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Le Péon ou Péan 1" : u u o
— — 3V: vj o - o
Même observation que pour les rythmes de deux et de trois pieds, en ce qui concerne les valeurs brèves suivies de silences.
iJ r J J J r I et 6 JT3-n7l
sont des choriainbes tout comme :
I J J J J i et| j ;)j)j (,,,..^
Les noms seuls de plusieurs de ces pieds et leur examen, même superficiel, permettent de constater immédiatement qu'ils sont tous le résultat de
l'accouplement de pieds de deux syllabes et peuvent, dans l'ordre où nous venons de les énumérer se décomposer en :
Deux spondées,
Deux pyrrhiques,
Un spondée et un pyrrhique,
Un pyrrhique et un spondée,
Deux trochées.
Deux Ïambes,
Un trochée (ou chorée) et un iambe,
Un iambe et un trochée,
Un Ïambe ou un trochée précédant ou suivant un spondée (les épitrites),
Un trochée ou un Ïambe précédant ou suivant un pyrrhique (les péons).
A fortiori tout rythme composé d'un plus grand nombre d'éléments doit-il être considéré comme le résultat d'accouplements analogues.
Il y a lieu de placer ici une observation générale fort importante en ces matières.
Si nous décomposons un pied ancien d'une certaine façon (prenons, par exemple, le pied de cinq syllabes que connaissait encore la métrique grecque et qu'elle appelait Dachmios : ^ ^ -), si donc nous décomposons ce pied en deux pieds élémentaires, et que nous le considérions comme un iambe w - - suivi d'un amphimacre ^ , il se peut que nous soyons en divergence de vues avec les prosodistes de l'antiquité et que ceux-ci vissent plus habituellement peut-être, dans le même pied, un bacchios ^ • .. suivi d'un iambe o -. Maintes divergences du môme genre peuvent se produire pour tous les pieds de plus de trois syllabes.
Elles n'importent aucunement.
Quand on analyse un phénomène naturel, appartenant au domaine de la physique, de la chimie ou de la mécanique, il existe toujours une vérité objective, dont il convient de se rapprocher le plus rigoureusement possible, qu'on ne doit pas trahir par une théorie imprudente et inexacte. Mais, s'il s'agit des soi-disant lois des techniques humaines, littéraires ou artistiques, — lois qui ne sont jamais que des habitudes fixées par un long
usage — il n'existe pas, à proprement parler, d'interprétations vraies ou erronées, d'analyses justes ou fausses concernant leur adaptation, toujours conventionnelle, à l'expression de nos sentiments. Il n'y a que des explications plus ou moins claires, plus ou moins commodes de ces éléments artificiels, utilisés par le langage artistique. ;
Si notre manière de concevoir tous les rythmes comme des accouplements ou des dédoublements (et plus tard comme des superpositions et des accélérations) de quelques rythmes élémentaires nous permet réellement de les englober, de les étudier et de les employer tous, il est absolument indifférent que notre méthode de classification corresponde ou non avec telles ou telles théories connues de prosodie, de solfège ou de contrepoint.
C'est précisément ce qui va se passer pour les dédoublements rythmiques, où nous nous trouverons peut-être en contradiction a^'ec certains théoriciens érudits du chant grégorien.
. . . , , , Nous avons vu qu'un rythme composé d'une blanche et
Dédoublements .
rvthmiaueS ^® deux noires constitue un dactyle : J J J - Mais
comment devrons-nous envisager celui composé d'une
blanche et de quatre croches : cl J# J J ou celui composé de deux noires
et de quatre croches : J J JjJ* ?
Il nous semble que les croches de ces deux rythmes ne sont qu'une subdivision, qu'une sorte d'ornementation des deux brèves d'un dactyle,
que, par conséquent, d J J J J équivaut à J J J ; de même JJJJj
équivaudrait à un anapeste et Jjd Jj à un amphibraque. Peut-être même les deux noires initiales du second rythme ne sont-elles qu'une subdivision de la longue d'un dactyle et J J Jjj J n'est-il que la forme
plus fragmentée (bégayante) de J J J .
Il est vrai que nous pourrions aussi bien considérer le rythme
• J J JJJ comme composé d'un spondée et d'un procéleusmatique. Ce ne sont là, en somme, que des questions d'espèces mélodiques intéressantes à discuter au point de vue de Taixliéologie musicale. Dans notre étude ces
problèmes demeurent sans intérêt, on le constatera par la suite. A coup sûr, pour résoudre toutes les questions qui nous préoccupent ici, il suffit de connaître les huit l'ythmes élémentaires de deux et de trois notes énumérés plus haut.
Il en va de même pour ces rythmes que la musique moderne qualifie de ternaires (1), dans lesquels chaque temps est ordinairement divisé en
trois et comporte, i)ar conséquent, ti'ois croches : m J J ou six doubles
croches : JJ J J J J et est représenté tout entier par une noire pointée : «1., l'ylhmes dans lesquels la valeur de deux temps est la blanche pointée : J. , celle de trois temps la blanche pointée liée à une noire pointée : J. J.^ , celle de quatre temps la ronde pointée : o'-j, etc.
Ces mesures, selon le nomljre de temps qu'elles renferment (1 temps, 2 temps, 3 temps, 4 temps, 5 temps, etc.), se nomment mesures à ô' b'
o' -^' -TT' etc.; le dénominateur 8 indiquant que Ton compte par J^ ou
huitièmes de rondes et le numérateur indiquant combien de fois trois croches
é • m (c'est-à-dire combien de temps) sont groupées dans une même mesure.
(Certains auteurs, Mendelssohn notamment, emploient aussi volontiers
des mesures ternaires ou la double-croche (le seizième de ronde) leur sert
d unité, et notent alor.s ces mesures j^, j-^, -j-^, j-;, etc.)
Dans la plupart des cas, nous retrouvous dans ces mesures ternaires nos rythmes élémentaires.
8 * ° ' esl lia spondée.
pyrrhique.
(1) On verra plus loin iju'il en est exaclenient de même pour les rtjthmes quinaires : -, -, —, -'
8 8 8 8 5 10 °" 16" IG' '^''"■' °" '^"''"l"^ tfiiiP'^ esl ordinairemenl divisé en cinq croches ou en cinq doubles croches.
est un trochée.
.... iambe.
.... anapeste.
fj. .J. J.
.... dactyle.
.... amphibraque.
ou
qu'on écrit plutôt g^? • «V^J > sont des tribraques.
est un ditrochée.
.... diiambe.
1 J MJ
.... choriambe.
.... antisnaste.
Et nous pourrions sans doute considérer éé • J . et J • m é é non point comme un tribraque suivi ou précédé d'une longue unique, mais bien comme des formes spéciales de l'anapeste et du dactyle, dans lesquelles, par un artifice de convention, les brèves sont accouplées par trois au lieu de l'être par deux.
Personnellement nous arriverions même volontiers à considéi*er le
rythme : 1^ J,, J, J J J J J J comme un dactyle tout à fait analogue à
Q, a J J et simplement plus orné.
Encore une fois, ceci n'est qu'une pure spéculation (commode comme moyen mnémotechnique et comme procédé de classement) absolument indifférente à l'étude profonde du rythme, et notamment aux deux grands problèmes de la superposition et de l'accélération des rythmes élémentaires, que nous voici désormais en mesure d'examiner fructueusement.