MÉTAPHORES PITTORESQUES
A. — Couleurs.
Annelé. B. de St-P., £<., I, 30ir : les guêpes à fond jaune annelées de noir connnie les tigres. — Ac. 1878.
*Bahdé. Ibid., III, 206 : pagnes bardés de rouge et de bleu.
*Chatoyer. Ibid.^ II, 1 38 : vernis chatoyant. — Saussure, I, 96 : formes fîlireuses, chatoyantes. — Rivarol : cela [la description du Paon dans Buffon] chatoie plus encore que cela ne rayonne.
Glair-obscur. B. de St-P., Et., II, 59 : les effets les plus agréables de la lumière et des ténèbres sont produits lorsqu'elles viennent à former ce que Us peintres appellent des clairs-obscurs et des demi-jours.
*Délaver (se). Ibid., II, 133 : sa nageoire et sa queue ondées d'azur qui se délave en vert à leurs extrémités.
Embrumé. Ibid., II, 29 : Thorizon en est tout embrumé.
Terme de marine selon Prévost, Man. lex., et F. — Ac. 1878.
^Enfumé. Ibid., II, 127 : le gros bleu et le violet enfumé sont en oppositioji tranchée avec des nuances tendres. — On dit : « enfumer des tableaux » pour les faire paraître anciens.
*Frappé. Ibid., II, 173 : les verts âtres et frappés de blanc et de noir.
*FuiR. Ibid., II, 6i : des teintes inimitables de blanc qui fuient à perte de vue dans le blanc.
On dit qu'un fond de tableau fuit, lorsque par l'effet de la perspclive il semble reculer.
*Glacer. Ibid., II, 232 : [la nature] glace leur corolle d'un vernis brillant; — II, 68 : qui sont glacés de rouge.
*Harm.onier, Ibid., Il, 179 : la manière dont elle harmonie nos moissons. — 11, 66 : le blanc et le noir produisent en s'harmoniant tant de couleurs différentes.
Heurté. J6wi., II, 73 : le contraste heurté de deux couleurs opposées.— Ac. 1878.
*Lavé. Ibid., II, 130 : plumage blanc lavé de carmin.
*LissÊ. Ibid.^ II, 347 : le lissé de leurs queues.
Lustré. Ibid., I, 222 : les réseaux de la pervenche recouvrent d'un lonf; tapis vert et lustré les mousses et les feuilles desséchées. — Ac. 1878.
*Maillé. Ibid., II, 130 : la pintade au plumage maillé.
*Marbré. Ibid., II, 122 : raies marbrées de blanc et de brun. — Saussure, III, 141 : schiste marbré de ces différentes couleurs.
*Meubtri. Ibid., Il, 71 : couleurs ternes et meurtries.
Onde. /6i(i., I, 230 : agarics ondes de jaune, d'aurore et de pourpre. — I, i'6'6.
'Piqueté. Ibid., II, 122 : poissons piquetés de gris, de jaune.
Plombé. Ibid., II, 6o : surface grise et plombée. — Ac. 1878.
*Pluché. Ibid., II, 89 : une marguerite de Chine avec son disque d'un jaune enfumé, son pluché chiffonné.
PoiNTu.LER. Ibid., II, 215 : la nature emploie plusieurs espèces de blancs, en les pointillant, les chagrinant, les rayant... — Ac. 1878.
*Sablk. Ibid., II, 64 : longues grèves sablées d'or. — II, 68 : d'autres oiseaux en sont sablés, comme si on eût soufllé sur eux quelque poudre d'écarlale.
Satiné. Ibid., II, 1*28 : oiseau d'un blanc satiné.
^Scarlatine. Ibid., III, 69 : ces réverbérations scarlatines dans les rues. — Mercier, TabL, IX, 222 : ces réverbérations scarlatines illuminant les tours et les clochers. — Chateaubriand avait senti la beauté pittoresque de ce mot (cf. L.).
*SouFRÉ. B. de St-P., £^., I, 223 : les bouillons blancs avec leurs longues quenouilles de fleurs soufrées et odorantes.
*SuRGLAcÉ. Ibid. y II, 133 ; son dos est coloré et surglacé de laque.
"Vernir. Ibid., II, 21 o. Cf. s. y° poiiitiller.
"Vernissé. Ibid., I, 249 : les feuilles des genévriers sont lustrées et vernissées.
B. — Formes.
*Bavure. Saussure, III, 94 : crevasses toujours nettes et tranchées, sans dentelures, sans bavures.
*Garder. b. de St-P., Et., II, 63 : les vents alizés cardent les nuages comme si
c'étaient des flocons de soie.
*Chagriner. Ibid., II, 215. Cf. s. v° pointiller. "Chiffonné. Ibid., II, 89. Cf. s. \° pluché. *Chiné. Saussure, III, 219 : de grands espaces oij la surface de la neige paraissait
chinée comme une étoile. — III, 240.
"Couloir, 1786. Saussure, IV, 411 : on donne à ces ravines en pentes creusées
par les neiges le nom de couloir.
Courbure. B. de St-P., Et., I, 232 : ses grandes masses [du roc] réfléchissent sur
les plantes les rayons du soleil par leurs courbures. Crênelure. Saussure, II, 332 : les montagnes, composées de ce genre de pierre,
ont leurs crênelures très aiguës, à angles vifs. — Ac. 1878. "Creusé. B. de St-P., Paul etVirg. ; écumes blanches, creusées de vagues noires
et profondes.
Découpure. Ibid., II, 334 ; l'on trouve dans la dureté des couches intermédiaires
les mêmes nuances que Ton voit dans les découpures de leurs arêtes. —
Drapé. B. de St-P., Et., II, 321 : le verbascum étend autour de lui ses larges
feuilles drapées. — Ac. 1878.
Echancrure. Saussure, II, 10 : les échancrures ou crênelures qui divisent les
montagnes.
Etranglement. Saussure, IV, 106 : les plus grandes vallées ont des étranglements
qui forment des écluses, des fourches, des défilés.
^Feuilleté. Saussure, III, 255 : roches feuilletées.
Frangé. B. de St-P.,-E^, I, 270 : langue frangée de nerfs délicats. -- Ac, 1878.
Froisser. Saussure, II, 193 : il faudrait que ces couches eussent été froissées et contournées d'une manière étrange.
*Groupé (sb.). B. de St-P., Et., l, 403 : la verdure des prairies, le groupé des plantes.
Lambeau. Saussure, III, 1 10 : le glacier dont les glaces saillantes en dehors, découpées à lambeaux comme une grande draperie, étaient suspendues audessus de ma tète.
*MouTONNÉ. Saussure, IV, 337 : des rochers qui ont une forme que je ramme moutonnée. Les montagnes que je désigne par cette expression sont com posées d'un assemblage de têtes arrondies... Ces rondeurs contiguës et répétt es forment en grand l'effet d'une toison bien fournie, ou de ces perruques que Ton nomme aussi moutonnées,
"Patronner. B. de St-P., E^., I, 83 : ileurs patronnées sur les roses et les lis.
Plan. Ibid., III, 34 : ces vapeurs se présentent sur différents plans.
*Plaque. Saussure, 111, 263 : de grandes plaques de neige couvraient en divers endroits la route.
*Tissu. Ibid., II, 23 : il reconnaît les vraies couches au tissu même de la [)ierre.
VoussoiR. B. de St-P., Et., II, 199 : cette effroyable coupole de glace qui couvre rextrémité de notre hémisphère. Ses énormes voussoirs, dissous par la chaleur, se détachent.