‹ Les tremblements de terreChapitre 29 sur 112 · CD · texte numérisé non relu

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de renverser de vieux murs, comme des avertissements de Dieu, et par suite à en exagérer les effets. Ces pays constituent en Russie une

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bande remarquable par ses dislocations^ faisant ainsi contraste avec le reste de sa surface ; elle se dirige de la Pologne vers les côtes N. W. de la Caspienne. Les collines de Sandomir et le bassin carboniférien de la Pologne en font partie. Dans le gouvernement de Kiev, on la retrouve dans les plissements des couches près de Kanev. Plus loin, elle est bien reconnaissable dans le bassin du Donetz et dans les monts Bogdo de la steppe d'Astrakhan, dont Suess a fait ressortir l'importance des accidents particuliers. Ces dislocations, sans perdre leur unité de caractère, affectent successivement de TOuest à l'Est le groupe paléozoïque et mésozoïque en Pologne, les couches mésozoïques dans le gouvernement de Kiev, enfin les dépôts triasiques dans celui d'Astrakhan. Il est très remarquable qu*il s'agisse là de la bordure nord de l'extrémité orientale, maintenant disparue, de la grande chaîne hercynienne mise en évidence par Marcel Bertrand. Les séismes dont il est ici question sont donc manifestement en relation avec des plissements, et l'ancienneté de ces dislocations explique en même temps la rareté et la faiblesse des secousses.

Il y a un point encore plus intéressant à signaler. En 189S, Collet ' a fait voir que cette bordure septentrionale, à substratum disloqué, coïncide à peu près avec une ligne polygonale suivant laquelle le général Stebnitzki avait antérieurement constaté un maximum de déficit de gravité, par rapport aux régions contiguës du Sud et du Nord et qu'un relief insignifiant ne suffit pas à justifier. Il y a donc là coïncidence entre une zone d'anomalie de la pesanteur, une région relativement instable, et les racines d'une chaîne rabotée, avec ses dislocations de toute espèce. On aura Toccasion de signaler d'autres exemples de ce genre.

On peut signaler quelques accidents tectoniques particuliers au voisinage de certains des épicentres sporadiques. C'est le cas de ceux de la vallée de la Volga non loin de Samara. Le fleuve décrit en effet une grande boucle autour des collines de Gégouli, où une faille ramène brusquement le Paléozoïque au travers du Jurassique.

Doss* a fait l'histoire des rares et légers tremblements de terre qui ébranlent les provinces baltiques, Esthonie, Livonie et Courlande, où dominent les terrains anciens, surtout le Dévonien. Ces secousses ont toujours un caractère nettement local. Or on ne con-

* Sur les anomalies do la pesanteur & Bordeaux (Ann. Université de Grenoble, VII. i, 1895).

* Uebersicht und Natur der in Ostseeprovinzen vorgekommenen Erdbeben [CorrespondenMatt des Naturforecher Vereins zu Riga. Heft XL, Riga. 1897).

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naît, en fait de dislocations, dans cette grande région, que de faibles plissements, de sorte que ces séismes ne peuvent ôtre rattachés à une origine tectonique ; aussi Doss invoque-t-il uniquement les effets de la dissolution des couches de dolomie et de marne calcaire, interposées dans les strates plus solides; il constate, en effet, l'existence de beaucoup de ruisselets souterrains, jalonnés par de nombreux affaissements bien visibles à la surface du sol. Précisément Klauenstein, sur la Dvina et à une verste trois quarts de Kokenhusen, une des localités le plus souvent ébranlées, au moins d'aprës les séismes relatés, présente effectivement sur un trës petit espace un grand nombre de ces affaissements, lentement produits sous les yeux des habitants. On a même vu un de ces ruisselets se former à une date récente et, en même temps que les affaissements s'accentuaient progressivement, venir enfin sourdre en cascade en un point de la paroi de la falaise qui borde la Dvina. C'est, semble-tr-il, avec raison que Doss voit dans ces faits d'observation la confirmation évidente de son opinion, qu'il étend à toute la surface des trois provinces, où se retrouvent presque partout les mêmes circonstances dans la structure du sous-sol.

Pavlov* a le premier mentionné, en 1896, ce qu'on pourrait appeler un tremblement de terre fossile à Alatyr, dans la province de Simbirsk. Là, les argiles néocomiennes horizontales sont recoupées par un véritable dyke vertical de grès et de sables à grains de glauconie, de 35 centimètres d'épaisseur, et que ses fossiles lui ont fait rapporter à l'Oligocène inférieur. Pavlov pense, avec beaucoup de vraisemblance, que lors de l'invasion par la mer tertiaire du territoire émergé depuis la fin des temps crétacés, un tremblement de terre a fait pénétrer dans une crevasse les sables des dépôts oligocènes en voie de formation. Après quoi Férosion a enlevé tout ce qui n'était pas tombé dans la fente, de sorte que, sans cette chute, on ignorerait complètement que la région ait été envahie par la mer oligocène. Cette observation est très intéressante, et il est probable que des exemples analogues se rencontreront ailleurs. C'est le cas des Sandstone dykes de Californie.

* Observations sur Alatyr (Province de Simbirsk) (Geo/. Magn,^ 4896, 50).

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