‹ Les trappeurs de la Baie d'Hudson [microforme]Chapitre 20 sur 57 · LE NID DU CORBEAU · texte numérisé non relu

LE NID DU CORBEAU

jiLes.aboiements du chien :tirèrent Sylveen de son sommeil réparateur.

Fille ouvrit les yeux et vit Tom Slo- |,

comb qui, assis près du feu mourant;:la considérait avec cette expression mélangée de curiosité ei d’aëmiration peinte saw sob: visage depuis leur rencontre:

onmVotre chat-sauvage grogne! après

quelque chose, dit-il; mais: wayez pas paur,;) ma: belle. Personne ne peut mettre Tom Slocomb en défaut.

«14e chienlest sagace, dit-elle. : Ses manières m’apprennent qu’il y a un en nemi près d'ici.

Comme :je vous l'ai dit, je suis la ligne de-division entre les races: blanche et rouge. : Je suis prêt à recevoir tous les partis. D’un:côté je mé tourne xets l’Indien, de l’autre vers le blanc, répliqua le Corbeau avec calme,

Mais moi, dit Sylveen, j'ai fort à eraindre et dois compter sur votre protéction. Je vous supplie de ne me

éder ni aux visages pâles, ni aux

enux-rotiges sans mon consentement.

—Vous céder, ma charmante! Par le pôle nord, non ! Si quelqu'un vient pour vous enlever, je lui servirai sa dernière maladie. Ah! vous me verrez dans un combat} Je suis une légion—une ärmée—un tremblement de terre de la force de quatunté chevaux.

‘Si 16 langage des chiens vous est fûmilier, je suissûre que vous ne pouvez vôus méprendre sur la conduite deceluici, s’écria vivement Sylveen.

—Cet animal Baie 06 qu’il y a dehors ;

Le

DHLLIOLLLT TE

ob soavt 2 vb sol 1rate] ais ça, ne m'inquiète guère, Éependant, puisque vous en êtes affectée). je sortirai pour, voir ce que c'est,

— 11 y aurait du danger, car les Indiens vont toujours par bandes Le plus. léger bruit vous trabirait, et vous succomberiez sous leurs coups. ! ::::;:

—Le Seigneur vous bénisse, jeune fille! Tom. Slocomb est-il un enfant dans ces sortes d’affaires ? . Est-ce Ja première fois qu’il est exposé 1, Ces vermines crasseuses n’ont-elles pas passé des nuits à rôder autour de moi?. Ne les ai-je pas entendues hurler et sur les

montagnes et dans les prairies ? . Soyez

tranquille, mon ange ; et comptez. su un homme qui, comme moi, a pargonru les sollitudes depuis le Nebraska jusqu’à la baie d'Hudson, et en sait plus long

ue tout le monde-ensemble, Senlemént, aites taire votre chat-sauvage. 11:

.trSilence, Calamité ! crin Sylveen.

…rMaïintenant que votre petite bou che soit: aussi hermétiquement.1e)lose

[qu'une poire, à poudre, dit, Tom: qui

écarta doucement la porte et écoutu. ;; Chut ! murmura-t-il encore. :-; — Ne laissez point passer le chien; je veux qu'il reste avec moi, dit Sylvsens Slocomb se glissa hors de 1: hutte, Péndant quelques minutes on. ne :l’en$ tendit plus. Ces minutes .semblèyent terriblement longues à Sylveen,., Elle s’approcha de la porte, jeta, à l'extérieur, un coup d'œil timide, La nuit était d’un noir impénétrable, Ne pouvant rien distinguer, notre héroïne allait.se retirer, quand un grand fracas, accompagné de piétinement et froissement de branchnges retentit.. Calamité s’élança comme un trait dans cette directions, Bientôt, Tom. Slocomb, reparut, :: Il était échauffé et tenait. à la main un couteau de chasse maculé de sang, :, —Les Peaux-rouges sont dans Îles environs, c’est sûr, dit-il; j’en ai troc vé un là-bas et lui ai donné sa dérnièré maladie. Si j'eusse été. seul, j'aurais pu aller loin sans me battre; mais: pour vous, je me mettrais en quatre. Mi tulipe, je suis le grand Ours polaire du cercle arctique. Je suis l’Ours gris indestructible des montagnes Rocheuses.

. —Où est le chien ? demanda Sylveen avec vivacité. ë —Je ne sais. Aussitôt après avoir

oi mon Indien, j'ai flairé un ei savoir comment ça allait

là à qui suis revenu comme une ba 4 Vons avez perdu votre chat-sauvage, ma princesse ?

#t j'ai perdu mon meilleur ami !

exclama-t-elle,

—Non, non! votre meilleur ami est à côté de vous. Je combattrai, saignerai et mourrai pour vous, ma belle.

1Je ne doute pas de votre bon vouloir, mais je me défie de votre habileté àlutter contre le nombre. Qu'est-ce

qu'un bras, si brave qu’il soit, opposé à une douzaine ?

+-Je suis le seul de mon espèce. Si jesuocombais, ma race serait éteinte et je:ne pense pas que la nature permette une telle catastrophe. Reculez-vous un rt laissez-moi fermer la porte, dont

intures sont endommagées et peu propres à soutenir un long siège: ; :Pou:

vez-vous.tirer du pistolet, jeune: fille ?

Si-vousle pouvez, eh! vous aurez la chance de mourir glorieusement ?:

oSlocomb s’assit, attisa les bruises agonisantes, et, à leur faible lueur;inspecta ses armes, qui consistaient en une carabine,; un: fusil double et une jones de revolvers.

owNous avons, dit-il, juste quinze coups: Songez aux dégats qu’on peut faire avec quinze coups. Nous aurons du plaisir, n’est-ce pas ?

Pour moi, cela n’aura rien de fort amusant, dit Sylveen avec un mélancolique sourire.

—Chacun voit les choses à sa manière. Il est dans ma uature d’aimer les mêlées. Je les chéris à l’égal d’une bonne bosse de bison, et il y na eu ce matin

uinze jours que je ne m'en suis régalé.

en’ai pas beaucoup de prétexte pour me battre, comme vous voyez, Car j’appartiens aux deux races ; mais quand je trouve une occasion, je la saisis aux cheveux, faut voir! Courage, mon beau lys, car: nous sommes sûrs d’en tuer une douzaine au moins avant d’être pris ; et s'ils se mettent dans la tête de nous rôtir ou jouer quelque vilain tour de cette sorte, nous leurs chanterons une chanson qui les rendra enragés, pour le certain.

H'commiençait à pleuvoir. De larges | gouttés d’eau, passant à travers les tis- |

LA BAÏE D'HUDSON

sures du toit, tombaient sur le: sol avec un bruit monotone. Le feu s’éteignaits De profondes ténèbres envahissaient là hutte. Quoique plus brave que ne lest ordinairement son sexe, Sylveen se séntait gagner par une invincible terreur.

A tout moment, elle s’imaginait voir se dresser devant elle un-de ses implaons bles ennemis et se serrait convulsivement contre les parois de la cabane:

Assis tranquillement à terre, Slocemb prêtait une oreille attentive aux sons du dehors, sûr de ne pas se tromper si un Indien approchait de sa retraite.

Aù bout d’un quart d’heure, un pas rapide et ferme se fit entendre, puis-on frappa précipitamment à la porte. °°

Sylveen frissonna de tons ses sr bres. :

-ÆAui ‘est là ? demanda fôitiomènt Slocomb, amorçant sa carabine. 1 21;

Quelqu'un qui nete veut pas: d& mal. Ouvre-moi ; vite ! L3IX

C'était la voix d’Abram Hammet.-

—Je ne vous connais pas, monsieur $ aussi ferez-vous mieux de rester où vous êtes, répliqua Tom.

—Je le connais, s s'écrin Sylveen, tout:

joyeuse ; c’est Abram Hammet, un hoônnête quaker.

— En ce cas, il est le bien-venu.

Poussez, monsieur, et entrez.

Cet ordre fut aussitôt exécuté, et la haute stature d’Abram Hammet se dessina devant le feu expirant, mais que:

ranima Slocomb, en y jetant une pois gnée de branchages.

—Les Peaux-rouges vous entirkuent de toute part, dit-il, avec le calme qui lui était habituel.

—De toute part! répéta Syiveen effrayée.

—De toute part. Ils ont suivi votre piste et sont prêts à fondre sur leur proie.

— Etranger, dit Slocomb, vous voyez devant vous—si vous pouvez voir quels que chose dans l’obscurité—POurs-polaire du nord et le Corbeau dela ris vière Rouge. S'il faisait assez clair vous verriez que je suis naturellement moitié visage pâle, moifié peau-rouge: 1; .1l0)

—Ami, je ne sais qui tu es, et me soucie peu que tu sois un (OUrs, un:COr«

. beau et un blaguear.' Je te le gs les

païens sont autour de toi! il — Ne le sais-je pas, grand enfant: re:

LES ÆRAPPEURS DE

partit aigrement: Tom. Nait-je: pas eu; il wyra qu'un instant, affaire avec: lun deux? West-ce pas moi qui lniai donné sa:dlernière maladie, moi qui ai causé sa débâcle fnale?-

-1#-Si tes averti du danger, pourquoi restes-tu aussi tranquillement ici? pourquoi ne te-sauves-tu pas ?

Me sauver, mon patriarche ! Où nous sauverions-nous ? À travers les haches:et les couteaux à scalper des sales gentils ?

::+Grlisse-toi 1 inaperçu au milieu d’eux, comme David's’est glissé dans le camp duroi Saül.

ucDavid n’a jamais rien eu à faire avec des sournois de Peaux-rouges !

répliqua le Corbeau. Sortir! mais ce serait conduire cette jeune beauté dans une-embüche, car la nuit est plus noire que l'encre; et les Hottentots rouges sont tapis dans l’herbe, les buissons et derrière les-arbres, ajouta-t-il avec chaleur.

—Ils ont un blanc à leur tête, dit Hammet. ,

Le renégat blanc. Je voudrais bien lancer, dans son oreille, une note mortelle !:exclama le Corbeau.

-sBé cœur de Sylveen battit avec force, Ses craintes renaquirent.

«Cet homme de Bélial a, dit Hammet, sous son contrôle, une troupe dé vägabonds appartenant à la compagnie du Nord-ouest. Ils sont peu serupuleux et ont juré une haine profonde aux partisans de la baie d'Hudson.

—Dites-moi, si vous pouvez, le sort de notre brave brigade, dit précipitamment Sylveen.

—Jeune femme, j'ai assisté au combat ;:le sang a coulé par torrents. En vérité, ça été un triste spectacle.

--Serpents-à-sonnettes ! est-ce que vous n’avez pas pris part à l’escarmouche? s’enquit Tom, en regardant le quaker avec curiosité.

- Ma religion me défend de frapper avec l’épée ; quoique, pressé par les gentils, j'aie peut-être déployé plus de force qu’il n’en fallait pour les abattre.

Ne me rendez pas enragé, étranger ; sinonije vous plante mes griffes dans les chairs. Celniqui ne vent pas tuer les Indiens, quand ils l’attaquent, mérite d’être scalpé vif! grommela Tom.

1Vraiment,:je ne saisice quiestar rivé à:tes amis, reprit le’quaker, s

dressant à Sylveën. : Te voyant :fuis, poursuivie par: les Philistins, je’ les rai

[suivis pour les empêcher de verserton

sang innocent; et'en:vérité;:il m’a-été bien difficile de les détorirner:de-leur dessein meurtrier. Mais, allons; débout et partons ; sans quoi il nous bénéssé ront vivants ici.

—Je pense que lavis est: bed, dit Sylveen à Tom Slocomb.

—QOui; s’il peut nous mener par le chemin par lequel il est venu; ce:s1re ce que nous aurons de mieux à faire répliqua le Corbeau, après avoir réfléchi.

Passant son fusil en bandouillère::sur son dos, il mit ses pistolets dansise ceins:

ture, et prit à la main sa carabine! © ri:

—Essayons, essayons, dit-il:! Mais; mon gaillard, si vous ne savez: pasimar-' cher avec la légèreté d’un chat, ‘oune; pouvez retrouver votre chemin, -laissez moi prendre la tête de la colonne: Si; au contraire, vous vous en Croyez) we" ble, j'irai derrière, avec la ‘jeune file.

Si vous tombez sur une cuivrée, plantez-lui la main sur la tous ‘et six gnez-lui avec cette hache son passes port pour l'éternité. Ma charrmantesfits il à Sylveen, que vos petits piods-ne fassent pas plus de bruit qu’un flocon de neige en arrivant à terre; que:votre!

robe ne froisse pas les branches ;relevezla et avancez aussi nëriennement sus) fée. :f

Page 1