‹ Les Travaux de Pitres sur l'AphasieChapitre 30 sur 33 · EL EN AT ET · texte numérisé non relu

EL EN AT ET

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— TU — ni sa place au réfectoire, ni son lit. Gagne quelquefois aux dames et aux cartes. Tous ses camarades lui paraissent étrangers. Querelles fréquentes, qu’il oublie aussitôt.

Souvenirs antérieurs conservés. Période de 1885 à la date de l’examen suppriméé. « J’ai 30 ans (en a 48)... J'ai un oncle maternel, M. B.., qui tient un débit rue de Gramont, 28... J'ai passé trois ans dans une manufacture de draps comme rattacheur chez M. Balzan, de 16 à 18 ans, à O0 fr. 75 par jour... Je vais tous les samedis soirs chez une dame, rue Cambacérès (période passée depuis vingt ans). »

« Où sommes-nous ? Je ne sais pas au juste. — Me connaissez-vous ? — [II me semble vous avoir vu (réponse stéréotypée). — Quand êtes-vous arrivé ? — Hier matin (il y a vingt ans). ».

Lit, écrit et fait de petits calculs correctement.

Répond à de nombreuses questions sur la topographie parisienne.

Fredonne des airs de Madame Angot.

« Faites bien attention, nous sommes le samedi 4 février 1899. Répétez. » Il répète correctement. Après quinze secondes, pendant lesquelles on ne l’a pas distrait, il a tout oublié.

Un fait divers peut être rappelé après cinq secondes. Après trente, il est oublié.

Il doit dire « Paris » chaque fois que nous lèverons la main. Nous faisons le geste toutes les dix secondes. Jusqu'à la cinquantième, il dit « Paris ». À la soixantième, il reste silencieux et déclare ne pas se rappeler ce qu’on lui a demandé. Il a la nostalgie de la mer..On lui fait faire le voyage, il la contemple, et, quatre minutes après, à une question « Je voudrais bien voir la mer. Vous l’avez vue ? — Non, jamais. »

Sujet non hypnotisable.

Cerveau normal dans l’ensemble. Bien plissé. Les vaisseaux paraissent sains. Devant les deux noyaux caudés, deux lacunes anciennes, de la dimension d’une amande dépouillée.

La C. I. paraît saine. Il s’agit donc d’une interruption bila-

MoREAU. se

térale des longs faisceaux d’association, notamment de ceux qui viennent du lobe occipital et du lobe temporal.

Mabille et Pitres, à défaut de cas analogues avec autopsie, consultent les expérimentateurs, Franz notamment (analysé in Rev. de psychiatrie, nov. 1907). Privés des deux lobes préfrontaux, les animaux perdent les dressages récents, et conservent les dressages anciens, comme si le souvenir correspondant, d’abord localisé dans le lobe préfrontal, était ensuite transporté ailleurs.

Voici les conclusions de Mabille et Pitres : d’après la théorie des images, fixation, évocation et reconnaissance des souvenirs doivent se passer dans un seul et même territoire cortical. Les expériences de Franz prouvent que la fixation d’un souvenir a lieu autre part que la perception d’une sensation. Une sensation ne laisse aucune trace de son passage dans les lobes occipito-temporaux. Il faut qu’elle ait été transmise un grand nombre de fois aux lobes frontaux. Ceux-ci l’analysent, « président à ses associations réactionnelles », puis l’envoient vers les lobes sphénoïdaux, où elle sera conservée et d’où elle pourra être extraite et revivifiée comme souvenir. Pas de fixation sans ce travail préfrontal 20). Chacun des phénomènes que nous appelons en bloc mémoire a son appareil particulier. :

Dans son travail de 1913, Pitres est resté l’organiciste, le localisateur et l’associationniste de la période Broca-Charcot- Taine. Sa profonde connaissance de l’hystérie-maladie mentale n’avait pas gêné sa toute-puissante tendance atomiste et mécaniste, l’avait laissé presque étranger aux interprétations de Janet, puis de Babinski. Sans doute, il n’avait pas à en tenir compte dans sa dernière étude. Mais des Leçons cliniques de 1891-1892 à 1943, qu'a-t-il pensé du mouvement qui se poursuivait par Janet et Babinski ?

Prenant la parole dans la discussion de 1908 sur l’hystérie

(20) Nous ne pouvons, ici, confronter l’amnésie de fixation vue par PIrRes et son syndrome préfrontal avec les conceptions actuelles de l’une et de l’autre.

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LR,

à la Société de neurologie, il opposait à Babinski, au pithiatisme, à la suggestion, à la simulation, les convictions acquises à la Salpêtrière. Ayant montré, peut-être le premier @1), la conservation de la dilatation pupillaire chez l’hystérique

analgésique, ayant contribué à montrer que l'hystérique

amaurotique y voit des deux yeux, ayant un peu contesté, à propos de l’hémianopsie et de l’aphasie hystérique, que l’hystérie puisse mimer les maladies organiques du cerveau, il ne se croyait que plus fondé à défendre la doctrine traditionnelle : on ne peut pas simuler l’analgésie, les symptômes hystériques ne sont pas nécessairement de la suggestion, les négations actuelles sont hâtives, l’hystérie n'est nullement réductible au pithiatisme, toute théorie purement psychologique de l’hystérie devra être abandonnée.

(21) « La pupille est un esthésiomètre... J’ai eu l’idée de chercher comment se comportait la pupille quand on excitait la peau anesthésique. À mon grand étonnement, malgré l’absence de toute douleur, la pupille s’est dilatée. » Il signale que la douche froide affecte l’hystérique anesthésique comme le normal. 1} connaît la fréquente conservation de la sensibilité électrique. Il passe en revue les réflexes conservés.

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