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de répéter, lisait fort bien et fort utilement à haute voix; c) par le recours spontané à l’image visuelle verbale. C'est l’auto-observation de Ballet : intoxiqué parle tabac, il fait un accès d'aphasie, et, incapable de nommer un parapluie, émettant « parapet », « obélisque », il réussit, grâce à l’évocation et à la fixation visuelle de l’image graphique. Ce travail fait, « le mot éclate et part d’un jet ».
Rappel par l’ouie. Récitation. Chant. Récupération d’un nombre ou d'un mois par recours à l’énumération à partir
de janvier ou à partir d’un terme de la série numérique heu-
reusement surgi.
Il isole enfin la répétition écholalique, souvent automatique, inconsciente, inefficace, parfois intentionnelle et utile, mais avec oubli désespérément rapide du mot retrouvé, bien que le malade s'applique à le répéter. Il n’ose pas opposer l’aphasique moteur, incapabe de répéter, à l'aphasique amnésique, chez qui la répétition serait parfaite.
Cinquante ans après Fischer, un maître, qui fut le dernier interne de Pitres, reprendra ce « rappel de la parole » ®) dans une étude des « afférences de secours » très analytique et très fine. Il n’aura malheureusement aucun souvenir pour Pitres, pour Fischer et pour leurs prédécesseurs plus lointains. Et lui aussi négligera, comme Pitres, comme Fischer, d'étudier de près le rappel du mot par la propre activité motrice du sujet lui-même : « Avec quoi coupe-t-on le pain ? ». Le sujet ne trouve rien; on lui montre un couteau; il ne trouve pas, ou prononce par exemple « bouteille », ou des syllabes au hasard; on coupe le pain devant lui, il ne trouve toujours rien; on lui fait manier le couteau; il l'utilise fort: bien; va-t-il le nommer ? L'action du « schème moteur » sera:t-elle plus efficace que les afférences sensorielles ou gesjuelles venues du dehors ? Bergson avait posé la question et proposé une réponse en 1896 (%). Ce côté du problème, ignoré
(8) Decmas-MaRsazer : « L’aphasie n’est pas un déficit statique, mais dynamique. » (Encéphale, 1938, p. 127.) (4) Et même inséré cette réponse dans une théorie originale de la mémoire
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de Pitres en 1887 et 1898, n’a pas été retenu par Delmas- Marsalet dans son travail de 1938.
Dans l’aphasie motrice pure totale, rien ne peut évoquer l’image motrice ou faire fonctionner le mécanisme cinétique du mot. Dans l’aphasie sensorielle, la non-reconnaissance du mot entendu ou lu peut être due à ce que le mot perçu n’évoque pas l’image du mot. Cette image peut être radicalement perdue. | |
Dans l’aphasie amnésique, l’image auditive, l’image visuelle, l’image motrice, sont intactes et évocables. Le sujet comprend, répète, utilise parfaitement le mot retrouvé. Mais il a, même devant l’objet le plus familier, même:en maniant l'objet, et malgré les plus solides habitudes verbales, une extraordinaire difficulté à évoquer le mot. Les centres d’images sont intacts et fonctionnent. Ils sont difficilement actionnés du dedans. |
Pas de cent-> spécial de l’aphasie amnésique. D’innombrables voies diffuses convergent vers les centres d'images. C'est à des lésions dispersées qu'est dû le syndrome.
Beaucoup de prétendues aphasies sensorielles, C. V. ou S. V., sont dues à des difficultés de l'évocation, ou plutôt de la fixation, à une apexie plutôt qu'à une amnésie, en tout cas à un trouble de la mémoire, et non à un trouble « sensoriel ».
L’aphasique amnésique peut s’aider de nombreux procédés de rappel des mots : lecture à haute voix lors des difficultés de lecture simplement visuelle, vue de l’objet dont on cherche le nom, maniement de cet objet, esquisse graphique (par le sujet lui-même) de cet objet, insertion du mot à trouver dans un ensemble oral disponible, synonymie, homonymie, jeu de mots, analogie, périphrase, verbe permettant de retrouver le nom, recherche de l’initiale, insertion du mot
dans une énumération ou une récitation plus ou moins automatique.
et de sès rapports avec le cerveau. Cf. Quercy, Les grands travaux français sur l’aphasie; IV. Bergson (Annales méd. psych., janv.-févr. 194).
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IT. — La paraphasie.
Voici d’abord un résumé des observations de Pitres : Intelligence suffisante. Par exemple, travail irréprochable d’un jerdinier (taille, greffe, époque des travaux): bon travail d'un scribe ayant des calculs à faire...
Pas de $S. V., le malade comprend les ordres simples.
Pas de C. V., le malade peut rendre compte d’un fait divers.
- Pas de dysarthrie; bonne écriture; pas d’apraxie.
Parole spontanée, réponses, demandes : sujets bavards ef . volubiles. Lapsus de phonèmes (Pitres cite : « je lèche mon singe » pour : « je sèche mon linge »). Lapsus de mots. Emploi de mots absolument quelconques, sans qu'on puisse découvrir une analogie explicative (il cite le «.cirez mes bottes et marchez dessus » pour « tirez les rideaux de mon lit »). Néologismes nombreux, variés, variables. Jargon de phonèmes, de mots, de flexions et de syntaxe. Bien entendu, il n'oublie pas l’intoxication par le mot.
Mimique de secours correcte et riche.
Conscience ou inconscience €c la paraphasie? Par inattention, par amnésie, par entraînement verbal, inconscience. Si on attire l'attention du malade, il prend douloureusement conscience de son mal. Souvent, conscience spontanée, mais entraînement irrésistible.
Paraphasie mentale légère pour une énorme paraphasie orale. Un malade de Pitres aligne sept erreurs et se reprend sept fois avant de dire le nom de sa femme.
Dénomination des objets. — Pitres note bien la sérénité avec laqueile le malade n'hésite pas à appeler une montre «un bécku », « une jeune tune », où un porte-plume « un canténis, un canifis pour la pune », ce même malade repoussant le mot incorrect quand c’est l'observateur qui le propose, ce même malade saisissant au vol le mot correct, découvrant parfois da meilleure périphrase.(par exemple, un chameau,