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Kg. 3S. — Dalmalie, Bosnie et UenêgOTtn
Toucst de la Bosnie et le fait que de tels sédiments ne se rencontrent plus au nord de Pelagosa. Le Monte Gonero, près d'Ancône, et le Monte Gargano seraient en Italie les représentants de cette Adriatide disparue, tandis que les pointements éruptifs des Piètre Nere au lac italien de Lésina, précisément orientés vers Lissa, ainsi que ceux mêmes de cette dernière île dalmate, attesteraient bien la réa* lité de la fracture. D'autres arguments, paléontologiques et zoologiques, militent en faveur de cette hypothèse. Par une coïncidence qui n'est certainement pas fortuite, ce rivage méridional de TAdriatide affaissée sous les eaux se trouve juste en prolongement de celui du grand lac tertiaire albanais par Ëlbassan et Dulcigno, ce qui montre quels profonds bouleversements ont subi ces pays depuis Tépoque miocène. Les côtes dalmates ne sont point des fjords ; la mer a seulement pénétré dans les synclinaux de plissement, en profitant des cassures qui lui ont permis d'ouvrir d'étroits et profonds canaux, qui ont découpé les îles et se terminent parfois au pied de dolines effondrées.
Une telle constitution, de date aussi récente, ne pouvait manquer d'appeler une grande instabilité, preuve que Téquilibre est loin d'être atteint. Et en effet, la Dalmatie est un pays qui non seulement ne compte plus les tremblements de terre violents, mais est pour ainsi dire en perpétuel mouvement. Malheureusement, les tracés d*isoséistes sont encore trop peu nombreux pour qu'on puisse en toute sûreté invoquer les nombreux accidents tectoniques de la couverture secondaire ou tertiaire lacustre. Ces dislocations sont tantôt parallèles, tantôt perpendiculaires aux plis dinariques. Parmi les dernières, plusieurs indiquent des épicentres sous-marins. C*est donc que le plissement, et l'effondrement adriatique de même direction, ne jouent pas exclusivement un rôle séismogénique, et qu'il faut aussi compter avec les cassures transversales.
Le grand tremblement de terre«de Sinj, du 2 juillet 1898, a été étudié dans tous ses détails par Faidiga \ et von Kerner ^ a fait intervenir pour sa production des» mouvements des compartiments découpés pardes failles, tout autour d'un petitbassin tertiaire lacustre maintenant asséché et bouleversé. On retombe donc là sur le même genre de piiénomènes que ceux qui agitent les bassins analogues du
* Das Erbeben von Sinj am 2 Juli 189S (Mitlh. d. Erdbebencomm. d. K. Ak. d. Wiss. in Wien. Neue Folge. XVII, 1903).
' Vorlfiafîger Bericht ùber das Erbeben von Sinj am 2 Juli 1898 {Verhandlungen d, K. K. geoL Reichsanstalt. 1898, 270, Wien) ; Id. Die Beziehung des Erdbebens von Sinj am 2 Juli 1898 zur Tektonik seines pleisosteistcs Gebietes (Jahrbuch d, K. K. geol. ReichsanstalL 1900, L. 1, Wien).
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massif balkanique. Von Mojsisovics (6* Liste de 1900; p. 70) met les séiames du 26 juin 1899 et du 13 mars 1900 en relation avec une faille qui se montre le long de la ligne Ivankovic, Mont Om, Yrisnik. Bol, Givitta-Yecchia (Lésina), et qui de là vient effleurer la côte S. W. de la presqu'île de Rabal, et se fait voir aussi à San Pietro de Brazza et Almissa. Le rôle séismogénique de la dislocation de la vallée do la Narenta n'est guère niable non plus.
KiSipatié ^ fait jouer un rôle séismogénique important à une dislocation sous-marine, à la vérité hypothétique, courant E.-W. entre les îles Lésina et Curzola, qui ont été souvent le siège de séries de nombreuses secousses.
Toutes les villes importantes de la Dalmatie sont des foyers, au moins apparents, d'ébranlement, mais les véritables épicentres sont encore bien mal connus.
On sait combien sont nombreux les séismologues qui ont mis, au moyen de statistiques locales et restreintes, les tremblements de terre en relation avec les saisons, et nous en avons montré le peu de bien fondé par une étude générale'^ d'où il ressort que les maxima et les minima varient de pays à pays. A propos de ceux de la Dalmatie, fielar'a expliqué le maximum estival qui s'est manifesté en 1902 en disant que le long des côtes, c'est dans cette saison que se produit la plus grande différence d'échauffement entre les sols couverts par l'eau et par l'atmosphère, d'où la possibilité que se manifestent les plus grandes différences de tension dans les couches terrestres, et les secousses du sol quand ces différences atteignent une certaine valeur. L'effet est-il adéquat à la cause invoquée ?
On ne saurait passer sous silence les nombreux bruits séismiques qui, de 1822 à 1826, ont tant effrayé les habitants de 1 île de Meleda. Knett, dans les mémoires déjà cités sur les bruits séismiques, explique ceux de Meleda par l'afflux des vagues de la mer dans les cavernes et les diaclases du calcaire bouleversé de cette île ; ainsi comprimé, l'air qui les remplit utilise toutes les voies possibles pour s'échapper à l'extérieur, ce qui no peut s'effectuer sans bruit. Cette explication se rapproche beaucoup de celles de Partsch ^, à qui l'on
* Bericht ûber die Kroalisch-slavonisch-dalmatischen, aowie Uber die bosnisch-herzegovinischen Erdbebenin den JahreniSS4, 18S5 und iSSS (p. 100).
* Étude critique des lois de répartilion saisonnière des séismes (Arch. se, ph, nat., Genève, 15 mai 1891).
' Erdbeben in Gcbiete der Âdria vom Jahrc 1902 (Die Erdbebenwarte, IV, 1904-1905, 40, Laibach).
* Bericht Uber dos Delonationsphdnomen auf derinsel Meleda bei Ragusa (Wicn, 1826).
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doit la description du phénomène, et de Stallt^, mais elle nous semble se heurter à cette grosse difficulté que l'action des eaux de la mer est toujours restée la même qu'en 1822, tandis que les bruits séiamiques ne se sont plus renouvelés sur cette échelle ; elle est d'ailleurs de tous points inadmissible pour les bruits analogues de Gua* najuato (Mexique) en 1784, et pour bien d'autres cas du même genre.
La séismicité générale de la Dalmatie, — et cette considération doit aussi s'appliquer à la Bosnie et à l'Herzégovine, — ne saurait être indépendante du géosynclinal ancien qu'on y a récemment reconnu. La présence du Carboniférien marin dans ces pays démontre Texistence, sur l'emplacement même du rivage oriental de l'Adriatique, d'une communication avec la mer russe de la même époque. Il y aurait ainsi superposition des causes séismogéniques inhérentes au géosynclinal carboniférien et de celles résultant des mouvements tertiaires, cas que nous avons déjà plusieurs fois rencontré.
En Bosnie et en Herzégovine s'introduit dans la structure géologique un autre élément de complication, à savoir la présence de noyaux primaires perçant la couverture secondaire, tandis que vers le Nord le Flysch et les dépôts néogènes vont rejoindre la Save. On n'y connaît pas de désastres séismiques, mais seulement quelques chocs très sévères ; jusqu'à nouvel ordre, il est difficile d'affirmer que ces deux anciennes provinces turques, isolées du monde civilisé pendant tant de siècles, sont vraiment plus stables que la Dalmatie. Les observations, commencées en 1896 à l'Observatoire météorologique autrichien de Sai*ajevo, ne permettent pas de se prononcer encore. Ces deux provinces renferment certainement un nombre considérable de foyers d'ébranlement, mais c'est tout ce qu'on en peut dire actuellement, d'autant plus que leurs séismes se confondent souvent avec ceux de la Dalmatie. Rien n'empêche de penser que les secousses de la vallée du Yrbas, celles de Banjaluka en particulier, ne soient le résultat des mouvements de la ligne de fracture qui a abaissé vers l'Ouest les couclies les plus récentes.
Ki^patic ^ attribue le séisme du 18 décembre 1888 à Plevlje à une faille de la vallée de Praca, découverte par Bittner dans le Trias et celui du 13 octobre de la même année, à Prozor, à une dislocation des roches éruptives anciennes qui constituerait jusque vers Imotski
' Salle detonazioni deir Isola diMeIed&(0tM<o^ecat/aitaiia,XXXIlI,S47.Ragii8a, 1823).
* Bericht ûber die kroatisch-slavonisch-dalmatischen, sowio ûbcr die bosntsch-herzegovinischen Erdbcben in den Jahron 1887 und 188S (Berichi der Erdbeben'Commis- .non, p. 16).
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et Makarska, en Dalmatie, une importante ligne de chocs dont dépendrait aussi Tarcin, près de Sarajevo.
EnCn le Monténégro, où les plissements dinariques sont venus s'écraser contre le Skliar, qui en a réduit la largeur à plus de la moitié, paraît stable, en dépit des gigantesques dislocations résultant de cette compression. Mais peut-être sommes-nous trop facilement enclins à tenir pour stable un pays pour lequel nous ne possédons guère d'observations de séismes. Et en effet, si l'on en croit des renseignements de presse, un tremblement de terre, le 3 juin i905, aurait été destructeur à Cettigné et plus encore à Scutari.