Silésie prussienne et autrichienne (Sudètes
Cette région s'étend à l'est de l'Elbe et du bord nord-est du massif principal archéen et primaire de la Bohême au Sud de la ligne Bautzcn-Breslau, et jusqu'à Cracovie. EJle comprend ainsi, autour du noyau primitif du Lausitzergebirge et du Riesengebirge, les terrains crétacés et carbonifériens du Nord-Est de la Bohème, hbuillers de la Silésie et quaternaires de la plaine de l'Oder. Les tremblements de terre silésiens ont été peu étudiés, et en dehors des monographies de séismes qui seront mentionnées, nous ne connaissons qu'une liste générale peu circonstanciée d'un journal local ',
Dans le Nord, on rencontre quelques épicentres sporadiques, pouvantdépendre de la grande dislocation delà Lusace, ou de l'Elbsandsteingebirge, mais cette conclusion n'est rien moins qu'évidente.
* Allgemeiner Bericht und Chronik der im Jahre 1900 im Beobachtungsgebiete eingetretenen Erdebeben (Id. Seue Folge, II, 13, Wien, 1901).
■ Note sur les tremblements de terre en 1861 (Mém. Ac. Bruxelles, 1863, p. 50).
* Hlstorische Beben in Schlesien (Schlesische Zeilung, 10 Jannerl901. Reproduit dans Die Erdbebenwarte, {, 117. L&ibach, 1902).
Quoi qu'il en soit^ cet important accident montre une action décisive sur les séismes du haut Elbe, dont il facilite l'extension vers le N. W., ainsi que Ta montré Credner ' pour celui du 10 janvier 1901. Au confluent de l'Elbe et de la Moldau^ Melnik mérite une mention spéciale pour avoir été, le 8 avril 1898, le théâtre d'un remarquable phénomène acoustico-séismique, étudié par Woldrich', qui le met en relation avec les dislocations du Bohmerwald et del'Erzgebir^e, auquel cas ce point appartiendrait réellement à l'une de ces deux régions.
Le district séismique d'Hirschberg-Trautenau est le plus important. Au Nord, il s'étend de Liegnitz à Breslau, et au Sud, de Munchengrâtz à Glatz, donc à cheval sur le Riesengebirge. Sa partie la plus instable est le haut cours de l'Elbe en amont de Josephstadt et celui de l'Aupa. Liegnitz et Breslau ne sont que des épicentres apparents.
A partir et au N. W. de Glatz s'étend, sur la frontière de la Bohême et de la Silésie, le bassin carboniférien, houilleret permien de Waldenburg. Dans la même direction se rencontre ensuite le massif granitique prolongé en pointe par celui du Lausitzerwald, ou monts de Lusace. Un peu au nord de Josephstadt, on voit un lambeau permien, et tout le flanc S. W. de ce système, jusqu'au delà de Tetschen sur l'Elbe, appartient au Crétacé supérieur.
Les tremblements de terre d'Hirschberg-Trautenau ont été étudiés par divers savants, comme Woldîich', Dathe *, Laube*, Grânzer', Credner, etc., de sorte que les conditions séismico-tectoniques en sont maintenant bien connues. En partant du Nord, on rencontre l'épicentre d'Hirschberg, dont le bassin correspond à un effondrement assez récent. Le Carboniférien de Glatz-Waldenburg, s'il n'est pas plissé, est du moins très disloqué. Sur le versant S. W., l'Elbe correspond à une dépression faisant le pendant de celle d'Hirschberg; et le long des Sudètes plusieurs dislocations importantes prennent la direction N. W.-S. E. Celle de Qualisch-Hronow a été le siège de l'épicentre du tremblement de terre du 10 janvier 1901, tandis que c'est la ligne de l'Aupa qui a joué le 31 janvier 1883. Une
* Das sfichsische Schûltergebiet des sudelischcn Erdbebens vom 10 Januar 1901 {Ber. d. mat. phys. Cl. d. K. Sdchs. Ges. d. Wiss. zu Leipzig, 4 M&rz 1901, 83).
* Bericht ûber die unterirdische Détonation von Melnik in Bôhmen vom 8 April 1898 (Mitth. d. Erdbeben comm. Wien, IX, 1898).
* Das bôhmische Erdbeben vom 10 J&nner 1904 (Milth. Erdbebencommission. Neue Folge, VI, Wien, 1901).
* Das schlesisch-sudelische Erdbeben vom 11 Juni 1895 (Berlin, 1897).
* Das Erdbeben von Trautenau am 31 J&nner 1883 {Jahrbuch. d. K. K. Geol. Reiclisanstalt, XXXIII, 2, 331, 1883, Wien).
* Das BudeLische Erdbeben von 10 J&nner 1901 (Mitth. d, Vereins d, Naturfr.in Reichenberg. Bôhmen, XXXII, 1901).
autre ligne d'affaissement se fait voir sur le flanc N. Ë. et le plus abrupt de la vallée de la Steine qui s'étend de Braunau à Glatz. On trouve donc là tout un système de failles parallèles, amplement suffisant pour justifier l'opinion générale qu'elles jouent un rôle séismogénique bien décidé. Cela est d'autant plus plausible que Tépoque des plus récents mouvements ne descend pas au delà de rOligocène, mouvements qui n'ont pas suffi à masquer entièrement les anciens plis hercyniens. Bref les causes probables d'instabilité ne manquent point.
Dans l'extrême Sud-Est enfin se rencontre un petit foyer séismique, autour de Schwientochlowitz, au sud de Tamowitz. Il correspond à une série de petits bassins houillers non plissés, mais très disloqués, et cela apparaît d'autant plus clairement que Batibor et Possnitz ne sont pas très éloignés de deux autres lambeaux, isolés des précédents et situés à l'est de Troppau. Ainsi se maintient la séismicité des bassins houillers en avant des horsts fixes de l'Europe centrale. On doit peut-être rattacher à ce centre les secousses de Cracovie, en supposant que cette ville ait enregistré à tort pour elle-même quelques-unes de celles qui lui venaient de l'Ouest. Mais on entre là dans le domaine des Garpathes ou des plissements alpins, de sorte que ce rattachement reste douteux.