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La chaîne armoricaine

Le Sud-Ouest de l'Irlande, dont on a déjà parlé, le Sud du Pays de Galles et la Gomouailles, ainsi que le Devonshire et le Sud de l'Angleterre à l'Ouest d'une ligne allant des Marlborough Hills (à l'Est de

« The Hère ford earlhquake of December f7'* 1896 (Birmingham, 1899).

' The Gaernarvon earthquake of Jane 19^ 1903 (Quart, joutm. oflhe geol. Soc^ LX. 1904, 233. London).

Bath) jusqu'à Hastings sur le Pas-de-Calais, sont les débris d'une autre chaîne, un peu plus récente que la ride calédonienne, du vieux continent atlantique, démantelé à la fin du Tertiaire. Plissée aprës l'époque carboniférienne, elle s'étend en France, en Belgique et dans l'Allemagne moyenne. Le fragment anglais, profondément découpé par le canal de Bristol, est, presque sur toute sa surface, uniformément pénéséismique, beaucoup plus souvent ébranlé que les ruines de la chaîne calédonienne. Les épicentres s'y pressent nombreux, avec ce caractère d'être généralement pauvres en nombre de séismes. On est ainsi amené à ne plus faire intervenir dans la production des secousses des accidents locaux, mais bien un phénomène plus général, qui ne peut être que le plissement.

La vallée de l'Exe limite à l'Est les terrains paléozoïques, surtout dévoniens, de l'Ouest. Le Carboniférien constitue le Sud du Pavs de Galles, tandis que les terrains secondaires de l'Est masquent les plissements armoricains. De nombreux laccolithes granitiques accidentent la Gornouailles dans le sens même du plissement. Si cette région était seule dans de semblables conditions, il serait peut-être imprudent d'assigner un rôle séismogénique au plissement armoricain ; mais cette opinion est corroborée et rendue plausible par le fait que, sur le continent, les autres fragments de la chaîne reproduisent exactement les mêmes circonstances séismiques et géologiques, de sorte qu'il faut admettre une origine commune à leurs secousses, et celle invoquée paraît bien la seule possible.

Un tremblement de terre, ressenti le 3 mars 1904, est venu, dans une certaine mesure, confirmer ces dernières considérations. Davison ^ en a localisé l'épicentre en mer, à 4 milles environ au sud de Marazion. L'allure de ses isoséistes fait supposer pour Taire ébranlée un axe parallèle aux filons métalliques exploités dans la presqu'île extrême de la Gornouailles, mais il n'y a pas d'indice qu'une faille sous-marine, affectant le fond de la baie, ait pu donner lieu au séisme. On ne peut non plus, d'après Clément Reid, l'attribuer à des mouvements, affaissements ou éboulements, dans les anciens travaux de mines qui s'étendaient sous la mer, leur position ne correspondant pas à celle du foyer ; d'ailleurs l'aire pléistoséiste atteignait une vingtaine de milles, de Sennen à Helston, distance trop considérable pour ce genre de secousses. Davison pense que ce tremblement de terre est peut-être en relation avec la formation d'un bassin éocène, maintenant immergé sous la Mount's Bay et la partie occi-

* The Ponzance earthquake of March 8^, 1904 {Geol. Mag., Décade V, I, n« 484.487. LondoQ).

&2 GÉOGRAPHIE SÉISMOLOGIQUË

dentale de la Manche, dont l'existence a fait Tobjet des études de Clément Reid'. Cette suggestion explique trop bien les séismes qui ébranlent simultanément les côtes occidentales de la Manche, Bretagne et Comouailles, pour qu'on ne l'adopte pas, au moins provisoirement.

L'activité séismique, assez grande dans le Pembrokeshire, atteint son maximum à Haverfordwest, au contact des plis pré-dévoniens et post-carbonifériens, où d'importantes et nombreuses failles coupent la presqu'île. Les secousses de la côte septentrionale du canal de Bristol jusqu'à la Severn et aux Mendip Hills alignent leurs épicentres parallèlement au plissement, et la même disposition s'étend à ceux de l'Exmoor', de l'autre côté du bras de mer, ce que Davison explique par la faille des Morte Slates. Le même séismologue met les épicentres du Nord de la Cornouailles en relation ' avec une faille présumée tout en reconnaissant que les aires ébranlées ont leurs axes allongés parallèlement au plissement, observation suffisant à justifier l'influence de ceux-ci, sans qu'il soit nécessaire de recourir à une dislocation encore hypothétique. C'est avec beaucoup plus de probabilité qu'il attribue ceux de Blisland et de Wendron à des failles locales. Les séismes de Poole, de la New Forest et de la côte du Dorsetshire relèvent aussi des mêmes plissements, sans qu'on puisse nier que les failles de Ridgeway (d'Abbotsbury à Winfrith) et d'Osmington (au Nord de la baie de Swanage) ne puissent aussi intervenir. En tout cas, elles affectent un synclinal se prolongeant peut-être jusqu'en France et qui est la contre-partie de l'anticlinal passant au Nord de Weymouth. Ici encore, il est difficile d'échapper à la conclusion que le plissement joue le principal rôle, tant les épicentres tendent à se disposer parallèlement, circonstance qui se reproduit aux South Downs de l'autre côté de l'île de Wight.

La baie de Penzance et la côte d'alentour ^ sont assez souvent le siège de marées anormales et de vagues peut-être d'origine séismique, car certains tremblements de terre, d'épicentres tout à fait indéterminés, ébranlent à la fois les côtes anglaises et françaises de

* On thé probable occurrence of an Eocene outUer off the Comish Goast (Quart, Journ. of the geol. Soc, LX, 113. London, 1904).

* On the Ezmoor earthquake of January 23r<i 4894» and on its relation to the northem boundary Pault of the Morte Slates [Geol. Mag., Décade IV, Ul, 553).

■ The cornish earthquakes of March 29"» to April 2»^ i898 (Quart. Journ. of. the geol. Soc, LVI. 1900, 1).

* Ëdmonds. An Account of an extraordinary movement of the Sea in Gornwall, July 1843, with notices of similar movements in previous years, and also of earthquakes Yfhïch hâve occurred in Gornwall (Trans. of the Roy. Soc. of Comv:all, VI, 111, 1846).

LES ILES BRITANNIQUES Sa

la Manche occidentale. On peut y voir sans doute un reste de vitalité des efforts de démantèlement du continent atlantique, qui ont ouvert la Manche dans la basse vallée d'un maître fleuve, la Seine, tronquée à son embouchure actuelle, collectant les eaux de la Cor« nouailles, de la Bretagne et de la Picardie.

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