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Erzgebirge, Saxe et Thuringe

Cette région s'étend entre l'Elbe, la ligne Magdebourg-Minden, ou le pied des colUnes sub-hercyniennes, la Weser, le pied sud du Thiiringerwald, le Fichtelgebirge, une ligne longeant à peu de distance la rive droite de TEger, et enfin, en aval de Kaaden, cette rivière jusqu'à son confluent avec TElbe. C'est de beacoup le foyer séismique le plus important de toute l'Europe centrale, en avant des Alpes et des Pyrénées. La partie la plus instable est TErzgebirge, qui, avec ses dépendances du Nord, renferme la grande majorité des épicentres. A proprement parler, ce n'est pas une chaîne de montagnes, mais bien une sorte de falaise gneissique et granitique, dominant la cuvette bohémienne et plus directement la vallée de l'Eger, qui coule à ses pieds et où alternent d'amont en aval de petits bassins tertiaires et des épanchements éruptifs de la même ère géologique. Au Nord au contraire, les pentes sont relativement douces.

Les tremblements de terre de l'Erzgebirge sont très bien connus dans leur allure générale depuis ces dernières années, après les

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travaux de Credner*, Knelt', Uhlig', etBecke*. Ils présentent au

lAuerbach

Lés grands /Uoas de çua/ti^

Fig. 9. — Erzgebirge.

plus haut degré le caractère d'essaims de secousses, durant de quelques

* Das vogtl&ndisch-erzgebirgische Erdbebon vom 23 November 1875 {Zeitschr. d. gesammt. Nalw'wiss., XLVHI, 1876, 246, Leipzig) ; Das vogtl&ndische Erdbeben vom 26 December 1888 (fier. d. K. Sdchs. Ges. d. Wiss. mat. phys. Kl., 11 Febr. 1889, 76) ; Die s&chsischen Erdbeben w&hrend der Jahre 1889 bis 1897, insbesondere das sachsischbôhmische Erdbeben vom 24 Oclober bis 29 November 1897 (Abhandl. d. mat, phys. Cl. d. Kgl. Sdcht, Ges. d. Wiss., XXIV, IV, 317. Leipzig, 1898); Die seismischen Erscheinungen im Kônigreiche Sachsen w&hrend der Jahre 1898 und 1899 bis zum Mai 1900 {Ber. d. mat. ph. Cl. d. Kgl. Sdchs. Ges. d. Wiss. zu Leipzig, 7 Mai 1900, 37); Die vogtiandischen Erdbebcnschv&rmc >vâhrend des Juli und des Âugust 1900 (Id,, 14 November 1900, 153) ; Die vogtiandischen Erderschûtterungen in dem Zeitraûme vom Soplember 1900 bis zum Mârz 1902, insbesondere die Erdbebenschw&rme im Frûhjahr und Sommer 1901 (Id., 3 Marz 1902, 74); Das Greizer Beben am 1 Mai 1902 (Id., 2 Febr. 1903, 3) ; Der vogtl&ndische Erdbebenschwarm vom 13 Februar bis zum 18 Mai 1903 (AbfiandL, Id., XXVIII. IV, 420, 1904).

* Das erzgobirgische Schwarmbeben vom 1 Janner bis 5 Februar 1824 (Sitz. ber. d. deutsch, nat. Med. Ver. fUr Bôhmen. « Lotos », 1899. Pi*ag. Nr. S) ; Bericht ûber das erzgobirgische Schwarmbeben vom 13 Februar bis 25 Mârz 1903 {Mitth. d. Erdbeben comm. d. K. Ak. d. Wiss. in Wien. Neue Folge, XVI, 1903).

^ Bericht iiber die seismischen Eroignisse im Jahre 1900 im den deutschen Gebielen Bôhmens (/(/., N. F., III, 1901).

* Bericht ûber das Erdbeben von Brûx am 3 November 1896 (/d., II, 1897) ; Bericht ûber das Graslitzcr Erdbeben 24 October bis 25 November 1897 (ld„ VIII, 1898).

jours à plusieurs semaines, et séparées par des inten^alles de repos plus ou moins complets. Une certaine régularité a permis à Knett d'annoncer pour 1950 un paroxysme probable, genre de pronostics à notre avis bien imprudent, et qu'est venu infirmer la série de février-mars 1903. Les intensités n'y sont pas désastreuses et n'ont jamais dépassé le degré VIII de l'échelle Rossi-Forel.

L'action des efforts de plissement domine toute l'histoire géologique de l'Erzgebirge, où ils se dont donné libre carrière depuis les temps les plus reculés, le Silurien, jusqu'à Tépoque du dépôt des lignites, et par à-coups successifs. Cette persistance d'un même processus est extrêmement remarquable, et à elle seule elle aurait suffi à mettre ces séismes en relation avec lui, car on ne comprendrait guère qu'ayant si longtemps duré, il se soit brusquement éteint, sans continuer à se manifester actuellement sous forme de secousses. Ce rapport de cause à effet, admis par tous les savants cités plus haut, résulte d'ailleurs de beaucoup d'autres considérations plus directes, ainsi qu'on va le voir par le détail.

En réalité, l'Erzgebirge n'est que la plus importante de trois rides successives parallèles, courant à peu près S. W.-N. E. Les deux autres vers le Nord sont le Mittelgebirge granulitique de la Saxe et les hauteurs de Liebschiîtz près de Strehla sur l'Elbe, cette dernière disparaissant rapidement au S. W. sous une puissante couverture oligocène et quaternaire. De l'un à l'autre ces trois ridements diminuent de relief et augmentent d'intervalles entre eux à mesure qu'on les traverse du Sud au Nord. Ils forment entre eux deux auges intermédiaires successives, dans le fond desquelles les discordances des terrains sédimentaires, non arasés et dénudés, ont précisément servi à faire constater la continuité du plissement. Comme celte action a présenté son maximum d'intensité à la fin de l'époque carboniférienne, l'EiTigebirge appartient au grand système des plissements hercjTiiens de l'Europe moyenne, connus ici sous le nom de varisques, du nom de la peuplade germanique qui habitait aux environs de Hof.

Cette décroissance du relief du Sud au Nord, correspondant à une amplitude décroissante des vagues terrestres, si l'on peut s'exprimer ainsi, s'accorde avec une diminution graduelle de la séismicité vers le Nord, ce qui nous semble corroborer fortement la relation énoncée.

Cet énergique plissement, si longtemps continué, n'a pas été sans de nombreuses dislocations, et en effet la Saxe n'est qu'un vaste champ de fractures, qui la sillonnent dans tous les sens, se coupant et se recQupant de toutes les manières imaginables, et à diverses

Di MoKTBssus. — Tremblemenlfl de terre. 7

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époques remplies des matières les plus variées ; tant et si bien que r£rzgebirge en a tiré son nom de Monts des Métaux, ou en tchèque de Rudo Hori, qui en est la traduction littérale, et que la Saxe a été le berceau de l'art des mines, sinon de la géologie, avec la fameuse école de Freiberg. Ce Glonnement intense a été, contrairement à ce qu'on aurait pu penser, en conséquence de la multiplicité des dislocations, une cause de stabilité séismique, puisque la partie la plus instable se trouve au sud des territoires saxons les plus minéralisés. L'injection des matières minérales a cimenté et consolidé le bloc morcelé par les failles. Sur le versant bohémien de TErzgebirge, la partie la plus riche en épicentres montre une série de puissants d} kes de quartz, à peu près perpendiculaires à la crôte de la falaise et faisant saillie au-dessus du sol environnant, parce que, grâce à leur plus grande dureté, ils ont mieux résisté aux agents de destruction. Or, ils sont excentriques au district séismique et se prolongent aii delà de TEger dans la partie stable de la cuvette bohémienne. Homologues du Pfahl et du Sillon de Bretagne, les fractures, auxquelles ils doivent naissance, ne jouent donc non plus aucun rôle séismogénique.

L'Erzgebirge n'a pas été seulement plissé et fracturé, il a encore été le théâtre de mouvements verticaux de grande amplitude. Au moment où la mer carboniférienne se retirait de ces régions, deux bourrelets montagneux se sont dressés, cette chaîne et le Riesengebirge ; il en est résulté une tendance à l'affaissement à l'intérieur de leur angle rentrant, ce qui a préparé l'invasion de la mer crétacée dans le Nord-Est de la Bohème et plus tard, d'une manière beaucoup plus accentuée, l'irruption des eaux oligocènes jusqu'à Eger le long de la vallée de la rivière du même nom. Plus tard encore la falaise s'est relevée, et l'ancienne pénéplaine saxonne s'est rajeunie par un mouvement de bascule vers le N. W., ensemble de mouvements qui ont Gnalement donné à la Bohême sa forme de cuvette en losange, mais ont aussi, et c'est ce qui nous intéresse particulièrement ici, accentué la faille du pied méridional de l'Erzgebirge, en en portant la crête à plus de 1 200 mètres, et en même temps déterminé les épanchements éruptifs du Fichtelgebirge, du Duppauergebirge et du Mittelgebirge, qui se survivent encore à eux-mêmes sous la forme de la ligne thermale de l'Eger, — Marienbad, Karlsbad, Franzensbad, Teplitz, — pour ne citer que les principales sources.

Ainsi donc, tous les phénomènes géologiques susceptibles d'exercer une influence séismogénique se sont là donné rendez-vous, depuis les temps les plus reculés jusqu'à l'aurore de l'époque actuelle :

plissements, failles, affaissements, surrections, éruptions volca* niques, appareil thermal ; rien n'y manque, et il serait difficile de citer à la surface du globe un pays présentant une plus complète synthèse des vicissitudes géologiques. La séismicité générale de TErzgebirge en est la conséquence manifeste.

Tout TËrzgebirge n'est pas uniformément instable. Les tremblements de terre, sans être rares au Nord jusque vers Leipzig et à TEst vers Dresde, cessent presque complètement à l'Ouest vers Hof et le Fichtelgebirge ; ils montrent ainsi une indépendance décidée par rapport à la ligne éruptive tertiaire de la vallée de l'Eger. Le district séismique est à cheval sur la chaîne ; limité au Sud par TEger, il dépasse peu la vallée de l'Elster occidentale à l'Ouest, et celle de la Zwodau à l'Est, tandis que sa frontière septentrionale est plus indécise, la densité de la répartition des épicentres diminuant graduellement vers le Nord, ainsi qu'on l'a déjà fait observer, vers Géra, Glauchau, Ghemnitz, Freiberg et Dresde, Leipzig même.

Gredner et les autres séismologues mentionnés antérieurement croient à l'existence de deux centres prédominants et bien distincts, Asch et Brambach à l'Ouest, Graslitz et Silberbach à l'Est. Mais si l'on tient compte de toutes les observations, leur intervalle de 20 kilomètres se remplit d'autres épicentres importants, Markneukirchen, Fleissen, Schônbach, Frankenhammer, Hartenberg, etc., et d'un grand nombre d'autres moins riches en secousses. L'infiuence séismogénique d'accidents locaux, tels la fracture en zigzag de l'Elster et de la Wurschnitz, qui a été mise en avant, disparait donc et c'est probablement ainsi que Knett a été amené à penser que tous ces séismes préparent un futur effondrement du voussoir en question sur le bord de la vallée de l'Eger, prophétie heureusement bien hypothétique encore, quoique non dénuée de vraisemblance.

Becke et Laube sont portés à attribuer les séismes de Briix et du petit foyer d'Eisenberg aux dislocations locales d'une voûte du gneiss fondamental et à la ligne thermale.

Knett* a fait justice d'une erreur bien enracinée cependant et qui se lit partout, l'action du fameux tremblement de terre de Lisbonne, le 1*' novembre 1855, sur les sources de Karlsbad.

De Meissen à Tetschen, quelques épicentres jalonnent le caiion que l'Elbe s'est creusé dans le quadersandstein crétacé, à la faveur d'un

* Verhalten der Karlsbader Thermen w&hrend des vogtl&ndischwestbdhmischen Erdbebens im Okiober-November 1897 (Id. Vil, 1898). ïd. Zur Kenotniss der Beinflussung der Teplitzer Urquelle durch das Lissaboner Ërdbeben {Sitzungsberichle « Loto» ». Prag, 1899).

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mouvement tertiaire saccadé, comme Tindiquent ses gradins successifs.

On voit ensuite des épîcentres clairsemés se disséminer des deux côtés du Thûringerwald, mais surtout au Nord entre la Saale et la Werra. Cette muraille, de 400 à 500 mètres de haut, est accidentée jusqu'au Meissner d'un système de grandes failles parallèles, de même direction N. W.-S. E., et de Fépoque tertiaire, qui se sont superposées à des accidents hercyniens perpendiculaires, N. E.- S. W., en partie effacés par l'érosion et la dénudation. C'est tout ce qu'on peut actuellement dire de ces séismes, qui semblent surtout ébranler ces dernières dislocations, sans que toutefois les failles tertiaires soient parfaitement en repos. Penck^ a fait observer que les gypses du Zechstein ont occasionné de nombreux éboulements ou affaissements à la bordure du Harz et du Thûringervvald, aussi bien que ceux du Keuper à la surface du plateau thuringien lui-même ; ces phénomènes sont en rapport avec plusieurs petits bassins hydrographiques presque fermés, ceux par exemple défi lacs profonds de Salzungen, Schôn et Grâven dans le vorlatid méridional, ainsi que d'autres au pied du Harz. Il semble bien, pense-tril du moins, qu'il y ait là une cause de séismes sporadiques.

Il faut noter que le Harz, si extraordinairement disloqué, est stable, et que d'autre part les collines subhercyniennes, si fortement plissées, sont de Hameln à Magdebourg, et dans la même direction jusqu'à Berlin dans la grande plaine germano-baltique, jalonnées de quelques épicentres, d'ailleurs pauvres, ce qui fait songer à l'action du plissement lui-même.

Enfin Stassfurth est un épicentre assez souvent ébranlé, dont Hœrnes et von Fritsch ' attribuent les secousses, et en particulier celle du 14 décembre 1881, à des effondrements dans les mines d'anhydrite des environs et de Leopoldshall.

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