LES TRAPPEURS DR
VOS oreilles ; mais il ne vous a pas trahic pour Pied-de-rentrd, à la langue menteus. Il mord ses ennemis, mais ne déchire pas la main qui est bonne pour lui, répondit l’Indien uvec ce calme qui le daractérisait.
—J’en suis heureuso, fit Sylveen.
Mais dis-moi.ce que tu sais du combat, Comment s'est-il terminé ? Quel a été le sort de mon père, des trappeurs et de ce,brave jeune homme 2. Toi qui, sansdoute, t’es joint au parti victorieux, tu peux répondre à ces: questions et me:
débarrasser de doutes pénibles.
--—Le, Loup, connaît quelque chose, mais pas tout. Les trappeurs ont été battus ; quelques-uns d’entreux , tués.
D'autres ont pris la fuite. Je ne suisce qu'est devenu:votre père.
—Dieu soit loué! Peut-être a sauvé ! Màis l’étranger, mais Kenneth ?
—Il a été pris, garrotté et réservé pour le bücher. +}
-+—Hélas!. hélas! s’écria Sylveen.
Malheureux jeune homme! Il faut le:
sauver !. Le Loup, puis-je me fier à toi !
mé ser viras-tu ?
. Je vous ai dit que: Le Loup se rappelait les bontés qu’on avait eucs pour Juis Quand il a une dette, il la paie ; 1] en avait contracté une.envers le jeune homme, il l’a payée. J’ai coupé. ses liens.et il est libre. Je luisai rendu son cheval et ses armes, D’autres étaient attachés à côté de lui,ceux-là je ne les ai pas secourus. Mais, peu après, Phomme au bras fort, s’est faufilé dans le cainp des Pieds-noirs ct leur a donné lu vie et la liberté. Ses muins se sont abaissées sur moi ; les autres ont dit: {ueÿ; muis il-n’a pas tué et je suis devenu son ami.
Nous avons fait la chasse à, Pied-deremard,.ct je suis venu pour arracher sa proie de la gueule de la panthôre.
—Grand Dien ! quelest ce bruit? sécria Sylveen effrayée par une explosion qui ébranla le souterrain.
On vient de tirer un coup de feu.
Péstez ici; je cours voir ce que c’est.
Il est néces que nous 1 oitr | nions près de notre ami Nick pour sui-
salre
départ. Assis à la table, re l’at- |
singulier nù
[aux dépens d’und douzaine de ces ver-
lc ill
vre les progrès de son entreprise, En | avant au lieu où il avait laissé seslti compagnons, il trouva tout dans la!
ème situation qu'au moment de son !i
HA BAÏE D'HUDSON
tendait ; les autres, >hormis le fnctionnaire, étaient complètement étrunsgers à ce qui les ‘entouraits1: éclat de là lampe se faisait de plus en-plus terne. Niek s’approcha si doucement:
que pour signaler sa présence 4 au quaker, il dut le toucher. : ! ù
— Ah! te. voilà, tant mieux, dit celuici. Quelles nouvelles appatEsRr ie de lu:
jeuné demoiselle:? 1 |
—Oui, me voici, e est sûr et j'ai trou:
vé la jolie: créature que vous appelez da jeune demoiselles ‘Mais: je préférérais vous entendre parler autrement -et aller” droit au but, soprIQRe aigrament Whif- Îles.
igresse qu’en as-tu fait ?:
— Je lai enfermée dansrune maudite place noire, oh ! mais noire... . lamême où, ce pirate de terre- avait séquestré notre aimable Bouton-de-rose. Je Pai trouvée pâle comme.un lys.... et désole ! car elle avait une, peur de ce Mark quine vaut pas mieux qu’un, véritable Algérien. Comment ça se brasse-t-il ici ?
Les hommes dorment ; mais le gaillard Gu passage est sur le qui-vive.:
Vraiment, c’est un rude obstacle que 1 nous avons là. | —-Les ÿeux du brigand sont, par Dieu!
fixés sur nous, à présent. (Ca me peine de le gêner, car il a la peau blanche, mais je ne vois guère d’autre moyen de ie mettre à la raison. Je m’en vas essayer avec un revolver. Cependant Eumbug ferait joliment mieux pour l’occasion.
—Aic autant :.e respect que possible pour mes préjugés, ami Nick, ‘Tu sais que ma nature paisible se révolte contre la violence, | —Je sais que vous êtes un diable de imal, pas facile du tout à comprendre. Les circonstances changent les ens. IT faut que quelqun tire le premier, Je prélère avoir cet avantage.
Nous devons sauver la jeune file, fat-ee:
mines. $
Ce disant, Nick Whifiles tira de: sa : un revolver, et seenchant derauaker, chereha à: viser la sennelke. Ln distance n'était pas grande:
mais l'obscurité empêchait presque: d'u
Vièr
rains fort que tu aies un goût
naturel pour Je sang, dit le quaker. lu
me rends complice uccéssoire d’un crime: :,/::0!
Nick ulluit presser la détente: de son arme, quand un long corps:noir passa comme. une flèche devnnt la sentinelle et vint,s’'abattre aux pieds du trappeur.
La première, alurmée, déchargen son arme sur Panimal, mais le nianqua fort heureusement.
—Calamité, oui bien, votre serviteur!
Sus au coquin, sus; sus mon chien !
Cessantises démonstrations de. joié, Calamité se précipita sur celui qui avait uttenté à sa vie, avec une promptitude et une force écrasante. Le factionnaire fut roulé à terre, renversé et aurait sans doute été, bientôt mis en pièces, si Nick ne s'était interposé.
—Pas si rude, pas si rude, mon amour!
Nous ne voulons pas tuer ce vaurien, quoiqu'il le mérite peut-être pour se trouver en telle compagnie. Je lui enlèverai ses armes, et nous saurons le réduire au silence. Le Loup, cours chercher Bouton-de-rose. Il est temps que nous sortions de cette diablesse de difficulté,
Le Loup partit sans retard, tandis que Nick tenait vigoureusement le factionnuire à la riorge.
—Ohé ! iit-il, tout-à-coup à Ilammet, le bruit ou quelque chose a éveillé Chris Carrier. Le voilà qui se lève. Allez lui presser un peu le gavion; mais non.
Arrêtez! Veillez plutôt sur celui-ci, je me chargerai de l’uutre.
Sans avoir entendu les derniers mots de Nick, le quaker avait sauté sur Chris et lui plantait son genou musculeux sur la poitrine.
A ce momcut, Sylveen, conduite par Le Loup, parut à l'extrémité du compvartiment. D’un coup d'œil, elle embrassa cette scène dramatique. Ses espérances se changèrent en certitude.
Son évasion était assurément praticuble et peu douteuse. Cette idée la combla d’une joie si vive, si grande qu'un instant, elle fut obligée de s'appuyer au mur pour ne pas tomber, : Elle nageait au sein de ses délicicuses émotions, quand nh eri strident retentit dans la caverne. Sylveen vit Nick Whutiles battre soudain en rotruile et faire jeu
de son pistolet, tandis qu’un Indien cou-
vert d’affreuses peintures et brandissant' untomnhawk sé présontiit à l'entrée de la salle. Quelques minntes après, cette salle sè remplissait de sauvages ot de trappeurs blancs dont Pextérieur et les manières n'étaient guère moins hideux que ceux des Peaux-rouges.” "1";
L’cfiroi, le désappointement paralysè, rent la fille ‘dû guide. . Tout lui parut comme leg fantastiques transformations d’une lanterne magique. Cés grandes ombres ‘qui se üdessinaient, çà et là, avaient-elles un corps? Ces armes ‘qui brillaient sons ses yeux étaient-ël d’une matière solide ? Sylveen ne rôvaitelle pas daus son cachot ? Le Loup la tirant alors par son vêtement, l’entratua dans la pièce du fond.
Nick avait déjà commencé la. déféne se. Abram Eammet sé relevant, une hache à la main, se fraya ‘un chemin jusqu'à Nick Whifiles, qui se trouvait là dans son élément.,—une diablesse de maudite petite difiiculté,-et avait, en un clin d'œil, déchargé les six coups de, son revolver, c’est-à-dire couché à térré six vermincs.”? Ramassant alors la ea rabine de la sentinelle, et s’en formant une massue, 1l continua vigoureusément la guerre, en criant :
Allons! tas de coquins, pkochéz, | je suis prêt Je mettrai ques Ant d’entre vous dans uné maudite : petite difliculté ; oui, pardieu! Hurléz done comme des loups. Vous croÿez peutêtre m'en imposer ave® ça; mais je vous donnerai quelque chose de: plis solide que des hurlements,' moi ! Vous: ’oublierez pas de longtémps Nick Whiflles, après ça ; c’est lui qui vous:le:
dit. Attrape, vermine ! Hors d'ici, nè= res rouges ! Tomber six à la fois Sur un seul, faut-il être lâches ! Et ils appel+ lent ça se battre loyalement! Peuh?
Bien, "Abram; vous n’y allez pas de main morte. Jetez-les à bäs comme des quilles. Tue! pif! paf !pouf f
—Hmploie la violence aussi peu que:
possible, ami Nick, et défendés-toi au
tant que tu le pourras sans verser inuti-’ lement le sang, dit Abram avec une imperturbable gravité.
En prononçant ces parolés de mansuétude, il fracassait le crâne d’iur Indien avec le marteau de sa huche!
Tu vois, dit-il à Nick, que jeté
me sers pas du tranchant de cette arme dangereuse. Si je le faisais, il adviendrait assurément que je priverais de la vie quelques-uns de ces païens. Comme cela, je crains pourtant que plusieurs n’aient pour longtemps mal à la tête.
—Ah! comptez que le dernier que vous avez touché est guéri pour toujours du mal de tête. Vous l’avez mis dans une éternelle difficulté. Les voici qui reviennent! Il nous faut sortir ou nous serons tués comme des chiens galeux.
J'aurais bien vovlu tirer auparavant la petite femme de cette diablesse de difficulté, cela ne se peut à présent, et Dieu sait quand cela se pourra. Hammet, forcez le passage. Où donc est Calamité ?
Je l'ai vu, il n’y a qu’une demi minute qui dévorait un gredin de Peau-rouge comme s’il était affamé de cette sorte de victuailles. Oh bien, le voici qui
se roule aux prises avec deux ou trois de ces scélérats. Je ne souffrirai pas cela ; non, par Dieu! Je ne le laisserai jamais en difficulté, jamais! Je me
ttrai pour lui jusqu’à la mort. Courage, courage, mon chien. Mords-les à Ja gorge ! comme ça, comme ça! Muinte-
pant, filons, il est temps, et vite!
A coups de hache, le quaker s'était ouvert un chèmin jusqu’au passage. Là il s'arrêta, pour attendre Nick.
—Appelez le chien, appelez-le, monsieur, ou ils le larderont.
— Ici, Calamité, ici!
— Dépéchestoi, au nom du ciel!
exclama Hammet; sans cela, il sera trop tard. Cette obscurité amie ne te protégera plus contre les coups furieux, mais, par bonheur, mal dirigés de ces gentils. Voici ton chien.
Nick opérait lentement sa retraite vers l’entrée du couloir, en parant avec sa carabine les attaques multipliées de ses ennemis. Quelques secondes encore et il aurait été dans le passage, avec une belle chance de s'échapper. Mais un coup de pistolet résonna et le trap-
ur tomba. Calamité se retourna, avec un grognement terrible, pour venger son maître. Le quaker, voulant sauver ce noble animal, l’entraîna à sa suite.
Abram Hammet parcourut la galerie souterraine avec une rapidité et une sûreté qui annonçaient qu’il en avait étudié les sinuosités. Ses adversaires
marchaient à ses trousses, Mais, agissant sans ordre, ils se pressaient et s0 goes mutuellement. Abram était
éjà en plein air qu’ils se foulaient encore dans les ténèbres du passage:
Deux canots se balançaient dans le Jac à l’orifice de la caverne. Hammet santa dans l’un et s’éloigna à force de pagaie.
Calamité demeura sur le bord de l’eau, en qhoyant piteusement, et refusant de se rendre aux appels d’Hammet ; mais bientôt le chien prit sa course le long des rochers et le quaker ne tarda point à le perdre de vue.