‹ Les transformations de l'armée françaiseChapitre 94 sur 174 · M. de Villèle, séance du 2 février · texte numérisé non relu

M. de Villèle, séance du 2 février

2. Lo grado d*oflicier Q*esi pas de droit pour cette catégorie.

,ESl>li)lfiSEnVK, «.nMfiG TEItniTOHULK, -

SAUXILUHtB».

loredsicar passage dans la rôaerve, comme capables d'^Li-e

is oHiciers ;

Les anciens engagés conflhioiinels, ayant servi deux ans et

h. leur avantage l'examen qui leur est Imposé.

I. Pour les caiires inférieurs, tous les nSscrvistes anciens sous-

iers, ou nommés sous-olSciei'e eu quittant l'armée active.

! nombre d'officiers de réserve jugé nécessaire s'élève ;\ en-

1 10,500 ; ce cadre tend à se compléter nu fur et à mesure des

iseions à la retr.iite prononcées dans les cundîtioiis de la loi

i878» Toutes les personnes appartenant aux catégories ci-dessus

lut pas d'ailleurs dans la composition des cadres de réserve,

certaines de ces catégories, uolamment celle des ofticiers re-

i, doivent aussi fouinir des olllcierfi pour l'armée territoriale.

'Bodaut la guerre de 1870, prusquo toutes les divisions et sub-

liong de l'intérieur ont été commandées par des ofTiciers giïné-

dii cadi'e de réserve; mais l'expérience a fait voir que, pour

commandements actifs, il fallait user avec discernement de

ressource. Tous les hommes n'ont pas à 73 ans la verdeur

Blûclier ût preuve dans la campagne de 181.Ô, ni à 80 ans la

de santé du général bavarois Doroy, blessé morlellement à

iremière bataille de Polosk le 18 août 1812, ni à 70 ans l'éner-

de Sowai'off luttant en Suisse contre Lecourbe et Maeséua, ni

I ans surtout la force de volonté de Radetxiti, brisant dans les

ass de Novare la résistance de l'armée piémontalse. Ou est

étonné quand ou volt, dans l'histoire des guerres de la Répu-

[00, l'âge de certains généraux réputés t'iciw :1e uieuzDagabert,

chef de l'armée des Pyrénées-Orientales, est mort à Ô8

; U paraissait à la vérité plus âgé que cela : avec sa couronne de

cheveux blancs et sa démarche fatiguée, on lui aurait donné-

h; Dugoinmier qui lui succéda et passait pour unviHéran, fut

à ta lialaille de la Montagne-Noire, n'ayant aussi que 68 ans',

que Dumouriez, dans ses Mémoires, traite de vénérable, était

eo 1786 et avait 56 ans en 1792. Le duc de Daatxick, que

:s appelle constamment le vieux maréchal Lefebvi'e, était né

1755 et n'avait pas 60 ans lorsque Quit l'empire. Serrurier

lU do 1742, Kellermanii île 1735. Le premier ne llgura plus

le champ de bataille après la campagne de 1799, pendant la-

quelle il avait 51 ans, et fut nommé en 1801 gouverneur des Invalides; le second, dont à la rigueur on pourrait invoquer l'exemple, rendit, jusqu'en 1813,d'éminents services, mais toujoui's dans des commandements de seconde ligne, où TEmpereur sut utiliser ses talents d'organisateur; à partir de Tannée 1800, il ne fit plus la guerre active.

Ce n'est pas seulement la décadence physique résultant do Tâge qui cause l'infériorité relative des généraux rappelés de la retraite ou de la réserve après plusieurs années de repos ; ce qui les diminue aux yeux des troupes, et surtout des ofTiciers dont ils viennent prendre le commandement, c'est une sorte de dépréciation, nous serions tenté de dire : déconsidération, plus ou moins justifiée par leur ignorance des changements survenus pendant leur repos. Ils ne sont plus dans le ton, et la plupart des jeunes officiers sont beaucoup plus tentés de rire d'eux que de les prendre au sérieux. En 1830, on lit sortir de la retraite un maréchal de camp du nom de Cassan, qui avait été en 1813 un héros. Bloqué dans Pampelune par les Anglais et les Portugais, il s'était défendu avec énergie et n'avait rendu la place qu'à la dernière extrémité, lorsjjue plusieiu's de ses soldats étaient déjà morts de faim. Mis de côté sous la Restauration, il fut rappelé à l'activité après la révolution de Juillet et envoyé en Afrique pour gagner sa troisième étoile. Les jeunes officiers d'état-major, protégés de M. de Bourmont, l'accueillirent avec des rires, et comme il était vieux et usé, ils trouvèrent très joli de le nommer Cassé. Pas un d'eux peut-être, et pas même l'historien qui raconte ce mot, le trouvant très joli, ne connaissait l'histoire du blocus de Pampelune.

En 1870, le général de Blois de la Calande, qui avait 68 ans et qui exerça le commandement de l'artillerie du 15* corps, donna à toute l'armée de la Loii*e l'exemple du dévouement, de l'énergie et de l'activité ; c'est à ses conseils sur le mode d'emploi de l'artillerie que revient une bonne part de la victoire de Coulmiers. Le général de Pointe de Gévigny, qui commandait à Nevers des troupes disparates, déploya toute l'ardeur de la jeunesse, et dirigea, dit M. de Freycinet, des expéditions « hardies jusqu'au cœur de l'ennemi », allant couper le pont de la Roche-sur-l' Yonne, ou surprendre les Prussiens à Gien, et se préparant à pousser plus loin,

lorsque rarmistice fut signé à Paris \ On doit signaler aussi le général Ladreyt de la Gharrière, sorti du cadre de réserve pour commander une brigade d'infanterie et blessé mortellement à Montmesly, le 30 novembre ; enfin, au-dessus de tous, il faut citer le vainqueur de Coulmiers, le général d'Aurelle de Paladines qui, âgé de 67 ans, était depuis deux ans au cadre de réserve quand il vint prendre le commandement du 15' corps d'armée, « mettant », dit le général Clianzy, « son énergie, son expérience « et ses hautes capacités militaires au service du pays ».

Mais, pour entraîner la cavalerie à Coulmiers, un jeune général eAt mieux valu cent fois qu'un divisionnaire expérimenté et habile jadis dans Tart de faire évoluer quatre régiments sur le champ de manœuvres de Lunéville. Ce sera toujours, pour ceux qui étaient au courant des combinaisons projetées et des espoirs courus, un sujet d'amers regrets que le souvenir de cette nombreuse et belle cavalerie restant immobile en face des batteries ennemies, décimée par un feu meurtrier, au lieu de manœuvrer pour fermer le cercle dans lequel on voulait enserrer l'armée bavaroise, puis disparaissant du champ de bataille, au point de ne pouvoir, le lendemain, poursuivre l'ennemi vaincu. On peut juger de ce qu'auraient fait alons ces beaux escadrons, dirigés par un chef entreprenant, lorsqu'on voit 45 cavaliers d'escorte, conduits par un officier d'état-major, ramenant de leur poursuite 2 pièces, 25 caissons, 30 voitures de bagages et 130 prisonniers.

L'application de la loi de 1878 a, comme nous l'avons déjà dit, supprimé presque complètement le cadre de réserve. Les généraux retraités devront servir en temps de guerre, les divisionnaires jusqu'à 70 ans, les brigadiers jusqu'à 07. Il est probable que tous les commandements à l'intérieur leur seront à très peu près donnés. Plusieurs d'entre eux seront môme employés, sans doute, dans des corps d'armée de réserve, et comme les généraux d'Aurelle de Paladines et de Blois au 15'' corps, de Pointe de Gévigny à Nevers, Ladreyt de la Charrière à Paris, feront encore profiter le pays de « leur énergie, de leur activité et de leurs capacités militaires; » mais pour la cavalerie, qu'on se souvienne de Coulmiers !

l. Un Freycinot, la Guerre en province, p. 293.

TKlNHrORM. UU l'aKM. PB\KV. 19

290 LES TliANSFOR&lATlONS DE l'aRMÉE FRANÇAISE.

Pendant cette môme gucn*e de 1870, les cadres firent défau surtout en province. Ils avaient été, conmie les canons, pris Sedan et à Metz ou enfermés dans Paris. Pour y suppléer, onadm d'abord les ofTiciers retraités à reprendre du service ; ils gagnère: à cela, ijresque tous, de se retirer une seconde fois, après lague avec le grade supérieur. D'anciens olïiciers démissionnaires revi rent aussi prendre place dans les rangs de l'armée ; nous en co naissons plusieurs qui se signalèrent par une brillante condui obtinrent de Tavancement et demandèrent, après la paix, à reste au service, prouvant ainsi que le métier militaire a du bon. Pom se procurer des généraux et des colonels, on imagina les grad^ provisoires. Par un premier décret, en date du 13 octobre 187C motivé sur les traditions de 1792, les lois sur Tavancement fure suspendues, el la faculté fut donnée au Gouvernement de confér des grades à des personnes étrangères à Tarmée. Un second décr

rendu le 14 octobre, institua, à côté de Tarmée régulière, Tarm^Ë auxiliaire, comprenant les gardes nationales mobiles, les mobilisa les francs- tireurs, etc., avec cette clause que les deux armé pourraient être fusionnées à tout instant, selon les besoins de guerre et (jue les ofliciers exerceraient indifféremment leur ca mandement dans Tune et l'autre armée, sans distinction aucus de leur origine. Enfm, un troisième décret vint, le 3 novemb*:modifier assez heureusement celui du 13 octobre, en portant q;i. les nominations faites dans l'armée régulière, en dehors des con tiens légales de l'avaucoment, seraient établies à titre provisoire ^t pourraient être rendues définitives à tout instant, à la suite oXe quelque action d'éclat ou de services exceptionnels.

Ces trois décrets renferment tout le secret de l'avancement ^i de la formation des cadres d'oilicicrs pendant la gueri'e. C'est airasi que les colonels ou lieutenants-colonels de Sonis, Loysel, Billot ont été nommés généraux de division à titre provisoire, qu^'un chef d'escadron d'artillerie, M. Perrin, a pu commander une J3rigade de l'armée de TEst au titre auxiliaire et qu'au même ti fcre» un capitaine d'élat-major, Crémer, a commandé en chef à la 3»' taille de Nuits. 11 est impossible, d'ailleurs, d'imaginer une bi^a^ run^ pareille à c(*lle qui résulta dans les armées, de ces nomim* tiens faites à des titres si divers. Pour ne parler que des ccpTps

d'armée, des divisions et jdes brigades, il eut des corps d'armée commandés, Fun par un amiral, qui eut le bon esprit de ne pas changer un titre illustré par lui sur terre comme sur mer *, d'autres par des généraux à titre provisoire (généraux Billot, de Sonis, Loysel, au Havre) et par de vrais généraux de division; des divisions commandées par de vrais généraux de division, par des généraux de division à titre provisoire, par des généraux de division de l'armée auxiliaire, par des généraux de brigade réguliers, provisoires ou auxiliaires ; des brigades commandées par des brigadiers, des colonels ou des lieutenants-colonels de ces trois catégories', etc.

Et que de bizarreries ! Un lieutenant de vaisseau démissionnaire est nommé capitaine d'artillerie ; par ordre du délégué au ministère de la guerre, on établit sa lettre de service, et quand on demande au cabinet du ministre son adresse pour lui expédier cette lettre, le cabinet répond: inutile, il est nommé général de brigade.

Un capitaine d'artillerie, également démissionnaire, se présente pour reprendre du service ; on le nomme chef d'escadron à midi. Il revient à cinq heures annoncer que Gambetta a fait de lui un général de division... iuparlibus, car il n'a jamais rien commandé et n'a guère exercé les fonctions de son grade que chez le payeur.

Eh bien! tout cela se fond à distance, c'est-à-dire après quinze ans passés, dans ce fait qui a été grand, quoi qu'on en dise, la défense nationale. Tout bien considéré, ces avancements au titre provisoire ou au titre de l'armée auxiliaire ont eu leur bon côté; ils ont empêché des nominations qui, faiteé à titre définitif, auraient pris un caractère quelquefois fâcheux. La paix et le temps ont tout régularisé. Quelques-uns des avancements provisoires étaient justifiés et ont écé maintenus par la commission des grades ® ; d'autres, provisoires ou définitifs , ont ét^ annulés par cette même commission, qui avait certainement l'intention d'être impartiale, mais qui était singulièrement composée pour juger des ser-

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