SECTION DES ÉGOUTS
Les conditions que je viens d'indiquer, combinées avec le profil des rues, permettent de déterminer exactement, pour chaque égout, la pente qu'il est possible de lui donner; de celle-ci dépend évidemment le choix du type qu'il convient d'adopter. Les limites entre lesquelles elle est comprise permettent, d'abord, de décider, à première vue, si Tégout doit appartenir aux types à cunette et banquette, destinés à être curés par les moyens mécaniques que nous indiquerons plus loin, ou
aux types sans banquettes, dont le curage se fait à bras d'homme.
Les premiers, surtout quand ils reçoivent une grande quantité d*eau, font un bon service avec des pentes de 0",50 par kilomètre, et l'on peut même, sur des longueurs restreintes, descendre au-dessous de cette limite.
Les autres sont dans d'assez mauvaises conditions au-dessous de 3 à 4 mètres de pente par kilomètre ; on est quelquefois obligé de leur donner moins ; dans la plaine de Grenelle notamment, beaucoup de galeries du type 12 n'ont que 4",50 de pente kilométrique, mais leur curage est laborieux et cher.
Le partage ainsi fait entre les deux grandes catégories d'égouts dont chacune comprend plusieurs types, il resterait, théoriquement, à calculer, d'après l'étendue du bassin à drainer, le débouché nécessaire pour chaque galerie, et à déterminer, d'après celle considération, le type auquel on doit s'arrêter. J'indique, dans une note spéciale, d'après quelle formule, à mon avis, il convient de faire ce calcul, nécessaire pour les collecteurs (voir à l'Appendice la note sur le débouché des égouts). Mais en fait, il est très rare que ce soient les considérations de débit qui déterminent la section des égouts secondaires. Presque tous, avec les dimensions du type 12, seraient plus que suffisants comme évacuateurs, et c'est seulement le diamètre des conduites à loger qui rend assez fréquente la nécessité d'un type supérieur. Ainsi, avenue de l'Opéra, les deux égouts latéraux en construction ont dans l'assainissement des rôles équivalents ; l'un d'eux cependant est du type 14 et l'autre du type 6. C'est que le premier ne recevra que les petites conduites de service en route, et que dans l'autre doit passer une des principales conduites maîtresses de distribution de l'eau de la Vanne.
EXÉCUTION DES ËGOUTS.
En général, l'exécution des égouls secondaires, par cela même qu'ils sont établis au-dessus de la nappe d'eau, ne présente guère d'autres difficultés que celles qui peuvent résulter, dans les rues étroites, du voisinage immédiat de maisons qui ne sont pas toujours bien fondées. Cependant, dans les quartiers dont le sol est excavé par d'anciennes carrières souterraines, il arrive parfois que les égouts, dans la traversée de fontis plus ou moins étendus, doivent reposer sur des fondations très dispendieuses. Ce cas se présente surtout, au Sud, dans les XIll' et XIV' arrondissements et dans la partie supérieure du V*, où les
Fig. 41. — Construclûm d'<
n^nblii de carrière, nec aubttructioni en «rodes.
anciennes exploitations de calcaire sont très étendues, et au Nord, dans les nombreuses voies de Belleville et de Montmartre, sous lesquelles on a fait autrefois des extractions de plâtre. Dans ces deux régions, le sous-sol de quelques voies importantes est bien resté vierge, el d'autres rues déjà anciennes ont été conso-
lidées, mais lorsqu'on fait un percement nouveau, son tracé traverse presque toujours des terrains dans lesquels on rencontre les fontis. Pour les franchir avec sécurité, on n'a d'autre moyen que de creuser jusqu'au terrain solide des puits cylindriques espacés, en général, d'environ 6 mètres, qu'on remplit ensuite en béton jusqu'à 3'",50 au-dessous. du niveau de Tégout pour former une série de piles. De l'une à l'autre de ces piles, dont le diamètre varie selon les dimensions de Tégout qu'on veut soutenir, on jette des voûtes en plein cintre, dont on arase ensuite l'extrados, de manière à donner au radier de régout un support continu (fig. 41).
Ces substructions, sorte de viaduc enfoui, dont les piles ont quelquefois 15 ou 18 mètres de hauteur, coûtent en général beaucoup plus cher par mètre courant que l'égout lui-même. Ce n'est donc jamais sans absolue nécessité qu'on se résigne à les faire. Mais on conçoit que si un tronçon d'égout s'affaissait brusquement dans un fonlis, l'inondation due à la rupture des conduites pourrait avoir, dans les terrains excavés, les plus graves conséquences pour les immeubles du voisinage ; on est donc bien obligé de conjurer ce risque. C'est ainsi que lors du percement du boulevard Arago (1869) qui, de la place d'Enfer au faubourg Saint-Jacques, est en pleine région de carrières, oif a dû, sur ce petit parcours d'environ 300 mètres, dépenser près de 150000 francs pour substructions sous les deux égouts latéraux, dont l'un n'est cependant qu'un type 12 et l'autre un type 10.