‹ Les travaux souterrains de ParisChapitre 49 sur 104 · S-.IS · texte numérisé non relu

S-.IS

Les types 10 et 12, qui sont d'application courante, sont dépourvus de banquettes et présentent, avec des dimensions plus grandes que les égouts anglais, la forme ovoïde importée de

Londres par M. Mille, Les types 8 et 9, dont le premier quoique pourvu de rails, n'a pas de banquettes, et dont le second n'en a qu'une de 0",40 de largeur, présentent une forme d'extrados très peu différente de celle des deux types inférieurs. Dans ces diverses galeries, les ouvriers du curage marchent dans la cunette; la banquette du type 9 n'est pas destinée à la circulation, mais à recevoir les supports d'une conduite de grand diamètre.

Dans les types plus grands, qui ont une cunette de largeur et de profondeur variables, comprise entre deux banquettes de circulation, la largeur à la base ne peut pas se réduire dans les mêmes proportions, el la forme extérieure est nécessairement modifiée ; cependant elle ne présente de radier plat que quand les banquettes sont relativement larges.

Les types 1 et 5, sur lesquels je n'ai plus à revenir, puisqu'ils s'appliquent à des collecteurs dont il a été fait plus haut une étude spéciale, sont les seuls dont la section ail été déterminée exclusivement par leur rôle comme évacuateurs. Avec les dimensions qu'entraînait pour la voûte la largeur de leur cunette et des banquettes de circulation, les conduites qu'on pouvait avoir à y poser trouvaient naturellement leur place, et il n'y avait pas à s'en préoccuper.

Dans les types 2, 5, 6, 8, au contraire, oii la cunette est uniformément de l'^jSO, parce que les cornières placées sur ses arêtes forment une voie qui doit recevoir partout les mêmes wagons, les différences de largeur, portant exclusivement sur les banquettes, ne sont motivées que par le diamètre des conduites auxquelles ces égouls doivent servir . de galerie.

Les conduites peuvent bien, en effet, jusqu'au diamètre de 0™,60, être posées sans inconvénient sur des consoles scellées dans les piédroits, mais les conduites plus grosses reposent sur des supports (colonnettes en fonte ou piliers en maçonnerie) qui ne peuvent être établis que sur banquettes. Les types à

LES ËGOUTS ORDINAIRES ET LE DRAINAGE DES MAISONS. liO

banquettes caractérisent donc, en dehors des collecteurs principaux, les égouts destinés en principe à recevoir les conduites maîtresses de plus de 0",60,

Le type 2 peut loger deux conduites d'un diamètre allant jusqu'à 1",10. Le type 5 est fait pour recevoir une conduite de 0",80 du côlé de la banquette principale, avec une conduite de diamètre moindre, mais pouvant à la rigueur atteindre O'^jBO du côté de la banquette de circulation. Le type 6, à banquettes plus inégales, eslfaitpour une conduite de 1°*,10 opposée aune conduite de diamètre courant. Enfin, on peut placer dans le type 40 une conduite de 0"°,60 et dans le type 12 une de 0"",40, pourvu que l'autre piédroit ne reçoive que des tuyaux de diamètre beaucoup moindre. 11 faut reconnaître toutefois que la conduite de 0'°,40, dans le type 12, gêne un peu les égoutiers, qu'elle oblige à se pencher vers le piédroit opposé, mais cet inconvénient est peu sensible avec le diamètre de O^jSS et nul avec celui de 0°',30. (Voir la carte des sections-types des égouts, planche IV de l'Atlas.)

En principe, tous ces égouts sont construits en meulière hourdée avec mortier de ciment de Vassy formé de deux volumes de ciment pour cinq de sable. La voûte est recouverte d'une chape de 0",02 d'épaisseur. Les enduits intérieurs sont en ciment de Vassy pour la voûte et les piédroits, en ciment de Portland dans les parties (banquettes ou radier) qui ont à supporter la circulation des ouvriers ou le frottement des appareils de curage.

D'après la série de prix actuellement en vigueur (bail du l^"" janvier 1874 au 31 décembre 1879), les prix par mètre courant pour les types 5, 6, 8, 9, 10 et 12 établis à profondeur moyenne et construits en maçonnerie de meulière et mortier de ciment, sont respectivement :

Type 5. Type 6. Type 8. Type 9. Type 10. Type 12.

lÔO LES TRAVAUX SOUTERRAINS DE PARIS.

On exécute quelquefois les maçonneries en meulière et mortier de chaux hydraulique Dans ce cas, les prix par mètre courant de galerie sont les suivants :

Type 5. Type 6. Type 8. Type 9. Type 10. Type 12.

Mais le rabais de l'entreprise générale chargée de l'entretien et des travaux neufs ne dépassant pas 20 000 francs, est de 10^10 pour 100. Les travaux de plus de 20000 francs donnent lieu à des adjudications spéciales dans lesquelles les rabais sont presque toujours plus forts que celui de l'entreprise d'entretien, grevée de frais généraux considérables.

Il y a quinze ou vingt ans, les prix du ciment de Vassy étaient plus élevés qu'aujourd'hui, parce que les industriels qui le fabriquaient, et les entrepreneurs habitués à son emploi, n'étaient pas aussi nombreux. A cette époque, j'ai fait construire un grand nombre d'égouts par la Société des bétons Coignet qui consentait une réduction de 20 pour 100 sur le prix de la maçonnerie de meulière et ciment^ et dont l'intervention nous a procuré une économie même sur les égouts qu'elle ne faisait pas. Elle empêchait, en effet, les entrepreneurs cimentiers de se considérer comme maîtres de la situation.

Dans tous les terrains secs, notamment dans les sables de Grenelle, où ce système a été appliqué sur une assez grande échelle, les résultats ont été en général très satisfaisants. Il n'en a pas été de même dans les terrains mouillés, surtout dans ceux dont les eaux étaient chargées de sulfate de chaux. Le béton des égouts construits dans ces conditions s'est ramolli sur des étendues quelquefois assez grandes, et Ton a dû reconstruire en meulière un certain nombre de tronçons. Par suite de ces échecs partiels, depuis que la concurrence a fait baisser le prix de la maçonnerie de ciment, nous n'avons plus eu recours au béton Coignet, dont l'emploi, susceptible de rendre de

réels services dans les régions dépourvues de pierre, n'a pas de motifs, en temps normal, de se répandre beaucoup à Paris*.

Après les événements de 1870-1871 cependant, les crédits étant devenus extrêmement faibles, il fallait, sous peine d'arrêter tout à fait le développement des égouls, introduire dans leur construction toutes les économies possibles. Je me suis décidé alors, un peu à contre-cœur, à adopter pour les galeries qui ne paraissaient pas appelées à recevoir de conduites importantes, deux types (13 et 14) plus petits que le type 12. (Voir la carte des sections-types des égouts, planche IV de T Allas.)

L'un n'en diffère que par une réduction de 0™,30 sur la hauteur, qu'on avait souvent accusée d'être exagérée.

L'autre présente en outre une diminution de largeur de 0™,25.

Par rapport au type 12, l'emploi de ces galeries réduites donne par mètre courant une économie moyenne de 5 francs pour la première et de 10 francs pour la seconde.

Mais le type 14 résiste moins bien à la poussée des terres que le type 12, parce que ses formes latérales sont plus aplaties. De plus, on ne peut y placer dans de bonnes conditions que des conduites de 0'",10; celles de 0"',15 y seraient gênantes, et celles de 0™,20 inadmissibles.

Quant au type 15, bien qu'il ait même largeur que le type 12, les conduites de 0™,35 et 0™,40 que celui-ci peut admettre y

' Actuellement (1885) les égouts sont construits uniquement en maçonnerie de meulière et mortier de ciment. Par suite de Télcvation constante du taux de la main-d'œuTre, les prix du mètre courant d*égout ont subi, depuis 1878, une élévation assez considérable, ainsi que le démontrent le? prix ci-dessous (adjudication de six années, du l**" janvier 1880 au 31 décembre 1885):

Types.

Type 6.

Type 8.

Type 9.

Type 10.

Type 12.

Le rabais consenti est à peu près le même qu'en 1878, mais on a dû porter de 20 000 francs à 40 000 francs le chiffre des travaux nei^fs à exécuter par l'adjudicataire d'entretien, afin de lui tenir compte de Taugmentation progressive des dépenses qui grevaient ses frais généraux, concurremment avec l'augmenta tion du prix de la main-d'œuvre.

i52 LES TRAVAUX SOUTERRAINS DE PARIS.

seraient beaucoup plus incommodes, parce qu'elles ne seraient pas à hauteur suffisante au-dessus du radier.

Cependant, si Ton pouvait toujours prévoir exactement les besoins futurs de la distribution d*cau, ces inconvénients n'auraient pour effet que de restreindre plus ou moins le champ d'application de ces types économiques ; là où ils seraient possibles, ils resteraient bons.

Mais, en présence de l'augmentation constante de la consommation d'eau à Paris, il est difficile, sauf exception, d'affirmer que tel diamètre de conduite, aujourd'hui largement suffisant, n'aura pas quelque jour besoin d'être dépassé. Le véritable défaut des types réduits, rendus nécessaires par l'exiguïté des crédits depuis 1871, est de ne pas laisser assez de place à ces accroissements éventuels*.

Les conditions sont bien meilleures toutefois, même dans le type 14, que dans la plupart des anciens égouts conservés par économie. Ceux-ci sont en général à piédroits verticaux, avec une largeur de O'^jSO à 1 mètre, et une hauteur sous clef de l'^ylb à 2 mètres; il en existe même quelques-uns de 0",70 sur 1",60. (Voir les types des égouts anciens, planche IV de l'Atlas.)

Dans ces anciennes galeries, du moins dans toutes celles qui n'ont pas 1 mètre de large, les conduites de 0'",10 sont déjà fort gênantes, et lorsqu'on a besoin d'une canalisation plus forte, si l'on ne veut pas poser la conduite en terre, il faut nécessairement élargir l'égout.

Le croquis ci-dessous (fig. 40) indique comment on fait ces élargissements pour en réduire le plus possible la dépense.

* L'appréciation de M. Belgrand k cet égard s*est vérifiée plus vite encore qu*il ne le supposait. Ce n*est pas seulement Taccroissement de la consommation d'eau qui a modifié les prévisions pour le diamèti*e à donner aux conduites, c'est aussi et surtout le nombre toujours croi»sant des grandes bouches d'incendie qui doivent fournir à un moment donné un énorme débit. En outre, les tubes pneumatiques, les fils télégraphiques et téléphoniques, les tuyaux destinés à transporter la force motiice à distance, prennent de plus en plus de place dans les égouts. Par tous ces motifs il a fallu, pour toutes les galeries faites à partir de 1880, revenir au type 12 comme minimum.

LES ËGOUTS ORDINAIRES ET LE URAlNiGE DES MAISONS. 153

L'un des piédroits est démoli seulement jusqu'au niveau du dessous de la conduite à poser ; l'autre est consen'é intégralement, souvent même avec un petit arc de la voûte qu'il supporte. On remplace la partie démolie par une voûte dont l'excédent de largeur, par rapport à celle de Tancien égout, permet de loger la conduite sur l'arasement du piédroit écrêté. Mais comme celte conduite, si elle reposait sur un support continu, ne pourrait pas être matée, on ménage au-dessous de l'empla- fîb- **>■ — ÉiargiMcmcnt

. . . , 11- d'un égout sucien.

cément de chaque jomtune niche de dimension suffisante pour permettre au plombier de faire son travail, ou mieux, on fait reposer la conduite sur de petits piliers formés d'une ou deux assises de briques.

On a pu ainsi conserver une assez grande partie de la maçonnerie d'anciens égouts, tout en les rendant capables de recevoir de très grosses conduites. Sur l'avenue d'Orléans, par exemple, une conduite maîtresse de 0'°,80 est logée dans une ancienne galerie qui, dans son état primitif, n'avait elle-même que 0",80 de largeur. La dépense d'élargissement n'a été que d'environ 70 francs par mèlre, tandis qu'une galerie nouvelle, qui pour recevoir la conduite de 0",80 aurait dû être du type 9, aurait coûté plus du double*.

TENTE DES ÈGOtlTS.

La pente des égouts dépend évidemment de celle du sol et de la différence qu'on peut établir entre la profondeur au départ et la profondeur à l'extrémité aval.

■ En 18S0, on a dépensé prés do âOO 000 francs à élai^ir ainsi d'anciens égouts pour j loger de grosses conduilea.

Au dépari, on s'impose, à moins de circonstances spéciales, la condition de ne pas placer Texlrados de la voûte à moins de un mètre au-dessous du sol. C'est important, surtout dans le voies à lourde circulation, pour qu'il y ait, entre le pavage et les maçonneries, un matelas suffisant pour amortir les chocs, qui seraient à la longue une cause de désagrégation.

La profondeur à l'extrémité aval a nécessairement pour limite celle de l'égout qui doit servir d'exutoire, mais elle ne peut pas lui être égale, car on doit toujours ménager, au débouché d'une galerie dans une autre, une chute dont la hauteur dépend du régime de la galerie principale, et parfois du niveau de la nappe souterraine.

D'une part, en effet, il ne faut pas que les variations ordinaires du niveau de l'eau, dans un égout qui en reçoit d'autres, fassent remonter les vases dans ses affluents; d'où la nécessité d'établir, au débouché de chacun de ceux-ci, un ou plusieurs gradins, de hauteur d'autant plus grande que la cunette à laquelle ils descendent charrie davantage et présente un régime plus variable.

D'autre part, s'il a bien fallu se résigner à faire plonger dans la nappe d'eau des puits les collecteurs principaux, on a le plus grand intérêt à ne jamais placer les égouts secondaires dans les mêmes conditions. Ce ne serait pas seulement une très grande dépense, mais, dans bien des cas, une disposition tout à fait vicieuse et de nature à entraîner les plus fâcheuses conséquences.

Toutes les fois, en effet, qu'un égout, dont la direction générale n'est pas à peu près perpendiculaire à la Seine, descend au-dessous du niveau des puits, il gêne la marche des eaux souterraines vers le fleuve. S'il est de grande longueur, il forme un véritable barrage qui arrête les eaux de la nappe, fait remonter leur niveau et aggrave les inondations de caves, dont souffrent, par ce motif, tous les quartiers situés à droite et dans le voisinage de l'égout de Ceinture. Pour les collecteurs gêné-

LES ÉGOUTS ORDINAIRES ET LE DRAINAGE DES MAISONS. i55

raiix dont la profondeur est absolument commandée, on atténue par des drains spéciaux les inconvénients qui résultent de leur pénétration dans la nappe; mais ce n*est qu'un expédient, et encore deviendrait-il très dispendieux si on voulait l'appliquer aux petits égouts. Il faut donc, en général, tenir ces égouts audessus de la nappe souterraine, ce qui, en pratique, se traduit à peu près par la formule suivante :

Ne descendre les fondations qu'à une profondeur maxima de 3", 50 à 4'",50 au-dessous du sol entre les rues de la Pépinière, Saint-Lazare, Paradis, d une part, et les boulevards, de l'autre;

De 4'",50 à 6 mètres, entre les boulevards et la rue Rambuteau ;

Et de 6 mètres à 6",50, entre la rue Rambuteau et la Seine.

En général, on sera au-dessus de la nappe d'eau des puits en tenant le dessous des fondations des égouts à l'altitude 28",00 au moins vers l'aval de Paris et à l'altitude 31",00 au moins vers l'amont.

Ces indications ne s'appliquent, d'ailleurs, qu'aux quartiers situés sur la rive droite; sur la rive gauche, comme je l'ai déjà dit, la nappe se trouve presque partout à profondeur suffisante pour qu'il n'y ait pas à s'en occuper.

Page 1