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CHAPITRE Xlil

Coup d'œil sur les progrès et t'état actuel de la paléontologie philosophique.

L'apparition du Traité de Paléontologie de Zitlel marque, à Taurore du xx*" siècle, une date mémorable dans l'histoire des progrès de cette science. C'est vraiment là une de ces étapes glorieuses où l'on fait halte un moment pour jeter un coup d'œil en arrière sur la route parcourue, avant de reprendre avec plus d'ardeur la marche en avant pour de nouveaux progrès.

Dans l'aperçu historique qui précède, nous avons assisté, au cours du siècle passé, au début de la science des êtres disparus et à son développement. Nous avons vu se faire jour Tune après l'autre les idées générales et les hypothèses philosophiques destinées les unes à évoluer brillamment, les autres

à retomber dans l'oubli. Avec Georges Cuvier, le véritable fondateur de la science paléontologique, nous avons assisté au triomphe des croyances maintenant abandonnées à la fixité des espèces et au renouvellement intégral des faunes par les révolutions du globe; mais nous avqns vu en mêrtie temps apparaître avec une clarté saisissante dans les écrits de l'illustre naturaliste les idées fécondes du progrès graduel des êtres et des changements de faunes par voie de migration. L'hypothèse philosophiquement peu défendable des créations successives a été soutenue avec un réel talent par les disciples de l'école cuviérienne, d'Orbigny, Agassiz, d'Archiac, Barrande, exagérant môme et dépassant la pensée du maître. Dans une voie tout opposée, Lamarck et Geoffroy- Saint-Hilaire édifiaient sur des bases purement biologiques, la doctrine de la descendance^ les transformations des êtres résultant pour Lamarck d'une adaptation aux besoins physiologiques ^ pour Geoffroy de Vinfluence directe des milieux ambiants; ce dernier semait en même temps dans la science le germe de Vhypothèse de la variation brusque et de la théorie du parallélisme entre le développement embryonnaire individuel et l'évolution paléontologique. Après une éclipse partielle, nous avons vu l'hypothèse transformiste recevoir une nouvelle et définitive impulsion par les ingénieux travaux de l'illustre Darwin, sur les procédés de transformation des êtres vivants par la sélection artificielle et la sélection naturelle^ celle-ci ayant pour cause l'éternel combat pour la vie et pour la reproduction. Le Darwiyiisme^ bien que fort inférieur au Lamarckisme au point de vue de l'importance et de l'efficacité réelle des causes

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