PRÉFACE
Si quelqu'un s'était avisé, il y a vingt-cinq ans, d'écrire un gros livre sur la répartition géographique des tremblements de terre, il est à croire qu'aucun éditeur n'eût osé assumer les risques d'une telle publication.
Personne, au moins en France, n'aurait compris qu'on voulût diriger son attention vers un ordre de phénomènes dont notre pays semblait n'avoir rien à redouter. A cette époque on eût difficilement trouvé sur notre sol un appareil enregistreur des secousses. Même le patronage des géologues aurait probablement fait défaut à l'auteur de cette tentative ; car l'opinion régnante était que la cause des tremblements de terre devait être tout simplement cherchée dans des explosions volcaniques souterraines; et c'est à peine si quelques esprits supérieurs commençaient à soupçonner une relation entre ces phénomènes et les conditions générales qui règlent l'équilibre de l'écorce terrestre.
Aujourd'hui les choses ont bien changé I L'opinion publique s'est émue, frappée par une suite d'avertissements retentissants, d'où les Européens ont appris que le danger, non seulement était à leurs portes, mais ne se faisait pas faute, à l'occasion, d'envahir leur territoire. C'est l'Andalousie qui, la première, en a fait l'expérience à la fin de 1884. Puis, en 1887, la Côte d'Azur, en plein carnaval, a fait cruellement connaissance avec ce fléau, qu'elle paraissait devoir ignorer à jamais. Une année avant, aux États-Unis, de fortes secousses endommageaient la