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ÉTATS-MAJORS PARTICULIERS

En (lohors du service général de Tétat-major, Tarlillerie el le i^énie ont leurs états-majors particuliers, comprenant un certain nombre d'officiers et d'employés. L'infanterie et la cavalerie n'en ont pas.

Il peut rtre bon de montrer à quoi servent les états-majors particuliers de rartill(»rie et du génie, et de quelle utilité seraient (eux que l'on pourrait donner à la cavalerie et à rinfanterie.

Pour commencer par Tartillerie, on lit dans le décret du 26 octobre 1883, sur le service en campagne, article 10 :

« L'artillerie aux anm'^es est chargée de Tapprovisionnemeut de « Tarmée en armes et en munitions de guerre. »

On lit, d'autre part, dans la loi du 13 mars 1875 sur les cadres el efTectifs de l'armée, article 11 :

« Vètat-major particulier de VartiUerie a pour mission d'assurer « à l'intérieur le fonctionnement des établissements et des servi- « ces de l'arme. »

Ces attributions sont indépendantes du service des bouches à feu et des passages de rivière, dévolus aux troupes de l'artillerie; elles sont capitiiles pour le succès des opérations de l'armée, car s'il est indispensable qu'une armée soit pourvue des moyens de subsistance, ce qui est l'affaire des services administratifs, il faut aussi qu'elle ne manque jamais du nécessaire pour combattre: armes et munitions \ ceci regarde l'artillerie à qui incombent le soin et la responsabilité de fabriquer, entretenir et distribuer le matériel et les munitions de guerre ; soins compliqués, responsabilité grave par-dessus toutes, qui entraînent : 1° pour la fabrication, la conservation et la distribution, la nécessité d'un personnel nombreux et possédant le savoir technique; 2** pour la direction de ces services à l'intérieur comme aux armées, la nécessité d'unétatuiajor spécial.

Ce personnel, c'est-à-dire ce cadre d'officiers et d'employés, indépendant des corps de troupe de l'artiilerii.^, existe dans toutes , les îirmées étrangères.

l*" En Allemagne, les établissements de construction du matériel sont dirigés i)ar des officiers placés à la suite des régiments d'ar-

ltTATS-M\JOnS, SRIlVirRS PAnTlCl'LlE'lS, AnMÉK COLONIALE. 22!T

llerie à pied, el qui ont ceça une instruction s|n5ciale. En outre,

» brigades et les inspections, celles de campagne eomine celles

^rtillei-i^ à pied, ont leurs ét;its-niajoi's particuliers. Enfin, le

iBtériel conserva lians chaque ilépôt ou dans cliaque place est conUé

a ou phiBienrsoJRciors, détachés de t'artilterieàpiedetâunper-

1B0I lecUnique , chargé de l'administration de ces places ou dépâts.

ftS* Bd Angletei're, le service des établissements eft coulié n des

{nciered'artillorie, comptant en dehors des brigades actives oud(>

ICâ; ces brigades ont eUes-mL-mes leurs états-niajors purticu-

; enfin les ouvrages des places fortes son), pour le service do

llirtïllerle, divisées en die^tricts, à la tùte desquels sont de.s ofitciera

fériews.

I 3* En Autriche- Hongrie, il existe : en premier lieu un état-major

î rârtillerie, employé â l'inlérieur dans les commandemenls ter-

4iriaui, en temps de guerre, soit à former des états-majors dans

V armées en campagne, soit au service des pinces fortes; en second

|ea, t'arlillerie Ui^inirtuf affectée au service des établissements el qui

nprend ello-mârao des officiers concourant pour l'avancement

c ceux de louttt l'arme, des comptables et un personnel d'em-

loyés (echniques (chefs d'ateliers).

f4' En ItJilie, l'artillerie comprend, comme en France, un état-

Wyor particulier, ayant les mêmes attribntions que le nôire, mais

M les employas ne sont pas militaires.

k5' En Russie, chaque brigade d'artillerie a son état-major, les

IQipftSes de sitge ont la leur, l'arlillerie de forteresse a le sien,

uli par direction ; ealiu il existe une artillerie dite locale, pour

Lfiervice desétablissement^.

LComme on peut en juger, c'est en Italie et en France que l'orga-

ntion est le plus simple.

Iljn coup d'ipil rétrospectif el succinct sur les origines de l'arlil- |ie en France nous parait d'ailleurs de nature à bien montrer ment s'est formé son état-major, donl l'existence esl anl<S Hire à celle de ses troupes.

Noua ne remonterons pas pour celajusfju 'àrinveniion de la pou-

b, donl nous nerions bien embarrassé d'ailleurs de donner l;i

I, mais pou s'en faut, car l'organisation territoriale de l'artil-

I, (elle que nous la voyons aujourd'hui, i*8l contemiioniine des

230 LES TRANSFORMATIONS DE L^HlilËB FRANÇAISE.

débuts de cette arme '. On sait que les premiers artilleurs étaient des industriels, ouvriers plus ou moins habiles qui, fabriquant eux-mêmes leur matériel et leurs projectiles, vendaient leurs services au plus offrant. Loi*sque le nombre des bouches à feu, mot par lequel il faut entendre tous les engins fondés sur l'emploi de de la poudre, depuis le petit fauconneau jusqu'à la grosse couleuvrine, augmenta dans les armées, le gouvernement du roi sentit le besoin de s'assurer les services des meilleurs artilleurs et d'avoir à lui un matériel toujours pnH, conservé en magasins. Les habiles gens qui reçurent l'ofTice de veiller sur ces magasins et d'enrôler le personnel nécessaire au service des canons, n'étaient nullement militaires. C'étaient les officiers de l'artillerie, entretenus par le roi comme tous les officiers civils de sa maison.

Bientôt le royaume fut partagé en circonscriptions d'artillerie, à la tête desqucîUes furent placés des commissaires, et le principal de ces commissaires, celui des magasins de l'arsenal de^ Paris, ayant autorité sur tous les autres, prit le litre de granfi-maitre, qui devint après quelque temps une des charges de la couronne. Le plus célèbre de ceux qui ont occupé cette charge fut sans contre lit Sully. Avant lui, les fonctions de grand-maître, sans que lo titre existât, avaient été exercées par des hommes dont les immenses services auraient mérité d'être mentionnés dans l'histoire, tels • que Gaspard Bureau sous Charl<»s VII, Gelyot sous Louis XI, de Lauzières sous Charles VIII, et Galiot de Genouillac, qui commandait l'artillerie à la bataille de Marignan. Le premier grand-maître en titre fut, sous Charles IX, Jean d'Estrées, aïeul paternel de la belle Gabrielle (rp]strées, lequel, avec l'aide de l'aïeul maternel de la môme beauté, Babou d(î la BourJaisière , créa tout un système régulier d'artillerie. Il eut pour successeurs le maréchal de Biron, tué au siège d'l!]x)ernay, puis d'Espinay de Saint-Luc, un ancien mignon de Henri III, mais un des plus vaillants hommes de guerre de son temps, tué devant Amiens. Après la mort de Saint-Luc, Henri IV, qui avait promis un soir la charge de grandmaître à Sully, la donna le lendemain matin à Antoine d'Estrées, le père de la belle Gabrielle. La nuit lui avait porté conseil. Sully fut

I. Histoire de l'Art illerir française, par l»» gùntM'al Siisane.

tTATS-HAIOBS, 8BHVICP.S PARTICULIERS, ARMÉi; COLQNI\l,K. 231

burUnl nommé graml-i naître lorsqu'il fallut l'iiirt; la guerre. Il ne Nta rien du nouveau, maïs c'est à lui qu'est dû cet ordre admirable ni depuis lofft a toujours rôgn^ dans les arsenaux. Son (lis lui accéda, puis 11- mai-éclial de la Meilloraye, puis le tlls de ce omier, le bizarre duc de Mazarin, mari d'Uorleuse de Maucini, qui LoUTois lit donn-.T ea diiinission valontaire, pour ne pas trouver 'ot)slacle à see projets. Le duc de Lauzun raiilit alors être nommé : ■Ouvois l'en t^mpôcha, voulant avoir à la tête de l'artillerie un ■mine à sa dévotion. Ce fut le duc de Lude qui obtiut la charge ■pli, après avoir ék', ou elTet, l'instrument docile des intentions iLoutuIh, céda sa place au tiûlard favori de Louis XIV, le duc du aine.

ATant Louis XIV et Louvois, le grand-niattre do l'artillerie était «8 le royaume un personnage hors pair, « exerçant >,ditM. Calillo Roussct dans sou Histoire de Louvois, « une autorité sang boraâs, disposant d'un grand nombre de charges, qui toutes étaient vénales. Au-desBOus du grand-maîlre, venaient les lieutenants-géitlémus qui s'intitulaient lieutenants d'artillerie, les commissaires provinciaux, les commissaires ordinaires ei extraordinaires, puis les «uhallemes, tels que les officiers jiainleurs, les maîtrts eanonniers frrcvetét, les capitaines de charroi. Les officiers d'arlillerie oatreprenaieut à forfait la construction et le service des batteries. Une pièce mise i-n batterie el prête à tirer était payée suivant le calibre et la position de la batterie. Le roi fournissait les outils et tes munitions el payait ensuite une somme hxe par pièce et par nngl-qualro heures, les officiers entrepreneurs eoldaient, sui- Tant un tarif convenu, le personnel qu'Us employaient, le reste iuàl leur bénéfice. Le gi'and-mattre jouissait, eu outre, de singuliers privilèges dont l'un, entre autres, s'est conservé jusqu'à la Révolution. Les cloches des églises ainsi que tous les objets Ae cuivre el de fer existant dans une place piise après avoir été hattue par le canou, lui appartenaient de droit ; les villes et les particuliers racbetaient ce droit à prix d'argent'. •

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