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Les Pyrénées

Les Pyrénées s'étendent en ligne droite du cap Creus au cap Finisterre, mais la seule partie dont on ait à s'occuper ici est la chaîne franco-espagnole, qui n'appartient d'ailleurs pas au géosynclinal méditerranéen tel que Ta tracé Haug. Nous l'y avons cependant incorporée, parce que sa surrection post-éocène n'est pas si antérieure aux mouvements alpins qu'on ne puisse la considérer comme les ayant remplacés dans cette partie de l'ancien massif primaire représenté par la Meseta ibérique, pendant symétrique du Massif Central français. Cette ancienneté un peu plus grande explique une dégradation plus avancée.

C'est contre l'axe granitique et primaire de la chaîne des Pyrénées que les sédiments secondaires et tertiaires ont été relevés, plissés et charriés en bandes longitudinales, plus régulières, plus complètes en Espagne qu'en France et comprises entre les vallées déprimées de l'Èbre et de la Garonne qui coulent en sens opposés. Il y a donc, au point de vue géologique, parfaite similitude de part et d'autre, puisque ces dépressions séparent la chaîne, en France du Plateau Central, et en Espagne d'un fragment de la Meseta situé au sud de Saragosse, au delà d'un faisceau de plis postcrétacés.

300 GÉOGRAPHIE SÊISMOLOGIQUE

Comme en beaucoup d'autres lieux, ces mouvements n'ont fait qu'en suivre de plus anciens, car si la chaîne des Pyrénées a commencé à se rider à la fin de l'Ëocëne, ce qui en fait avec les Carpathes un plissement alpin du début, il n'en est pas moins vrai que son axe, déjà dessiné à l'ërc hercynienne, avait subi des dislocations avant le Carbonifère, puis ensuite pendant le Trias. De telles circonstances ont dès lors appelé seulement la pénéséismiciléetrien de plus, ainsi qu'on va le constater, les mouvements éocènes étant en voie d'extinction.

Les informations systématiques manquent, et les renseignements sont plus abondants au Nord qu'au Sud, ne serait-ce qu'en raison des observations régulières de l'Observatoire du Pic du Midi, depuis longtemps suivies^ On ne trouve pas ici de véritables régions séismiques, seulement des districts pénéséismiques, dont un seul de notable fréquence, ce qui, d'une façon générale, tient sans doute aune plus grande ancienneté de la ride par rapport à celle des Alpes. L'instabilité y est intermédiaire entre celle des Alpes et celle des massifs armoricains, dans l'ordre mCme, par conséquent, de l'âge des plissements correspondants.

Il est à peu près certain que le versant français est un peu plus instable que son opposé espagnol conformément à la loi de plus grande séismicité du îlanc le plus abrupt. Cette loi trouve ordinairement sa raison d'être dans la plus grande dislocation du penchant le plus raide ; mais ici, cette différence de bouleversement en faveur du Nord n'est pas évidente, car l'aspect plus tourmenté de la chaîne de ce côté résulte en grande partie de ce que les agents extérieurs de dégradation y ont été de tout temps bien plus actifs depuis la surrection, par suite de circonstances atmosphériques particulières. La véritable signification de la plus grande instabilité du versant français échappe donc, quant à présent, si l'on ne veut pas admettre qu'un décapement plus considérable des couches sédimentaires du Nord, et leur disparition souvent complète jusqu'aux racines cristallines et primaires de la chaîne, favorisent de ce côté la manifestation sous forme de séisnies des efforts tectoniques profonds, encore en action sur les lambeaux sédimentaires restés en place et manquant d'équilibre; raison d'ailleurs bien imprécise, mais que l'état actuel de nos connaissances ne permet pas de pousser plus loin.

Certains séismes affectent les Pvrénées de bout en bout, entre les méridiens de Barcelone et de Bordeaux, par exemple celui du 15 jan-

' Observations sismiques faites à l'observatoire du Pic-du-Midi (Station de Bagnëres-de- BiRorre) de 4896 à 1904. — Explorations pyrénéennes [Bulletin de la Société Ramorul, XXXIX, 1904, p. 49, 152, 175.

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