Arraoan, Birmanie, Tibet méridional et Tun-Nan
Cette région, au moins dans sa partie la mieux connue, Arracan, bassin inférieur de Tlraouaddy et versant droit de la vallée du Sittaung, appartient presque entièrement aux formations tertiaires, tandis que TArchéen apparaît au delà de ce dernier fleuve et autour de Mandalay. Les plis de cette époque sont très étendus et couvrent la plus grande partie des monts Patkoï, dont les plus anciennes roches sont crétacées. L'énergie du plissement se manifeste en outre par des dislocations proportionnées, et l'une d'elles, à la lisière de la haute vallée de l'Iraouaddy, montre une longue traînée de serpentine. Cette structure s'étend au Tibet méridional et au Yun-Nan. Aussi les tremblements de terre sont-ils fréquents et redoutables dans tous ces pays. Malheureusement, les informations séismiques sont encore bien insuffisantes dans le détail, et il n'a jamais été fait d'observations systématiques.
Manipur est certainement un important foyer d'ébranlement ; mais les détails manquent. Les chaînes plissées de Patkoï sont suivies des Lushaï Hills, dont on ne connaît qu'un séisme à Fort- Aijal, renseignement insuffisant pour établir une instabilité, probable cependant par suite du plissement. Toute la vallée de Tlraouaddy est de haute séismicité ; à Bhamo les habitants considèrent les secousses du sol comme un phénomène normal, et les villes d^Ava et d'Amarapoura ont été plusieurs fois dévastées. De Bhamo à Ava, le fleuve coule dans une vallée de plissement et l'on y a peut-être affaire à des séismes de ce genre d'action, tandis que plus au Sud jusqu*à Rangoon, il faut tenir compte d'autres phénomènes : une faille des formations tertiaires suit le flanc oriental de l'Arracan Yoma, et se manifeste par de nombreuses sources salines et les importants gisements pétrolifères de Yenangyaung ; les plissements du côté du
Sittaung, beaucoup plus énergiques que ceux de rArracan Yoma ; enGn la ligne volcanique de moindre résistance , et d'époque miocène, jalonnée par les volcans éteints de Popa-Doung, au S. E.
de Pagan et du Ghouk-Talon dans la vallée du Basseïn, la branche occidentale du bas Iraouaddy.
Cette dernière ligne se prolonge évidemment par Narcondam et Barren Island, c'est-à-dire par le seuil immergé de jonction avec Sumatra, tandis que la grande vallée birmane se continue par les profondeurs du golfe de Martaban.
On voit souvent les mouvements tertiaires succéder à d'autres plus anciens, de sorte que les tremblements de terre actuels ne font probablement que continuer aux mêmes lieux ceux des époques antérieures. Tel doit être le cas de la Birmanie, où la discordance du Westphalien sur les terrains plus anciens montre que les plis tertiaires se sont superposés aux plis hercyniens au sein du même géosynclinal.
La chaîne plissée de l'Arracan court le long de la côte du golfe du Bengale et atteint le cap Negrais, avec une dépression à hauteur de Sandoway. L'instabilité semble restreinte à sa partie Nord, autour de la Montagne Bleue, ou Kausa-Tong, et surtout aux environs de Chittagong, ou Islamabad. Une fois de plus le
lanipoùr