I. É<-ril au mois de Juin
*>FFiriEns, sot'F-ornciEBS. avaxcememth 426
litiis se produisent, surtout dans les grades inférieurs, la pi-ortion dos capitaines i^lant plus forte dans l'iirlillene et le génie » dane l'infanterie et dans la civalerie.
Do là des réclamalious inspirées par un senlimenl peu louable : Il ridée de celte disposition bizaire qu'on appelle lapérfijuation I grades, el dont le but, si elle pouvait ôtre réalisée, serait d'étatrune marche parallèle entre les ofllciers des différentes armes. lUï idée, formulée plus ou moins nettement dans des converîons de cerclée ou de cafés, a fini par se traduire en propositions iÙBes, ce qui lui a valu l'honneur d'être discutée. Les inôga- H, disent les auteurs de ces pi-oposiiions, ne résultent t\ne des iportions établies arbitrairement entre les différents grades et i proportions pourraient être ramenées à un taux plus équitable, procédé est bien simpl'.', il est mathématique : soit N le nombre s capitaines d'infanterie, n cehiî des capitaines du génie par emple, L celui des tieutenauls d'infanterie, î celui des lieulealB du génie : on devra égaler des deux rapports N : I. et n : /• mme le nombre des lieutenants dans les deux armes et celui I capitaines dans l'infanterie sont forcés, il suffira de faire = N/ ; L pour avoir le nombre des capitaines du génie; quant K nécessités du service, peu importe! Eli bieni mettons-les Ofi-mâme do rôté pour un instant, et supposons que l'on soit ■iTÔ à ce résultat que les lieuteu'mts du génie ne restant E dans ce grade nn jour de moins que leurs camarades de l'inlUiie, ce serait une bien grande erreur de croire que cette lUté sera permanente ; au bout de peu de temps, l'avancement Svealera des inégalités en sens contraire par suit»; de l'âge des Iciers, plus jeunes dans le génie que dans rinfanterie. Mais int tout, il convient de savoir si les réclamations au-ïquelles On 10 tant d'importance sont bien fondées ou si les lieutenants artillerie et du génie passent plus vite au grade de capiUiiue que I lieulenants d'infanterie et de cavalerie, l'inverse a lieu dans I grades supériears.
Pour les officiers sortant des écoles, l'Age moyen, an moment leur nomination, des ofRciers supérieurs promus en ISSOa été : Colonels: infanterie, 50 ans 5 mois; cavalerie, 50 ans; arlil- [a, 51 ans 5 mois; génie, 51 ans ;
426 LE» TRANSFORMATIONS DE l'aRXÉE FRANÇAISE.
Lieutenants-col oaelB : infanterie 48 ans 11 moiS| cavalerie 48 ans 9 mois, artillerie 50 ans 7 mois, génie 49 ans;
Chefs de bataillon ou d'escadron : infanterie 41 ans 9 mois, cava* lerie 41 ans 11 mois, artillerie 42 ans 2 mois, génie 41 ans 6 mois.
On voit que, si une arme avait à se plaindre, ce serait l'artillerie. Si Ton voulait aller plus loin, on trouverait pour la moyenne des âges pendant plusieurs années précédant celle de 1880 :
Capitaines passant offlciers supérieurs au choix : infanterie 41 ans 4 mois, cavalerie 40 ans 9 mois, artillerie 43 ans 8 mois, génie 40 ans 4 mois -,
Chefs de bataillon ou d'escadron passant lieutenants-colonels : infanterie 47 ans 6 mois, cavalerie 46 ans 9 mois, artillerie 50 ans 5 mois, génie 48 ans 7 mois ;
Lieutenants-colonels passant colonels : infanterie 48 ans, cavalerie 49 ans 4 mois, artillerie 53 ans 4 mois, génie 53 ans 3 mois;
Colonels passant généraux de brigade : infanterie 59 ans 9 mois, cavalerie 53 ans 10 mois, artillerie 57 ans, génie 54 ans 10 mois;
Généraux de brigade passant généraux de division : infanterie 53 ans, cavalerie 55 ans 4 mois, artillerie 58 ans 7 mois, génie 59 ans 1 mois *.
Ce n'est donc pas la peine de réclamer si haut. Il y a d'ailleurs des nécessités de service qui commandent la proportion des grades dans chaque arme et ces nécessités doivent passer au-dessus des considérations d'avancement.
Depuis que Ton a entamé la réorganisation de notre état militaire, le Gouvernement et les Chambres sont à la recherche d'une loi sur l'avancement : le Sénat en a discuté une, la Chambre des députés a été saisie d'une autre, on n'aboutit à rien; la raison, ou du moins imo des raisons en est, suivant nous, que l'on veut introduire dans la loi des détails qui ne peuvent être fixés que par des règlements. Les grandes assembléc's sont forcément impuissantes à rédiger des règlements ou des lois destinées à en tenir lieu ; c'est tout au plus si un comité ou une commission composée d'un petit nombre d'hommes compétents y réuissit l)ien. Or, la compétence ne saurait être rem-
1. (ics chilTrRssoMl extraits d'une statistique officielle dressée au minist^Te dî* la guerre lors do la discussion de la première loi sur l'/^tat-major.
nFFlCIEnS, aOUH-OFPICIEIta, AVANCEMENT, 427
acre par le noinlre, Liea au contraire. Le romède à cel incoii- «ient ccinsiKterait à prendre pour base de la discussion la loi de 133, im ite renferniaiit daue le m£!nie cadre et en se boinanl à y lAngerles dispositions reconnues dérectueuBes ou iosHffisantF>6. n autre motif du retard apporté à la confection de la loi dont il t est la difBciilté de régler l'avancement deB ofTiciers du gerce d'état-ninjor. Cette difficulté est pour nous une impossibilité,
D0U9 ne voyons d'autre moyen de la surmonter que de rétablir
corps epôcial d'élat-major dans les conditions nouvelles que ms avons indiquées au chapitre V.
SI maintenant nous voulons prendre pour base la loi de 1832, 'piwnier et le plue important des pointa à discuter est le mode d'avancement. Or il n'y a que deux moyens de donner l'avance- DDt ; suivre l'ordre du tableau, c'est-à-dire prendre les officiers à incienneté, ou les choisir, soit arbitrairement, soit d'après un tBsement, soit à la suite d'un concours. Il va sans dire que les ux modes peuvent être combinés dans une certaine mesure.
• Avec le choix duplus ancien >, a dit un ministre de Louis XVI, l'obéissance pèse moins parce qu'elle est une avance dont on est iflr d'être remlioiusé. = Autrement dit, le mode d'avancement par
Bienneté devient un puissant moyen d'obéissance: on est plus Bposâ à obéir quand on doit commander à son tour. L'ancienneté t le seul modo d'avancemiuit qui garantisse le droit des oITiciers titre les abus et lt<s erreurs. Mais au-dessus du droit des ofSciers, y a l'intén't supérii'ur de l'armée et du pays et ceux qui font Qrir le bruit que tous les otQciers se valent sont précisément les Scien les plus médiocres. Si nous voulions nous appuyer d'auriltfs pour re[iousser l'avancement à l'ancienneté exclusive, il MB serait facile d'on trouver plus d'une.
Enremontantaux sources, nous trouverions d'abord Saint-Simon, K) nûuB citons non pas comme une autorité militaire, mais comme I écrivain vigoureux et comme un témoin altentil de ce qui se «sait autour de lui : « Des qu'il fut établi », dit-il, «qu'on ne
lOntait plus qu'à son rang, personne m; se soucia de se fatiguer 9t de s'instruire, également silr de n'avancer point hors de son nng el d'avancer aussi par sa dato; on se dit qu'il n'y a qu'à âormir el à faire rie rac son service «t regarder la liste des dates,
« puisque rien n'avance que la date seule, qu'il n'y a qu'à attendre « en patience et en tranquillité, sans devoir rien à personne ni à « soi-même'. »
Le prince de Ligne dit de même : « L'ancienneté pour ravance- « ment est bien pernicieuse; on se repose là-dessus et l'on ne fait « rien pour mériter ce qu'on croit qui est dû". » Gouvion Saint-Cyr et Soult, auteurs des lois de 1818 et de 1832, étaient évidemment du même avis, ainsi que le général Morand qui, sans même discuter l'avancement à l'ancienneté exclusive, se borne à rechercher à partir de quel grade on doit ne plus tenir compte de cette ancienneté*.
Le maréchal Macdonald s'exprimait ainsi dans son rapport à la Chambre des pairs sur la loi de 1818 : « Si vous appliquez aux « grades supérieurs la doctrine de l'ancienneté , vous étouffez le « germe de toute ambition et vous vous exposez à confier le com- « mandement des corps à des officiers supérieurs médiocres. Il eu « est beaucoup qui manquent de ce noble ressort qui fait distinguer « l'homme de talent. Ils font leur métier avec indifférence en « attendant mollement qu'une mutation les place au rang d'an- « cienneté. »
Le général de Brack écrivant en 1831, c'est-à-dire sous le régime de la loi de 1818 qui donnait à l'ancienneté, nous venons de le voir, une part plus forte que la loi de 1832, exprime énergiquement ce dont il a été témoin, hélas ! ce dont nous avons été témoins aussi avant la guerre de 1870: « Les routines de la paix ont donné de « détestables habitudes à l'officier ; elles lui ont porsuadé que lors- « qu'il n*encourait pas les arrêts par un retard aux appels, que lors- « qu'il commandait un peloton tant bien que mal à la manœuvre, « il était officier, et que le temps que nehii prenaient pas ces devoirs « de caporal, il pouvait l'employer, le consumer, l'épuiser inté- « gralement au café. Cette conviction lui a été donnée surtout par « les droits exorbitants qu'on accorde à l'ancienneté. En vertu de « cette loi qui tue tout amour-propre., tout désir de mieux faire, « le plus médiocre est sûr do primer le meilleur, sans tenter le « moindre effort. Aussi dans les régiments, aujourd'hui, la grande