Malacca et îles Andaman et Nicobar
L'isthme de Kra est archéen, tandis que le Sud de la presqu'île de Malacca est constitué par des granités, des schistes arcbéens et des terrains primaires. Les chaînes anciennes et parallèles, embrassant l'île de Poeloe-Pinang, déterminent l'élargissement de la péninsule. On ne doit donc pas s'attendre à une grande instabilité, et c'est bien ce qui semble résulter de pauvres observations faites de temps à autre à Malacca, Singapore et Poeloe-Pinang. On peut se demander si cette longue bande de terres fait vraiment partie du géosynclinal secondaire, quoique Haug ïy ait englobée. En tout cas, les mouvements tertiaires paraissent avoir respecté la longue péninsule.
Les îles Nicobar, Andaman, Cocos et Préparis forment un arc réunissant TArracan à Sumatra ; elles reposent sur un étroit et long seuil, qui nulle part ne descend à plus de 200 mëtres au-dessous du plan d'eau, et qui est bordé de chaque côté par des profondeurs de 2 000 mètres et plus dans les golfes de Martaban et du Bengale. La ligne volcanique du bas Iraouaddy l'accompagne par les évents éruptifs de Narcondam et de Barren Island. Ces caractères ne font pas prévoir une grande séismicité, puisque les actions récentes se restreignent à l'affaissement de TOcéan Indien, sans plissements ni surrections importantes. Et en effet, s'il ne s'y est pas fait d'observations suivies, on sait cependant qu'en 1847 un grand tremblement de terre, avec de nombreux chocs consécutifs, s'est fait sentir dans les Nicobar et avait son origine non loin de l'îlot de Kendoel ; mais rien de semblable ne s'est reproduit depuis. Ce dernier archipel passait pour instable depuis que Suess avait rapporté une informa-
tion de W. Porter, d'après laquelle les indigènes de ces îles adoraient deux seules divinités, Ëranchangala et Juruwinda, présidant respectivement aux tremblements de terre et aux typhons ; mais R. D. Oldham a bien voulu nous écrire que cette affirmation était erronée. Ainsi tombe l'argument en faveur de l'instabilité. Les Nicobar appartiennent à une zone d'affaissement et les Andaman à une zone d'exhaussement ; ces deux mouvements de sens contraires équivalent à un basculement du socle, et jouent peut-être un rôle séismogénique limité aux quelques secousses observées.