Cyclades et Crète
L'histoire géologique des Cyclades commence à devenir assez claire dans son ensemble, grâce aux travaux de Philippson. A l'exception des plus extrêmes du S. E., composées de roches sédimentaires, ces îles forment une grande masse cristalline se rattachant à TAttique et à l'Eubée méridionale. L'on y voit s'élever maints massifs gneissiques, et leur plissement principal est antérieur au Crétacé. Au S. E., s'accolent à cet ancien noyau les îles sédimentaires d'Amargos, d'Anaphi et de Santorin, dont le plissement principal était déjà terminé avant le dépôt des couches éocènes (?) deTheologou (Anaphi occidental) ; il semble qu'on doive les regarder comme un fragment des terres de l'Anatolie. Toutes ces îles reposent sur un socle commun,
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peu profond et dont le fond médiocrement accidenté prouve qu'elles ne sont pas séparées entre elles par des fosses d effondrement : c'est une ancienne surface d'abrasion. Aux temps miocènes, une grande terre, l'Égéide, réunissait la Macédoine et l'Asie Mineure, la Grèce et la Propontide ; elle s'est d'abord affaissée après le Pliocène supérieur et le creusement des vallées actuelles qui accidentent les îles, puis les parties externes à l'archipel se sont complètement effondrées, ainsi qu'en témoigne la disposition des fonds.
Les tremblements de terre sont si peu fréquents dans les Cyclades que, d'après Hérodote ^ on avait toujours cru ces îles à l'abri de ces phénomènes jusqu'à celui de Délos en 486 avant J.-C, ce qui ne veut pas dire qu'il ait été même sévère, puisque cet historien n'en mentionne aucune conséquence fâcheuse. L'assertion de Pline ' que Zea, ou Géos, aurait à la suite d'un tremblement de terre vu disparaître avec ses habitants un terrain de 30 000 pas, et couper l'isthme qui la réunissait jadis à TEubée, a paru trop peu fondée aux savants membres de l'expédition de Morée pour mériter une réfutation. Nous ne pouvons cependant nous empêcher d'être impressionné par l'assurance avec laquelle l'ancien naturaliste, se faisant l'écho d'antiques traditions qui ne pouvaient guère provenir d'observations scientifiques a posteriori, parle de cet événement; dans un autre passage^, il revient (( sur la manière dont la nature a séparé l'Eubée de la Béotie, les îles d'Atalante et de Macris de l'Eubée » ; ne peut-on pas voir là des bouleversements dont l'homme aurait été témoin, et dont le souvenir très précis se serait transmis de génération en génération malgré leur antiquité fort reculée? Cela s'accorderait bien avec les connaissances géologiques modernes, qui montrent que le démembrement de l'Égéide est un fait récent et qui a pu çà et là se compléter à l'aurore des temps historiques. Quoi qu'il en soit, on ne connaît aucun tremblement de terre sérieux dans les Cyclades, archipel décidément pénéséismique. Qu'il s'agisse de celles du Nord ou de celles du Sud, dont la constitution géologique est si différente, ainsi qu'on l'a dit plus haut, leurs plissements, d'ailleurs anciens et bien antérieurs aux plissements dinariques de la Grèce, sont définitivement éteints.
L'effondrement égéen a eu pour contre-coup les épanchements volcaniques disséminés de l'Asie Mineure au Péloponèse par Nisyros, dont on connaît une éruption solfatarienne ou boueuse, en 1873« Santorin, aux éruptions anciennes et modernes si célèbres par