PROFIL DÉFINITIF
Je cherchai à donner au collecteur une forme générale qui me permît d'augmenter le vide intérieur sans qu'il en résultât un notable accroissement du cube des maçonneries. Il fallait pour cela que l'enveloppe présentât, dans son ensemble, une forme capable de résister avec un minimum d'épaisseur aux pressions extérieures; j'obtenais évidemment ce résultat en la rapprochant le plus possible de l'ellipse régulière.
A l'intérieur de cette enveloppe sensiblement elliptique et d'épaisseur presque uniforme, les deux banquettes formaient seules deux saillies de 0™,90, laissant entre elles une cunette de 3",50 de largeur et de 1™,35 de profondeur au milieu, dont la section totale était de 4'"M2(fig. 17) ^
Les faibles épaisseurs indiquées sur le profil ci-contre supprimaient les maçonneries lourdes en ciment. Il y avait économie à les faire ainsi dans toutes les parties construites en souterrain où la cherté du déblai rendait fort important d'en réduire le cube.
* On peut remarquer que, sous chacune des deux banquettes, ont été ménagées des conduites de 0'',50. Ces conduites, qui ont élé exécutées en ciment sur une assez gi*ande longueur du collecteur général, étaient destinées à recevoir, au moyen de tuyaux communiquant avec elles par le branchement d'cgout, les matières des fosses d'aisances des maisons riveraines. On se proposait ainsi de supprimer les fosses fixes qui ont, de tout temps, été condamnées au point de vue de l'hygiène des villes : des pompes à vapeur, agissant par aspiration sur l'ensemble de ces conduites, devaient refouler les matières débitées par elles dans des réservoirs éloignés poui* qu'elles y fussent traitées et offertes à l'agriculture.
Fig. 17. — Pi"olil définitif du collecteur.
Dans les parties en tranchée, au contraire, le terrassement coûtant beaucoup moins cher, la maçonnerie devait être faite en chaux hydraulique avec des épaisseurs un peu plus grandes.
Avec ces dispositions, le changement de profil, qui accroissait d'un tiers la section utile de Tégout, n'augmentait la dépense que dans des proportions insignifiantes, et la puissance d'écoulement paraissait devoir atteindre, en pratique, le chiffre de 4 mètres cubes par seconde que je m'étais proposé comme objectif.
Il faut remarquer toutefois que le calcul ne pouvait fournir à cet égard qu'une assez grossière approximation. D'une part en effet, les formules indiquaient seulement la vitesse uniforme qui s'établirait dans un canal de longueur indéfinie, et quoique la longueur de l'égout d'Asnières fût considérable, c'est un mouvement accéléré qui devait s'y produire. D'autre part, il fallait compter avec les dépôts de sable qui diminueraient le débit. Il est évident que de ces deux influences inverses, c'est tantôt l'une et tantôt l'autre qui l'emporte selon l'état de curage du radier. Mais en somme, on pouvait admettre qu'à la condition d'entretenir la cunette avec soin, elle serait suffisante par les temps secs.
VOLUME D'EAU A ÉCOULER EN TEMPS DE PLUIE. — NÉCESSITÉ DE DÉCHARGER EN SEINE.
Par les petites pluies, on n'a pas à compter avec un volume beaucoup plus grand, parce que la dépense d'eau dans Paris diminue alors dans une notable proportion. En temps de fortes pluies, au contraire, il n'y avait pas inconvénient très grave à envoyer en Seine, par des déversoirs, une partie des eaux d'égouts qui sont alors très diluées, et, dans tous les cas, le mal eût-il été plus grand qu'il aurait bien fallu s'y résigner. La
portée du collecteur ne peut pas être indéfinie, et l'emploi de déversoirs à très grande section était évidemment le seul moyen de ralentir et de limiter la montée de Teau au-dessus des banquettes lorsque le débit deviendrait trop grand. Restait, pour déterminer à quelle hauteur devaient être arasés ces déversoirs, à établir le mieux possible la relation entre le niveau de leur seuil et la fréquence de leur fonctionnement.