PYRÉNÉES
vier 1870, parmi plusieurs autres analogues. Malheureusement, il n'a encore été fait aucune étude de détail sur leurs aires épicentrales et sur le tracé de leurs isoséistes. On est donc réduit à les regarder provisoirement comme résultant de mouvements d'ensemble, correspondant à une survivance atténuée du mouvement de surrection.
Une coupe entre le Plateau Central et les Pyrénées, par exemple de Saint-Yrieix à Pau, rencontre successivement tous les terrains sédimentaires de plus en plus jeunes, du Jurassique au Pléistocène ; ainsi l'Aquitaine, malgré des vicissitudes nombreuses et diverses, a été, jusqu'à son émersion défmitive, un bras de mer passant au sud de l'ancienne île. Il n'y a pas lieu de s'étendre davantage sur des transformations qui ont, en fm de compte, laissé l'Aquitaine parfaitement stable, en dépit de rares et faibles secousses, dont il suffit de dire que certaines paraissent avoir pour axe la vallée de la Garonne entre Toulouse et Bordeaux, ainsi ceux du 7 mars 1743 et du 9 avril 1815, les plus notables d'entre eux.
De Boucau à Fontarabie, la côte du fond du golfe, de Gascogne ressent des séismes dont l'origine, peut-être sous-marine, correspond sans doute à une très ancienne dislocation, mise en évidence par le Gouf du Cap Breton, ceci sous toutes réserves.
La région instable des Pyrénées françaises s'étend au pied de la partie occidentale de la chaîne, entre Saint-Jean-Pied-de-Port et le Val d'Aran. Elle est à cheval sur les terrains tertiaires et crétacés, ces derniers naturellement les plus relevés. On ne saurait, sans faire d'hypothëses, en attribuer l'existence à des accidents particuliers bien défmis et on en est réduit à invoquer la surrection. Encore cette explication laisse-t-elle un doute dans l'esprit, puisque si le maximum de séismicité se montre autour du Pic du Midi de Bigorre, d'un autre côté la partie orientale, à l'est du Val d'Aran, est au contraire très stable. Une telle suggestion exige donc pour être vérifiée des études séismologiques de détail, qui manquent encore .complètement.
L'activité séismique renaît sur une plus faible échelle dans le Roussillon et dans l'Ampurdan, dépressions symétriques qui remplacent d'anciens golfes pliocènes d'émersion récente, et dont l'emplacement semble avoir été préparé de longue date. Ces golfes pénétraient profondément dans les montagnes, et, au moins dans le Roussillon, les épicentres jalonnent leurs dernières ramifications, à l'exclusion des parties «hautes. Cette région pénéséismique s'étend sur le massif côtier primaire et archéen de Gérone à Barcelone, reste de la terre qui jusqu'à l'aurore des temps actuels embrassait les Maures de Pro-
GÉOGRAPHIE 8ÉISM0L0GIQUE
vence et une partie de la Corse, en avant du golfe du Lion, et dont reffondrement fut peutêtre contemporain des volcans d'Olot, actifs à Tépoque quaternaire, sinon même plus tard encore. Ces mouvements, les plus récents de la péninsule ibérique, prennent toute leur véritable importance si Ton tient compte d'un raide talus de 1 500, et même de 2 000 mètres, qui prolonge sous les eaux le relief de la Catalogne. On peut donc évidemment les rendre responsables des séismes des Pyrénées-Orientales, aussi bien françaises qu'espagnoles, tandis que ceux de Béziers, Carcassonne, Cette et Montpellier sont dus sans doute aux plissements tertiaires des collines du bas Languedoc, résultant de Técrasement contre Tobstacle résistant de la Montagne Noire des sédiments poussés versle Nord,à Tépoque tertiaire, par l'acte même de la surrection. En Catalogne, les épicentres sont assez nombreux et disséminés, mais tous plutôt pauvres en séismes, caractère fréquent de la répartition de l'instabilité àla surface des massifs anciens et pénéséismiques, conformément à tant d'exemples déjà mentionnés.
La vallée de l'Èbre est un fond de lac miocène, resté encore plus stable que le détroit