‹ Les transmutations rythmiquesChapitre 7 sur 16 · JJ J I · texte numérisé non relu

JJ J I

(1) 11° Deux longues et une brève v^ antibacchios

5 J J J I (ou palimbacchios)

Observation. — Ces trois derniers pieds donnent des rythmes de cinq unités (en musique des rythjnes de cinq temps), qui pourraient bien n'être que des trochées ou que des iambes précédés ou suivis d'une valeur longue et ne constitueraient, par conséquent, que des rythmes complexes. Aussi les négligerons-nous pour nous occuper d'abord exclusivement des huit premiers rythmes simples.

Rien ne nous prouve que la représentation de ces huit rythmes, telle que nous venons de l'établir, soit bonne — tout au moins en ce qui concerne les pieds antiques — parce que les barres de mesures entre

(1) Si ces rythmes existent réellement, ils se présentent le plus souvent, dans notre musique européenne avec inégalité de valeur des deux longues sous la forme 4 ÇJ" * I o" 4 •■ J^J I et

plus souvent J-3J I (aHegro de la Sepiiém^Symp/ioraic de Beethoven) ; | J^J^J | „ii ^ J^J J. |

et| J J;]|ou J J.S^l

lesquelles nous avons placé chaque groupe de phénomènes (par exemple :

I J J ( ou I J J J I) impliquent que c'est le premier d'entre eux — syllabe, son, etc. — qui recevrait toujours l'accent d'intensité : l'accentuation tonique. Or, s'il s'agit de métrique ancienne, cet accent peut affecter une autre syllabe du groupe que la première.

Mais, sans nous préoccuper davantage de la prosodie grecque ou latine, qui n'est pas ici l'objet de notre étude, plaçons- nous au point de vue exclusivement musical, et prenons, par exemple, l'anapeste. Nous voyons immédiatement qu'il peut se présenter à nous sous quatre formes différentes. Si l'accent est

1° Sur là 1"''= note brève, nous aurons : C | J J J |

2° Sur la 2^ note brève, nous aurons : C • | J J

3° Sur la note longue, nous aurons : C é m \a

4" Sur la deuxième moitié de la longue, nous aurons : C • J •Jj»

Mais alors, dans le deuxième cas, l'anapeste ne se transforme-t-il pas en amphibraque, dans le troisième cas en dactyle, dans le quatrième en tribraque?

Pour élucider la question, nous sommes contraints d'examiner un autre facteur capital du rythme : Vanacrouse.

\ 'Anacrouse ^^ tioms prenons les quatre noires comprises entre les deux barres d'une mesure à quatre temps

r/temps2'temps srtcraps V.Lcmps

ces noires se nomment le premier, le deuxième, le troisième et le quatrième temps de cette mesure.

De la place qu'elle occupe, faisons passer la noire du premier temps après la noire du quatrième temps, nous aurons une nouvelle mesure à

DES RYTHMES ELEMENTAIRES

quatre temps, non moins complète que la précédente, mais se présentant sous cette nouvelle forme :

C J J J iJ

Faisons passer la noire du deuxième temps après celle du premier, nous aurons la mesure complète à quatre temps que voici :

Et enfin faisons passer la noire du troisième temps après celle du deuxième, nous obtiendrons une quatrième et dernière forme complète de la mesure à quatre temps :

Les Grecs appelant thésis la note accentuée forte, Mathis Lussy appela théliques les rythmes commençant par le temps fort. Et le nom cVanacronse étant donné aux notes faibles qui précèdent la première « thésis » d'un rythme (les notes jouées « en levant », comme disent les musiciens) tous les rythmes où le premier temps fort est précédé d'une ou de plusieurs notes furent appelés rythmes anacrousiques, par le même théoricien.

est un rythme thé tique.

sont des rythmes anacrousiques.

C'est, par conséquent, sous leur forme thétique, que nous avons énuméré plus haut tous les rythmes simples. Mais chacun d'eux peut être conçu et exécuté sous une forme anacrousique quelconque. Et, sans nous

iJ J

iJ J J

préoccuper de savoir si cette conception est juste ou fausse au point de vue de la métrique grecque ou de la métrique latine, — problème fort ardu, si nous en croyons les philologues compétents! — nous considérerons chaque groupe rythmique comme conservant son caractère propre, quelle que soit la place de l'accent dans le groupe, pourvu que les longues et les brèves s'y succèdent dans l'ordre convenu.

Nous considérerons :

• I • comme un pyrrhique aussi bien que I • * I

• I o iambe I • o |

JlJ J

ou

ou même

J J I J J / comme des

( amphibraqiies aussi bien que 1 J J J |

En un mot, l'ordre des valeurs, au point de vue de la classification des rythmes simples, primera, dans notre esprit, la place des accents.

Nous combinerons plus tard, selon nos besoins, les rôles des deux principaux éléments rythmiques (valeurs et accents). Mais, si nous voulons nous débrouiller dans le labyrinthe déjà si compliqué du rythme, il faut d'abord isoler ces diverses composantes.

Donc, pour nous résumer :

nous appellerons :

les rythmes (

iel

a forme :

1° Pyrrhiques

ou J J ou

d selon

les

mouvements.

2° Spondées

ou J J ou

3" Trochées

ou à- J ou

J etc.

4° ïambes

ou J cl • ou

o etc.

5° Anapeste

6° Dactyle

70 Tribraque

8° Amphibraque (1)

Il faut peut-être ajouter à ces rythmes un pied que les anciens ne semblent pas avoir employé, et qui est d'une utilisation constante en musique :

9° Le Trimacre J d J

Il y a lieu d'assimiler à chacun de ces divers rythmes tous ceux où la valeur longue est remplacée par une brève suivie d'un ou de plusieurs silences.

Par exemple, le rythme : J J T joue le rôle d'iambe dans toutes les combinaisons rythmiques (superpositions, accélérations, etc.) exactement

comme : J J ; le rythme : J T T J celui de trochée tout comme :

d ■ J ; le rythme. : J J T • se comporte rigoureusement comme

l'amphibraque J o • ; etc.

Nous avons dit plus haut que tous les rythmes possibles dérivent de ces rythmes élémentaires par accouplement, par dédoublement, par superposition ou par accéléi'alion.

Examinons rapidement les deux premiers modes de dérivation ; l'étude des deux derniers, qui constitue la matière essentielle du présent travail, remplira les chapitres suivants.

(1) L'amphibraque — surtout l'amphibraque rapide — porto aussi parfois le nom de brachychorée (ou l)rève suivie d'un trochée ou chorée) lorsqu'au lieu d'être considéré comme une longue entre

deux brèves, il est le résultat de la fusion en un seul rythme d'un iambe J^ J et d'un trochée « ^ n'ayant qu'une longue commune 4 } »

Accounletnent des ^^ P^'^^ ^^^ ^^^^ pieds de deux et de trois

., ,i, , . syllabes que nous avons énumérés tout à

rythmes élémentaires. ,:. , .. . . ..

^ 1 heure, la métrique ancienne connaissait

encore les pieds suivants de quatre syllabes :

Le Dispondée :

Le Procéleusmatique : ij u w w

L'Ionique majeur :

L'Ionique mineur :

Le Ditrochée :

Le Diiambe :

Le Choriambe :

L'Antispaste :

L'Épitrite 1"^ :

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