XI. — L'Art et la Morale politiques
Deux branches de l'art politique: l^' l'art militaire dont nous ne nous occuperons pas; 2» l'habileté à émouvoir et à diriger l'opinion publique; le don de convaincre et de passionner les nationaux. — Art capital et innomé qui est à la rhétorique des anciens ce que le canon est à l'arme blanche, ce que le journal est au discours. — La rhétorique classique suppose un petit auditoire tout prêt, bien en main, sur lequel une action très vive doit être produite en un temps très court. — Tout autres sont les conditions auxquelles doit répondre la rhétorique supérieure qui reste à créer et que les journalistes appliquent d'instinct. — Considérations à cet égard. — Similitudes et différences entre le journal et le discours. — L'art de l'Enseignement. — L'art diplomatique; les transformations et leur direction apparente. — Plus de moralité dans les rapports des associes entre eux que dans ceux des sociétés entre elles. — Moralisation croissante de la politique intérieure et démoralisation croissante de la Politique extérieure ? — Non. — Problème de la pacification européenne. — Les deux solutions. — Complaisance des historiens pour les hommes d'État immoraux, fascination de la criminalité glorieuse. — Idées de Renouvier sur la philosophie de l'histoire, leur interprétation à notre point de vue. — L'invention morale et l'invention industrielle ou politique. — Les institutions immorales. — Double entrée, l'une morale, l'autre immorale, dans l'évolution sociale. — Importance de cette distinction : les deux Amériques. — Fondements du Devoir. — Pourquoi l'homme d'État doit être plutôt initiateur que conformiste en fait de moralité. — A quel signe distinguer l'immoralité et l'innovation morales en politique.. . . 231
FELIX ALCAN, EDITEUR