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Arménie, Asie Mineure et Chypre

L'Asie Mineure est un des pays du monde dont les catastrophes séismiques ont eu le plus de retentissement dans l'histoire, et grâce aux auteurs de l'antiquité les relations dont nous disposons s'échelonnent sur près de trente-six siècles. Il serait donc inutile d'entrer dans beaucoup de détails sur des tremblements de terre dont les récits se rencontrent chez tant d'historiens. Ils ont d'ailleurs été réunis dans les catalogues déjà mentionnés d'Al. Perrey et de Julius Schmidt (ch. ix) ; l'un et l'autre ont aussi publié les nombreuses observations faites parleurs correspondants de 1830 à 1812 et de 1858 à 1878 respectivement, de sorte qu'en y ajoutant le bulletin nlétéorologique et sismique publié del 895 à 1897 par l'Observatoire impérial de Gonstantinople, on a sur la séismicité de ces pays des renseignements très nombreux, et généralement suffisants pour en déterminer l'exacte répartition. Ce qui manque le plus ici, c'est l'étude des isoséistes, permettant le choix des accidents tectoniques responsables des principaux tremblements de terre.

Il a paru assez naturel de se limiter au Nord à la vallée de TAraxe ^t à une ligne de crêtes passant au sud de Kars et à l'est d'Ërzéroum pour rejoindre le Pont-Euxin un peu à Test de Trébizonde. Au Sud, •on a pris la ligne du pied des hauteurs qui dominent la Mésopotamie jusqu'au Kourdistan, et qui commencent au golfe d'Alexandi'ette. La limite occidentale est beaucoup moins facile à faire concorder entre la géologie et la géographie. Le Bosphore de Thrace a ses deux

* Matériaux sur le tremblement de terre d'Akhalkalaki du 9 dOcciubrc 1899 (Mémoires du comité géologique, Nouv. sér. n* 1, 1903; en russe).

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bords constilués des mêmes couches dévoniennes qui se correspond dent de rive à rive, mais ce terrain dépasse peu ses environs immédiats en Europe. Le golfe de Saros est extrêmement profond et se trouve dans l'axe d'une fosse linéaire descendant à plus de i 000 mètres entre Samothrace et Thasos au Nord, Imbros et Lemnos au Sud. 11 y a donc là l'indice d'une séparation naturelle, faisant de la mer de Marmara tout entière une dépendance de l'Anatolie, et constituant la limite avec les granités de la forêt de Belgrade et les terrains tertiaires inférieurs peu dérangés de la Tbrace. C'est celle qui sera adoptée ici, d'autant mieux que les tremblements de terre s'affaiblissent assez sensiblement à l'Ouest de la Propontide.

Dans son état actuel, l'Asie Mineure résulte de mouvements extrêmement complexes de la Gn des temps tertiaires, et sur lesquels les géologues ne sont pas encore complètement d'accord, ni dans le détail, ni même quant à leur exacte succession. Mais ces mouvements ont présenté une telle ampleur verticale et horizontale, que l'on ne doit pas s'étonner de voir que la presqu'île n'a pu reprendre son équilibre, si violemment et si récemment troublé. Aussi, quoique les causes générales d'instabilité séismique surabondent, il serait le plus souvent téméraire d'assigner un rôle séismogénique à tel ou tel accident plutôt qu'à tel ou tel autre voisin. La constitution, si manifestement érupUve des roches de beaucoup de districts, a fait considérer par maints observateurs les tremblements de terre de ces régions comme dus à un reste d'activité volcanique, explication qui ne saurait être générale et applicable à bien des localités éloignées des anciens éyents, ignorât-on l'indépendance habituelle des deux ordres de pliénomènes. Il suffit ici d'en citer l'exemple le plus probant, celui du golfe d'Adalia parfaitement stable, et dont cependant le rivage rectiligne au pied du puissant volcan Takhtaly (2 380 m.), ou mont des Chimères, atteste une cassure, correspondant au développement d'une activité éruptive maintenant éteinte, même au point de vue séismique, aussi bien que ces mouvements tectoniques eux-mêmes pourtant récents.

Les principales vicissitudes tertiaires et quaternaires de l'Asie Mineure consistent dans le recul de la Méditerranée, qui a occupé longtemps de grandes parties de sa surface, comme le démontrent les dépôts d'origine marine rencontrés jusque dans le haut bassin de l'Euphrate, et dans sa séparation définitive de l'Europe à la suite de l'effondrement du continent égéen. Au point de vue géographique, sa caractéristique est le nœud si compliqué de l'Arménie, où se rencontrent les Alpes Pontiques, le Taurus et les chaînes plissées de la

Perse et du Mazendéran. Il faut y ajouter les bassins fermés, ou à peu près, de Tintérieuret ses côtes, souvent découpées par des cassures. Enfin la Propontide^ ancienne dépendance du Pont>Euxin, a été ouverte i Tépoque pléistocëne, en même temps que la mer Egée prenait la place d'une vaste terre capable de nourrir la nombreuse et fameuse faune de Pikermi, k laquelle de grands espaces étaient nécessaires. L'activité éruptive a joué aussi un rôle considérable dans la formation de la massive presqu'île, dont le substratum archéen se montre snr de larges surfaces et a, par sa résiatance aux poussées orogéniques de la fin des temps tertiaires, donné çà et là naissance à des plissements qui sont loin cependant de constituer le phénomène essentiel de son modelé.

L'extrême instabilité de la vallée de l'Oronte a déjà été mentionnée à propos des tremblements de terre de la Syrie. Mais elle ne s'en tient pas là, elle remonte vers le Nord jusqu'à Malatiaet Maden, accompagnant ainsi les accidents qui ont donné lieu à la dépression syrienne depuis la mer Rouge, et qui semblent Tenir mourir en pleine Arménie, tout en se compliquant singulièrement à la rencontre de l'Anti-Taurus. Malatia a subi, en 1893, un tremblement de terre désastreux. En se prolongeant vers le Nord, les séismes d*Ajitioche ne perdent donc rien de leur violence*

La dépression d'Adana paraît asses peu gravement ébranlée vers la mer (golfe d'Alexandrette) ; mais la haute vallée du Djihoun (Pyramus), entre le Taurus etl'Anti-Taurus, a été à plusieurs reprises le théâtre de violents séismes qui ont détruit Anazarbe. Il est tout à fait impossible de décider actuellement s'il s'agit là d'une région séismique autonome, ou si ces tremblements de terre de l'antiquité romaine venaient de Syrie, car on ne possède aucune indication, même vague, sur la fréquence habituelle, ou normale, des secousses dans le district d'Adana.

Les côtes méridionales de l'Asie Mineure, ou le versant méridional maritime du Taurus, sont très stables, quoi qu'on en ait dit, tout au inoiiis celles de la Cilieie, et il faut arriver à la Lycie pour entrer dans le domaine éprouvé par les tremblements de terre. Ils commencent à Maïs, tout en restant peu redoutables jusqu'à Rhodes ; c'est seulement alors qu'ils deviennent vraiment dévastateurs. Bntre Rhodes et la côte de Lycie les récentes explorations autrichiennes ^ ont fait découvrir un creux de 3 500 mètres, dont les

* liukech. Verôffentlichongen der CommisBion far ËrroracàiiEiig des MUcImii Mittalmeeres. Vorl&ufigerBericht ûber die physikalisch-oceanographischen Arbeiten im Sommer 1893 (Silz. ber. d. K. Ak. d, Win. in Wien, Sit2. vom 12 Okt. 1893).

Pig. 34. — Asie Mineure occidcnUlc.

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bords les plus raides sont tournés vers Tile de Rhodes et le littoral anatolien. Rien ne s'oppose à ce qu'on lui fasse jouer un rôle séismologique au moins indirect, et Ton ne saurait trouver une objection sérieuse dans ce fait que deux autres creux se rencontrent l'un au centre du golfe d'Adalia, l'autre au sud de Chypre, sans qu'il en résulte d'instabilité au voisinage, parce que ces derniers, de 1 000 mëtres moins profonds et à talus beaucoup plus doux, ne peuvent correspondre à d'aussi considérables dislocations.

Les tremblements de terre de Smyrne et de toute la vallée du Méandre, ceux de Laodicée et de Cybyre, au delà du talus montagneux, dans l'antiquité, enfin ceux modernes de Boldor et d'Isbarta, sont de véritables événements historiques connus de tous. Le fait qu'on se trouve là au bord de l'elTondrement égéen permet d'en rendre responsable les mouvements orogéniques correspondants, et d'expliquer, d'une façon générale, la grande séismicité qui règne sur lu côte anatolienne de la mer Egée, de Rhodes à Pergame etMétélin. Mais, du Sud au Nord, l'instabilité n'atteint pas de prime abord son maximum ; c'est ainsi que Rhodes, malgré le voisinage des manifestations volcaniques modernes de Nisyros,est comparativement moins exposée que Samos et Chio, et cette immunité, d'ailleurs toute relative, s'étend à la côte correspondante de Lycie. Rhodes fait partie d'un arc dinai'ique crétacé venant de la Crète par Kasos, et dont les coucnes, très bouleversées sur la côte orientale de la première île, qui, justement, est sa partie la plus secouée, sont brusquement séparées de la Lycie par un détroit, représentant une cassure transversale récente, dont la profondeur est de 3 800 mètres à 38 kilomètres du littoral.

La vallée du Méandre tout entière, même sa partie supérieure où elle entame le plateau anatolien, Samos et Chio forment une des régions du globe les plus exposées aux tremblements de terre. La géologie en est très complexe, et tous les genres d'accidents, récents 6u non, s'y rencontrent — chaînes gneissiques démantelées, plissements, failles ayant déterminé le Graben de la vallée, éjections éruptives attestant des cassures, etc. — Les documents font reconnaître comme importants foyers d'instabilité à peu près toutes les villes anciennes ou modernes, mais sans qu'on puisse affirmer que ce sont les véritables épicentres ; ces derniers n'en peuvent cependant être bien éloignés. Il serait donc tout à fait illusoire d'attribuer chacun 4'eux à l'accident géologique le plus voisin, tant que la détermination des isoséistes et des aires épicentrales d'un certain nombre de chocs au moins sévères, ne sera pas venue confirmer la mobilité de l'un ou de rautre« Il sera toutefois permis de suggérer

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que la présence du Garboniférien supérieur semble indiquer l'existence d'un ancien géosynclinal primaire en avant du massif gneissique de la Carie, de sorte qu'il y aurait là superposition d'une région séismique due aux mouvements de la (in du Tertiaire à une région disloquée de la fin du Primaire. En un mot, les dernières poussées orogéniques auraient rejeuni, ou restauré, l'instabilité d'une région qui aurait acquis sans cela un repos au moins pénéséismique. D'autres exemples analogues confirment ailleurs cette opinion, malgré ce qu'elle peut présenter de risqué. Les traditions, sinon les chroniques de l'antiquité la plus reculée montrent que, depuis trente-six siècles au moins, les tremblements de terre agitent Smyme et le Sipyle. C'est un bel exemple de la pérennité des conditions séismiques, et tout en faveur de l'opinion que les régions stables et instables ne se modifient guère à la surface du globe, en comparaison du peu de temps écoulé depuis que l'homme l'occupe. Wiebel, cité par Suess (II, 722), pense que la présence d'anciennes constructions au-dessous du niveau de la mer, dans la baie de Samos, peut s'expliquer par un affaissement de la côte sous l'influence d'une violente secousse séismique. Cette supposition s'accorde bien avec une obser\'ation de l'ingénieur Redeuil, recueillie par Carpentin \ à savoir que, lors du grand tremblement de Smyme, du 27 juillet 1880, le sol s'est affaissé de plus d'un pied, estimation faite du niveau auquel la mer arrivait à l'Ëchelle des Francs après cette catastrophe ; la voie ferrée s'était aussi affaissée de 0,60 m. par glissement, d'après Redeuil. Schaffer' ne doute pas non plus du caractère nettement tectonique des secousses de la vallée du Méandre.

Mételin ^ et Pergame ne sont pas moins exposés que les territoires précédents aux tremblements de terre désastreux, et l'instabilité s'étend au Nord jusqu'à Balikesri.

Au contraire, les tremblements de terre font trêve en Troade. Le détroit des Dardanelles lui-même est assez stable, et si quelques dommagesontété mentionnés tout autour jusqu'à Gallipoli, on doit en accuser le contre-coup de séismes extérieurs. Lemnos et Imbros partagent cette sécurité relative; cependant, cette dernière île a été en 1867 troublée par de nombreuses secousses, qui firent plus de peur que de mal, et dont les conséquences furent d'ailleurs grandement aggravées

* Notice sur les tremblements de terre de Smyrne (Ann. Phya. et Chim. 5* série, XXI, 1880).

' Das M&anderthalbeben vom 20 September 1899 {Mitth. geogr. Ges. in Wten, XLUI, 2âi, 1900).

' Fouqué. Rapport sur les ti*emblemeiits de terre de Céphalonie et de Métélin en 1867 {Arch. des mission» se. et lilt., 2* série IV, 445, Paris, 1868).

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par les déplorables conditions des habitations de pauvres paysans et pêcheurs. Ces chocs doivent être attribués sans doute, comme ceux de Gallipoli, au voisinage immédiat de la longue fosse maritime profonde qui sépare ces deux îles de Thasos et de Samotlu*ace, et forme la véritable frontière entre l'Europe et l'Asie jusqu'au fond du golfe. C'est vraisemblablement une des cassures dues à l'effondrement égéen, et qu'une ride prolonge jusqu'au delà de Rodosto. Ainsi Lemnos, Imbros, Gallipoli et Rodosto formeraient un axe séismique de second ordre, tandis que les Dardanelles n'auraient aucune signification malgré leurs apparences de longue et étroite fracture ; c'est qu'en effet, ce n'est pas un accident tectonique véritable, mais seulement une voie d'accës que la mer égéenne s'est ouverte vers la mer de Marmara, ancienne dépendance du Pont-Euxin.

L'instabilité reprend bientôt ses droits dans la partie opposée de la Propontide. Assurément, Constantinople a beaucoup souffert des tremblements de terre dans le cours des siècles passés, et celui de 1894 a été le dernier qui Tait éprouvée. Mais c'est une ville depuis trop longtemps importante pour n'avoir pas accaparé les secousses du voisinage ; c'est donc un foyer apparent, dont il faut restituer le rôle séismogénique aux golfes tectoniques d'Ismid et de Guemlik, la môme observation s'étendant évidemment à Brousse, tout aussi gravement exposée. L'histoire géologique de la mer de Marmara est encore assez confuse. On sait toutefois que c'est une cavité d'effondrement, faisant partie des nombreuses dépressions qui jalonnent le versant septentrional des Alpes depuis la mer Noire jusqu'au golfe de Gascogne, par la plaine du Danube, la vallée du Rhône et le bassin de la Garonne*. La grande profondeur de la Propontide (plus de 1 400 mètres) accentue ce caractère, et les golfes linéaires mentionnés plus haut représentent des accidents dont l'influence sur la production des ti'emblements de terre est corroborée par la distribution appai'ente des épicentres jusqu'à Héraclée. On peut donc mettre ces séismes en relation avec ces accidents, comme Ta fait Dilck ^ pour ceux de Constantinople, en objectant au travail de ce séismologue qu'ils ne sont pas évidemment d'origine volcanique, ni un écho des manifestations éruptives récentes des îles des Princes, et des rives du Bosphore, sillon ouvert dans le Dévonien,bien plus pai* simple érosion qu'à la suite d'actions violentes. Vers l'Est, la séismicité ne dépasse guère Boly et Héraclée (Bender-Eregli). La présence d'une bande

• H. Douville (C. R. Ac. Se. Paris. GXXII. p. 678).

* Die Erdbeben von Konstantinopel (Die Erdbebenwarte , lll, 121 et 177. Laibach, 1904).

GEOGRAPHIE SÉISMOLOGIQUE

houillère aux environs de cette dernière ville fait de suite songer à une survivance de Tinstabilité d'un synclinal carboniférien, dont les secousses en voie d'extinction auraient retrouvé un renouveau d'énergie h la suite des mouvements tertiaires.

Les Alpes Pontiques, assez tourmentées, paraissent cependant avoir un peu moins à redouter que ces régions de TOuest. En tout cas, les tremblements de terre de Kastamouni, de Kiankary et d'Angora n'ont pas laissé d'aussi cuisants souvenirs que ceux de Smyrne ou de Constantinople.

Le plateau déprimé du centre de TAnatolie est, d'une façon certaine, bien plus à l'abri des secousses, si toutefois on en excepte le haut Méandre, dont il a déjà été parlé : Jozgad et Kaisarieh ont eu, à plusieurs reprises, à essuyer des dommages d'importance.

Le nœud montagneux de l'Arménie, avec les hautes vallées de l'Euphrate et du Tigre, est d'une grande instabilité. De fait, se reliant sans discontinuité avec les districts séismiques de TOronte, de l'Azerbéïdjan et de l'Araxe, sa séismicité relève directement aussi des grands mouvements alpins qui ont plissé et brisé ses couches, et facilité en même temps le développement exagéré des phénomènes éruptifs auxquels le pays doit une partie de son relief, par suite de la résistance aux actions destructives de l'atmosphère et des eaux de certains de leurs produits, qui ont protégé les couches sous-jacentes d'une totale disparition. Yan, Bitlis, et surtout Erzinghan, Erzéroum et Diarbékir, ont eu autant que villes du monde à souffrir des tremblements de terre. Pour expliquer leurs catastrophes, il sufflt de rappeler l'amplitude des mouvements qui ont porté le Tertiaire à de grandes altitudes en plissant le substratum, sans qu'il soit besoin d'aller aussi loin que Suess, lorsqu'il se demande si ce pays n'est pas menacé d'un futur effondrement métUterranéen.

A s^en tenir aux informations des anciens auteurs, Chypre serait assez sujette aux secousses du sol, et elle aurait été souvent et gravement éprouvée. Mais les observations négatives faites pendant les longues années qu'elle a fait partie du domaine latin, et depuis l'occupation anglaise, semblent démentir catégoriquement cette instabilité supposée. Les dommages que ses villes ont parfois subis doivent donc être attribués sans doute aux grands séismes de la Syrie, ou même de la côte occidentale d'Anatolie. Le 29 juin 1896, quelques dégâts ont été produits à Limassol par un tremblement de terre, qui a eu d'assez nombreux chocs consécutifs. Agamemnone ^ en

* Le tremblement do terre dans l*!le de Chypre du 29 juin 1896 (Deiirâge zur Geophysik. VI. 1, 108. Leipzig, 1903. BolL soc. sism. Uni. Vill, 249, 1902-1903).

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place répicentreen mer, au large dans le S, W., c'est-à-dire dans les profondeurs de la Méditerranée orientale, là où elle paraît avoir subi de grandes modifications à la fin de Tépoque tertiaire. Il est à noter, en outre, que le flysch existe à Chypre, d'où une certaine analogie possible avec les secousses qui caractérisent dans l'Europe centrale la longue bande instable, de môme nature, située en avant des plissements alpins : c'est la trace d'un ancien synclinal rétréci, comblé, soulevé et plissé, mouvements dont les conséquences postliumes se retrouvent peut-être encore sous cette forme modérée dans cette île, du côté opposé de la grande ride alpine.

Des Dardanelles à Makri, les côtes de TAsie Mineure sont sujettes à des vagues séismiques, à l'exclusion du versant méridional du Taurus et du littoral du Pont-Euxin. Mais il est actuellement impossible de dire si ces vagues sont seulement la conséquence directe des grands tremblements de terre anatoliens à épicentres terrestres, ou si elles résultent de secousses d'origine sous-marine, situées quelque part dans la mer Egée, et qui manifesteraient ainsi un reste de mobilité des lèvres des fractures de l'Egéide, effondrée à l'époque pléistocëne. Il semble très probable que les deux cas se présentent ici, tantôt l'un, tantôt l'autre.

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