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rérection d'îles nouvelles, Polykandros, Milo, Ëgine et Méthana, qui a certainement présenté au moins une conflagration historique. Les Cyclades méridionales, soit sur cette ligne de moindre résistance, soit en son voisinage, ne sont donc pas plus instables que les autres, malgré des affirmations contraires, preuve de Textinciion totale des mouvements égéens, et seule Milo a eu en 1862 une série de secousses, d'ailleurs faibles.
Les auteurs de l'antiquité et du moyen âge mentionnent un cer^ tain nombre de tremblements de terre désastreux en Crête, et le xix*" siècle y en a compté de fort sévères, malheureusement sans que des détails circonstanciés aient été conservés. On est donc, malgré le peu de suite avec laquelle des observations séismiques y ont été faites, en droit de considérer comme instable au moins sa côte septentrionale à l'ouest de Candie, mais de l'Est et de toute la côte méridionale on ne sait pour ainsi dire rien. Cette île est un fragment de l'arc dinaro-taurique, mais comme ces plissements ne sont pas en relation avec les séismes de la Grèce, il faut ici étendre la même conclusion. L'île est longée au Sud par de grandes profondeurs, mais ne connaissant pas de secousses sur la côte correspondante, on ne peut en l'état actuel de nos connaissances assigner aux tremblements de terre de la Crète l'origine attribuée plus haut à ceux des îles Ioniennes et de la Messénie, c'est-à-dire les mettre en relation avec le talus sous-marin. Reste la partie de l'île, souvent dévastée, comprise entre la Canée et Candie, la seule sur laquelle on soit sufGsamment renseigné quant à l'intensité des secousses du sol. Or Cayeux^ a récemment étudié la tectonique de ce district occidental et montré que les curieux promontoires de Bousa et de Spada sont deux anticlinaux dont les flancs, du côté de la Grèce, ont été rompus et sont restés abrupts, à l'inverse des pentes orientales plus douces. C'est là une structure d'effondrement, dans le sens d'un plissement tout à fait indépendant de la direction E.-W. des accidents dinariques. A défaut d'autre indication, on peut provisoirement, mais toutefois avec beaucoup de réserve, attribuer à ces dislocations et à ces effondrements les tremblements de terre de cette partie de l'île. Cette réserve est d'autant plus nécessaire qu'il faut, pour admettre cette hypothèse, supposer en même temps que seule Tabsence de villes importantes a empêché jusqu'ici de mentionner des dommages à l'extrême Nord- Ouest de l'île, justement là oii se remarque cette structure caractéristique. En résumé, l'instabilité de la Canée, de Rethymo et de Candie
* Sur les rapports tectoniques entre la Grèce et la Crète occidentale (C. R. Acad. Se, Paris, CXXXIV, 46, 1902).
reste fort obscure. On observera cependant qu'entre la Crète et les Cyclades se rencontre un creux profond de 1 000 mètres et que des vagues séismiques ont été souvent signalées sur la côte septentrionale. G*est une indication que les séismes en question pourraient peut-être dépendre de cet accident, concomitant lui-même de Teffondrement égéen.
Les îles de Kasos et de Karpathos, qui ferment à l'Est la mer de Candie, sont très stables ; on n'y connaît que de rares et faibles secousses, en dehors de celles qui leur viennent de la Crète, ou de Rhodes. Kasos, coupée au S.E., par une falaise abrupte, montre des plissements tauriques, et son aséismicité est une nouvelle preuve à l'appui de l'extinction de ces mouvements orogéniques dans le domaine grec.