‹ Les Travaux de Pitres sur l'AphasieChapitre 11 sur 33 · SALE SE · texte numérisé non relu

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F3, après leur installation dans le lobe frontal, dans des

cellules à images et même des cellules volitives, c'était, brusquement, la négation totale de tout enregistrement cérébral des souvenirs.

On ne s'explique pas que Bernheim n'ait pas conclu; le souvenir, la mémoire, c'est une activité spirituelle, acérébrale; la répétition d’une impression ne peut apparaître à la conscience comme du déjà senti que s'il y a eu de la première impression un enregistrement mnémonique; et si le cerveau n’enregistre rien, c'est que la mémoire est un acte acérébral, spirituel, immatériel. Bernheim ne s’est pas engagé dans cette voie; il a tourné court (6), et voici sa conclusion : « La spécificité de chaque représentation mentale peut être due,

non à une localisation cellulaire, mais à la spécialité de

l'impression. La même cellule cérébrale peut donner lieu à des perceptions visuelles, tactiles, auditives et autres, variables suivant l'impression particulière qui s’y répercute et lui impose une modalité moléculaire spécifique. »

Pitres, rapporteur après Bernheiïm, a certainement connu le rapport de celui-ci. On ne s'étonne pas qu'il n’en ait pas saisi la partie intéressante : pas d'enregistrement d'images dans le cerveau, que ce soit dans le P. C., en T{, en F3 ou ailleurs.

Bien longtemps auparavant, Lecat, dans son Traité des sensations, en 1767, avait jugé la « crème » cérébrale incapable du rôle cartésien de conservation des empreintes..…., mais il avait mis notre « bibliothèque cérébrale » dans le fluide des ventricules. Peu avant Bernheim, Sommer, en 891, s'était déjà demandé si les prétendus centres visuels, auditifs, imaginatifs n'étaient pas des centres moteurs ().

Pitres a dédaigné Bernheim; ii a accepté dans ses grandes lignes la doctrine de Lordat, de Bouillaud, de Broca, de Trousseau, de Hitzig, de Ferrier, de Wernicke, de Kussmaül et de Charcot : les centres d'images, les quatre aphasies

(6) Plus tard, R. de M., 1908, « Comment je comprends l’aphasie », il n’est plus question de nier les images cérébrales, localisées dans le lobe frontal. (7) Très utilisé par Bercson dans Matière et Mémoire.

one

nucléaires, les n aphasies internucléaires. Il va, sur le thème et le schéma fondamental de Charcot, apporter ses variations personnelles.

Il n’était pas le premier travaileur bordelais qu’ait intéressé l’aphasie. Plusieurs l’étudièrent avant lui et autour de lui : Armand de Fleury, Armaignac, Picot. Armand de Fleury, que nous retrouverons en 1890 (p. 46), avait publié en 1865 et 1866 son Essai sur la pathogénie du langage articulé (Médaille d’or de d’Académie de Bordeaux), sa Lettre à Trousseau, Son Aphthongie, et au Congrès de Bordeaux, présidé par Bouillaud, son Etude sur la localisation à gauche des lésions de l’aphasie. Son Dynamisme comparé des hémisphèrés cérébraux est de 1873.

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