CHAPITRE I
Les Hypothèses anciennes.
A force plastique. — Les théories diluviennes, — L'inventaire
des êtres fossiles.
Les hypothèses destinées à expliquer les multiples et étonnantes transformations du monde animal aux divers âges de la Terre sont de date relativement récente et ne pouvaient prendre une forme rraiment scientifique qu'avec les progrès très modernes de la science qui s'occupe de Tétude des anciens êtres et qui a reçu le nom de Paléontologie,
Le monde grec et romain a connu avec Hérodote, Strabon et Ovide la présence de coquilles abandon- Dées par la mer dans Tintérieur des continents, mais
•n'a snr éûi-urer d'autre conclusion que celle d'un A : : .: d^çtacecaent des rivages. Quant à l'origine de ces »'•'••' ' ^ocfuilles' et- che'- ï5es Poissons pétrifiés, il en est réduit, avec Aristote^ à l'idée d'une sorte d'éclosion spontanée d'êtres organiques naissant dans la boue sans le concours de parents.
Le Moyen âge se borne à conserver les idées d'Aristote et adopte presque unanimement les théories de la génération spontanée des fossiles ou pétrifications, sous des formules diverses : force plastique, force pétrifiante, opération des étoiles, jeux de la nature, concrétions minérales, pierres figurées, vapeurs séminales, et beaucoup d'autres théories analogues. Ces idées continuèrent de régner, presque sans partage, jusqu'à la fin du XVI® siècle, malgré les efforts de quelques espritis d'élite, tels que Léonard de Vinci ^ Fracastoro, Bernard Palissy, pour faire attribuer les coquilles pétrifiées et les dents de Poissons ou Glossopètres à des animaux ayant vécu en place dans la mer, au point même où on les observe actuellement.
Le XVII® siècle voit disparaître peu à peu \ei théories surannées de la force plastique et des pierres figurées, et l'origine animale ou végétale des débris fossiles se trouve définitivement établie. Malheureusement, les progrès de la paléontologie devaient être retardés longtemps encore par Téclosion et le succès des théories diluviennes, qui attribuaient la dispersion des fossiles au déluge universel et s'efforçaient d'adapter tous ces faits au] récits mosaïques • tel, par exemple, le fameu3 « homme témoin du déluge », décrit à CEningen pa: Jacques Scheuchzer, et dont le squelette, conservé