‹ Les tremblements de terreChapitre 71 sur 112 · Provinces intérieures. Hongrie et Croatie · texte numérisé non relu

Provinces intérieures. Hongrie et Croatie

Les tremblements de terre delà Hongrie commencent à être connus d'une manière assez satisfaisante, grâce aux catalogues annuels de Schafarzik^ publiés par la Société géologique de Buda-Pest, et de Réthly ' publiés par l'Institut météorologique de la même ville. Ceux de la Croatie le sont encore mieux par le relevé général de Miso Kispatic ^ et ses listes annuelles \

On va maintenant aborder l'intérieur de Tare carpathique par la Transylvanie, ancien massif disloqué et démembré, que l'effondrement hongrois a séparé d'un autre tronçon situé au nord du grand coude danubien de Gran. Au Sud, les sédiments secondaires et tertiaires ont été à plusieurs reprises plissés, entre le Crétacé et le Tertiaire, puis le plus énergiquement à la fin de l'Oligocène, et enfin à la fin du Néogène, de sorte que lasurrection des Alpes de Transylvanie s'est opérée en trois phases successives, marquées d'épanchements éruptifs et d'un intense lîlonnement. Les tremblements de terre ne sont pas très fréquents, et l'on en connaît fort peu de sévères, qui ne sont même pas bien sûrement autochtones. Cronstadt et Hermannstadt sont, comme il fallait s'y attendre, les principaux épicentres apparents, dont on ne saurait se prévaloir pour attribuer

* Ueber die T&tigkeit des Erdbeben-Gommission der ungarischen geologischen Gesellschaft waLhrend des ersten Jahres ihres Bestandes. Statistik der Erdbeben in dem JaHre 1882 {Pôldiani Kôzlôny, Zeilschr. d. ung geol. Ges, XllI, 252, 1883).

1883 {Id, XIV, 151,1884).

1884 (Id. XV, 202. 1885).

Az 1885, es 1836 évi magyarorzagi fOldrengekrOl (Fôldtani XIX. Kôtelébôl, 1888). Bericht ûber die ungarischen Erdbeben in den Jahren 1887 and 1888 [Id. XXII).

' Erdbebenbeobachtungen im Kônîgreiche Ungam im Jahre 1903 (Jahrb. d. K. ung. Reichsamtalt f. Met. und Erdmagn., XXXI, 1901, IV Th., Bnda-Pesth, 1904).

* Potresiu. Hrvatskoj. Kronlca potresà, 361, 1845 (iz CVll Knjige Rada jugoshvenske ak. znanosti iumjelnosli u Zagrebu, 1891, 3).

Id. 1846-1882; Id. 1892.

* Id. Bericht ûber die kroatisch-slavonisch-dalmatischen, sowie fiber die bosnischherzegovinischen Erdbeben in den Jahren 1884-1885 und 1886 (Fùldtani Kôzlôny, XIX. 82,1889).

Id. 1887, und 1888 (Id. XXII, 1, 1890).

Id, Sesto i scdmo izviesce potremoga odbora za godinu 1888-1889 (iz CIV Knjige Rada jugaslavenake ak. znanosH i umjetnotti. u Zagrebu, 1891 et années suivantes).

Db Mostsmcs. — TremblemeaU de Une. 16

GÉOGRAPHIE SÉISMOLOGIQUE

GARPATHES ET DEPENDANCES 248

leurs secousses à tel ou tel accident de la région montagneuse. En résumé, les dislocations tertiaires semblent là bien près de l'extinction, de sorte que les Carpathes et les Pyrénées, au moins en ce qui concerne leur commune pénéséismicité, se font mutuellement pendant de chaque côté de la chaîne des Alpes.

Si Ton remonte le long de Tare intérieur, on rencontre un foyer secondaire d'ébranlement, assez limité, semble-t-il, dans le Gomitat de Marmaros, où Szigeth a donné lieu à un nombre notable d'observations, sans qu'aucun séisme important y ait jamais été signalé jusqu'à présent. Le 26 mai 1885, un tremblement de terre a bien causé quelques dommages dans le Szolnok (Transylvanie septentrionale), mais on ignore si ce centre est une dépendance du précédent. Quelques secousses ébranlent Tokay et Eperies. où se trouvent de nombreuses cassures qui pénètrent dans Tintérieur de la chaîne et ont facilité la sortie des matières éruptives.

La Tatra et ses dépendances ont été le théâtre du grand séisme du 15 janvier 1858 à Sillein (Zsolna), que de très nombreux chocs consécutifs ont accompagné. Jeitteles * en a fait une étude approfondie, mais les considérations géologiques qu'il y développe renseignent bien plus relativement à l'influence de la constitution des régions ébranlées sur la propagation que sur la genèse du phénomène. Schemnitz est un autre foyer secondaire et local. La Tatra ne manque pas de dislocations à rôle séismogénique possible, mais le choix à faire entre elles est encore impossible sans hypothèses. Knett* pense que Teplitz dans le Trencsin n'a jamais été l'origine d'ébranlements séismiques, et il part de là pour montrer que si les tremblements de terre et les sources thermales résultent de dislocations, du moins leur dépendance n'est pas nécessaire.

Schafarzik^ met les secousses ressenties à Miskolcz et environs, les 27, 28 et 29 mars 1883, en relation avec une ligne de dislocation, dirigée N. W.-S. E., qui sépare les couches carbonifères et jurassiques du Biickgebirge, situé à TOuest de cette localité, des formations tertiaires récentes, sables, grès et trachytes, de la vallée de la Szvinva et des hauteurs entourant cette ville.

L'Oedenburg et le Wieselburg sont parfois le siège de secousses, et cette région secondaire d'ébranlement semble se prolonger, au

* Bericht ûber dos Erdbeben am 15 J&nner 18o8 in den Karpathen und Sudeten {Sitzungsber d. K. Ak. d. Wiss. Mat, naL Cl. XXXV, n* d2. 511, Wion, 1859).

' Die geologisch-balneoUschen VerhâlLnissc von Trencsin (Jahrb, i90i, 190i des Trencsiner Nalurwiss, Vereines, XXXUl-XXXIV, Teplitz, 1902).

* StatisUk der Erdbeben in Ungarn im Jahre 1883 (Fôldtani Kôzlûny. XIV, 1884.151).

244 GÉOGRAPHIE SÉISMOLOGIQUE

Nord, par delà le Danube, vers Tymau et la vallée de la Waag, En avril 1888, la vallée de la Yulka, affluent occidental du lac de Neusiedly fut sérieusement agitée pendant plusieurs jours et Schafarzik» dans sa liste de 1887-1888 (p. 16), fait intervenir dans la production du phénomène les failles qui ont disloqué les roches cristallines» Celles-ci ne se montrent plus là que sous forme d'îlots démembrés, dominant la cuvette lacustre, et qui sont eux-mêmes le résultat de la poussée orogénique alpine dans la direction de son raccordement avec les Carpathes. La situation du lac de Neusiedl en avant de l'efTondrement viennois fait penser à de Lapparent que des accidents tectoniques ne peuvent avoir été étrangers à la formation du lac. Des lors, les séismes en question doivent en dépendre, opinion qui ne diffëre pas au fond de celle de Schafarzik.

Le Bakony-Wald, qui forme pour ainsi dire la bissectrice de l'angle du Danube, est une assez importante région séismique. A son pied, le Balaton, dernier vestige peut-être du grand lac tertiaire hongrois, lui est parallèle, ce qui suffit, avec les épanchements volcaniques des alentours, pour supposer que ce lac a aussi une origine tectonique. Le massif est coupé de failles transversales, et elles semblent avoir, lors du tremblement de terre du 16 février 1901, étudié par Schafarzik*, joué un rôle non dans sa production, car Taxe pléistoséiste est parallèle à celui du Bakony-Wald, mais seulement dans sa propagation, l'isoséiste extrême ayant été au contraire de direction perpendiculaire, c'est-à-dire orientée suivant ces dislocations. C'est à cette région séismique qu'appartient Komorn, oii 1 500 maisons auraient été renversées en 1763. En 1782 et 1841, les dégâts se sont renouvelés, mais apparemment sur une bien moindre échelle. En janvier 1810, des bruits séismiques se firent entendre pendant huit jours au mont Czoka, pendant que de nombreuses secousses ébranlaient Czak-Bereny; une d'elles y produisit même des dom* mages. Mor est un autre centre, du moins y connaît-on d'assez nombreuses secousses. Bref, le Bakony-Wald est incontestablement une importante région d'instabilité.

En dépit de l'horizontalité de son sol, la plaine hongroise n'ignore pas complètement les séismes. On en connaît un certain nombre pour Debreczen, la vallée de la Tisza, et la Jazygie, ce dernier pays étant sans doute le plus fréquemment secoué. Le tremblement de terre d'Eger [Erlau] du 25 juin 1903 a même atteint l'intensité IX d'après Réthly. Connaîtrait-on exactement les épicentres de ces

* Ueber das Erdbeben im nOrdlichen Bakony vom 16 Febrnar 1901 [Fôldiany Kôzlôny. XXXI, 1901).

secousses, qu'on ne saurait les mettre sans réserve en relation avec les accidents cachés sous les dépôts lacustres miocènes et les alluvions.

Lajos^ suppose que les îlots de roches anciennes de la Croatie et de la Slavonie, cachées sous les alluvions et les formations tertiaires, se prolongent vers TEst pour constituer, en émergeant plus loin, les hauteurs du Gomitat de Krassô-SzOrény, et donnent lieu à une ligne de dislocations représentée par la vallée de la Béga, ébranlée le 2 avril 1901, ainsi qu'en d'autres occasions. Les isoséistes de ce tremblement avaient, en effet, ce thalweg pour axe.

Les tremblements de terre ne sont pas rares entre la Tisza inférieure et les montagnes du Banat; en particulier, on en a signalé un nombre respectable à Temesvar ; mais on ignore si ce disti*ict pénéséismique prolonge au S. S. E. celui de la Jazygie ou si ces secousses appartiennent au Banat, dont on va parler. Il ne semble pas qu'on y ait jamais eu de dégâts à déplorer.

En résumé, les séismes de la plaine hongroise doivent dépendre des dislocations cachées, dont son effondrement n'a pu manquer d'affecter les parties de l'ancien « continent oriental » qu'il a entraînées dans sa chute.

Le Banat est un massif archéen, complètement isolé à TEst du reste des Carpathes par une longue faille N.-S., représentant la cicatrice par où se sont épanchées des matières éruptives, probablement tertiaires. Cet accident se trouve juste au point où les plissements carpatliiques se retournent brusquement au Sud pour rejoindre leurs contemporains balkaniques ; mais il paraît être d'origine beaucoup plus ancienne. Les sédiments secondaires du Banat se montrent fortement plissés, là où Térosion les a laissés subsister. On a donc ici tout un ensemble de circonstances favorables à la séismicité, et en effet la série des tremblements de terre de 1879 àOrsovaetù Moldova atteste bien que l'équilibre est loin d'être encore atteint.

D'après Schafarzik*, ces tremblements de terre d'Orsova et de Moldova ont été en relation directe avec les dislocations périphériques et radiales produites dans le Banat par l'action mfime de l'effondrement hongrois.

Les Portes de Fer, par où le Danube, profitant des dislocations de ce district morcelé, a pu se frayer un passage récent et vider la dépression lacustre hongroise, ont été aussi ébranlées parfois, et

' Das Erdbeben in Sûdungam vom 2 April 1901 {FôUllani Kôzlôny, XXXH. 1902). ' Das Erdbebon in Sûdungam und dcn angrenzcndcn L&ndem (Bada-Pcsth. 1880).

246 GÉOGRAPHIE SÉISMOLOGIQUE

cette région pénéséismique se prolonge de l'autre côté du fleuve, en même temps que la cicatrice, de sorte que les quelques séismes du Nord-Est de la Serbie pourraient bien revendiquer la même cause.

Certains tremblements de terre de cette partie de l'Europe ont présenté, avec une énergie notable, une extension tout à fait inusitée, tel le séisme bien connu du 26 octobre 1802, qui s'est fait sentir de Saint-Pétersbourg à l'île d'Ithaque. Son épicentre est parfaitement indéterminé, tant son aire pléistoséiste est étendue, mais les relations, pour incomplètes qu'elles soient, permettent de le soupçonner dans les Alpes de Transylvanie, soit sur les bords de l'Oka, soit sur la dislocation de l'Oit, comme Ta fait Draghicénu, ainsi qu'on l'a dit plus haut, soit même enQn dans le Banat. Si ce remarquable séisme n'a pas été un mouvement d'ensemble des Garpathes, ainsi que nous l'avons suggéré, c'est à une localisation de son origine dans le Banat que nous nous rangerions le plus volontiers, tant il semble avoir d'analogie avec celui d'Orsova en 1879. Quoi qu'il en soit de ce point particulier, il n'en reste pas moins que le Banat est une importante, région pénéséismique, et Ton peut aussi penser que bien des secousses de Gronstadt et d'Hermannstadtlui appartiennent en propre.

Entre la Save et la Drave, c'est-à-dire dans la Mésopotamie croate, d'anciens massifs isolés, émergeant au-dessus de la plaine néogëne et alluvionnaire, représentent d'autres fragments du <c continent oriental » de Peters S contre lesquels les plis alpins ont buté et ont dû se bifurquer au N. E. par le Bakony-Wald vers le Matra et au S. E. par les chaînes dinariques. Sous cet effort, ils ont été fortement disloqués, et ces accidents doivent prolonger sous les sédiments de la plaine qui les masquent. L'entre-deux des fleuves est donc sujet à des tremblements de terre dont les épicentres sont le plus souvent apparents, les secousses connues ayant surtout été attribuées aux villes principales, Semlin, Neusatz, Eszek, Funfkirchen, Kanizsa et surtout Diakovar. Il ne sera possible d'invoquer avec certitude des accidents particuliers qu'au moyen de tracés d'isoséistes de tremblements importants, quoique Kispatic, d'ailleurs avec beaucoup de vraisemblance, ait déjà fait jouer un rôle séismogénique décidé à deux de ces dislocations qui, parallèles et de direction W. N. W.- E. S. E. enserrent entre elles le horst de Diakovar.

Gette opinion ne diffère pas au fond de celle exprimée par Scha-

* Bemerkungen ûber die Bedeutung des Balkan als Festland in der Lias-Période {Silz, Ber, d. K. Ak. Wiss., XLVUI, 418. Wien).

CARPATHE8 KT DEPENDANCES 247

farzik* à propos du grave tremblement de terre du 24 mars 1884 en Slavonie, lorsqu'il fait intervenir les conditions tectoniques des massifs anciens de Diakovar, de la Fruska-Gora, et des couches néogënes qui remplissent la plaine interposée entre eux.

Agram et ses environs seulement ont le monopole des tremblements de terre fréquents et désastreux ; celui du 9 novembre 1880, suivi de très nombreux chocs consécutifs, a été, après beaucoup d'autres des siècles passés, une véritable catastrophe. L'extrémité occidentale de la plaine croate se termine en une sorte de coin, formé par deux cours de hauteurs, qui se rencontrent à Rann, sur la Save. Au Nord régnent les Karawanken orientales, prolongeant la chaîne Carnique plissée, où de nombreuses dislocations longitudinales abruptes, profondes et orientées W.-E. sont la règle, tandis qu'au Sud dominent les plissements Dinariques, beaucoup plus récents et dirigés vers le S.E. On ne pourrait rêver pour Agram une situation plus dangereuse, etFr.-Ë. Suess' localise l'origine du tremblement de terre de 1880 dans le massif du Slema Yrh, qui, au nord d' Agram, émerge des couches néogènes de la plaine, pour se relier vers le N. £. au Bakony-Wald. Cette détermination de l'épicentre résulte avec évidence de ce que l'aire pléistoséiste non seulement épouse très exactement la forme de l'ovale N, E.-S. W., dessiné par le Slema Yrh, mais encore ne fait que l'auréoler légèrement de toutes parts, ainsi que l'indique la carte tracée par Wâhner '. D'après ce dernier séismologue, l'hypotlièse d'un léger affaissement de l'aire épicentrale explique bien tous les caractères physiques et mécaniques du séisme, ainsi que les particularités de son extension et de sa propagation; et même la supposition que, dans l'avenir, le retour d'autres tremblements de terre analogues accentuera ce mouvement de descente du horst, est mise en pleine lumière par toutes les circonstances accessoires qui ont accompagné cet événement. Wâhner a aussi érigé à cette occasion une théorie géométrique très ingénieuse du mouvement séismique, dont l'exposé ne rentre pas dans le cadre de cet ouvrage, mais qu'il était impossible de passer sous silence. Hantken von Prudnik * écarte de piano l'hypothèse volcanique, colle plus extraordinaire de Falb partageant les idées d'Alexis Perrey sur l'in-

* Statistik derErdbeben in Ungarn im Jahre 1884 (Fôldiani Kôzlôny, XV, 202).

' Das Erdbeben von Laibach am 14 April 1895 (Jahrbuch d. K, K, geol. ReiehsanslaU, XLVI, 411, Wien, 1897).

' Das Erdbeben von Agram am 9 November 1880 (Silzungsber, d. K. Ak, d. Wiss, Mat. naL wiss. CL, LXXXVIII, I, Juni, 15, Wien, 1883).

* Das Erdbeben von Agram im Jahre 1880 {MiUh. aus d. Jahrb. d. K. ungar. geol. Anstalt. VI, 3, 47. Budapest. 1882).

â&S GÉOGRAPHIE SÉISMOLOGIQUE

iluence de rattraciion lunaire sur le noyau central supposé fluide, et aussi la production du séisme par des éboulements des couches calcaires mésozoïques du Slema Vrli^ parce que l'extension considérable du tremblement de terre s'oppose à l'adoption d'une cause inadéquate et hors de proportion avec Teffet à expliquer ; finalement il se range à Tliypothëse purement tectonique.

Le séisme d'Agram a donné lieu, dans un autre ordre d'idées, à des discussions fort importantes relatives aux changements topographiques annoncés par le colonel Lerl S b, la suite de ses opérations géodésiques en Croatie pendant l'année 1885. Ce savant a cru relever des différences notables de niveau pour plusieurs des sommets de la triangulation, par comparaison avec les nivellements précédents de 1878 et de 1816. Le lieutenant-colonel danois Harboe* s'est livré à ce sujet à de très subtiles recherches; sans admettre complètement que le séisme ait produit de brusques modifications topographiques, il pense qu'un simple accroissement progressif de la poussée orogénique tangentielle suffit à expliquer la différence entre les mesures des trois opérations séparées par un intervalle de soixante-dix ans, assez grand pour les mettre en évidence. Adoptant les vues de Suess sur l'affaissement périadriatiquo, ilcroit que ce mouvement séculaire ayant eu pour effet d'augmenter araduellement la valeur de la composante horizontale de la pression, le maximum s'est fait sentir près d'Agram et a donné lieu au tremblement de terre. Revenant plus tard sur la question % il admet que si les mesures de la gravité exécutées par le colonel Sterneck ^ et par l'institut naval avaient été poussées jusqu'à Agram, elles auraient, conformément à la marche connue de leurs variations le long des Alpes et des Carpathes, décelé l'effondrement de l'aire croate, mouvement en dépendance duquel le tremblement de terre d'Agram ne pourrait manquer de se trouver. D'un autre côté, Fr.-E. Suess ne croit pas que les mouvements verticaux et horizontaux qu'auraient subis les sommets de la triangulation soient suffisamment démontrés. Lerl et Harboe ont, en effet, été forcés d'admettre, et arbitrairement, la fixité d'un ou de plusieurs d'entre eux, ce qui n'est rien moins qu'évident, et Fr.-E. Suess, fait judicieusement obsei*ver combien peu les différences de niveau, réduites à deux ou

* Untersûchnngen ûber etwaige in Verbindung mit dem Erdbcbcn von Agram am 0 November 1880 cingelretencn Niveauândeningon (Mitth. d. K. K. milit. geogr. Insi. XV. 17, 1895).

' Das Erdbcben von Agram am 9 November 1880 {Beitrdge zur Geophysik, IV, 406, Leipzig, 1900).

' Das Erdbcben von Âgram am 9 November 1880. {Id. V. 237, Leipzig, 1901).

* Mitth. d. K, K. milit. geogr. InsL, XVII, 1897, Wien, 1898.

GàRPATHES et dépendances 249

trois dizaines de millimètres au maximum, dépassentl es limites probables des erreurs d'observation. Il faut donc être iaussi prudent que lui, et réserver toute décision au sujet d'un phénomène concomitant possible, probable même, du tremblement de terre d'Agram, mais qui jusqu'ici ne peut être considéré comme définitivement acquis.

Les environs d'Âgram présentent d'autres épicentres importants, celui de Karlstadt par exemple, mais ce dernier n'est peut-être pas indépendant de ceux delà Carniole orientale.

Page 1