‹ Les Treize, drame en cinq actes, six tableauxChapitre 26 sur 56 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

Les Mêmes, MONRIVEAÏJ.

MADAME DE SERIZY

Vous vous êtes fait attendre, général...

monriveau, lui b disant la main.

Soyez assez indulgente, madame, pour m'excuser de ce retard et du motif qui l'a causé?

MADAME DE SERIZY, SOUTiant.

Est-ce bien grave?...

MONRIVEAU.

Oh ! non! une plaisanterie!... un duel !

TOUS

Un duel !

MONRIVEAU.

Oui... une querelle imprévue, une rencontre fortuite, un fat à corriger, là, dans une allée du parc... Ces messieurs ont eu l'obligeance (\o se mettre à ma disposition et voilà qui est, fini.

MADAME DE SÉRIZY

Un duel, chez moi, au milieu d'une fête... mais c'est affreux...

MONRIVEAU.

Rassurez-vous, de grâce... Il y a eu égratignure tout au plus, et avant quinze jours, M. de Maulincour sera guéri. la duchesse, à part.

La rencontre annoncée dans le billet... Et c'est le général...

¥ e r r a g u s , bas à Monriv eau . Tu l'as épargné...

m oNRivEAu, de même .

Pourquoi tuer ce fou ?. ..

la duchesse, à part.

Us se sont parlé... ils se connaissent...

monriveau, à madame de Sérizy.

Ai-je mon pardon, madame?

MADAME DE SERIZY

Vous ne me trompez pas, au moins... Monsieur de Maulincour n'est pas en péril... Vous me répondez de lui.

moxriveau, souriant.

Je vous en réponds.

MADAME DE SERIZY

Alors, je vous pardonne... Et maintenant, général, on vous réclame ici... Madame la duchesse de Langeais... j'ai l'honneur de...

LA DUCHESSE

Pardon, chère, mais de monsieur à moi toute présentation est inutile, car la renommée s'en est chargée depuis longtemps.

MONRIVEAU.

C'est le premier bonheur que la gloire m'ait donné, madame...

LA DUCHESSE

Le bonheur pour moi, général, serait d'entendre de votre bouche le récit de ces aventures merveilleuses qui m'ont si

profondément intéressée; mais j'ai peur qu'il n'y ait de ma part beaucoup trop de présomption à vous en prier ; si cependant vous me permettiez de vous inviter à venir chez moi, je vous dirais que vous me trouverez toujours, le soir, avant dix heures...

MONRIVEAU.

Et daignerez-vous m'accorder cette valse, madame?...

LA DUCHESSE

Mon Dieu... c'est que je l'avais promise à ce pauvre monsieur de Maulincour; mais après tout, je n'ai pas le droit de la refuser à son vainqueur. (Elevant la voix avec intention et regardant Ferragus.) Je regrette vivement que le bal soit privé d'un de ses ornements les plus délicieux, Madame Paul Desmaretz, qui s'est éloignée d'une manière si soudaine... Moi, je suis tout à fait remise, et je vais danser jusqu'au jour.

madame de sérizy, bas à la Duchesse.

N'est-ce pas qu'il est fort bien ?

la duchesse, de même, avec indifférence. Mais oui, oui...

monriveau, bas à Ferragus.

Elle est vraiment charmante, cette madame de Langeais.

ferragus, de même* Prends garde, Armand.

MONRIVEAU.

Allons donc! mon cœur est bien mort, va !

ferragus, à part.

Dieu le veuille ! (Ronquerolles, Lucien et De Marsay se sont approchés d'eux.)

monriveau, à Ronquerolles.

Nous réunissons-nous cette nuit ?

RONQUEROLLES

Dans deux heures. (A Ferragus.) N'est-ce pas?

Page 1