‹ Les trappeurs de la Baie d'Hudson [microforme]Chapitre 28 sur 57 · SAUL VANDER · texte numérisé non relu

SAUL VANDER

Nous avons laissé Kenneth Iverson près du théâtre de l’attaque de nuit, où il avait retrouvé Saül Vander. L’étendue des blessures du guide n’éiait pas apparente ; mais la péleur de ses traits et la faiblesse de sa voix indiquaient

v’elles avaient un caractère sérieux.

enneth sauta à terre et lui prit la main.

—Ah! que je suis heureux de vous voir vivant ! s’écria-t-il. Je tremblais de découvrir votre corps parmi ceux qui sont là-bas.

—Je suis vivant, mais c’est tout. J'aurais mieux aimé mourir que de souffrir tout ce que j’ai souffert depuis la nuit passée, répondit Vander. Mais, ajouta-t-il tristement, c’est moins à mes douleurs physiques qu’à e//e que je songe. Peut-être avez-vous des nouvelles de l'enfant.

—Je cours chercher de l’eau, dit Iverson, en détournant la tête. La soif doit vous tourmenter horriblement, Quand vous aurez bu, je vous dirai ce que je sais sur elle.

—Arrêtez! arrêtez! Elle d’abord, l’eau ensuite. L’assurance qu’elle est en sûreté me rafraîchira plus que toute l’eau du monde.

—J’ai de pguvres renseignements à vous donner, car j'ai été fait prisonnier.

Tandis que je faisais de mon mieux pour la défendre, je fus renversé par un coup sur la tête. Quand je repris mes sens, je me trouvai étendu sur le sol, garrotté et dans un piteux étut.

Loup, cet étrange garçon, à qui je dois ma liberté, m'a dit que votre fille

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Ÿüisin”et rüpporta, an ‘blessé, de V'éntt puiséé avec un vase qu’il avait rasé de.

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‘In pauvre enfant dans cette \ # solitiide ! Si elle évite l'œil perant dés Indiens, cé ne sera que pour périr de ue èt de faim. Si seüle- Era éllé pouvait manier une FPE où suivre une piste | l | —Parlons de vous, dit Iverson.

—Moi! j'ai mal aux.épaules et à la tête, c’est. tout. Vous, trouverez de fières marques sur mon crâne. J'ai aussi pérdu‘ine bônne quantité de sang, ce qi : crPaffaiblit pas mal, vots com prés néz?:

Kentiéth se précipita vers un rtiésed

pfès' dit Heu où les trappeurs ävaient sou

— Cest bon, dit Saül 2 après avoir avaté te ’ grosse gorgée ; c’est boh, mais si

vous pouviez trouver une lampée ‘de |

whiskéy duns un des flacons qu'aVaient | les pauvres diables, ça me yait, juii- | men di bien: é

Kénmeth ne se le fit pas répéter. Se mettant en quête, il fut assez heureux:

pour satisfaire le désir dé son ami, à qui quelqüés gouttes de spiritueux rendirent une partie de ses forces.

: AoNisérait à propôs,'suggéra lé jeune hgnme, de quitter ce lieu aussitôt que possible" ‘Quelqtie'Tnüien rôdeur pouirrait bien nons surpre ndre. ‘D'ailleurs une bande de guerriers doit être à mes trousses.

—Je comprends tout ça; mais il no m'est pas facile de bonger “d'ici ; je suis moulu, haché, et il ya dix chances contre tihe qué je suis incapable de monter à cheval ou de suppor ter le mouvement dir voyage.

:22Jai quelques nôtions de chirurgie et'je vais” vous soignér dé mon inictix, répliqua SERRE Je sens bien que ve qués ébhftisidus sir vôtre tête; heuren-

ft elles! ne Süht puis prof fUfdes. La baie n° est pas fHibuirée, jé crois.”

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Qu 9} oi HR qu] LA DD. ns 492 Ve cher. € VIEUX ‘Yandes

\l s permiside. Le a as las it 4 sans xoudre le, Am Un Eu SOAPEe DE 6, pensais, à, Bou où4les rose, et {a ur... Les, os audi As baïent RUR P moi coïame des ra fs Mais que pen un, seul, ee EORISe tant de scéléruts ? nb —Quant à; vos, épaules, remit An deth, qui. l'examinait attentivement, elles, sont couvertes, de meurtrissuress ls vor auront frappé à coups de crosse le car biné, est, ce qui a fait mon malheur, Îs auraient pu battre ma.tête, comm on bat le grain, sans enfor er ac Te sis ils en ont voulu, anx ANR ÈS {

Les brigands de brigauds ! 7 Croyais Un, moment qu'ils allaient me, riser, aus, , [les os du corps. Pourtant, ils ont, pas,

eu Jhonuenr de me jeterà “terre. Çame,

\GOf ole, gomprenez- -vous? J’ai.en asses,

g.Agrce. pour me: daufiler entre Jes I buisr, sons Gtrarriver ici où je ne Suis, EVA

| nou, :

Je ne remarque aucune late continua Kenneth.

—Ah! c’est que mes 68, ont toujours.

de æatirellement ‘solides. is, ont, plus d’une fois essayé, leur ue Gn Les :de6r, teurs disent que chacun. de US RS ou moius de fer en EUX, et je, déCORHUS que les miens sont tout fer. Allez 27 plus, doucement, jeune homme, Car quand on a les chairs en capilotade, elles, soul sensibles, vous comprenez ?, ,

Kenneth laya les plaies du gugee appligua, tant Lion que.mual, quelques bandages, et traita sou pauent avec ug:

telle habileté que celui-ci s’écrin biens,

— Ah! je me sens mieux; nus. pai

peur. que Yous,en soyez. pour VOS peines,,

ur les vermines reviendront m’aehever avant Ia nuit, vous comprenez ? RUE ke

—J'espère, dit chaleureuse mçut Keny. neth, que nous, serons. loin; de ce, lice quand les Indiens y axriveronts Î MS semble que, place sur un EYE A pourriez YOus € ‘onduire.

—Ce n’est guère | probuhle, ons ae et je ne sais pas si à vaut la peine d'ess., sayer de sauver une vieille carcasse contine ln mienne. {ls finiront, par.me.

tuer tôt ou tard, vous cou prenez! Tous.

'LLOE sont: 1éhrs hacheS qui uv’ont hit | les francs trappeurs ont été tués ét soul, ceb doïtpütes } ant elles Teht oht coûté pés, vous savez, Si ça ne nlarrivait K

A SE PR à

pas, ça serait contre la nature des choses, Ce n’est qu” une question de temps. Je suis résigné, car j'y ai songé plus d’une fois. Tout ce que je demande, c’est qu'ils me donnent un coup décent sur la tête, et qu’ils ne me fassent pas languir.

—Bast! bast! fit Kenneth, le jour n’est pas venu. Je m’en vais chercher un autre cheval. Peut-être en est-il resté un égaré dans les environs.

—Pensez plutôt à vous. Je taquinerai les coquins pour qu'ils m’expédient plus vite.

—Rappelez-vous votre fille, et vivez pour elle. Eh!ce n’est pas facile de faire mourir un homme quand il est déterminé à vivre.

—Vous avez raison. Oui, Je dois vivre. J’essayerai. Pauvre Boutou-derose |

Kenneth laissa le guide pour tàcher d'accomplir son projet. Après avoir rôdé lougtemps sans succès il allait, avec répugnance, abandonner son dessein, quand il aperçut un cheval débou-!s chant d’un massif d'arbres. S’en approchant avec précaution, de crainte de Peflrayer, il reconnut, avec joie, Firebug.” En l’apercevant, l'animal poussa un hennissement comme à lu vue de son maître et accourut. Il était sellé et bridé, mais ses rênes s'étaient sommes; en traînant à terre. IÎverson l’amena triomphalement à Saül Vander.

—Vous voyez, mon ami, lui dit-il, que la Providence nous favorise. Voici un cheval sur lequel vous êtes sans doute destiné à vous échapper. Il appaïtenait au brave Nick Wlhifiles. Lauvre Nick! Que je voudrais pouvoir lui être utile! Ah! sans vos blessures, il y aurait probablement quelque chose à faire pour. ...

— Nous essaicrons, car notre devoir est de mous aider mutuellement, répondit le guide. L’adresse Pemporte souvent sur la force et le nombre. Un homme est quelque fois tout une armée quand il entend ses affaires. Dans un pays comme celui-ci, un cœur hardi, un esprit sagace,un pas léger, et un œil vif sont les éléments essentiels du succès, et je crois avoir reçu une légère parcelle de ces avantages à la distribution générale, quoique je ne sois pas

homme à me vanter de mes petites

qualités. Vous allez m'aider à monter sur ce cheval, je suppose,

—Oui, mais il faut avant que vous mangiez quelque chose,

— Non ; j'ai l'estomac un peu dété:

rioré, mais une goutte de whiskey me ru vi gore ra, Il resta des morceaux de viande de notre dernier souper, près d'ici, Vous ferez mieux d’y goûter. Ça vous reconfortera.

Malgré son affirmation, Vander dévora un quartier de venaison à moitié cru que lui apporta Kenneth. Cette nourriture, arrosée d’un verre de whiskey lui rendit sa bonne humeur. Quand il eut achevé son repas auquel Kenneth ne fut pas faché de prendre part, le guide se hissa sur Firebug. A peine était-il en selle que le chien de Nic Whiffies se montra à eux. Calamité était enduit d’une épaisse couche de ROUE. saturée de sang en diverses places.

Sa langue sortait rouge et pantelante de sa gueule. Le pauvre quadrupède était épuisé. 11 se précipita vers Firebug et, s'acculant devant lui, le regarda fixement comme pour lui demander où étuit leur Maitre:

—Ah! Calamit ! exclama Kenneth.

t| Jo craignais fort qu’il n’eût été tué par les sauvages !

Les yeux du chien se tournèrent amicalement sur Kenneth.

—Cette créature aurait bien envie de vous dire quelque chose, fit Saül, Voyez comme sa physionomie est intelligente.

— Il veut sans doute savoir si nous avons vu son compagnon,Nick WhifHes,

—Hum ! répliqua le guide. Il en sait plus sur ma fille que qui que ce soit, Calamité, mon bon Calamité, où est Ssylveen ?

Calamité poussa un -long aboïiement.

SE signifie quelque chose, je gage, dit Saül. Regardez-moi ses yeux.

Calamité se jeva, fit quelques pas et revint lentement.

—Le voici qui parle maintenant, se.

cria Vander. Ilnous indique la route à suivre pour /a trouver. Suivons-le.

-—Pas dans cette direction, répondit Kenneth ; car elle est en droite ligne avec le camp indien. Si le chien veut aller par là, nous ne devons point l’écou-

ter. La chose césentielle, c’est dé nous éloigner du danger aussi vite que possible.

—(Ça me paraît raisonnable, jeune homme. Mais, à présent, nous devons opposer la ruse à la ruse, car ces démons de Peaux-rouges ne nous lâcheront pas tout de suite, vous comprenez ?

——Oui, parfaitement.

Le euidé alors porta ses regards vers le sud-est.

—Puisque, dit-il, le nord présente des périls, c’est de ce côté-ci qu’il faut avancer, Je calcule que nous finirons par atteindre le lac des Bois où quelque petit lac du voisinage. Il s’y trouve des fourrés où il est facile de se cacher.

—C’est mon idée. Si nous découvrons une retraite assez secrète pour que vous puissiez vous y reposer, dans peu de jours vous serez rétubli et nous nous mettrons à la recherche de votre fille.

—Avant de partir, jeune homme, furetez dans les broussailles. Ma carabine y est restée, à moius que les Indiens ne l’aient enlevée.

Kenneth obéit à cette pricre, tandis que Calamité flairait autour de lui.

Iverson remarqua que le chien tombait en arrêt, gonflait es narines, s’élançait vers le camp, rrêtait pour s’élancer de nouveau. hinalement, il le suivitet le vit se her enfin, en agitant la queue, S'eant approché, Kenneth iperçut la carabine de Nick Whifiles.

Il s’empressa de la ramasse , en s’extasiant, à bon «droit, sur le merveilleux instinct de C umité. Revenant, aussitôt, vers Saül Vander, après s'être

Chargé de munit ons, prises sur les ca-|

davres des trappeurs qui avaient succombhé, il examina ses armes que lui avait, comme on se le rappelle, rends Le Loup, sauta à cheval et se dirigea vers le sud-est, accompagné du guide et de Calamité qui paraissait, cependant, ne s'engager dans cette route qu'avec une extrême répugnance.

CUAPITRE XXVII.

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