SUR LES PROGRÂS DE LA PALÉONTOLOGIE
d'évolution, triomphait définitivement de toutes les résistances des derniers partisans de la fixité de l'espèce, grâce à la coopération de défenseurs passionnés de r hypothèse transformiste, R. Wallace, Huxley, Edouard Haeckel. Ce dernier, sur une méthode purement embryologique^ s'efforçait de démontrer Vévolution monopky lé tique des deux règnes, et faisait du parallélisme de VOntogénie et de la Phylogénie la loi fondamentale biogénétique. Mais il manquait encore à toutes ces formules théoriques de l'hypothèse transformiste l'appui et le contrôle de Vévolution réelle^ c'est-à-dire de V histoire paléontologique des êtres. Superficiellement ébauchée par Darwin sur des données de pure zoologie descriptive, puis par Haeckel poussant jusqu'à l'erreyr les exagérations de la méthode embryologique, V Evolution paléontologiqve devenait enfin, dans les trente dernières années du xix® siècle, un corps de doctrine scientifiquement établi, grâce aux travaux d'une pléiade de spécialistes, tels que Cope, Kowalevsky, Rutimeyer, Gaudry, Waagen, Neumayr, Zittel et beaucoup d'autres paléontologistes plus modernes. Waagen, Neumayr et Zittel montrèrent l'importance des séries de formes ou mutations patiemment suivies de couche en couche à travers les terrains de l'écorce terrestre. Cope, plus théoricien, faisait revivre une sorte de néo-lamarckisme en reportant la plus grande part des faits d'évolution à des actions physiologiques conscientes ou inconscientes. Ses principales formules théoriques sont celles d'une évolution à la fois progressive et régressive et de la loi de non-spécialisation^ c'est-à-dire de V arrêt de développement des formes trop spécialisées.
Gaudry développe avec une évidente exagération la loi du progrès continu des anciens êtres à la fois dans leur structure générale et dans le défail de leurs organes, et il s'efforce d'établir les stades d'écolution de chaque groupe aux divers moments de sa vie géologique : méthode brillante, sans doute, mais trompeuse, et qui a trop souvent mené ce paléontologiste à l'erreur dans ses tentatives d'Enchaînements du monde animal. Enfin Zittel synthétisait avec une admirable précision les faits généraux importants qui, dès la fin du xix* siècle, pouvaient être dégagés de l'amas énorme et grandissant des matériaux paléontologiques et acheminaient lentement notre science vers la découverte de ses principes et de ses lois.
A l'heure où nous sommes parvenus, il serait téméraire d'affirmer que nous connaissons d'une manière satisfaisante la loi générale qui a présidé aux incessantes transformations des êtres depuis l'apparition de la vie jusqu'au monde actuel. Ni le méca^ nisme des adaptatio'ns physiologiques, ni celui de l'action directe du milieu, ni moins encore celui de la lutte pour l'existence, ne sont adéquats à fournir une explication rationnelle et complète du grandiose tableau de l'évolution paléontologique. Il existe encore dans cette évolution, sans parler même de l'oririgine première de la vie, bien des points mystérieux, bien des faits importants dont l'explication nous échappe.
Mais si nous savons nous résoudre à abandonner à l'avenir ce côté théorique général de l'évolution, il nous sera possible en revanche de préciser un certain nombre de lois de détail, ou plus exactement de