‹ Les tremblements de terreChapitre 44 sur 112 · L*Océan Indien · texte numérisé non relu

L*Océan Indien

On s'accorde assez généralement à regarder TOcéan Indien, dans son état actuel, comme résultant de l'effondrement d'un continent méridional dont l'Australie, THindoustan et Madagascar représentent d'importants fragments. Ce continent, sous le nom de Lémurie, joue un rôle considérable dans l'étude de la distribution des formes animales et végétales de l'hémisphère sud, mais le désaccord commence lorsqu'il s'agit de déterminer la date du début de son démembrement : ù répoque jurassique ou à l'époque crétacée ? On n'a pas à prendre ici parti dans cette question, puisque le manque absolu de plissements tertiaires^ et même secondaires, ne permet pas de supposer qu'il puisse y avoir, dans ce domaine, des régions séismiques, terrestres ou sous-marines.

Les tremblements de terre sous-marins sont rares, et ceux des côtes occidentales de Sumatra et de l'Arracan appartiennent au bord du géosynclinal méditerranéen. Dans le golfe du Bengale, on en connaît bieii un fort important, celui du 31 décembre 1881 S qui a eu son épicentre aux environs du point 15* N., 89* E. Gr., c'est-àdire non loin de l'extrémité septentrionale du ^euil prolongeant Sumatra et supportant les Nicobar et les Andaman. Il faut donc le rapporter au géosynclinal. Ceux du large de Ceylan correspondent au voisinage immédiat de l'isobathe de 4 000 mètres, qui coïncide peut-être avec une cassure.

Au nord-ouest deVingorla, sur la côte occidentale de l'Hindoustan, commence une série d'îles et de hauts fonds courant dans une direction méridienne vers le Sud, banc d'Angria, Laquedives, Maldives et Chagos, où dominent les constructions coralliennes et que tout le monde s'accorde à considérer comme un fragment submergé de la Lémurie. On ne sait rien des tremblements de terre qui s'y produisent et la disparition d*une des Maldives, en février 1865, à la suite d'un tremblement de terre, rapportée par K. Fuchs^ ne mérite guère créance. D'ailleurs ce fait, fût-il exact, ne suffirait pas, à lui seul, à infirmer la stabilité de ces îles, que rend bien probable l'absence de séismes sous-marins et de vagues séismiques dans ces parages.

* Doyle (Patrick). Note on an indian earthqnake; Deccmber ZU^, 1881 {Trans. seism i^oc, ofJapan, IV. 78, 1882) ;R. D. Oldham. Noteonthe earthquakeofDecember 31^(1881 {Rep. ofthe geoL Survey of India, XVll. Part 2, 47. i884).

' Les volcans et les tremblements de terre {BiblioUi. se. intem., 4* édition, 142, Paris. 1884).

LE CONTINENT AUSTRALO-INDO-MALGAGHE 151

On ne connaît pas de tremblements de terre pour les Seychelles, îles granitiques supportées par un seuil en forme de croissant, dont une branche rejoint le nord de Madagascar et les Comores, tandis qu'une autre forme la base des volcans insulaires de Maurice et de Bourbon, dont la stabilité séismique ne se dément que rarement, double caractère qu'elles possèdent en commun avec Rodriguez.

Des îles volcaniques de l'extrême Sud, Saint-Paul, Amsterdam et Kerguelen, on ne possède aucune information séismique, malgré le séjour, parfois prolongé, de missions astronomiques.

Çà et là, de rares tremblements de terre sous-marins ont été observés dans l'Océan Indien. Us sont trop disséminés pour qu'on en puisse tirer aucune conclusion tendant à infirmer sa stabilité. Les mouvements à la suite desquels le continent gondwanien a été démantelé sont donc tout à fait éteints, ce qui est un argument en faveur de leur ancienneté.

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