La Meseta ibériqae
La Meseta ibérique, archéenne et primaire, fait de l'autre côté des Pyrénées le pendant du Plateau Central français. Sa place est
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donc tout à fait indiquée ici, en dépit de la séparation produite par la chaîne. Sauf le golfe tertiaire de l'embouchure du Tage, dont il sera question ailleurs, la Meseta occupe tout le versant atlantique de la péninsule entre les caps Finisterre et Saint Vincent ou Saô Vicente. Son bord méridional suit la côte des Algarves, puis domine l'Andalousie par la grande dislocation de la Sierra Morena jusqu'à Albacete^ tandis que sa bordure orientale rejoint le milieu de la côte cantabrique, aprës avoir lancé au N. E. le long rameau de la Sierra Guadarrama. Elle est ainsi pénétrée par les couches miocènes lacustres de la vieille et de la nouvelle Castille, qu'à cause de leur stabilité commune avec elle on lui adjoindra, en dépit de la différence de constitution. Ainsi comprise, la Meseta ibérique englobe toute la presqu'île moins la vallée de l'Ebre, la Catalogne et les Pays Basques, dépendances des Pyrénées, l'embouchure du Tage et l'Espagne du S. E. au delà de la grande dislocation de la Sierra Morena, territoires qui, ainsi qu'on le verra, appartiennent au géosynclinal méditerranéen. Elle comprend toutes les parties non plissées récemment, c'est-à-dire tout ce qui ne dépend pas de la chaîne bétique ou des Pyrénées. Ses derniers plissements n'ont affecté que le Stéphanien et par ailleurs elle est restée intacte sauf quelques effondrements tertiaires locaux.
La majeure partie des granités est de l'époque carboniférienne, et, d'une façon générale, les couches postérieures reposent en discordance sur celles anciennement plissées de cette période. Le bord occidental montueux de la Meseta tombe sur le fond do l'Atlantique par un raide talus jusqu'à l'isobathe de 2 000 mètres, fort rapprochée de la côte. C'est l'indice que ces territoires, dès longtemps soumis à la dénudation et à l'érosion, se sont relevés assez lentement vers l'Ouest pour que les cours d'eau dirigés de l'Est à l'Ouest aient eu le temps de creuser profondément leurs lits au travers du massif graduellement soulevé. Dans ces conditions, il était à supposer que l'ancien massif ne pouvait être que pénéséismique tout au plus, et c'est bien ce que conQrme l'observation.
Quelques secousses agitent la Galice et le Portugal, le long de la tranche relevée et coupée par la pente océanique. D'autres, bien plus remarquables par leur extension que par leur intensité, ébranlent parfois toute l'Espagne. On doit y voir une réminiscence des mouvements d'ensemble qui ont gauchi toute la Meseta, et elles sont à rapprocher des secousses analogues du Plateau Central français. Dans le centre, Madrid est assez souvent le siège de tremblements de terre et les anciens chroniqueurs en relatent de sévères pour Tolède ;
les deux capitales n'en sont évidemment pas les véritables épicentres, et si l'on se reporte à la série des secousses de 1848 dans la Sierra d*Albarracin ou de Tremedal, on sera porté à attribuer toutes ces secousses aux énergiques plissements des zones jurassiques, grossièrement parallèles à la rive droite de TEbre, qui s'étendent au S. E. de Burgos, à peu près perpendiculairement à la Sierra de Guadarrama. Les monts Gantabriques, anciennement plissés et coupés net au bord du golfe de Gascogne, sont restés stables.