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Madagascar et Gomores

Malgré les observations du P. Colin, on est encore assez peu fixé sur la répartition des tremblements de terre de la grande île malgache. Dans le sud, on en ressent en moyenne, chaque année, un ou deux à Sainte-Marie de Madagascar. Dans le centre on en a signalé à Fianarantsoa, Betafo et Tananarive, c'est-à-dire sur le flanc occidental de l'arête longitudinale. Leurs foyers sont encore assez mal déterminés, et on est en droit de supposer que leur origine se trouve non sur le versant mozambique, mais bien sur l'autre, beaucoup plus raide, et que seule Tabsence de grands centres habités a empêché de les y observer : à l'avenir de nous fixer sur ce qui n'est encore qu'une hypothèse. En tout cas, il semble bien que les séismes de l'Imérina soient peu redoutables, et les quelques dommages éprouvés, le 3 novembre 1897, n'avaient aucune importance à Tananarive. Les PP. Colin et Camboué* les considèrent comme fréquents, mais le dernier observateur ajoute qu^il ne se passe pas d'années sans plusieurs secousses, expressions qui ne correspondent guère à l'idée qu'on se fait d'un pays à tremblements de terre. Aucun séisme n'a jamais été mentionné, jusqu'à présent, sur le long versant occidental, mais si sa stabilité est probable, elle n'est cependant pas certaine en raison du trop peu de temps depuis lequel le pays est exploré et occupé. Au contraire, l'absence de séismes relatés dans la région de Diégo-

* Sur les tremblements de terre à Madagascar (C. R. Ac. Se. Paris, GVUI, 766. 1889).

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Suarez et du massif volcanique d'Ambre, donne plus de poids à l'affirmation de la stabilité de cette dernière partie de Tile. En résumé, il paraît à peu près certain qu'une région pénéséismique de forme allongée occupe, de Sainte-Marie à Tananarive et un peu au delà, la chaîne longitudinale méridienne formant l'ossature de Madagascar et qu'il ne tremble pour ainsi dire pas ailleurs.

Comment cette répartition des tremblements de terre s'accordet-elle avec ce que l'on sait de son histoire géologique ? Le squelette de Madagascar est constitué par une longue crête archéenne, tombant brusquement sur l'Océan Indien par trois gradins étages, et sur le versant occidental par une longue falaise, dont la hauteur varie de 300 à 1 000 mètres. Cette crête est donc comprise entre des failles longitudinales. Les sédiments de l'Ouest, jurassiques, crétacés et tertiaires, non plissés, ont été déposés dans le géosynclinal du détroit de Mozambique, au fond progressivement relevé, et dont l'existence apparaît dès lors comme fort ancienne. S'il n'y a pas de plissements, c'est que cet accident n'a pas été le siège de grands mouvements de compression et de surrection. La stabilité du versant mozambique de Madagascar trouve là son explication toute naturelle. Mais l'arête longitudinale a été découpée par de longues fractures parallèles à son axe, et elles ont facilité le développement de l'appareil thermal et volcanique, ce dernier à peine éteint maintenant. La côte orientale tombe à pic sur l'isobathe de 4 000 mètres, qui la suit de fort près, tandis que le fond du détroit ne descend pas au-dessous de 2 000 mètres, et forme au nord de l'île une large plate-forme supportant le socle archéen des Seychelles. Ainsi donc, il apparaît clairement que la côte orientale représente la fracture qui a séparé Madagascar des terres s'étendant au loin dans l'Est, dans la direction de THindoustan et de l'Australie, événement terminé seulement à une époque assez récente, ainsi qu'en témoigne le peu d'ancienneté des manifestations volcaniques. Ainsi que cela se passe le plus souvent dans des circonstances analogues, il ne devait pas en résulter de région séismique véritable, et la répartition des tremblements de terre le long de l'arête résulte de son morcellement par les failles longitudinales.

L'activité volcanique de la grande Comore, et les quelques chocs que l'on y ressent, dérivent pareillement de la cassure de second ordre, représentée dans le canal de Mozambique par l'isobattie de 2 000 mètres.

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