‹ Les tremblements de terreChapitre 38 sur 112 · L*A8ie centrale · texte numérisé non relu

L*A8ie centrale

Autant qu'on en peut juger de renseignements encore très incomplets, le plateau central asiatique est de fort ancienne architecture, en dépit de l'énorme relief de certains des traits qui en accidentent la surface. Jusqu'à présent les nombreux explorateurs do l'Asie centrale sont muets sur les secousses du sol, et, comme la plupart d'entre eux nous ont renseigné sur beaucoup de phénomènes naturels, il en résulte que la stabilité de ces vastes territoires n'est pas seulement apparente par pénurie d'informations séismiques, mais bien réelle. Un seul séisme a été jusqu'ici signalé dans le Tibet septentrional. La partie méridionale de ce haut pays appartient, comme on le verra ultérieurement, ainsi que le Yun-Nan, au domaine des mouvements tertiaires. Ainsi donc, ce grand massif faisant suite à ceux delà Chine méridionale, du Tonkin, de l'Annam et du Cambodge est venu s'intercaler entre les chaînes tertiaires du Kouen-Loun et de l'Himalaya. Sa stabilité séismique probable dérive manifestement de cette situation.

Si l'on en croit les annales chinoises, il existerait un foyer d'ébranlement assez important dans le Kan-Sou^ de Sou-Tchéou à Liang- Tchou-Fou et Si-ning, ainsi que sur le Hoang-Ho, de Lan-Tchou- Fou à Ning-Hia. Il s'agit là d'une dépression tectonique comprise entre le Nan-Chan et le Loun-Chan, chaînes où Ton a signalé non seulement la discordance du Garboniférien supérieur, qui aurait, depuis son dépôt, subi des mouvements violents, mais encore le jalonnement des dislocations par des lambeaux de ce même Garboniférien supérieur et de la houille. Onest ainsi amené àfaire, dans cette région, des tremblements de terre une conséquence des mouvements qui, en un si grand nombre de pays, ont plissé et disloqué les couches déposées dans les synclinaux de cette époque géologique. D'ailleurs, dans le Nan-Ghan, où un séisme peut indiquer l'existence d'un foyer d'ébranlement, les dépôts dits du Gobi, probablement permiens, et des couches apparemment secondaires, ont subi un plissement. Tout cet ensemble de circonstances suffit à expliquer la pénéséismicité de ces régions, trop mal connues à tous les points de vue pour qu'on en puisse parler plus longuement.

De Launay *• est porté à rattacher aux mouvements alpins la grande chaîne du Kouen-Loun, prolongée par les monts Marco-Polo et Tsing-Ling, où les plis en partie hercyniens, et en partie tertiaires, semblent avoir atteint leur apogée. Il y aurait donc là motifs à instabilité séismique, mais on ignore complètement s'il en est ainsi. Dans ce cas, ces chaînes seraient à reporter au géosynclinal méditerranéen.

* La science géologique (Paris, 1905).

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