Grimée et mer Noire occidentale
La côte sud-orientale de la Grimée est, à l'exclusion du reste de la presqu'île, le siège de secousses qui ne sont ni très fréquentes^ ni bien sévères, et qu'il est souvent difficile de séparer de celles de la côte roumaine et bessarabienne, entre les bouches du Danube et Odessa.
On s'accorde généralement à considérer la presqu'île de Crimée comme une dépendance des Balkans : ainsi se continuerait la zone de fractures, le long et au Sud de laquelle cette chaîne, d'après von Hochstetter*, se serait affaissée à l'époque miocène, de Pirot au cap Éminé. Cet effondrement paraît représenté dans la mer Noire par les profondeurs qui, au Sud de la ligne des caps Éminé et Sarytch, tombent assez rapidement de moins de 100 mètres à 1 000 et 1 800. Cette ligne sous-marine est elle-même le prolongement de la côte accidentée du Sud-Est de la presqu'île, tandis que ce littoral saillant descend au contraire en pente douce sur l'autre versant de la Crimée ; c'est donc une sorte de horst, compris entre deux zones d'effondrement. Les tremblements de terre dont il s'agit semblent devoir être une conséquence de cette situation. La même côte est découpée en lobes à grands rayons de courbure, disposition qu'on a eu souvent l'occasion de signaler comme favorable au développement delà séismicité. Cette observation est applicable ici à une structure qui n'est pas due, ainsi qu'on pourrait le supposer, à des fosses circulaires d'effondrement, mais seulement, d'après Daniloff', à de gigantesques éboulements dont les produits forment les principaux caps. Quant
* Die geologischcn VerhSlltnisse dos ôsllichen Theiles der europ&ischen Tûrkei {Jahrb, il. K, K, Geol. ReichsanslaU, XX, 1870, 365; XXU, 1872, 331, Wien).
' Sur la géographie physique de la Taïla occidentale (Crimée). (C. R. Ac. Se, Paris, GXXXV, 355. 1902).
aux secousses d'Odessa et de la côte roumaine^ elles ne font souvent que mordre la côte, ce qui tend bien à leur faire assigner une origine sous-marine. Or, quel autre accident pourrait leur donner naissance, sinon le raide talus plus haut mentionné, qui, de Bourgas à Eupatoria, sépare, d'après YenukolT^, une grande surface plate de 180 mètres de profondeur maximum des grands fonds de 2250 mètres qui se rencontrent sur la ligne Théodosia-Sinope?