‹ Les transformations de l'armée françaiseChapitre 95 sur 174 · AmiralJauréguiborry, commandant le !«' corps · texte numérisé non relu

AmiralJauréguiborry, commandant le !«' corps

2. Voir dans la 2« Armée de la Loire, par le général Ghanzy, les tableaux donnés aux pa^'es 515 ot suivantes.

:]. Commission nommée dans lo sein do rAssembléu nationale en 1871^ et présidée par le général Chaiigarnier.

y92 LES THANSFOLtMATIONS DE l'aIIMÉE FRANÇAISH.

vices et ries aptitudes militaires. Qu'imnorlL» ! Toub, aujourd'hui exclus ou favorisés, sont à peu près au même point. Tous, dai quelques années, auront dispam, et il restera la France que I également avalent défendue et que leurs successeurs, plus favoiî fiés qu'eue par le sort, auront peut-être le bonheur de replacée j son rang.

Le décret du 13 octobre 1S70, qui suspendait le cours régulifl de l'avancement, invoquait le souvenir des prodiges de 1792. Il i a là tout au moins un léger anai;hronismt?. Les généraux de 1 79! Dumouriez, Kellennann, BeurnonviHe, Valence, Stengel, Biroqj Guetine, Auselmt", Dampiewe, Diilon, Montesquiou étaient toui des générauTC ou des otflciers supérieure de l'ancienne armée, régt lièrement nommés'. Quant au.\ officiers, ceux des troupes deligi étaient loin d'avoir tous émigré, témoin: Aubert-Dubayet, Ba tliier, Boucliolle, Caniot, Chasseloup-Lanbat, d'Hautpoul, Eblé; Grouchy, GudiH, Houchard, KÎImaine, MacJonald, Moncey, Nani souty, Saint-Hilaire, Sainte-Suzanne, Serrurier, et pour rempli les vides faits par l'émigi'ation, les vieux régimenls posfiédaieQj des sous-officiers tels que Hoche, Murât, Ney, Soult, Grenier... Les officiers des bataillons de volontaires (nous ne parlons que Aet volontaires de 1791) étaientgénéralemeatd'ancieus officiers, eoiii officiers ou soldats de l'ancienne armée, principalement sortis doi troupes provinciales qui venaient d'ôtre licenciées ; tels qu'Augo» reau, Davoul, Delmas, Kléber, Priant, Jourdan, Lecourbe, Lefëbe vre, Masséna, Mortier, Oudinot, Pérignon, Vaubois, VictorM faut lire, dans les Mémoires de Dumouriez, l'étonnement manife^ par le prince de Hohenlohe au général Duval en voyant c l'armée française tant d'officiers « polis et décorés ». Le génén Duval, un vétC-ran de l'armée royale, répondit au prince que lu plupart des généraux avaient fait sous la monarchie une ou deaXg guerres... C'est plifs tard, eu 1793, que le parti révolutionnaire ^ A périr sur l'échafaud Gustine et Beauharnais, généraux en chel^

\. Il y eu cepondanl quelques exceptions, IoIIce que celles Je l'aventuiin pAruvieu Hiranda, Domitié, par l'influiiace de Pélion, mnréchal Ûo uamp d'en tilée, et de Westermann. anuien aoIUat de cavuleric, nonimâ udjuUitiil ^D^rï après la journâ? du to aoiîi A laquelle il avait pris une granile |iart,

S, Voir l'exooUeni livri) de M, Dussieux : VÀimée cl to Francf, 3» VDluraô^ appeudice.

Tun après l'autre, de Tannée du Rhin, qui n'avaient pas marché au secours de Mayence; de. Fiers, un jeune général de 36 ans, qui avait fait preuve de talent dans les Pyrénées-Orientales et sagement résisté aux Espagnols, dans le camp de l'Union, mais auquel on reprochait de ne pas être sorti de ce camp pour attaquer Tennemi; Brunet, le commandant en chef de l'armée d'Italie, brave homme, excellent patriote, adoré de ses soldats, mais n'ayant pu faire l'impossible; Houchard, ancien officier de cavalerie, plébéien, ardent révolutionnaire, vainqueur à Hondschoote, ayant manqué de vigueur après sa victoire; Biron, bon général, mais grand seigneur et ami du duc d'Orléans, etc. Les successeurs de ces généraux furent : Rossignol, nommé colonel dans une émeute et général en chef après avoir commandé deux mois une division de gendarmerie, dont les représentants du peuple à l'armée de La Rochelle disaient dans un rapport: « Il fait enfoncer les portes « des caves pour s'approprier leur contenu, bien qu'il passe les « journées à boire au cabaret avec le premier venu » ; Léchelle, dont le seul titre était celui de jacobin, ignorant et lâche, dit Kléber, et qui ne parut jamais au feu ; Doppet, ancien garde française et docteur en médecine ; Carleng qui, de chef d'escadron passé en un jour général en chef de l'armée du Rhin, perdait les lignes de Wissembourg et dont Carnot débarrassait l'armée en le faisant arrêter ; Carteaux , qui se montra si grotesque au siège de Toulon ; le fameux brasseur Santerre , Henriot, Ronsin et autres sans-culottes. « Si ce système eût eu quelle ques semaines de durée de plus », dit Saint-Cyr, « il assurait « aux ennemis la conquête de la France. » Ce ne sont pas là sans doute les précédents que prétendait invoquer la délégation de Tours, dans l'exposé des motifs de son décret du 13 octobre 1870, mais probablement celui de Carnot, appelant à la tête des ainnées, à la un de 1793 et en 1794, les officiers les plus capables. Seulem'ent deux années de guerre avaient déjà permis à cette époque de distinguer les Hoche, les Desaix, les Saint-Cyr, les Marceau; tandis qu'en 1870 il fallait s'en rapporter au hasard.

Pour en revenir à notre sujet, le cadre des officiers de réserve est composé d'éléments assez disparates, les uns trop vieux, les autres trop jeunes ou du moins trop peu expérimentés. Il sera

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•donc besoin d'un grand discernement pour les répartir au mieux des intérêts du service. Les officiers supérieurs de réserve auront rarement à marcher avec les troupes de l'armée active, ils recevront plutôt des commandements dans Tannée territoriale, dans les forteresses, sur les lignes d'étapes, dans les dépôts; ils seront employés dans les états-majors territoriaux, dans les établissements, directions et parcs d'artillerie et du génie, toutes positions dans lesquelles des hommes expérimentés peuvent, malgré leur âge, rendre d'utiles services. Dans le grade de capitaine, les plus jeunes pourront elrc appelés à commander des compagnies actives ; les plus âgés seront réservés pour les dépôts, les places fortes, les commissions d'étape, les établissements. Quant aux lieutenants et sous-lieutenants, ils sont tous jeunes et, l'amour- propre aidant, ils sauront se montrer à hauteur de leur grade. Il n'y a pas à se dissimuler, toutefois, que plusieurs d'entre eux, officiers de réserve par position, ont l'esprit peu militaire, et que beaucoup d'autres n'ont sollicité un grade que pour ne pas subir comme soldats les périodes d'exercices ; mais en campagne et dans les positions subalternes, le service est plus facile qu'en temps de paix, pour plusieurs motifs et en particulier parce qu'il n'y a pas de recrues à instruire. On l'a bien vu après chacune de nos guerres, lorsque les régiments ont été encombrés d'officiers médiocres qui, nommés pendant la campagne et s'y étant montrés d'une capacité k peu près suffisante, n'étaient plus bons à grand'chose pendant la paix ; ce qui ne veut pas dire, bien entendu, qu'on a moins besoin de bons officiers à la guerre qu'en temps de paix, mais tout simplement que, dans les grades inférieurs à celui de capitaine, un officier dont l'instruction militaire n'est pas complète, so tirera toujours d'affaire en campagne s'il est bien dirigé, s'il a de la bonne volonté, deTardeur et surtout de l'amour-propre. Il convient d'ailleurs d'observer, comme l'a fait récemment un écrivain anonyme, que chez les officiers de réserve, les défectuosités de l'instruction militaire seront, dans une certaine mesure, palliées par une force morale i>aLTticulière résultant de leur position sociale, de la pratique de l'fvatorité acquise dans la vie civile, de leurs attaches dans le par^ *•

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