‹ Les Transports SuccessifsChapitre 2 sur 32 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Si l’on jette un coup d’œil rapide sur l’histoire des transports, il semble qu’elle devienne plus complexe au fur et à mesure des progrès de la civilisation.

A l'origine, le nomade se déplace avec ses femmes, ses troupeaux, ses tentes, et les quelques fruits qu’il arrache à la terre.

Quand l’homme se fait agriculteur, il devient sédentaire. Les difficultés et périls du voyage font du transport une expédition hasardeuse dont Le producteur ne peut supporter les risques. En l’absence de sécurité et de moyens de communication, l’expéditeur est dans l'impossibilité de surveiller la marchandise transportée et d’en assurer le placement. Seul le transporteur est à même de le faire. Mais il n’y a assez d'intérêt que s’il est propriétaire de la marchandise transportée. A ce stade, le commerçant se confond avec le transporteur.

C'était la plupart du temps pour le compte des

SRE

armateurs que Se faisaient les razzias et que voyageaient les troupeaux de bois d’ébène, et c’est aujourd’hui encore son bien propre, qu’au pas lent des caravanes surveille le Chammba lorsqu'il apporte à Figuig les dattes des oasis du sud.

Puis avec la sécurité des routes et l’amélioration des moyens de transport le marchand devient lui aussi sédentaire ; et certains commerçants, voituriers ou armateurs, se chargent de faire circuler les richesses en transportant pour le compte d’autrui, des marchandises qui ne leur appartiennent pas.

Il intervient nécessairement un contrat entre le transporteur et l'expéditeur. Pour faire preuve de la remise des marchandises et des conditions auxquelles ce contrat est conclu, on dresse un connaissement ou une lettre de voiture. L’expéditeur et le transporteur trouvent dans ce document un titre qui leur permet d’exercer une action en cas d’inexécution des conditions du contrat; le destinataire y trouve un titre qui lui permet d'exiger la remise des marchandises.

Enfin le développement du commerce et les né- cessités de la spécialisation font que le transporteur originaire est incapable d’assurer à lui seul l’arrivée à destination. Et de nos jours, la plupart des transports sont effectués, non plus par un seul transporteur, mais par une série de transporteurs successifs qui se passent la marchandise de mains en mains.

À chaque changement de transporteur on va dresser un nouveau connaissement, une nouvelle

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