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Mais les États-Unis désiraient sa mort, comme celle de l'homme qui avait arrêté leur conquête, comme «n exemple pour tout Européen qui voudrait se mêler des affaires de
l'entrée. Ses meubles conuBlaient an tiii misérable lit, une peùla table et deux lièges. Une vesle, une paire de pantaloni et deux chemises composaient toute sa garde-robe, le reste asait été pillé lors de l'entrée des libéraux (tS mai). Sa Majesté me raconta de ea propre bouche comment les choses s'étaient passées.
H Le colonel Lopez, son farori, avait vendu la position de la Cmi pour sept mille piastres. L'empereur qui se trouvait dans le couvent du même nom, averti par le bruit, put sauter i, cheval et se diriger avec cinq personnes de sa suite vers le cerro de la Campana, où il Tut rejoint par quatre-vingts offlciers de tout grade ; on l'engagea à sortir de la ville et A se jeter dans la montagne, d'où il aurait pu facilement gagner la mer; mais, vofant que beaucoup de généraux n'étaient pas avec lui et ne voulant pas abandonner la garnison à la veogeance at à la fureur de l'ennemi, il préféra rendre son épée k Escobedo. L'avocat Qscal procéda immédiatement à l'interrogatoire et lui annonça qu'il allait être mis en jugement. Déa ce moment l'empereur envoj'a plusieurs fois à Meiico demander des avocats pour la défendre.
« Sa Mi^esté nous a assuré qu'il n'avait reçu de Marquez, après son départ de Queretaro, ni lettre, ni argent, et que, au lieu de lui avoir donné de pleins pouvoirs, il l'avait seulement chargé de retirer de la capitale et de Puebla les soldats et les munitions de guerre, avec l'ordre de la rejoindre ensuite à Queretaro. L'empereur nous a remis une protestation contra les actes de Marquez qui prétendait agir en son nom. Mes collègues d'Autriche et de Belgique furent^ priés par l'empereur de rédiger l'acte de ses dernières volontés ; et moi, de réfuter les trois chefs d'accusation dressés contre lui. Je dus aussi adresser une copie de ce travail à S. M. le roi, i l'empereur d'Autriche et au roi des Belges...
1 Deux des avocats mandés par l'empereur à Queretaro, espérant qu'ils pourraient essayer une pression sur le gouvernement républicain en faveur du prisonnier, coururent k San Luis; mais leurs efforts, romme aussi ceux du ministre de Prusse auprës de Juarez Turent inutiles. Les imprudences de quelques personnes qui espéraient sauver l'empereur, et le soupçon d'un prétendu complot furent cause qu'on nous renvoya tous de Queretaro (13 juin), en deux heures, avec la menace, si nous j rentrions, d'être fusillés. Ainsi nous n'assistâmes qu'au procbs de Miramon et de Megia (30 juin) et au commencement de celui de l'empereur (15 juin).
n La sentence de mort fut prononcée pour tous les trois le même jour ; cependant les avocats obtinrent un sursis jusqu'au 19. L'illustre prisonnier fut fusillé avec les deux généraux k six heures du malin. Sa Majesté garda toujours dans sa prison une sérénité d'esprit et un calme parfaits, elle aCTronta la mort avec un sang-froid et un courage admirables.
u Le 21 , les corps étrangers s' étant résolus à déposer leurs armes, la capitale s'est rendue au général Diaz; cet acte, concerté par l'entremise du représentant autrichien, a valu la vie sauve aux soldats, et la promesse de rentrer librement en Europe. Il n'y a pas eu le moindre désordre & l'entrée des libéraux. Marquez, Horan et les autres officiers compromis sont cachés. On attend l'arrivée du préaident pour juger les nombreux
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l'Amériqae ; c'est pourquoi ils se boroërent à envoyer une lettre d'un ton très doux où ils plaidaient l'humanité, et ils De se préoccupèrent plus de savoir si elle était accueillie. Soixante femmes présentè^nt une supplique pour obtenir qu'on fit grâce de la vie à Maximilieo, et Juarez n'était pas éloigné de la lui accorder; mais Escobedo surtout, ancien muletier, puis avocat et général, non moins féroce que Marquez, menaçait de se révolter avec ses soldats si on l'épargnait; alors Juarez « laissa ta justice suivre son cours ». Mazimilien trouva dans le prince Félix Salm-Salm et dans la princesse, femme au cœur viril (1], les consolations de l'amitié; le prince, après avoir combattu pour le Nord dans la guerre de la sécession, avait offert son épée à l'empereur. Haximilien était exténué par la fièvre et par la dysenterie; on le laissa vivre encore trois jours, soit pour qu'il réglât ses affaires, soit par un raffinement d'atrocité. Le baron Magnus, ambassadeur de Prusse, écrivait au ministre Sebastiano Lerdo da Tegada : « Arrivé aujourd'hui à Queretaro, je sais que les prisonniers, condamnés le ^i juin, souffrirent une vraie mort> morale; ils s'étaient préparés à mourir ce jour-là et ils attendaient depuis une heure entière qu'on vint les chercher pour les conduire au lieu fatal , torsqu 'arriva par le télégraphe l'ordre de suspendre l'exécution. Les usages de notre temps sont trop humains pour permettre qu'après avoir enduré cette horrible agonie, ils soient mis à mort une seconde fois. An nom de l'humanité et de l'honneur, je vous conjure
prUoDDierg. La presse se prononce en général tr^i Tiolmnment contre l'Europe. Les actes offlciels assimilent aux Mexioaina les sujets des puis- ■anoes qui ont reconnu l'empire. Tous les tr^tres, dit-on, derront Atre dénonces.
a La Vera Cruz tient encore; les prorinees du PaciOqne semblent s'être déclarées pour Ortega. Le ministre de Prusse est à San Luis pour obtenir la restitution des dépouilles du prince, o
(1) La princesse de Salm-Salm imprima, depnis, Zthn jakre mu meirt«m Lebm (Dix années de ma vie}, de 1SS2 à 1S72 (Stutt^srd, 1874, 3 vol.], c'est-à-dire tout le temps oit elle (ut la femme de ce prioce. Dana le premier volume, elle raconte son séjour en Amérique au temps de la guerre de la sécession ; dans le second, ses aventures au Heiique ; c'est la partie qni nous intéresse; dans le troisième, la guerre de la Prusse avec l'Autriobei pois avec la France, lorsque A l'ère glorieuse de ce pa^s succéda l'Ère germanique. Les particularités sur lesqustles elle insiste avec une minutie féminine peuvent plaire, comme aussi peut déplaire la hardiesse de quelques-tms de ses jugements sur les hommes et sur les choses. Elle est très sévère pour Baiaiae.
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de sauver leur vie. Le roi de Prusse, mon souverain, et toutes les tètes couronnées de l'Europe, unies par les liens du sang au prince prisonnier; son frère, l'empereur d'Autriche, la reine de la Grande-Bretjigne, sa cousine, ses alliés, le roi des Belges et la reine d'Espagne, le roi d'Italie et le roi de Suède ses parents, donneront à S. Ëxc. don Benito Juarez toutes les garanties possibles , qu'aucun des prisonniers ne mettra jamais dorénavant le pied sur le sol mexicatn. »
Maximilien écrivit encore à Juarez : « Prêt à recevoir le coup fatal ponr avoir voulu essayer de nouvelles institutions destinées à finir la guerre civile qui depuis tant d'années déchire ce malheureux pays, je perdrais volontiers la vie si mon sacrifice pouvait contribuer à la paix et h la prospérité de ma nouvelle patrie. Intimement convaincj qu'on ne peut fonder rien de stable sur un terrain imprégné de sang et incessamment bouleversé, je viens vous conjurer, de la façon la plus solennelle, et avec la sincérité propre aux moments suprêmes dans lesquels je me trouve, de faire que mon sang soit le dernier versé; j'espère qu'avec cette persévérance que, même aux jours de ma prospérité , je me plus à reconnaître et à louer en vous, vous vous consacrerez à la plus noble des tAches, celle de réconcilier les esprits et de fonder d'une manière durable la paix de ce malheureux pays. »
Il disposa de son avoir particulier, toujours selon des idées chevaleresques, et en homme préoccupé de la postérité, idée singulière en un temps où tous sont comme fixés à la glèbe de la tâche quotidienne. 11 légua beaucoup de souvenirs, et comme si, à ce dernier moment, ses aventures en Lombardie lui revenaient à l'esprit, il laissa au docteur Jellek, médecin en chef de la marine, l'Histoire des Italiena de César Gantù. 11 faisait dire h. sa mère : « J'ai fait mon devoir de soldat, et je meurs en bon chrétien. » Ses dernières paroles furent ; « Pauvre Charlotte I » Il ouvrit la montre dont la boite renfermait son portrait, le baisa et, la donnant à son confesseur ; « Remettez-la-lui, et, si elle vous comprend, dites-lui que la dernière image qui se soit présentée à mes yeux, c'est la sienne (1).» Puis il s'écria : « Mexicains, mes
(1) La 1flltr« qu'il lui aToit écrite at qui fut ouverte, disait : n Si Dieu permet qu'un jour gaitie tu lises ces lignes, tu comprendras avec quell« obstination le sort m'a persécuta. En partant, tu as emporté eo Blurope ma fortune et mon Ame. Tant de coups ont ai bien briià le Taisceau de mes
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pareils sont appelés par la Providence à faire la félicité des peuples ou à fitre leur victime. Appelé par vous, je suis venu pour le bien du pays, et non par ambition ; je suis venu pour faire le bonheur de ma patrie adoptivo, celui de mes fidèles amte. Que mon sang soit le dernier versé 1 Vive le Mexique ! vive l'indépendance! » Et il se présenta courageusement devant le peloton d'exécution dont il reçut te feu, avec Miramon et Hegia, le 19 juin 4867, date qui sera marquée par la dignité de sa mort, et la brutalité de ces libéraux condamnés au rAle de bourreaux. Sur le lieu du supplice on planta une croix.
Frédéric Stalt , qui, bien qu'Américain , s'était fait son défenseur, a qualifié le procès de comédie et sa mort d'injustifiable assassinat. Le poète Zorrilla imagine qu'en CasUlle, où il se trouvait alors, Mazimilien lui apparaissait en songe, et s'écrie : « Toute la terre m'abandonne. Dieu, les juges, ceux qui m'ont entraîné à l'abime. Mon Ame leur pardonne. Dieu me surat. En paix avec moi-même, j'ai pour moi l'histoire. L'antique christianisme me fait cortège, et j'ai pour témoins de ma mort lamentable la foi et la gloire des vieux temps. La France a repassé la mer-, Rome m'a démenti; mais l'une et l'autre, aussi bien que moi, perdent cet empire. Je laisse l'Église trahie; avec moi meurent les traditions européennes; te Mexique n'a pas tué seulement ma vie ; mais sous les balles républicaines la vie de l'Europe en Amérique a succombé, et son autorité est finie. Victime expiatoire des Hapsbourgs, l'avenir me justifiera.., gi Charlotte retrouve la mémoire, elle reconnaîtra ta voix. Dis-lui que je meurs en chrétien, en empereur, en gentilhomme, m
Les prétendus organes de la prétendue opinion publique annoncèrent que le Mexique exprimait son allégresse au son des cloches, de la musique et des feux d'artifices : nDece mamelon sortira un cri suprême, qui résonnera dans le globe enUer d'heure en heure, de siècle en siècle, de tr6ne en trAne, de peuple en peuple : Vive la république ! le jour de ^oire est arrivé. »
Alors, comme toujours, les cris et les carillons d'un petit
espArancBB, que la mort me Bemble noe délÏTrance. Je tomber&i comme nn soldat, comme us roi vaincu, mai« non déshonoré. Si tes louffrAnces sont trop grandes et «i Dieu t'appelle à me rejoindre promptemenl, je téoirai is main qni B'eit appeaanCie but nout. Adieu, adieu I Ton pauvre Hak. ■ <Vo7ez retpAwiM de 4ueretaro, 20 juin ISB7.)
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nombre représentaient le silence du grand nombre. Le conrage comme l'humanité fut le partage de quelques femmes qui osèrent aller tremper leurs mouchoirs dans le sang des ' victimes pour en faire des reliques.
Mexico, défendu jusqu'alors par Marquez, se rendit; l'armée fut dissoute ; quelques-uns des Autrichiens et des Français qui étaient restés, désertèrent ; une centaine de Français au plus s'embarquèrent pour l'Europe.
La nouvelle de ce régicide ajouté à ceus de Charles I", de Louis XVI, d'Iturbide, bien qu'arrivé dans un temps blasé sur les catastrophes royales et déshabitué d'indignation généreuse pour l'injustice comme de compassion pour les vaincus, excita en Europe une stupeur et un frémissement général. Je me trouvais à Paris où se pressait une foule venue de tous les points du monde pour voir sa splcndide exposition universelle, quand au milieu des fêles de la distribution des pris arriva la fatale nouvelle. La cour prit le deuil ; et à un dîner mimstértel auquel j'assistai, tout le monde était en noir. Quand nous annonçAmes l'horrible nouvelle et la folie de l'impératrice à Montaleœbert, épuisé déjà par la maladie h laquelle il devait succomber , il s'écria : <i C'est un drame à la façon de Shakespeare, u Et Berryer dit avec vérité que ce fut une vraie désolation pendant le peu de moments que le scepticisme énervé, la volonté de rire et de s'amuser y laissèrent penser. Je voyais alors un des plus ardents ennemis de Maximilien, et, aux éloges que je faisais de lui, il ne me répondait qu'un mot : « Tout cela est vrai, mais c'était un étranger. »
Je me rappelai la Lombardie.
Dans le suaire sanglant de Oueretaro étaient enveloppées les obligations mexicaines; le Corps législatif eut à s'en occuper et les voix les plus éloquentes s'apitoyèrent sur la victime pour la jeter à la face de celui qui l'avait sacrifiée , qui d'un air affectueux l'avait conduit au champ du supplice.
bln réalité, la France avait réussi à faire précisément le contraire de ce qu'elle s'était proposé. Elle voulait se faire payer ses dettes, et elles furent doublées; elle voulait relever son prestige en Amérique, et elle acheva de le ruiner; elle voulait venger ses nationaux et ses soldats, et elle les vit égorger, sans obtenir un mot d'excuse; elle voulait remettre son commerce au premier rang, et il y était anéanti ; elle voulait régénérer le Mexique, et elle le laissa dans le pire d^
viK DB l'archiduc lumuLiEN d'actbichb. 427
sordre, en proie h la guerre civUe, au brigandage, à une forfanterie accrue par la victoire, et exposé h la convoitise des États-Unis, qui, s'ils réussissent à le dominer, y détruiront tous les éléments indigènes et latins.
Eu Italie, quand arriva la nouvelle que Lincoln avait été assassiné, la Chambre suspendit sa séance; et son drapeau fut pendant quelques jours voilé d'un crôpe. Pour Maximilien, rien, bien que l'Italie et l'Autricbe fussent alors en pais ; je crois que la cour porta le deuil pendant quinze jours. Il se trouva dessous pour étouffer jusqu'à la pitié, en disant : <i Maximilien a fait des lois de sang contre les brigands, il les a subies k son tour, » comme si un prince loyal et généreux, condamné par de farouches métis, pouvait 6tre assimilé aux bandes dévastatrices contre lesquelles ce décret avait été porté. Pourtant les regrets sincères ne lui manquèrent pas jusque parmi ceux qui l'avaient combattu; les Italiens, qu'il avait inutilement aimés, prièrent pour lui : « Les hommes de cœur, en saluant sa mémoire (écrit Tommaseo), ne mettaient en péril ni la gloire, ni la morale, ni la liberté, qu'on peut défendre contre les embûches des vivants, en laissant les morts là où ils reposent >> (1).
Et pourtant il est remarquable que ceux, qui depuis lors ont triomphé et ont pardonné aux fauteurs de tous les principes dépossédés, aux destructeurs de la pais et de la discipline, auz lâches, aux corrompus, ont toujours regardé avec défiance les amis vrais ou supposés de l'arcbiduc , et les ont condamnés à ne plus travailler au bien de la patrie.
Le cadavre de Maximilien, que les meurtriers s'étaient engagés d'avance à livrer, dut être racheté, à force de prières at d'argent, k cette oligarchie sans pitié et sans honneur. Le navire même qui t'avait amené de Miramar au Mexique le
(1) TommaMo uvait écrit : ■ Marimillea élait vennen Italie chercher un peu d'indulgence pour sa eaute, un pea d'estime «t d'affection pour luimême, car il ne l'eu tentait pas iodigue, et il avait l'intention de montrer t tous qu'il les méritait. L'homme veut Atre estima de ceai qu'il estime lui-même ; Maximilien estimait eineèrement les Italiens et il en donna des témoignages peut-âtre plus affectueux que ceux dont certains Qls de l'Italie ont gratifié leura frtres. ■
Ailleurs il a écrit : s Maximilien en Italie et au Mexique a gravi deux fois un échafaud plus barbare que celui de Louis XVI ; sa résignation fut égale, son courage viril plus grand', il ne fut jamais ai un satellite ici, ni un afenturier U-bas ; et il a su porter avec dignité iin poids plus lourd que le 'mpérial, le poids de ses malheurs, b
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remporta, soub le coromandement de ce TegethofF qui, avec la flotte créée par Maximilien, venait de remporter une victoire sur la flotte italienne. Trieste le pleura, et l'bonora d'un monument 'grandiose (1), et prit part aux tristes solennités qui eurent lieu pour le déposer au milieu des siens, aux Capucins de Vienne.
Aujourd'hui un petit sanctuaire conserve h Miramar les souvenirs personnels du prince, ses armes, ses vfttements, son sceptre malheureux.
Maximilien et Charlotte s'étaient constitués', par un acte réciproque, légataires universels du dernier survivant. Charlotte devint donc l'héritière de son époux, et comme elle n'était plus en état de Taire un testament, l'héritage était des- Une à revenir tout entier à la maison roydle de Belgique. Mais un arrangement a été conclu sur ce sujet avec l'Autriche qui s'est chargée de payer les dettes du cher défunt.
Sa femme , atteinte du délire de la persécution, n'était plus alors en état de connaître cette tragédie. En 1867, le jour de naissance de Maximilien (6 juillet), elle, qui l'attendait à Miramar, voulut que le chftteau fAt illuminé et pa-
(1) 11 adU inauguré la 3 STril (BIS. Sur un piâdeital en gnoit s'èlèTB la statua da l'empereur en costume d'amiral, le regard et la maio tourné* Tera Miramar ; elle a été modelée giar Schilling de Dresde, foDdue à VienDs sous la direction de Rûhlich et POnninge. Le momuaeat a 9',!0 de haut. Quatre demi-flguret placées aux quatre angles du piédestal ejmboliseDt les points cardinaux : l'orient est représenté par un* vieille avec un croissant et une étoile; l'occident, par une jeune âlte avec l'étoile damatinsurlefront et untrideDlàlamain; le sud, par un ËgjptieD des temps pharaoniques portant une feuille de palmier; le nord, par on homme coiffé d'un casque tenant un crampon et un cible d'ancre. Par datant est sculpté, en haut relief, le vaisseau autrichien voguant sur le* flots, i droite la marine de guerre, i gauche la marine marchande, derrière la ville de Trieste avec Miramar; dans des médaillons placés plus ha* sont figurés la science, la poésie, les beaux-arts, riodustrie. Les inacriptlons des quatre faces disent : • A Maiimilien d'Autriche, emperenr du Mexique, 187B. — Chef de l'armée navale, elle lui doit sa gloire ; — la marine marchande lui doit ses progris. — Avec un cceur généreux, il a secouru les pauvres; — par la création de Miramar, il a embelli Trieste, sa patrie d'adoption, n
Ad pied de la statue est gravé ce passage de son testament : h A la marine autrichienne que j'ai tant aimée, a tous les amis que je laisse rar les bords de l'Adriatique, j'envoie mon suprême adieu, — 16 juin IB67.
•: MtXIUILIBH. >
L'empereur François-Joseph assistait à l'inauguration, et le chevalier de Porrenta prononça on discours.
VIE DR l'archiduc HAXIMIUBH D'AUTRICUE, ii9
TOisé ; et les Triestins Tenaient d'apprendre sa triste mort lorsqu'ils virent briller cette fête.
La reine des Belges, quand elJe alla trouver Charlotte à Miramar, put lui Taire comprendre que ses frères désiraient la voir, et que, comme ils ne pouvaient pas venir, elle leur ferait plaisir d'aller à Bruxelles. « Non, répondit-elle avec assurance, j'attends Max; il a fl'ni ses affaires et donné son abdication; tel jour il est parti de Mexico, tel autre de la Vera- Cruz; la traversée lui prendra quinze jours; le voyage de Liverpool ici, trois autres ; donc il arrivera dans six jours. » Et ce jour-là elle allait au port, regardait avec la longue-vue et finissait par dire : << Je l'attendrai pendant soixante ans. »
Elle demeura dans ces alternatives d'affreuses ténèbres et d'intervalles Ijicides, témoignage lamentable de la condition malheureuse à laquelle peuvent être réduites la grandeur, la richesse, la beauté, l'intelligence. Assez en possession d'elle-même pour sentir son malheur, elle a distribué une photographie de son bien-aimé, représenté en simple marin, avec ce verset en espagnol : » Le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis. » Un esprit moins résigné y aurait écrit : Exoriare aliquis nostris ex ossiàua ultor.
Et la vengeance n'a pas manqué, puisque le Mexique est rentré dans les convulsions dont on avait espéré le guérir. Juarez eut à sa discrétion Mexico et la Vera-Cruz ; il reAisa de rendre le cadavre à l'Autncbe, à moins d'une demande officielle, qui équivalait à une reconnaissance officielle comme il voulait en obtenir de toutes les autres nations. Réélu président de la République mexicaine dans le congrès de 1867, il proposa d'importantes réformes : il essaya de mettre un peu d'ordre dans les affaires et de se concilier les esprits en décrétant la liberté de l'Église; il renonçait ainsi à toute ingérence dans la nomination des êvËques qui furent dès lors nommés par Rome à tous les sièges vacants. 11 réprima des tentatives de désordre réitérées, et quand Ortega se désista de ses prétentions, il accorda une amnistie plénière et put se féliciter de la prospérité intérieure et de ses bonnes relations au dehors (1869). Mais )a paix ne sourit pas longtemps, la guerre et l'anarchie recommencent avec plus de fureur. Autour de Marquez se réunissent les partisans de Maximilien ou plutôt de l'idée monarchique, et d'autres aussi, quoique bien différents, mais qui veulent abattre le dictateur comme illégalement élu, et s'asseoir & sa place. Or-
sîons se décbataeot et rendent malheureux et pauvre un des pays les plus généreusement doués par la nature, et qui, nous aimons à le croire, est réservé pour un heureux avenir auquel certainement la noble Espagne arrivera.
(1) Alora régnait eo Espagne, pour un momeot, Amédée de Savoie, eotuïn d« MaiimilieD; et il écrÎTsit au préBident inUrimaire du Mexique, ctn réponse k la □otiâcation de la mort de Joarez :
• Mon grand et bon ami, ■ Je Eana avec teg plui profonds regrets la Iriate nonTelle dont roas m'avez fait part, de la mort du citoyen Benito Juarei, président du Mexique, Je comprends parTaitement que le peuple meiicain soit plongé dans la douleur par cette perte immense, et je voua jure que vous rendez pleine joatice au peuple espagnol et i moi-même en supposaut que noua noua associons à sa douleur. Les Espagnols regardent toujours avec le plua grand intérêt tout ce qui touche un pa;s auquel ils sont unis par tant da liens de bonne amitié. Croyez donc à la sincérité de ces sentiments et aojei persuadé que je serai heureux d'être constamment votre grand et bon ami.
■ AuÂDte. >
FIN DU VIHGTIÈXB VOIUME.