lieutenant en premier, l'avancement avait lieu uniquement à l'ancienneté; pour le grade de capitaine en second, c'était encore l'ancienneté, mais avec exclusion des oiEciers trop mal notés. Tout lieutenant exclu pour la seconde fois perdait son grade. L'exclusion était prononcée, d'après les notes de l'inspection générale, par une conunission composée des ofQciers généraux de la division, sûus la présidence du lieutenant-général commandant.

De capitaine en second à capitaine en premier, on passait encore à l'ancienneté dans l'infanterie , mais la moitié des emplois de capitaine en pied de la cavalerie était donnée au choix parmi les lieutenants du régiment, après un concours subi devant une commission composée des officiers généraux de la division, des officiers supérieurs et des deux plus anciens capitaines du régiment sous la présidence du lieutenant-général commandant.

Les officiers supérieurs étaient nommés au choix d'après une liste arrêtée par le conseil de guerre. Quant aux officiers généraux, tout colonel ayant seize ans de grade était de droit maréchal de camp ; il en était de même de tout lieutenant-colonel ayant 20 ans de grade ; les lieutenants*géncraux, dont le nombre était fixé à 160, étaient nommés au choix. Les nominations n'avaient lieu qu'une fois par an. Pour les autres grades, les nominations se faisaient à deux époques, le 1" mai et le l*"" octobre. Les mémoires de proposition étaient envoyés directement par les colonels au ministre, mais après avoir été apostilles par l'inspecteur et le général divisionnaire.

Lameth, dans son beau rapport à l'Assemblée constituante en 1790, s'inspira surtout de cette idée de mettre un terme aux abus, et la loi du 29 novembre 1790 donna tous les grades à l'ordre

OPKICIRn», SllUs-OKL'ÉnlEllS, .VVVNrïBilllNr, 417

h tableau, c'est-à-dire à TaiicienneLé. Lu décrol ilii 21 ftWi-icf i poii«e;i ce principe à l'absurde en substituant à l'anciennett^ Kgrade l'atirieBiielii de service à grade égn!, de sorie qu'un vieux ndal iwuvait arriver en (]uelques jours à ôlre lii chei du régiment int il raisaiL (lartie.

§Cette loi du 21 fûvrîer 1793 iSlnit ainsi connue : Daas tous les grades, excepta ceux de chef de brigade et ila kotsl, l'avancement aura lieu de deux manières : im tiers par fcietmetiî sur toute la demi-brigade; les deuxuutres tiers au choix fcnfi le bataillon oi!i sera la place vacante...

bLe chef de brigade sera toujours pris à l'ancienneté parmi les Bis chefs de bataillon et de demi-brigade; on nommera d'abord ■plus ancien de service, ensuite le plus ancien de grade, cl ainsi "iHiiile..., etc.

I D'sprès les auti-es articles, les caporaux devaient toujours dire

mmÙG au choix, mais seulement dans les bataillons de volon-

s ; les nominations au choix se faisaient toujours à l'élection :

« électeurs (étaient ceux-là seidement qui devaient i^ti'e subordon-

» à l'tîlu, c'i'st-à-dire précisément ceux qui auraient dû être ex-

bs ; les emplois de généraux de brigade étaient donntia aux chefs

9 brigade dans la proporlion d'im tiers à l'ancienn<?lé de service

■ leftdenx autres au choix du minisire de la guerre; il en était de

Urne pour les promotions du grade de général de brigade à celui

fe général de division.

« Cea mesures », dit le général Fuy, • eurent pour effet immédiat

e peupler les hauts grades d'ignorants et d'imbéciles. > Jointes

k'élection par le suU'rage direct en vigueur dans les bataillons de

ntairus, elles donnèrent des résultats inouïs. Un des vainqueurs

^ la Baslilb?, l'ancien garde-franraise Ëlie, parvenu au grade de

béral de division, grAce à la loi bizai-re du 21 février 1793, écri-

lùl le 10 octobre suivant an ministre de la guerre, après un échec

i près de Givet, iin rapport qui nous paraît le chef-d'œuvre du

, Nous ne pouvons, sons peine d'i-tre trop long, n'en citer

fendes extraits * J'ai marché, persuadé de la victoire, espérant

bue l'amour de la patrie, le caractère du soldat républicain et le S»lr de vaincre les tvrans, équivaudrait-nt au moins à l'i-xpé- ,, j'ai eutondu tluns tous les rangs dos "ris redoublés île

418 LES TRANSFORMATIONS DB l'aRMÉE FRANÇAISE.

< Vive la République ! Vive la Montagne ! Ça ira ! Ces voix politi- « ques et républicaines présagent le succès... Orgueilleux et fier « de conduire les soldats de la liberté contre ceux des despotes, « j'ordonne la marche... Comme les feux de Tennemi étaient vifs « et que les nouveaux bataillons n'avaient jamais entendu siffler « les balles à leurs oreilles, la crainte la plus lâche s'empare de « leur cœur, la confusion se môle parmi eux, ils crient : Sauvequi « peut ! et ils fuient en jetant bas leurs fusils. Si ces malheureux « eussent eu la prudence de ne se donner pour chefs que des « hommes instruits dans Fart de la guerre, ils eussent eu des offi- « ciers qui auraient soutenu leur courage chancelant, mais les « officiers qui les commandaient pouvait-ils faire partager à leurs « soldats une bravoure et une fermeté qu'ils étaient loin d'avoir, « puisque plusieurs d'entre eux mirent leurs épaulettes dans leurs « poches pour ne pas être reconnus comme officiers dans leur « fuite? » Mais, ce qu'il y a de mieux dans la lettre de cet étonnant divisiomiaire, c'est le post-scriptum. Après avoir dit qu'il avait perdu à peu près 200 hommes tués ou pris et une centaine de blessés, il ajoute : « On m'a assuré que, malgré notre déroute, « l'ennemi évaluait sa perte h 1,100 hommes. »

Après la bataille de Neerwenden, Dumouriez écrivait à la Convention : « Les bataillons manquent d'officiers expérimentés. Je pro- « pose la suppression du mode d'élection , rélection ne donne pas « le talent, ne commande pas la confiance et n'obtient pas la su- » bordination. »

Gouvion Saint-Cyr dit de son côté, en parlant des officiers arrivés à l'ancienneté de service : « A l'incapacité ou à l'ignorance de « ces officiers, se joignait encore leur grand âge qui les mettait « dans l'impossibilité , non seulement de commander, mais de « faire même aucune espèce de service ; on voit que ce système « d'avfitîccment était trop criant pour pouvoir dm^er. Aussi, on « l'abandonna bientôt pour se jeter dans un autre excès qui était « moins dangereux parce que le remède se trouvait à côté du mal. « Je veux dire que, sans ronsulter l'ancienneté de service ou de « grade, les représentants nommèrent aux places d'officiers su- « périeurs dans les bataillons, les régiments et les états-majors, « toutes les personnes qui leur parurent les plus propres à remplir

OmClBnS, SOUS-OFFICIERS, AVANCEMENT. 419

les Tonctione. Us se trompèrent souvent, car les olOci(?i-s qui an wataienl le plus de moyens étaient presque toujours ceux qui redoiilnieiiL le plus le choix et l'avancement; mais (juand ils 'étalent Lrompt-s, ils revenaient bien vite sur leurs pas par une Destitution ou tout autre moyen '. »

Nous avons dilijà vu qu'en fait les raoilleiirs généraux de la Réliliquu, les Saint-Cyr, les Jourdan, les Morean, les Desaix, ieat sortis de ce singulier mode d'avancement. Mais, pour en iver lik, il avait fallu subir les désasti-eij causés p.ir l'incapacité i Léchelle, des Rossignol, des Carleng, des Doppct, etc.

e décret conventionnel du 19 juillet 1795, réagissant contre le itème insensé de la loi de février 1793, attribua au Gouvernemt la nomination a» choix d'un tiers des emplois de chaque xle, depuis le grade de soiis-lieiiteoant jusqu'à celui de chef de laillon inclusivement, sur la proposition des généraux et le rap- ■t du Comité de salut public.

Lta loi du 2 novembre réseiTa au Directoire le droit de faire les Bioations d'officiers supérieurs au chois, hn mâme droit fut nrdé au premier Consul par la Conslitolion do l'an VIII. Il y t alors trois tours d'avancement, le premier par ancienneté de tde, le second par désignation des officiers, le Iroisième pai* la Dmotion dn Gouvernement; mais bientôt les trois modes furent, : la force des choses, réduits en un seul : la nomination de impereur. Dans une lettre en date du 23 février 1805, adressée ministre de la guerre Berttiier, Napoléon ûxait ainsi les i-ègles l'iivancement: pour clief de bataillon ou d'escadron, 8 ans do rvic<3 comme officier, dont 5 ans comme capitaine ; pour capi- I ans'de grade comme officier, 4 ans comme lieutenant; iir lieutenant, 4 ans do grade de sous-lieutenant ; pour sous-lieulaol, G ans de service, 4 ans de grade de sous-oflicier, ou sortir me école militaire.

Napoléon piiralt avoir cherché autant que possible, pendant toute durée de l'Empire, à maintenir les droits à l'ancienneté. Une (re de loi, datée du 21 mars 1805 (30 ventâse an XIII), donne à sujet des indications précieuses :

ilimotres «i n. 84 et as.

/e.T camjmgnra ilei a

;. (/« Jlbi; el ile HUi»-vl-M<>Si:lU,

« Je vois avec peine », écrivait-il à Berthier, € que ron me pro- « pose tous les jours des avancements rapides pour les ofBkieis « d'état-major, des lieutenants qui ne le sont que depuis deux, trois « ou quatre ans, et Ton se croit ancien dès que l'on date de Tan YII. « Cependant, il ïi'y a pas de régiment où il n'y ait huit capitaines « de 1792 ; ils ont des blessures et fait toutes les campagnes. J'en « compte sept dans le 1" régiment, dix dans le 2*, huit dans le 3', « quinze dans le 4*, quatorze dans le &% etc. Mon intention est que « vous me remettiez un état de tous les officiers qui ont été faits « capitaines pendant l'an XIII, et avant un môme état des lieute- « nants et sous-lieutenants, avec la liste de leurs sei*vices, s'ils ont « fait la guerre dans leur corps sans interruption, avec des notes « sur chacun d'eux , et que vous ne me proposiez aucun ofBcier « pour être chef de bataillon que la liste de ceux qui sont sur cet « état ne soit épuisée. »

Le ministre Clarke était au contraire, dit-on, assez euclio au favoritisme, surtout envers les officiers de familles nobles, et les états-majors virent plus d'un avancement rapide obtenu au détriment des officiers des corps de troupe.

Au début de la Restauration, le général Dupont, réhabilité comme victime de l'arbitraire et presque glorifié pour son rôle dans la triste affaire de Baylen,malencontreusementnommé ministre de laguerre, se montra plus royaliste que le roi, jeta dans les cadres de l'armée une foule d'officiers nouveaux qui n'avaient jamais servi que dans l'armée de Condé ou dans celles de la Vendée. La même main qui avait signé la convention d'Andujar contresigna la nomination au grade de général de gens à coup sûr fort honorables, mais qui n'avaient ni marché ni combattu sous le drapeau de la France. L'Empire avait fait de ses généraux, des ducs, des comtes et des barons; la Restauration fit de ses ducs et de ses marquis, des lieutenants-généraux et des maréchaux de camp. L'insiitulion de la maison du roi vint encore augmenter, au détriment de la véritable armée, le nombre des officiers. Le licenciement de Tarmée en 1815, exigé par les étrangers, la création de la garde, mirent au comble la perturbation et l'inquiétude, car les grades n'étaient plus garantis, et dans la violence de la réaction, chacun pouvait n'attendre à perdre le sien. C'est alors que le maréchal Gouvion

orriciBas, soua-oFFtciEns, avancemkst. 421

ûnt-Cyr élabora In loi île 1818, dans laquelle ùuieat lourrhées Mque toutes les quesLions relatives à l'orgaiiisatiou militaire de France. Le titre VI de la loi, consacré à l'araDcemeni, posait les \Hea Buivautee : Pour être ufRcier, il fallait sortir d'une école ut l'arcûs n'était ouvert ijli'à la suite d'un concoiu's et dont la rlie donnait lieu à un auli-e coutiours, ou avoir été sous-oIDcier indanl quatre ans; un tiers des emploiB vacante de aous-Ueutenants était rései'vé aus sons-offlciers.

iPour olilenîr un grade, quatre ans de service dans le grade prédenl étaient exigt^-s en lenipe de paix. Eafio, pour lous les grades jusqu'à celui de lieutenant- colonel clasiTement, deux tiers des emplois vacants étaient donné» li noienoulé, l'autre tiers au choix; â partir du grade de colonel, [Vâncement ne se faisait plus qu'au choix. C'était, on le voit, l'opaé du ByBtéiue de Louis XIV et Louvois. Toutes ces dispositions lient sagement conçues ponr écarter la faveur : mais la faveur est Dfi puissante quelOus les droite. La constitution de la garde royale, le grade supérieur était accordé après deux ans, servit sous la Mtauration à tourner, sinon à violer la loi, et c'est ainsi que, malgré Dte& les précautions de Gouvion Sainl-Gyr, on vit encore des kncements scandaleux. Les ofiBciers gui avaient versé leur sang aognie leur expérience sur les champs de bataille de l'Empire rtal trop souvent sacrifiés aux émigrés et tits d'émigrés. Une Wire nécessaire sans doute, mais appliquée sous l'influence des (bb politiques du parti ullra-royalisle, vint frapper des hommes B l'armée était habituée â vénérer. Lorsque en 1814 le ministre Ipônt avait inscrit dans le cadre de l'état-major général de Tarie des hommes qui n'avaient jamais conifiattu dans les rangs de rtearmée, le nombre de ces nominations avait outrepassé toute lite. Dès le début de la Restauration, ou comprit la nécessité de lemiiner la composition du cadre. Gouvion Saint-Cyr l'avait flxé SO lieutenants-généraux et 240 maréchaux de camp. Une ordonne ultérieure avait porté ces nombres à 150 et 300; mais on !fût exécuté aucune radiation, et en 1624, il existait 210 lieu- (Uits-géiiéraux et 416 maréchaux de camp; on ne jugea plus nible de reculer devant la réductlou du cadre. M. de Clermontnnftrre, ministre honni^te, mais du royalisme le plus exagéré

422 LES TRANSFORMATIONS DE l'âRMÉB FRANÇAISE.

quoique ancien aide de camp de Joseph Bonaparte, Qt alors signer parle roi Charles X, à titre sans doute de joyeux avènement, une ordonnance qui mettait à la retraite des généraux et maréchaux de camp, choisis parmi ceux qui étaient le moins capables de servir et ceux qui avaient manifesté des opinions contraires au régime existant', ainsi furent mis de côté Priant, le plus illustre des lieutenantsgénéraux de TEmpire; Curely, le type du cavalier léger, et d'autres aussi dignes de Testime de l'armée. En revanche , on conservait dans le cadre les généraux qui avaient combattu contre la France dans les armées étrangères. Dans un des plus beaux discours qu'il ait prononcés, le deraier de sa carrière oratoire, le général Foy appelle cette ordonnance par laquelle débutait un règne : le dernier coup de canon de Waterloo. Non, ce n'était pas le dernier coup ; ce coup était réservé pour le 29 juillet 1830, et il devait renverser le trône du roi à qui un ministre avait demandé de signer l'ordonnance sans même la lire*.

On reprocha à la loi de 1818 : 1"* de vieillir les rangs supérieurs de l'armée en retardant l'avancement par suite de la limite inférieure de temps exigée dans chaque grade ; 2** de faire la part trop belle à l'ancienneté relativement au choix. Sous ce régime, il fallait au minimum 24 ans pour arriver de soldat au grade de colonel.

Ces défauts ont été rectifiés par la loi de 1832, aux termes de laquelle le temps exigé pour passer d'un grade à l'autre est réduit à 2 ans dans les grades de sous-lieutenant et de lieutenant, 3 dans celui de capitaine, 4 dans celui de chef de bataillon ou d'escadrons, 3 pour celui de lieutenant-colonel, 2 pour celui de colonel, 3 dans tous les grades supérieurs. On voit que le temps 'strictement nécessaire pour arriver du grade de sous-lieutenant à celui de général de division est diminué de six ans. Le temps nécessaire à un soldat pour parvenir au grade de colonel est réduit au minimum de 15 ans ^ Enfin, la proportion du choix, conservée pour les grades de lieutenant et de capitaine, est portée à la moitié au lieu du tiers pour le grade de chef de bataillon, et l'ancienneté est supprimée au-dessus de ce dernier grade. La loi pose, en outre,

1. Camille Rousset, Un viinistre de la Restauration^ j). 243.

2. 2 ans comme so as-officiers, 2 comme sous-lieutenants, 2 comme lieutenants, i comme capitaines, 3 comme chefs de bataillon.

OCFICIGIIS, SOIIS-OFPICIEBS, A.VANr.KWKNT. 423

i^ncipe: qu'aucun grade ne peut être conférô s'il n'eniele pas de

canc«8 Uaiis les emplois de ce grade.

Im loi de 1832, no donnant que 1i>e ligues générales de l'avance-

Mt, a pour complément l'ordonnauce du Iti mars 1B38 dans lalelle sont réglés les détailij relatifs aux toiu's de ruaciennelt; cl I clioix au rappel des uEBciers en non-activité, au passage d'une ese à l'autre dans un mdme grade, aux emplois spéciaux, à la ilion des listes d'avancement. Le mode de uomiaatioa aux

iploie spéciaux a donné lieu notamment à beaucoup de discus-

s et, de changements successifs, tan tôt dans un sens, Lan tût dans

I autre. L'oidonuance portant que ces emplois sont donnés au

Dix, on avait imaginé sous le règne de Louis- Philippe les choix

B tour, source d'abus énormes, parce qu'ils augmentaient dans

] forte proportion la part du choix '; on les supprima en 1848. [Uftlard, en 1853, croyous-uous, on établit un concours pour l'em- Oi de major, et les capitaines classés à la suite de ce concours irent droit aux emplois vacants dans l'ordre du classement. Une Bposition analogue a été adoptée en 1883, avec cette restriction

B ItSgitime que par i.>mplois vacants il faut entendre seulement lat qui étaient pi'écédemmeat occupés par des chefs d'escadron fant quitté le grade, en môme temps que l'emploi, par mort, Omotion on' démission et non pas ceux qui deviennent vacants r suite de simple mutation.

I>'après l'ordonnance d« 1838, le tableau d'avancement poar

s les grades d'officiers d'artillerie et du génie devait Cire établi oque année par les inspecteurs généraux réunie en comité. Dana ufanterie et ta cavalerie , l'inspecteur général arrêtait lo ta-

;. Noua pouvons certifier vrai lo Tait suivant, arrivé à l'un de nos cimarmles tnd nous étions lieulenant. Il avait t l'ancienneté 1" n^ l: le tour était il leiBoneld, e'oM-i-dire que le preaÛL-r capiuine h nunimnr devait (tro pris BOclAntield. On nnnonct.' i)e Paris une promotiou de i capîtninei, ImmàJin- 'iBt anfjliciie le n" I, on cél-^bre sa nomination, il nehèie se& l'ipuulettas lit pfotuolion piiruU : il n'y llgurait pus... Qu'on jug? di^ mn étonnement tt Jittnil Voii'j ce qui âtait survenu : un lioulonuoldil-iaL'Iié dana les riimont^s "ro, 4lBit rentré dons îe cadra i-l avait ropria sun rang, 1" tour, uu t étiUt pass-i au cboiï. !■ tour, un 3« ^lail noniiné mljudanl-major, ChoiK lioi-s nn quwri&me. cupilaioe inalmclPur, clioii hors loor. Le plus joli de t'af- . c'eei i)u<' LTuis lii-utenanu. al non iiaa un seul, ayant quitté te« rnmontes t roatr^r ilan« le cadra, noipo cnmaraae ae trouva, npr^s Is promotion, -avoir

bleau pour les grades de lieutenant et de capitaine dans chaque corps de troupe, puisque Tavancement avait lieu par corps. Pour les grades supérieurs, les inspecleurs généraux se bornaient à envoyer au ministre Tétat nominatif des officiers jugés par eux susceptibles dY4ro promus au choix au grade supérieur: le tableau relatif à chaque arme était dressé au ministère.

Depuis 1870, Tavancement se fait par arme. En conséquence, les inspecteurs généraux de cavalerie se réunissent pour arrêter le tableau d'avancement des officiers de cette arme. Quant aux officiers d'infanterie, le tableau est arrêté jusqu'au grade de capitaine, dans chaque corps d*aniiée, par ime commission formée des deux généraux de division et des quatre généraux de brigade, sous la présidence du commandant de corps d'armée *.

La mdme commission arrête les propositions pour les grades supérieurs à présenter à la commission de classement, composée des commandants de corps d'armée. Ceux-ci étaient autrefois chargés également de dresser les tableaux d'avancement de la cavalerie. On a jugé plus naturel de remettre ce soin aux inspecteurs généraux de l'arme, comme nous venons de le dire. Quelques généraux auraient voulu, au contraire, l'intervention des commandants de corps d'année pour les tableaux de toutes les armes ; c'était bien mal comprendre l'organisation de l'armée, que de 'vouloir faire de la réunion des vingt commandants de corps ou gouverneurs, une sorte de comité suprême. Ce rôle ne devrait appartenir qu'au conseil supérieur de guerre. Dans l'ordre d'idées que nous avons déjà formulé (chapitre VIII), les inspecteurs généraux, formant le conseil, arrêteraient les tableaux d'avancement pour le grade de général de division el de général de brigade ; ceux des autres grades supérieurs seraient établis dans les antres armes parles inspecteurs généraux, les commandants de corps étaient considérés corame inspecteurs généraux de l'infanterie. . . .

Autrefois, lorsque l'avancement avait lieu par corps de troupe jusqu'au grade do capitaine, les chances du hasard donnaient lieu à de grandes inégalités entre les officiers des différents corps ; aujourd'hui, c'est entre les officiers des diverses armes que des iné-

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