SCENE PREMIÈRE
FERRAGUS, MONRIVEAU, DE MARSÀÏ.
[Au lever du rideau la scène est vide. Ferragus entre avec Monriveau, qui va s asseoir à V écart, la tête entre les mains, Ferragus l'observe en silence et va frapper à une porte latérale; De Marsay entre.)
FERRAGUS
Eh bien, ami De Marsay, a-t-on ponctuelleinenl exécuté mes ordres?
DE AI A RSA Y.
Oui. maître.
FERRAGUS
Tous les volets ont été fermés avec soin ?
DE MA RSA Y.
Oui, maître... et les rideaux aussi..,
FERRAGÏJS.
De sorte qu'on ne pourrait apercevoir aucune lumière du dehors ?
DE AIARSAY.
Aucune,
FERRAGES.
Si on frappe, vous laisserez enfoncer la porte plutôt que d'ouvrir.
DE AIARSAY.
C'est convenu.
FERRAGES.
Le réchaud est là, derrière cette tenture?
DE AIARSAY.
Il y est.
FERRAGE S
Allumé ?
DE AIARSAY,
A plein feu ! [On voit briller un reflet rouge qui s'éteint aussitôt.
FERRAGES.
Bien .
DE AIARSAY.
Et maintenant que me reste-t-il à faire ?
FERRAGES.
Il y a tout près d'ici, n'est-ce pas, un couvent de Sœursde- Bon-Secours?
DE AIARSAY.
Juste en face de l'hôtel.
FERRAGUS
Allez-y sans perdre une minute... Vous tirerez la sonnette de nuit, et on vous fera entrer ; vous demanderez à une sœur de vous accompagner pour assister quelqu'un, et vous introduirez cette sœur ici, dans la bibliothèque, en la priant d'attendre qu'on réclame ses soins... Vous avez bien compris ?
DE MARSAY
Parfaitement... Est-ce tout?
FERRAGUS
C'est tout... Allez... (De Marsay sort. Ferragus s'approche de Monriveau et lui touche V épaule., Es-tu prêt, frère ?
MONRIVE AU.
Je suis prêt !
ferragus, ouvrant une porte latérale et élevant
la voix.
Entrez! (Deux Hommes masqués paraissentt portant la Duchesse de Langeais en toilette de bal et évanouie.) lucien, désignan t le canapé.
Plaçons-la ici... (A Ferragus.) Que faut-il faire maintenant?
Venez !...
ronquerolles, montrant Monriveau.
Mais s'il faiblit?...
FERRAGUS
Nous serons là! [Ils passent derrière la tenture.)