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Les trente dernières années (1848-1878)

L'auteur de V Histoire des trente dernières années est bien coddu du public. Depuis plus de cinquante ans, il soumet à son jugement des travaux nombreux, variés, importants et, depuis quarante ans, U écrit pour lui l'Histoire universelle, son œuvre capitale.

Il en avait détaché en 1850 les Cenio anni, histoire des générations qu'il avait pu connaître, interroger, et dont il avait partage les dernières épreuves.

Il donne aujourd'hui une continuation absolument neuve pour la France, conçue sur le même plan et dans le même esprit. C'est une histoire universelle contemporaine dans toute la force du terme. On peut dire qu'elle est brûlante.

La compétence, l'expérience, l'autorité de l'écrivain à qui nous la devons, ne peuvent être contestées par personne; mais il nous a semblé, à en juger par ce que nous éprouvons nous-mêmes, que la connaissance de l'homme peut et doit donner plus de crédit à ses affirmations, accroître la valeur de ses jugements et ajouter comme un sceau durable à sa signature.

M. Cantù n'a point, que nous sachions, écrit ses

Il AVANT-PROPOS.

mémoires; mais il a donné en i875, dans son pays, et pour son pays plus spécialement, ce que nous appellerions volontiers ses commentaires, dans un ouvragée en trois volumes, intitulé Délia Independenza îtaliana Cronisloria... Cette histoire chronique de sa patrie, divisée en trois périodes : la française, l'autrichienne, la nationale, et caractérisée nettement, par ces épithètes, embrasse le temps écoulé de 1789 à la date de la publication, 1875. Elle n'a point été traduite. M. Gantù y parait quelquefois dans le texte même à la troisième personne, et plus souvent dans les notes nombreuses dont l'intérêt a été pour nous très vif.

Ces passages, encore inédits pour la France, relevés avec soin, et les comptes rendus ofBciels de la Chambre des députés d'Italie, oix M. Gantù a joué un rôle important, peu connu en France et trop vite interrompu, étaient des sources sûres où nous avons puisé pour reconstituer sa vie politique et parlementaire, et pour prouver que l'historien ne s'est jamais désintéressé de l'action.

Sa vie privée est celle d'un écrivain fécond, opiniâtre, infatig^able. Par tempérament et par choix, il en a fait une vie cachée. Heureusement les relations nécessaires et prolong'ées d'un auteur avec ses traducteui^ et ses éditeurs et la sympathie profonde que M. Ambroise Firmin-Didot nous a transmise comme un précieux héritage, ont amené des confidences, des réponses à des questions qui naissaient d'elles-mêmes...; peut-être, venant d'ailleurs, ces questions eussent été mal accueillies par un homme

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quia l'horreur d'une indiscrète curiosité; mais son cœur qui palpite en maint endroit de ses œuvres, s'ouvre plus facilement à l'amitié que sa porte ne s'ouvrirait aux reporters. Quand on voit M. Cantù sous un tel jour, comment ne serait-on peis tenté de le peindre d'après nature?

Au reste, la tâche telle que nous la compreDODS se limite d'elle-même. Pour un homme vivant, les faits dans leur simplicité et les paroles textuelles sont les seuls documents à soumettre au contrôle du lecteur, qui achèvera lui-même le portrait.

Puisse cet essai biographique rapproché de la photographie que M. Cantù nous avait donnée, se recommander à tous comme l'image, par le cachet d'une rigoureuse fidélité!

Les Éditeors.

CËSAR CANTÙ

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