‹ Les trésors de Cornelius a Lapide (volume 2)Chapitre 28 sur 97 · IV · texte numérisé non relu

IV

Les scandaleux sont respônsablés de tous les crimes qu'ils font Commettre, et de toutes les âmes qu'ils perdent.

Le scandale des grands est plus criminel

et plus dangereux.

Lé noibre des scandaleux est grand.

ce sont deux volontés contradictoires : la première n’est qu'uñé velléité, la seconde est une volonté absolue , efficace...

Ainsi une femme mondaine, vanitéuse, qui suit les modes indécentes, ne se propose pas de perdre les âmes; cependant elle les perd, en fournissant une occasion prochaine de séduction, etc...

Tour le monde suit l’exemple du roi, dit Claudien :

Regis ad exemplar totus componitur orbis.

(Anton. in Meliss.).

Les riches, les grands, ceux qui occupent des places importantes ; et qui scandalisent, font un mal infini.

Quand les impies régnent et dominent, c’est la ruine de tous, disent les Proverbes : Regnantibus impiis, ruinæ hominum (xxvI. 12).

Les mauvais exemples des grands , de ceux qui sont en autorité , excitent et enhardissent au mal : on croit alors avoir une espèce de droit de le commettre aussi.

Malheur aux personnes qui sont préposées au gouvernement des autres, si elles donnent du scandale! Les magistrats, les juges, les pasteurs, les pères et mères, les maîtres et maîtresses, les instituteurs et institutrices, doivent spécialement donner le bon exemple, sous peine de répondre des âmes qui leur sont soumises...

Les supérieurs scandaleux porteront tous les crimes commis par leurs inférieurs...

Bsavcour de scandaleux se sont répandus dans le monde, dit 'apôtre saint Jean : Multi seductores exierunt in mundum (AL. 7).

L’hérésie, les schismes sont de grands scandales... Les persécu tions contre la religion sont de grands scandales... Les blasphémateurs, les profanateurs du dimanche, les parents négligents, les hommes de haine, les impudiques, les médisants, les calomniateurs , les orgueilleux, les avares, les hommes emportés et vindicaüfs, les ivrognes, les paresseux spirituels, ete. , sont tous en général des scandaleux. IL y a donc beaucoup de scandaleux...

Les mauvais écrits, les théâtres licencieux , la manière dont on célèbre les fêtes publiques , les réunions où l’on parle du prochain, les assiduités entre personnes de différent sexe : voilà des scandales , et souvent des scandales très-dangereux..……,

SCAN DA LE 387 Ïz y à le scandale donné, et le scandale reçu. Celui qui recoit le Bonne le k : É Le : É. Scandale.’ scandale, qui y adhère, qui y coopère en l’approuvant, se rend très-coupable.…. Il est comme le recéleur ; sans les recéleurs, il y aurait peu de voleurs...

On donne du scandale par paroles, par regard, par écrit, par action combien RSS e manieres et par omission. donne-t-on

1° Par paroles. Comme un vase immondé répand une odeur (sean infecte, ainsi l’âme corrompue épanche par ses discours la corruption qui est en elle; elle souille céux qui l’entendent , elle les rend coupables et mauvais... à

Leur bouche, dit le Psalmiste, est un sépulcre ouvert : Sepul: crum patens est quttur eorum (v. 11).

Leur langue est celle de l’aspic ; elle est pleine d’un venin mortel : Venenum aspidum sub labiis eorum (Psal: xxxIx. 4).

Leur langue est une flèche empoisonnée qui blesse à mort, dit Jérémie : Sagitta vulnerans lingua eorum (1x. 8).

20 Scandale des yeux. Toutes les passions se peignent dans les yeux et se communiquent par leur moyen... Il y a des millions d’âmes en enfer à cause de leurs regards criminels, qui ont été pour

les antres un sujet de chute.

3° Scandale par les écrits. Les mauvais livres, soit contre la religion, soit contre les mœurs; les mauvaises chansons, les feuilletons immoraux, les écrits irréligieux, menteurs, blasphémateurs ; les peintures obscènes, les statues indécentes, etc. ; ce sont là ce déplorables scandales...

4o Scandale d’actions. Mauvais exemple donné par des actes d’impureté, d’ivrognerie, de colère, de vengeance, etc.

5° Scandale d’omission. Les prières négligées, les saints offices, les sacrements abandonnés, etc. : voilà des scandales d’omission..…. Scandale d’indifférence, de paresce , etc...

Nx donnez à personne aucun scandale, dit le grand Apôtre : Me- © Ii die fâut mini dantes ullam offensionem (IL. Cor. 1v. 3). Que de votre bouche En ne sorte aucun discours mauvais; qu’il n’en sorte que de bons, qui : ip augmentent la foi et donnent la grâce à ceux qui écoutent, dit encore l’Apôtre : Omnis sermo malus ex orevestro non procedat ; sed si quis bonus, ad ædificationem fidei,ut det gratiam audientibus (Eph: 1v.29).

Il faut agir sans cesse de manière que toute notre conduite

devienne pour les autres un exemple continuel..….

fl faut éviter le scandale et le scandaleux,

1 faut déplorer tout scandale, et .pricr pour Cour

quile donnent,

Ux peu de levain fait fermenter toute la masse, dit saint Paul : Modicum fermentum tolam massam corrumpit (1. Cor. v. 6).

L'air empesté attaque la multitude. ; une maladie contagieuse se communique sans que l’on s’en apercçoive...; le scandale est une odeur mortelle qui se répand au loin...

Si votre main ou votre pied vous scandalise , dit J. C., coupez-le et le jetez loin de vous; car il vaut mieux pour vous d’entrer dans la vie boiteux ou mutilé, que d’être jeté dans le feu éternel ayant deux mains ou deux pieds. Et si votre œil vous scandalise, arrachezle et Le jetez loin de vous ; car il vaut mieux pour vous d’entrer dans la vie avec un seul œil, que d’être jeté dans le supplice du feu avec vos deux yeux (1). C’est-à-dire , retirez-vous d’un ami, d’un voisin, de tous ceux qui vous scandalisent ; quand même ces personnes vous seraient utiles comme votre œil, votre pied, votre main, coupez, arrachez, écartez, rompez toute communication, toute liaison...

Mais, direz-vous d’après J. C., il est nécessaire qu'il vienne des scandales : Vecesse est ut veniant scandala (Matth. xvnr. 7 ). Comment donc éviter le scandale, ne pas le donner ou le recevoir quelquefois? Les scandales dont parle J. C. sont les persécutions, les dérisions, les calomnies contre les justes... Le scandale n’est pas nécessaire absolumenten soi, maispar supposition ; car, vu la multitude des êtres corrompus, etc., il estimpossible qu’il n’y ait pas de mauvais exemples.

Il faut reprendre les scandaleux par le bon exemple, par la

uite.…, par l’improbation exprimée du moins par nos traits. ; les

reprendre quand on le peut...; et surtout, dès qu’on les connaît, ne jamais les fréquenter...

Heureux l’homme, dit le Psalmiste, qui n’est pas entré dans le conseil de l’impie, qui ne s’est pas arrêté dans la voie des pécheurs: Beatus vir quinon abiit in consilio impiorum, et in via peccatorum non stetit! (1. 1.)

Îz est dit au quatrième livre des Rois, que le prophète Elisée ayant vu Hazaël, serviteur de Bénadad, roi de Syrie, se troubla : que son émotion parut sur son visage, et que cet homme de Dieu versa des larmes. Hazaël lui dit : Pourquoi mon seigneur pleure-t-il? Elisée

(1) Si autem manus tua vel pes tuus scandalizat te, abscide eum, et projice abs te : bonum tibi est ad vitam ingredi debilem vel claudum, quam duas manus vel duos pedes habentem mitti in ignem æternum. Et si oculus tuus scandalizat te, erue eum, et projice abs te : bonum tibi est cum uno oculo in vitamintrare, quam duos oculos habentem mitti in gehennam ignis ( Matth. xvirt. 8. 9).

lui dit : Parce que je sais combien de maux vous ferez aux enfants d'Israël ; vous brûlerez leurs villes fortes, vous frapperez du tranchant du glaive leurs jeunes hommes, et vous écraserez leurs enfants ; vous ferez périr les enfants, même jusque dans le sein de leurs mères (vin. 10-12). Hazaël fut roi de Syrie.

Il faut imiter Elisée, verser des larmes et prier; caril y a aujourd’hui beaucoup d’imitateurs d'Hazaël.….. Il faut pleurer amèrement le malheur des scandaleux, le mal qu'ils se font à eux-mêmes, et les maux qu’ils font faire... Il faut prier pour la conversion des scandaleux, pour la cessation et pour la réparation des scandales...

Macuzur aux lèvres perverses! dit l’Ececlésiastique ; malheur aux mains malfaisantes ! Væ labüs scelestis, et manibus malefacientibus ! (11. 14.) |

Malheur au monde à cause de ses scandales, dit J. C. ; malheur à l’homme par qui le scandale arrive ! Væ mundo a scandalis ; væ homini per quem scandalum venit ! (Matth. vur. 7.)

Premier châtiment du scandaleux : Remords. La conscience du scantlaleux élève la voix et lui crie comme le Seigneur à Caïn : Où est Abel ton frère? où est cette âme que tu as perdue par tes scandales? Qu'as-tu fait? La voix du sang de cette âme crie de la terre jusqu’à

moi. Maintenant donc tu seras maudit (Gen. 1v. 9-14).

Ce n’est pas la voix d’Abel qui accuse Caïn, dit admirablement saint Ambroise, ce n’est pas son âme ; mais la voix du sang qu’il a répandu: c’est son crime qui l’accuse. Si Abel l'épargne, la terre ne l'épargne pas; si son frère se tait, la terre condamne (Lib. TE de Office.). Bois, bois le sang de ton frère que tu as assassiné par tes scandales! dit le remords...

O scandaleux! que vous dit votre conscience à la vue des maux affreux et souvent irréparables que vous avez faits? Votre conscience est en vous votre témoin, votre accusateur, votre juge, votre exécuteur, votre bourreau...

Deuxième châtiment du scandaleux : Point de paix. Ils ne connaissent pas, dit Isaïe, le chemin de la paix; et ceux qui marchent avec eux ne connaissent pas non plus la paix : Vram pacis nescierunt; omnis qui calcat in eis, ignorat pacem (1x. 8).

Il n’y a point de paix pour l’impie, dit encore Isaïe : ]Von est pax impiis (xLr1r. 22).

Troisième châtiment du scandaleux : Vie stérile. Plus de bonnes pensées , elles sont toutes mauvaises..,; plus de pieux désirs, ils sont

Châtiments des scandaleux,

tous corrompus et criminels...; plus de saintes actions, elles sont toutes perverses..; plus de vertu, on ne vit que de péchés; plus de mérites...

Quatrième châtiment:1ln’y a plus pour le scandaleux de véritable satisfaction sur la terre. Celui qui sème l'iniquité moissonnera les maux, disent les Proverbes; et la verge qui le brisera est prête : Qui seminatiniquitatem, metetmala, et virgatræ suæ consummabitur (sxn1. 8).

Cinquième châtiment : Aveuglement. O homme rempli de toute malice et de toute fraude, tu ne cesses de scandaliser , dit saint Paul à Elymas. Et maintenant voilà que la main «lu Seigneur est sur toi ; et tu seras aveugle. Et soudain sur lui tombèrent les ténèbres et l'obscurité : Zt nunc ecce manus Domini super te, et eris cœæcus. Et confestim cecidit in eum caligo, et tenebræ ( Act. xuir. 10. 11). Elymas ne perdit que les yeux du corps, et seulement pour un temps; mais le scandaleux perd les yeux de l’âme, et souvent c’est pour jamais...

Sixième châtiment du scandaleux : Il tombe dans la fosse , c’est-àdire dans la fange et la boue. Ils ont creusé devant moi un précipice, dit le Psalmiste , et ils y tombent eux-mêmes : Foderunt ante faciem meam foveam , et inciderunt in eam (xv1. 7). Celui qui creuse un précipice y tombera, dit l’Ecclésiaste : Qui fodit foveam, incidet in eam (x. 8). I le creuse pour les autres; c’estavant tout pour lui-même.

Huitième châtiment du scandaleux : Il se perd. Celui qui prend un serpent en est mordu; celui qui tient du feu dans sa main se brûle avant de brüler les autres : ainsi le scandaleux se fait beaucoup de mal, il se suicide avant de nuire aux autres et de les assassiner. C’est l’abeille qui se tue en voulant piquer...

Les impies, dit le Psalmiste, ont tiré leur glaive; ils ont tendu leur are pour renverser le pauvre et le faible, pour égorger ceux qui ont le cœur droit. Que leur glaive entre dans leur cœur, et que leur arc soit brisé (1).

Les scandaleux qui n’épargnent pas les autres, dit saint Bernard , se blessent eux-mêmes; ils tuent et se tuent : Non parcunt suis, non parcunt sibi : perimentes pariter et pereuntes (Serm. in Psal.). Les scandaleux, dit encore saint Bernard, sont frappés d'autant de morts terribles qu’ils donnent de pernicieux exemples : Tof mortibus digni sunt, quot exempla transmittunt (Lu Psal. ).

Neuvième châtiment du scandaleux : L’opprobre, et l’opprobre

(1) Gladium evaginaverunt peccalores, intenderunt arcum suum, ut dejiciant pauperem et inopem, ut trucident rectos corde, Gladius eorum intret in corda ipsorum, et arcus eorum confringatur (xxxyr. 14.15).

aux yeux de Dieu et des hommes... Oui, pécheurs, l’ignominie, la dégradation vous suit, vous en êtes environnés etremplis : Repletus est ignominia (Habacuc. 11. 16). Acceptez ce breuvage, enivrez-vousen , et dormez : Bibe, et consopire (Id. 17. 16 ). Toutes vos infamies et vos turpitudes vous seront jetées à la face ; un mépris souverain et universel tombera sur vous...

Je vous livrerai à un opprobre éternel, dit le Seigneur par la bouche de Jérémie, et à une ignominie qui jamais ne sera effacée par l'oubli : Dabo vos in opprabrium sempiternum, et in ignominiam œternam , quæ nunquam oblivione delebitur (xxiv. 40).

Dixième châtiment : Une affreuse mort attend le scandaleux. Celui qui scandalise pendant sa vie aura une fin terrible, disent les Proverbes : Qui decipit justos in via sua, in interitu suo corruet (xxvur. 10),

Parce que tu as dépouillé les autres de leurs vertus par tes scandales, tous te dépouilleront et te mettront à nu, dit le prophète Habacuc : Quia tu spoliasti, spoliabunt te omnes (11. 8).

Les scandaleux, comme tant d’exemples le prouvent, meurent d'ordinaire dans le désespoir.

Onzième châtiment : Jugement formidable. Celui qui vous scandalise en portera la peine, quel qu’il soit, dit saint Paul aux Galates; il sera jugé sévèrement : Qui conturbat vos, portabit judicium (vw. 10).

Que celui qui fait le mal le fasse encore ; que celui qui est souillé se souille encore. Voilà que je viens, que j'arrive, dit le souverain juge dans l’Apocalypse ; et avec moi est ma récompense, pour rendre à chacun selon ses œuvres : Qui nocet, noceat adhuc ; et qui in sordibus est, sordescat adhuc. Ecce venio cito ; et merces mea mecum est, reddere unicuique secundum opera sua (x. A1. 12).

Douzième et effroyable châtiment du scandaleux : L’enfer, et un enfer spécial pour lui. Ils m'ont dressé des piéges, dit le Prophète royal, ils ont tendu leurs filets, ils ont ouvert un précipice dans la voie où je marche. Des charbons ardents tomberont sur eux; ils seront jetés dans la flamme, dans les abimes sans fond, d’où ils ne sortiront jamais (1).

Dans l’enfer, les scandaleux souffriront autant de fois les tourments de ce lieu de désespoir, qu’ils auront perdu d’âmes...…. Eternellement les âmes qu’ils auront damnées par leurs scandales, seront acharnées à poursuivre et à persécuter le scandaleux qui les aura perdues...

(1) Absconderunt laqueum mihi: et funes extenderunt in laqueum, juxta iter scandalum posuerunt mihi. Cadent super eos carbones, in ignem dejicies eos; in miscriis non subsistent (cxxxix. 6-11),

Nécessité de la science chrétienne,

*iNTeRpRÉTATION de la loi appartientau prêtre, dit saint Jérôme:

Leyis interpretatio, sacerdotis officium est (Epist. ad Nepotian.).

Pour vous, dit saint Paul à son disciple Timothée, demeurez

ferme dans la doctrine que vous avez apprise, et qui vous a été confiée , sachant de qui vous la tenez ().

La science est nécessaire, même pour régler le zèle... Le zèle, dit saint Bernard , n’est vraiment efficace que lorsqu'il est joint à la science ; il est alors plus utile ; tandis qu’il est souvent nuisible sans la science. Plus le zèle est ardent, l’esprit actif, et la charité persuasive, plus il faut l’action de la science, pour savoir limiter le zèle , tempérer l'esprit , régler la charité ( Tract. de Inter. Domo).

Lorsqu'il sera difficile de juger et de discerner, dit le Seigneur dans le Deutéronome, vous viendrez vers les prêtres; vous les interrogerez, etils vous découvriront la vérité; et vous suivrezleurs avis (2). Ce qui prouve évidemment la nécessité de la science dans le prêtre...

L’Ecriture appelle le prêtre Voyant. David dit au prêtre Sadoc : Voyant, retournez en paix dans la ville : Dixit rex ad Sadoc sacerdotem : O Videns, revertere in civitatem in pace (IL. Reg. xv. 27).

On doit s’appliquer, surtout dans la jeunesse, à s’instruire et à comprendre, disent les Proverbes : Ué detur parvulis, adolescenti, scientia et intellectus (1. 4).

On doitécouter et s’instruire , dit Sénèque , aussi longtemps qu’on en à besoin, tant que dure la vie : T'amdiu audiendum et discendum , quamdiu nescias, quamdiu vivas (Epist. Lxxvn ).

Quelque âge qu’on ait, on ne doit jamais dire : Il est trop tard pour s'instruire; car il faut toujours apprendre ce qu’on ne sait pas... Le roi Charles TV passait un temps considérable à étudier; il appelait ses études son spectacle (Zn ejus vita).

Quoique je sois beaucoup plus àgé que vous, écrit saint Augustin à saint Jérôme, quoique fort vieux, je ne cesse de consulter.

(D Tu permane in iis quæ didicisti, et credita sunt tibi, sciens a quo didiceris LE. 111. 14 ).

(2) Si difficile et ambignum apud te judicium esse perspexeris, venies ad sacerdotes, quæresque ab eis; qui indicabunt tibi veritatem ; sequerisque sententiam eorum.(xvi1. 8-11).

SCIENCE, 393 Pour apprendre ce qu'il faut, aucun âge n’est trop avancé; car #il convient plutôt aux anciens d’instruire que d’apprendre , il vaut cependant mieux qu’ils apprennent, afin de ne pas ignorer ce qu’ils doivent enseigner aux autres (ÆZ'pist. xxvIn ).

Instruisez-vous avant de parler, dit l'Ecclésiastique : Antequam loquaris, disce (xvr1. 19). Ne parlez jamais sur ce que vous ignorez; vous pourriez dire des choses fausses, téméraires, condamnables et condamnées...

- Les ignorants mourront dans l’indigence du cœur, disent les Proverbes : Qui indocti sunt, in cordis egestate morientur (xx. A).

Le sage , dit l’Ecriture , recueillera la science des anciens, et relira sans cesse les prophètes ; il retiendra le récit des hommes célèbres, et il entrera en même temps dans les mystères des paraboles. Il pénétrera le secret des proverbes, et il se nourrira du sens caché des paraboles (Æccli. xxxix. 4-3).

Mon peuple s’est tu, dit le Seigneur par Osée, parce qu’il n’a pas eu la science. Parce que vous avez méprisé la science, je vous rejetterai des fonctions de mon sacerdoce : vous avez oublié la loï de votre Dieu : Conticuit populus meus, eo quod non habuerit scientiam : quia . tu scientiam repulisti, repellam te, ne sacerdotio fungaris mihi : et

oblitus es legis Dei tui (1v. 6).

= Les lèvres du prètre garderont la science; et l’on recevra de sa bouche la connaissance de la loi, dit le prophète Malachie : Labia sacerdotis custodient scientiam, et legem requirent ex -ore ejus (The

Saint Ambroise appelle la Bible, qui contient la loi de Dieu, le Livre sacerdotal : Librum sacerdotalem; comme propre au prêtre, qui est obligé de la lire assidûment (Lib. IT Offc. ).

Le prêtre, dit saint Jérôme , gardera la science , de manière à être

une salutaire et savante bibliothèque, où chacun puisse prendre ce qui lui est nécessaire (/n Epist.).

Saint Ambroise compare les prêtres aux abeilles : Comme de célestes abeilles, dit-il, les prêtres doivent former leur suave miel des fleurs des divines Ecritures , et disposer avec art tout ce qui est nécessaire pour guérir les âmes : Sicut apes, de divinarum Scripturarum flosculis, suavia mella conficiunt, et quidquid ad medicinam pertinet animarum, oris sut arte componunt (Lib. [IT Offic., c. v).

La vraie connaissance, la vraie science, dit saint Jérôme, c’est de savoir la loi, de comprendre les prophètes , de croire à l'Evangile :

En quoi consiste la véritable science.

Agnitio et scientia est nosse legem , intelligere prophetas , Evangelio credere (Comment.).

Nous savons, dit l’apôtre saint Jean, que le Fils de Dieu est venu, et nous a donné l'intelligence, pour que nous connaissions le vrai Dieu; et nous sommes dans le vrai Dieu, en son Fils J. C. Celui-ci est le vrai Dieu, et la vie éternelle : Scimus quoniam F'ilius Dei venit, et dedit nobis sensum ut cognoscamus verum Deum, et simius in vero Filia ejus. Hic est verus Deus et vita œterna (L. v. 20).

Et voici quelle est (la vraie science) la vie éternelle, dit J. C. s'adressant à son Père ; qu’ils vous connaissent, vous seul vrai Dieu, et celui que vousavez envoyé, J. C. : Zæcest vita œterna,utcognoscant te solum Deum verum, efquem misisti, Jesum Christum (Joann. xvir. 3),

Heureux l’homme que vous instruisez, Seigneur , dit le Prophète royal, et que vous éclairez par votre loi! Peatus quem tu erudieris, Domine, et de lege tua docueris eum ! (xaxrr. 492. )

La vraie science consiste donc à recevoir des lecons du Seigneur, et à connaitre sa Lo... Aussi le même prophète dit : J'ai surpassé en intelligence tous mes maîtres, parce que je médite votre loi, Seigneur; je l’emporte en science sur les vieillards les plus consommés, parce que je m’applique à apprendre vos commandements: Super omnes docentes me intellexi, quia testimonia tua meditatio mea est; super senes intellexi, quia mandata tua quæsivi (cxvuxr. 99, 400).

Ils sont vains, dit la Sagesse , tous les hommes en qui n’est pas la science de Dieu : Vani sunt omnes homines in quibus non subest scientia Dei (xnr. 1).

Il n’y a point ici-bas de science, dit saint Bernard mourant; il n'y a véritablement aucune connaissance : au ciel est la plénitude dela science, au ciel est la vraie connaissance de la vérité : Nulla hic scientia, nulla vere cognitio : sursum scientiæ plenitudo, sursum vera notitia veritatis (In ejus vita).

Saint Justin enseigne que la vraie philosophie consiste dans la connaissance de Dieu (Æ'pist.).

Saint Laurent Justinien disait que la vraie science de l’homme était de savoir ces deux choses : que Dieu est tont, et que soi-même on n’est rien (46. de Ligno vitæ).

Si vous connaissez J, C., dit un auteur, cela suffit, lors même que vous ignoreriez tout le reste; mais si vous ne connaissez pas J. C., eussiez-vous la connaissance de tout le reste, vous ne savez rien :

Si Jesum noscis, sat est, si cætera nescis ; Si Jesum nescis, nil est, si cœtera noscis.

Dieu est le maitre des sciences, dit l’Ecriture ; Deus scientiarum dominus est (1. Reg. 11. 3).

Le Seigneur donne la science , disent les Proverbes; de sa bouche se répandent et la prudence et Le savoir : Dominus dat sapientiam, et ex ore ejus scientia (11. 6). Ge que la lumière est à ceux qui regardent un objet, et ce qu’elle est à l’objet lui-même, Dieu l’est à la science et à ceux qui la cherchent...

I n’y a que le cœur droit qui cherche la véritable science, disent les Proverbes : Cor rectum inquirit scientiam (xxvir, A).

Lorsque nous prions, dit saint Augustin, nous parlons nous-mêmes à Dieu; mais lorsque nous lisons, Dieu lui-même nous parle et nous instruit : Cum oramus, ipsi cum Deo loquimur ; cum vero legimus, Deus nobiscum loquitur (Serm. xx de Temp).

Connaitre Dieu, dit saint Bernard, c’est la plénitude de la science : Deum cognoscere plenitudo est scientiæ (Tract. de Inter. Domo).

Que savaient les apôtres ? une seule chose : Jésus, et Jésus crucifié. Je n’ai pas voulu savoir parmi vous autre chose que J. C., etJ. C: crucifié, dit le grand Apôtre aux Corinthiens : Von enim judicavi me scire aliquid inter vos, nisi Jesum Christum, et hunc crucifixum (TX. 11, 2). Cependant J. C. appelle ses apôtres la lumière du monde; et ils le sont en effet : Vos estis lux mundi (Matth. v, 14). Ce qui n’a

jamais pu être dit des plus grands philosophes...

Rrex de meilleur que la connaissance de Dieu, dit saint Augustin, parce qu’il n’y a rien qui rende plus heureux; cette connaissance est la béatitude elle-même : Cognitione Dei nihil melius est, quia nilil beatius est; et ipsa vera beatitudo est (Serm. ext de Temp. ).

La connaissance d’un seul Dieu est la possession de toutes les vertus , dit saint Jérôme : Notitia unius Dei, omnium virtutum possessio est (In Epist.) Aimez, dit-il encore, la science des Ecritures, et vous détesterez les vices de la chair : Ama scientiom Scripturarum, et vitia carnis non amabis (In Epist.).

Vous connaître, Seigneur, dit la Sagesse, c’est la parfaite justice ; et comprendre votre équité et votre force, c’est la source de l’immortalité : Mosse enim te consummata justitia est; el scire justitiam et virlutem tuam, radix est immortalitatis (xv. 3). Connaître Dieu non-seulement spéculativement, mais pratiquement...

Les racines de la science sont amères , dit Aristote, mais les fruits en sont doux : Studiorum radices amaræ, fructus autem suaves. Le

Avantages de la vraie science,

même auteur, interrogé sur la différence qu’il y a entre un savant et un ignorant, répondit : Il y en a autant qu'entre un homme vivant et un homme mort : Quo viventes a mortuis. I disait que la science est un ornement dans la prospérité , un refuge dans l’adversité ; que les parents qui instruisent leurs enfants sont beaucoup au-dessus de ceux qui leur ont donné le jour; que ceux-ci ne leur

ont donné que la vie; mais que ceux-là, non contents de leur avoir

donné la vie , font que leur vie soit une vie bonne , riche, heureuse

- (Ita Laertius, en ejus vita).

La science délivrera les justes, disent les Proverbes : Justi liberabuntur scientia (xx. 9).

Par cette science , il faut entendre la connaissance de Dieu, de l’Ecriture, des choses divines, de la grâce, des vertus, du service de Dieu, de son amour, de l’âme, du salut, des fins dernières...

Le chemin de la vie est dans la vraie science, disent les Proverbes : Semita vitæ super eruditum (xv. 24). Gelui qui se nourrit de la parole de Dieu trouvera le bien, disent encore les Proverbes : Eruditus in verbo, reperiet bona ( xv1. 2). La science est une source de vie pour son possesseur : Fons vitæ eruditio possidentis (Prov. xvI. 22).

Le cœur du sage répandra des paroles de vie, et ses lèvres savantes seront pleines de grâce. La parole éloquente est un rayon de miel; elle est la joie de l’âme et la santé du corps : Cor sapientis erudit os ejus, et labiis ejus addet gratiam. Favus mellis, composita verba ; dulcedo animcæ , sanitas ossium (Prov. xvI. 23.24). Les lèvres savantes sont d’un prix inestimable : Vas pretiosum labia scientiæ (Prov.xx. 13).

La science du sage, dit l’Ecclésiastique , se répandra comme un fleuve qui couvre ses bords, et ses conseils demeureront comme une source de vie: Scientia sapientis tanquam inundatio abundabit, et consilium illius sicut fons vitæ permanet (xxt. 16).

La science de Dieu est la source de tout bien... La plus précieuse et la plus parfaite de toutes les choses, c’est la connaissance de Dieu, dit saint Grégoire de Nazianze : Perfectissima omnium rerum est cognitio Dei (In Distich. ).

Clément l’Alexandrie assure que celui qui connaît vraiment Dieu, ne peut se livrer aux voluptés et aux autres agitations de l’âme (Lib. IV Strom. ).

La connaissance et le souveñir de Dieu excluent tous les crimes, dit saint Jérôme ( /n Epist. ).

Je vous donnerai (les pasteurs selon mon cœur, et ils vous

SCIENCE. 397 nourriront de science et de sagesse , dit le Seigneur dans Jérémie : Dabo vobis pastores juxta cor meum ; et pascent vos in scientia et doctrina (ur. 45):

Ceux qui auront la science, dit Daniel, brilleront comme la splen: deur du ciel; et ceux qui enseignent aux autres la justice, seront

comme des étoiles dans toute l'éternité : Qui docti fuerint , fulgebunt .

quast splendor firmamenti ; et qui ad justitiam erudiunt multos, quasi -

stellæ in perpetuas œternitates (xir. 3).

Saint Augustin , dans son livre de la Vie heureuse, y enseigne au long que la vie heureuse n’est autre chose que la parfaite connaissance de Dieu.

Saint Bernard dit : Gonnaïtre Dieu, c’est la plénitude de la science ; la plénitude de cette science est la plénitude de la gloire, la consommation de la grâce, la perpétuité de la vie : Deum cognoscere;

plenitudo est scientiæ; plenitudo autem hujus scientiæ, plenitudo est

gloriæ, consummatio gratiæ, perpetuitas vitæ (Tract. de Inter. Domo ).

I n’y a point de nourriture aussi suave pour l’âme, dit Lactance, que la connaissance de la vérité, surtout de la vérité incréée : Nullus suavior est animo cibus, quam cognitio veritatis, præsertim prim® ; éncreatæ (Lib. I, c. 111).

Les incrédules, les philosophes impies , sont cette race sans conseil et sans prudence , dont parle l’Ecriture. Que n’ouvrent-ils les yeux! que ne comprennent-ils! que ne prévoient-ils la fin! Gens absque consilio est, et sine prudentia; utinam saperent, et intelligerent, aë novissima providerent ! (Deuter. xxx11. 28. 29.)

La lumière de l’impie ne s’obscurcira-t-elle pas? Son flambeau

s’obscurcira dans sa tente; la lampe qui luisait sur sa tête s’éteindra (xviu. 5, 6). ;

Du haut du ciel le Seigneur à jeté un regard sur ces hommes, pour voir s’ilen est un qui ait de l'intelligence et qui cherche lé Seigneur, dit le Psalmiste. Tous se sont égarés; ils sont tombés dans la corruption : il n’en est pasun qui fasse le bien, pas un seul (xur. 2. 3). Ils n’ont pas voulu comprendre, de peur d’être obligés de faire le bien, dit encore le Psalmiste : Voluit intelligere ut bene ageret { XXXV.4 ).

Gelui qui n’a pas la foi n’a pas la vraie science... L'éternité et la vérité sont au ciel, dit saint Augustin ; on arrive à la vérité par là foi : Duo illa sursum sunt, ælernites et veritas; per fide veniendüm est ad veritatem (Lib. Civit. }

Ignorance des incrédules,

Dangers

etravages

. de la fausse science.

Hors dé Diéu, il n’y à point de vraie sciènce..... L’incrédulé méprise Dieu, la loi de Dieu , la religion, sa conscience, son âme, son salut, son éternité; il ne s’en occupe jamais. Toute la science est cependant là...

Ces hommes veulent être docteurs de la loi, dit le grand Apôtre, etils ne comprennent ni ce qu'ils disent, ni ce qu'ils affirment : Volentes esse Legis doctores, non intelligentes neque quæ loquuntur, neque de quibus affirmant (1. Tim. 1. 7).

Ils apprennent toujours, et ne parviennent jamais à la connaissance de la vérité : Semper discentes, el nunquam ad scientiam veritatis pervenientes (IT. Tim. nr. 7).

La science eufle, dit saint Paul : Scientia inflat {K. Cor. vur. A). C'est la vertu des humbles, de ne pas se glorifier de la science, dit saint Augustin : Æumilium virtus est de scientia non gloriari (Ve Morib, }.

Une nourriture indigeste, dit saint Bernard, engendre des humeus mauvaises ; elle ne nourrit pas le corps , mais le détériore; il en est de mème de la science jetée dans l’estomac de l’âme, qui est la mémoire; si la charité de J. C. ne l’échauffe pas, et si cette science ne fait pas agir la volonté , elle est un mal, une calamité { Serm. XXXVI in Cant.).

Le cœur corrompu s’occupe de science corrompue, disent les Pros verbes : Cor iniqui inquirit mala ( xxvir. 21 ).

Mon peuple a été emmené eaptif, dit le Seigneur par Isaïe , parce qu'il n’a pas eu la vraie science; c’est pour cela que l'enfer a dilaté ses gouffres : Capéivus ductus est populus meus, quia non habuit scientam. Propterea dilatavit infernus animam suam (v. 13.44 ).

Nul ne doit se glorifier de sa science , parce que 1° elle est transitoire; 20 imparfaite ; 3° souvent nuisible ; 40 laborieuse. ….

La fausse science résiste à la vérité; elle corrompt l'esprit , elle éloigne de la foi, dit saint Paul : Æi resistunt veritati; homines corrupti mente, reprobi cirea fidem (1. Tim: nr, 8).

Viendra un temps, dit l’Apôtre , où ils ne supporteront plus la saine doctrine, mais suivant leurs propres désirs, ils chercheront de tous côtés des maitres qui flattent leurs oreilles; et ne voulant point écouter la vérité, ils se tourneront vers des fables (4).

Il ne faut pas chercher la science de l’homme et du cœur humain

(1) Erit tempus, cum sanam doctrinäm non sustinebunt; sed ad sua desideria coa= Cérvabunt sibi magistros prurientes auribus : et a veritate quidém auditum avertent, ad fabulas autem converténtur (IT. Tim. tv. 3,4),

SCIENCE. 399 dans les mauvais livres, dans les romans obscènes, dans les feuilletons irréligieux. C’est la science des passions; c’est la prostitution de la science.….; c’est la science des démons... Une telle science fait des démons, et conduit à la demeure des démons...

Evitez les questions frivoles, dit l’apôtre à Tite son disciple, et les généalogies, et les contestations , et les discussions sur la loi; car elles sont inutiles et vaines : Séultas quæsliones , el genealogias , et contentiones , et pugnas legis devita ; sunt enim inutiles et vanæ (nxr.9).

La manière de s’instruire, dit saint Bernard, c’est d'étudier avec ordre , avec assiduité, dans un but louable : Modus est ut scias quo ordine, quo studio, quo fine (Serm. xxxv1 in Cant.).

Quel ordre faut-il suivre dans les études? Il faut commencer par s’instruire de ce qui touche au salut; apprendre ce qui est dû à Dieu; au prochain; et ce qu’on se doit à soi-même...

Il faut étudier avec assiduité, avec zèle; mais avec le zèle de l’amour de Dieu; ne pas laisser le cœur se dessécher ; tandis qu’on orne et nourrit l'esprit...

Dans quel but doit-on étudier et s’instruire? Ce ne doit être ni par vaine gloire, ni par curiosité, ou pour tout autre motif sembla-

“ble; mais pour Dieu, pour sa propre utilité et celle du prochain. Il

y en a qui veulent savoir afin de se faire connaitre, dit encore saint Bernard; c’est une honteuse vanité : Suné namque qui scire volunt ut sciantur et ipsi, et turpis vanitas est ( Serm. xxxvI in Cant. ).

Plusieurs cherchent à se former l'esprit par la science, et peu à former leur conscience. Si l’on ténait avant tout à éclairer sa conscience, et si l’on y mettait la même ardeur, le même zèle que l’on met à poursuivre la science profane et vaine, on aurait bientôt une conscience droite, qui serait un guide plus sûr que toute la science humaine.

Quelqu'un ayant demandé à saint Thomas d'Aquin quel était le meilleui moyen d'acquérir la science, il répondit : Je vous prescrirai de parler peu, de garder la pureté de votre conscience, de vaquer fréquemment à l’oraison, de vous rendre aimable à tous; de ne pas vous occuper des actions des autres : comprenez ce que vous faites et ce que vous entendez; consultez dans le doute (1).

Mon fils , dit le Seigneur dans les Proverbes, ai vous recevez mes

| (1) Tardiloquum te esse jubeo; conscientiæ puritatem amplectere ; orationi väcaré ne desinas, omnibus amabilem te exhibe; nihil penitus quære de factis aliorum; ed que agis et audis, fac ut intelligas; de dubiis te certifices (In ejus vita).

Comment il faut étudier, ou moyens de s’instruire avantageusement,

400 SGIENCÉ,

paroles ; si vous renfermez mes préceptes en vous; si vous prêtez à la sagesse une oreille attentive; si vous inclinez votre cœur à la prudence; si vous invoquez l'intelligence ; si vous implorez la sagesse, alors vous comprendrez, vous trouverez la science du Seigneur (ur. 1-5).

Si vous voulez devenir savant, ne lisez qu’un seul livre , dit saint Thomas : Si vis evadere doctus, unum duntaxat lege librum (3. p. eh Lt")

Le livre par exellence, c’est l’Ecriture sainte...

Le sage, dit l’Ecclésiastique, recueillera la sagesse des anciens; et il relira sans cesse les prophètes : il retiendra le récit des hommes célèbres : Sapientiam omnium antiquorum requiret sapiens, et in prophetis vacabit. Narrationem virorum nominatorum conservabit (xxxix. 1. 2).

Pour acquérir la véritable science, dit saint Bernard , la componc< tion vaut mieux que les profondes recherches; les soupirs instruisent beaucoup mieux que les arguments; les larmes, que les sentences; l’oraison, que la lecture; la contemplation des choses célestes, que l'exploration des choses de la terre (1).

La première des sciences, dit ailleurs saint Bernard , et la vraiïé $cience, consiste dans une conscience pure et sainte devant Dieu : Vera scientia consistit in pura et sancta coram Deo conscientia ( Lib. dé Conscientia). Les seuls disciples de J. G., ajoute-tl, c’est-à-dire ceux qui méprisent le monde, parviennent à la vraie science; car ce n’est pas la lecturé qui donne cette véritable science, mais les œuvres; ce n’est pas la lettre, mais l'esprit; ce n’est pas l’érudition, mais l'exercice dans les commandements de Dieu. Semez pour la justice, moissonnez l'espérance de la vie future; faites jaillir en vous la lumière de la science du Saint-Esprit et de la croix.

On n'arrive pas à la lumière de la science, si le germe de La jus: tice n’est pas auparavant dans l’âme : de ce germe se forme le grain de la vie éternelle, et non la paille de la vaine gloire ({ Lib. de C'onscientia ).

Employons la science, dit S. Augustin; comme un moyen de con: struire l'édifice de la charité : Sic adhibeatur scientia éanquam machina quædam, per quam structura canitatis assurgat (Epist. axix, ©. xx1).

(1) Ad scientiæ plenitudinem, opus est potius intima compunctiône, quam profunda investigatione; suspiriis quam argumentis; lacrymis quani sententiis; oratiône quam lectione; cœlestium potius contemplatione, quam terrestrium üoccupationé (Tract, de Inter, Démo).

CRUPULE, dans son acception primitive, signifie petite pierre qui entre dans la chaussure et qui blesse les pieds, qui gêne, qui empêche de marcher.

Dans le langage figuré, qui est devenu le langage usuel; il signifie la crainte , les peines d’une conscience qui se trouble sans motifs suffisants. Le scrupule vient d’une crainte causée par des conjectures légères, par des suppositions incertaines et sans fondement raisonnable , qui afiligent et tourmentent l’âme. Ils ont tremblé là où il n’y avait pas à craindre, dit le Psalmiste : Z//c trepidaverunt timore ubr non erat limor ( xui. 5).

ÎL y a deux espèces de scrupuleux : les uns doutent et craignent que leurs péchés passés n’aient pas été bien accusés; ils craignent d’avoir manqué de contrition; ils tremblent de n’avoir pas recu le pardon , ayant fait d’ailleurs tout ce qu’ils pouvaient pour faire une ‘bonne confession, pour s’exciter à la contrition, pour éviter de tomber dans le péché. De tels scrupuleux n’en sont pas moins chrétiens, et font ordinairement une bonne fin...

Les autres, vivant mal, ont des scrupules sur le passé; mais ils ne se corrigent point. Ceux-là sont près de leur ruine..….

Le scrupule peut venir : 4° d’une complexion mélancolique, ou de quelque maladie, où de quelques mortifications trop rigoureuses... Il faut alors recourir à la médecine...

2° Le scrupule chez d’autres a pour cause la faiblesse d'esprit ou de jugement. On ne sait pas discerner le bien du mal; on met le mal où il n’est pas; on ne le met pas où il est; quand le mal est petit, on le croit grand; lorsqu'il est grand, on le croit petit, etc.

3 Il y a des scrupuleux, et c’est le plus grand nombre, qui sont scrupuleux par amour-propre, par entètement, par désobéissance , par orgueil.….. Un pareil scrupule est très-dangereux et presque inguérissable.…. On s'aime trop; on tient trop à sa propre volonté, à ses propres lumières... On a la témérité de croire que les directeurs prononcent sans connaissance suffisante de cause; qu'ils sont ou

iv. 26

Qu'est-ce qüé le scrupule ?

Combien ya-t-il de sortes de scrupules ?

D'où vient lé scrupule ?

Souffrances du scrupuleux ; combien il est à plaindre,

trop indulgents, ou trop sévères, ou pas assez instruits, où qu'ils manquent d'expérience, etc., enfin qu'ils se trompent...

%o Le scrupule peut venir aussi d’une trop grande crainte de la mort, du jugement, de l’enfer. On se croit damné pour le moindre péché; on s’exalte l'imagination...

50 Il y a un scrupule qui vient du démon. Le démon cherche à troubler une âme pour l’empècher d'avancer dans la vertu... Le démon aime à pêcher en eau trouble. |

6° IL y a aussi quelquefois des scrupules que Dieu permet pour nous éprouver...

Le scrupule venant du démon se connaît : 1° par l'impulsion à laquelle on parait céder, si cette impulsion est fâcheuse, rude, violente; l'impulsion divine est douce. Dieu est tranquille, dit saint Bernard , il met le calme partout ; regarder ce Dieu de paix, c’est avoir le repos : Zranquillus Deus, tranquillitat omnia ; et quietum aspicere, quiescere est (Serm. xxm1 in Cant.). 2 On reconnait que les scrupules viennent du démon par l’agitation de l'âme, par la perte de la paix, de la suavité, par le dégoût de la vertu, de la résignation, des pieux exercices...

Le scrupule, dit saint Chrysostome, est un cruel tourment; c’est une douleur inexplicable, c’est Le père des bourreaux ; c’est un ver rongeur qui dévore non-seulement le corps, mais aussi l’âme. C’est un ver qui attaque les os et le cœur; c’est un perpétuel persécuteur qui affaiblit toutes les forces de l’âme. C’est une continuelle nuit, ce sont d’épaisses ténèbres ; c’est une tempête, ce sont de noirs nuages; c’est une fièvre cachée qui brèle plus que le feu ; c’est un combat sans repos ( Æomil. de Cruce ),

Le scrupule dessèche et rétrécit le cœur, le rend triste, pesant ; il remplit le cerveau d’une fumée noire, d’un épais brouillard; on voit tout d’une manière sombre, triste, pénible, nuisible, sauvage , elfrayante. ……. Avec le scrupule, on ne voit ni Dieu, ni sa loi, nila beauté et la douceur de la vertu, ni soi-même... On trouve le joug de J. C. accablant; on est tenté de murmurer..…. Jamais de sécurité, jamais de paix, jamais de tranquillité, jamais de lumière... Prières sèches et faites avec beaucoup de peine et d’ennui.. ; sacrements reçus en tremblant et sans consolation, à peu près sans

fruit... ; tentations de tout abandonner, de se décourager... Quel déplorable état !

La tentation du scrupule est peut-être plus dangereuse que les autres; car on regarde les autres tentations comme mauvaises ; mais on prend la tentation du scrupule pour prudence , pour vérité, pour vertu... Le démon Ôte la crainte des dangers réels, et il en fait redouter de faux et d'apparents..... Cette tentation ébranle, ôte même l'espérance, la résignation; elle pousse au murmure, à la haine, au désespoir...

Dangers de l’aveuglement spirituel, qui peut conduire à l’endurcissement par la voie de l’opiniâtreté, de la. désobéissance et dé l'orgueil..….

La vraie vertu, dit saint Ambroise, a la tranquillité et la stabilité du repos. Aussi le Seigneur réserve le don inestimable de la paix à ceux qui sont parfaits : Je vous laisse la paix , dit-il, je vous donne ma paix ; Je vous la donne, non comme le monde la donne. Que votre cœur ne se trouble point et ne s’effraie point : Pacem relinquo vobis, pacem meam do vobis : non quomodo mundus dat, ego do vobis. Non turbetur cor vestrum, neque formaidet (Joann. xrv. 27).

Les âmes vraiment solides et vertueuses sont agitées par les choses du monde, par les tentations, par les passions : la crainte ne les trouble pas; elles ne s'inquiètent pas des soupçons; rien ne les effraie, pas même les douleurs : mais placées dans un port assuré, elles voient passer les tempêtes, sans que leur âme soit ébranlée (Lib. IV Offc., c. v).

1° Le péché, dans son essence, suppose tellement le concours de la volonté , dit saint Augustin, que si la volonté n’y est pas, il n’y a jamais de péché : Peccatum îta in sua essentia includit voluntarium, ut si hoc desit, desinat esse peccatum (Lib. I Retract., c. x).

20 Il est impossible mème aux plus parfaits de ne pas être souillés par la poussière de la terre, dit saint Léon : ÂVecesse est de mundano pulvere etiam religiosa corda sordescere (Serm. 1v de Quadrag.); c'est-à-dire qu’il est comme impossible , malgré toutes les précaulions, vu la faiblesse de la nature déchue en Adam, vu les obstaêles au bien , vu l’entrainement au mal , vu le nombre des dangers, vu la multitude des ennemis, il est imposible d'éviter toutes les fantes vénielles. On n’est impeccable que dans le ciel. Les saints eux-mêmes n’ont pas été exempts de quelques taches légères... D'ailleurs les péchés véniels ne damnent pas, n’enlèvent pas la grâce sanctifiante..…. Pourquoi donc tant se tourmenter?.…. Il

Dangers.

du scrupulé,

L'homme vraimeut pieux n'est pas scrupuleux.

Motifs de mépriser le scrupule.

Remèdes contre le scrupule,

faut se repentir, s’humilier, et non pas se troubler, se décourager.....

3° Supposé qu'on se rendit coupable même d’une faute mortelle , ce ne sera jamais par le scrupule, le désespoir qu’on se rélèvera, mäis par l’espérance et le repentir..….

Dieu pardonne toujours à un cœur contrit et humilié , dit le Psaltiste : Cor contrilum et humiliatum, Deus, non despicies (1:19). Dieu pardonne toujours lorsqu'on revient à Lui...

4o Il ne faut jamais séparer nos misères et nos faiblesses de Là bonté, de la miséricorde, et du sang de J. C: Tout cela est infini en lie

Vouzz:vous , dit saint Bérnard, vaincre le triste scrupulé? vivez bien ; la vie chrétienne est toujours dans la joie : Vis nunquam esse tristis? bene vive ; bona vita semper gaudium habet (De Inter. Domo, C. XLV).

Réjouissez-vous dans le Seigneur, dit saint Paul; je vous le dis encore, réjouissez-vous : Gaudete in Domino ; iferum dico, gaudete (Philipp. 1v. 4).

Pourquoi, à mon âme, dit le Prophète royal, te troublerais-tu ? Espère en Dieu : Quare tristis es, anima mea, et quare conturbas me? Spera in Deo (x11. 7).

Que celui qui veut éviter, et surtout vaincre les tentations diverses, évite et méprise le scrupule, et dise : Je ne me fie pas à toi, à scrupule, tu es un trop mauvais guide; tu viens du démon mon ennemi : ce que tu me présentes est faux, inepte , insensé ; j’embrasserai par prudence le contraire de ce que tu me dis... Aussi saint Antoine disait que , pour vaincre les démons, rien n’est plus efficace que la joie spirituelle , qui exclut Les scrupules (Zn Vit. Patr. ).

Que celui, dit [saïe, qui marche dans les ténèbres > Qui n’a pas de lumière, espère au nom du Seigneur, et qu'il se repose sur son Dieu : Qui ambulavit in tenchris, et non est lumen ei, speret in nomine Domini, et innitatur super Deum suum (1. 10).

Quelqu'un de vous est-il triste, dévoré par le scrupule? qu'il prie, dit l’apôtre saint Jacques : 7ristatur aliquis vestrum ? oret (v. 43).

Ne multipliez pas vos paroles dans vos prières, dit l’Ecélésiastique; ce que l’on fait souvent par de scrupuleuses répétitions : Von iteres verbum in oratione tua (Vir. 15). Que les scrupuleux remars quent et retiennent ces paroles du Saint-Esprit. Ces scrupuleux, qui ne cessent (le se fatiguer l'esprit en répétant sans cesse leurs prières

à cause des distractions, et qui prennent le vrai moyen d’en être constamment assiégés, 8e trompent évidemment. Cette répétition de prières faite par scrupule , avec la crainte de n’avoir pas assez bien dit, avec Le désir déréglé de mieux dire, est inutile et vicieuse ; cette répétition est ridicule et irrévérente; elle nourrit et augmente les craintes et les scrupules. En prononcçant les paroles, les scrupuleux satisfont à l'obligation de la prière; et lors même qu'ils sont distraits, cette distraction n’est pas ordinairement volontaire; elle est l’effet de l'imagination et d’une tête exaltée par le scrupule : elle est, par conséquent, exempte de péché. Et supposé que la distraction fût volontaire et fût une espèce de faute, cette faute doit être effacée par la contrition et non par la répétition de la prière...

Voici encore d’excellents remèdes pour guérir le scrupule; 4° demander à Dieu qu’il nous en délivre... ; 2 avoir une confiance inébranlable en Dieu... ; 3° rester sourd aux suggestions du démon. Il faut agir ainsi, par exemple, pour les pensées contre la foi, pour les pensées de blasphème, ete... 40 arrêter le scrupule dès le commencement; car le scrupule est comme une pierre qui, lancée dans Veau dormante, produit un petit cercle, ensuite un plus grand , enfin des centaines qui vont toujours en grandissant... ; 5° mettre peu de temps à son examen de conscience; ne s'occuper de sa confession que quelques moments avant de se confesser...; 6o ohéissance aveugle au directeur...; 7° abréger sa confession, n’entrer dans aucun détail... ; 8° communier assez souvent, et ne s’occuper de ses fautes ni avant ni après la communion; mais se donner à Dieu ; l’aimer, le remercier...; 9° se rappeler que ce n’est pas la tentation qui souille, mais le consentement... ; 10° mépriser les tentations... ; 11° employer souvent les saints noms de Jésus et de Marie, le signe de la croix... ; 120 éhumilier.…..,

Nécessité deservir Dieu,

ous adorerez le Seigneur votre Dieu, et ne servirez que lui, dit J. C. : Dominum Deum tuum adorabis, et illi soli servies (Matth. 1v. 10 ).

Comme vous avez recu le Seigneur J. C., dit le grand Apôtre, marchez selon lui, enracinés en lui, édifiés sur lui, et affermis dans la ‘foi, telle qu’elle vous à été enseignée, et que de-plus en plus elle abonde en vous avec actions de grâces (1).

Remarquez cette triple comparaison : 4° l’apôtre compare J. C. et

Ja foi en J. C. à un chemin par lequel il faut marcher... ; 9° à une

racine à laquelle il faut que nous soyons greffés, et à laquelle il faut nous attacher...; 30 à une pierre fondamentale sur laquelle nous devons construire...

Que tous ceux, dit saint Paul, qui sont sous le joug de la servitude, estiment leurs maitres dignes de tout honneur : Quicumque sunt sub jugo servi, dominos suos omni honore dignos arbitrentur CÉMEIMONTAN)

Si l’apôtre, dit saint Chrysostome, commande si rigoureusement aux serviteurs d’obéir à leurs maîtres, de les servir, de les honorer; combien grande pour nous est l’obligation de servir le Seigneur, de qui nous tenons tout ! ( Æomil. ad pop.)

Ne pas connaître Dieu, dit saint Augustin, c’est mourir; le connaître, c'est vivre; le mépriser, c’est périr; le servir, c’est régner : Deus, quem nescire, mori est ; quem nosse, vivere est ; quem spernere , perire est; cui servire, regnare est (De Cœlesti Vita).

Dieu a fait l’homme pour le connaitre, pour l’aimer en le connaissant, pour le posséder en l’aimant, pour en jouir et être infiniment heureux en le possédant ….

Peuples, applaudissez, s’écrie le Prophète royal, faites éclater votre joie devant Dieu par vos cantiques et par vos transports! Omnes gentes, plaudite manibus ; jubilate Deo in voce exsultationis (xXLvI. 2).

Le Dieu des merveilles est notre Dieu dans tous les siècles et dans l'éternité, dit encore le Prophète royal : Æic est Deus, Deus noster

(1) Sicut ergo accepistis Jesum Christum Dominum, in ipso ambulate, radicati et superædificati in ipso; et confirmati fide, sicut et didicistis, abundantes inillo in gratiarum actione ( Coloss. 11. 6, 7).

in œternum , el in seculum seculi (xLvir. 13 ). Cherchez le Seigneur, et votre âme vivra : Quærite Dominum, et vivet anima vestra | ( Psal, LXVIN. 33, ) Servez le Seigneur : Servite Domino (Psal. xcrx. 4). Ma part, Seigneur, continue le Psalmiste, c’est de vous servir en gardant votre loi : Portio mea, Domine, custodire legem tuam (exvur. 57). Que tout esprit loue et serve le Seigneur : Omnis spiritus laudet Dominum (Psal. cz. 6).

Ou notre âme, dit saint Augustin, est gouvernée par le légitime roi du ciel, ou elle est ravagée par le tyran : Anima nostra, aut a legitimo rege regitur, aut a tyranno vastatur (Serm. 1xxx1v de Temp.).

Le Seigneur est ma force et ma gloire , dit Moïse et tout le peuple avec lui; et il a été mon salut; il est mon Dieu, et je le glorifierai; le Dieu de mon père, et je l’exalterai : Fortitudo mea et laus mea Dominus, el factus est mihi in salutem : iste Deus meus, et glorificaba eu; Deus patris mei, et exaltabo eum (Exod. xv. 2).

Tu ne serviras jamais des dieux étrangers, dit le Seigneur dans le Deutéronome : Non habebis deos alienos (v.7). Tu craindras le Sei- -gneur ton Dieu, et tu le serviras lui seul : Dominum Deum tuum timebis, et illi soli servies (Deuter. vr. 43).

Celui , dit saint Augustin, qui veut que ce qui lui est inférieur Jui soit soumis, doit nécessairement être soumis lui-même à son supérieur. Reconnaissez l’ordre : Obéissez à Dieu, et que la chair -vous obéisse : quoi de plus juste? quoi de plus beau? Vous êtes soumis à celui qui est au-dessus de vous; et votre inférieur à vous. Vous servez celui qui vous a fait, afin que ce qui a été fait pour vous, vous serve. Mais si vous méprisez le service de Dieu , jamais la chair ne vous obéira. Vous qui n’obéissez pas au Seigneur , vous serez persécuté, tourmenté par l’esclave (1). Pharaon, dit encore saint Augustin, ne voulut pas obéir à Dieu; il fut forcé de se soumettre à des moucherons (Zn Psal. axLur ).

Craignez le Seigneur votre Dieu, dit l’Ecriture , adorez-le , et offrez-lui vos sacrifices. Gardez ses cérémonies, ses ordonnances, ses lois, et les préceptes qu’il a écrits pour vous; observez-les durant tous les jours de notre vie; et n’oubliez jamais l'alliance qu’il a faite avec vous (2).

(1) Expedit ut ille qui sibi subjici vult quod est inferius, se subjiciat superiori suo. Agnosce ordinem : Tu Deo, tibi caro; quid justius? quid pulchrius? Tu majori, minor tibi. Servi, tu, ei qui fecitte, ut tibi serviat quod factum est propter te, Si autem contemnis, tu, servire Deo , nunquam efficies ut serviat tibi caro. Qui non obtemperas Domino, torqueris a servo (/n Psal. exurri).

(2) Dominum Deum vestrum , ipsum timete, et illum adorate, et ipsi immolate,

Motifs de servir Dieu,

Servez Dieu en tout temps, dit Tobie à son fils , et demandez-lui de diriger vos voies, et que toutes vos pensées demeurent en lui : Ornni tempore benedic Deum; et pete ab eo ut vias tuas dürigat, et omnia consilia tua in ipso permanéant (1v. 20). Mes enfants, dit ce saint homme, écoutez done votre père : Servez le Seigneur dans la vérité, et cherchez à faire ce qui lui plait; et recommandez à vos enfants de faire des œuvres de justice et des aumônes, de se souvenir de Dieu et de le bénir en tout temps dans la vérité, et de toutes leurs forces (1).

Selon saint Bernard, celui qui ne cherche pas Dieu, qui ne le sert pas , n’a aucune vertu. Le service de Dieu ne doit point avoir de fin. Lors même qu’on a trouvé Dieu , on ne doit point cesser de le chercher par des désirs ardents (De Quadruplici debito ).

Mon fils, donne-moi ton cœur, dit le Seigneur dans les Proverbes: Prœbe, fili mi, cor tuum mihi (xxur. 26). Mon fils, en entrant au service de Dieu, demeurez dans la justice et dans la crainte, et préparez votre âme aux épreuves : Fil, accedens ad servitutem Dei, et in justitia et timore, et præpara animam tuam ad tentationem (Eccli. 11. 1).

Cherchez le Seigneur, dit Isaïe, tandis que vous pouvez le trouver; invoquez-le, tandis qu’il est près de vous : Quærite Dominum, dum inveniri potest ; invocate eum , dum prope est (LV. 6).

La sainte Ecriture, les saints Pères, l’Eglise, notre conscience, nos besoins, notre bonheur, ne cessent de nous rappeler que c’est pour

nous un devoir sacré de nous attacher au service de Dieu toute notre VIE

Nous devons servir Dieu parce qu’il est'notre Créateur, notre père.…., notre Rédempteur.….., notre providence, notre bienfaiteur de chaque instant...

Nous devons servir Dieu, parce que ne pas le servir est le suprême malheur.….., et le servir fidèlement est le suprême bonheur...

Nous devons servir J. C., dit saint Bernard , nous lui devons toute notre vie, pour quatre grandes raisons : 1° Nous nous devons entièrement à lui en raison de nos péchés passés... 2 Nous nous devons tout entiers à lui, qui est notre Créateur... 3° Nous lui appartenons

Cæremonias quoque, et judicia, et legem, et mandatum, quod scripsit vobis, custo- : dite ut faciatis cunctis diebus : et pactum quod percussit vobiscum nolite oblivisci (IV. Reg. xvI1. 36-38 ).

(1) Servite Domino in veritate, et inquirite ut faciatis quæ placita sunt illi; et filiis vestris mandate ut sint memores Dei, et benedicant eum in omni tempore in veritate, etin tota virtute sua (bTo.xiv. 10,41).

comme à nôtre Rédempteur..…. 4° Nous nous devons tout.entiers à la gloire future que J. G. nous a méritée (1).

La charité de J, G. nous presse, dit le grand Apôtre; J. C. est mort pour nous, afin que ceux qui viventne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour celui qui est mort et ressuscité pour eux : Caritas Christi urget nos : pro omnibus mortuus est Christus, ut et qui vivunt, jam non sidi vivant , sed eù qui pro ipsi mortuus est et resurrezit (XL. Cor. v. 14, 15).

L'âme, dit saint Anselme, doit s’oublier elle-même , et être toute à J.C., qui est mort pour nous faire mourir au péché , et qui est ressuscité pour nous faire ressusciter aux œuvres de la justice : Debet anima humana in se deficere , et proficere in Christo, qui mortuus est ut nos moreremur peccatis, et resurrexit, ut ad justiticæ opera resurgeremus (In Monolog.).

Celui, dit saint Bernard, qui a fait le ciel et la terre est à votre porte; c’est votre Créateur, vous êtes sa créature; vous êtes son serviteur, il votré maître; il est le potier, vous la boue dont il fait le vase. Vous lui devez done tout ce que vous êtes; vous tenez tout de celui qui vous a fait; il vous a comblé de biens. C’est lui qui règle pour vous le cours des astres , la température des saisons , la fécon- - dité de la terre, l'abondance des fruits. Vous devez le servir de toutes vos entrailles, de toutes vos forces (2).

11 faut pouvoir dire avec le Psalmiste : Mon âme vivra pour mon Dieu , et ma postérité le servira : Anima mea illi vivet, et semen meum serviet ipsi (XXI. 31).

Nous devons constamment louer, prier et servir Dieu de pensée, d'esprit, d'action, d’âme, de cœur; car 1° Dieu est la majesté infinie, la libéralité , la bonté, la miséricorde, la sainteté , la puissance sans bornes... 2% Nous devons le servir à cause de ses dons spirituels et temporels..…. 3° Toutes les créatures même irraisonnahles témoignent de la gloire de leur Créateur, et de l'hommage qu’elles lui rendent par leur beauté, leur ordre, leur nombre, leur obéissance constante ; par leur exemple, elles invitent et sollicitent l’homme à

(1) Propter quatuor totam vitam nostram debemus Christo : totos nos debemus satisfactioni pro peccatis præteritis; tolos creatori; totos redemptori; totos futuræ gloriæ (Serm. de Quadruplici debito).

(2) Ecce in januis est qui fecit cœlum et terram; etCreator tuus est, tu creatura : tu servus, ille Dominus; ille figulus, tu pigmentum. Totum ergo quod es, illi debes, a quo totum habes, illi qui et te fecit , et benefecit tibi; qui tibi ministrat siderum cursus, aeris temperiem, fœcunditatem terræ , fructuum ubertatem, Huic revera, totis medullis, totis viribus serviendum (De Quadruplici debito).

Avantages de servir Dieu.

Je connaître, à l'aimer, à le servir, à l’adorer..….. 4° Nous devons servir Dieu à l'exemple des anges et des saints... 5° Servir Dieu, c’est le propre des anges et des élus pendant toute l'éternité...

Je suis le Seigneur ton Dieu, dit-il à son peuple, qui t'ai tiré de la terre d'Egypte, de la maison de servitude : Ægo Dominus fuus, qui eduxi te de terra Egypti, de domo servitutis (Deuter. v. 6).

Nous venons de Dieu, nous tenons tout de Dieu, nous devons tout à Dieu, le corps, l'âme, les biens , la santé, la nourriture , le vêtement, etc.; donc nous devons servir Dieu de tout notre cœur, de toute notre âme, de toutes nos forces. Tout ce que nous tenons de lui doit être consacré à son service; or, nous tenons tout de lui...

Servir Dieu c’est régner, dit saint Bernard; porter Dieu, ce n’est pas un fardeau , c’est un ornement et une gloire : Cu servire regnare est ; gestare hunc non oneri est , sed ornari (Serm. vu in Psal.).

Que l’homme est heureux de servir Dieu toute sa vie ! dit Jérémie s Bonum est viro cum portaverit jugum ab adolescentia sua (x. 27).

Plus nous servons Dieu avec fidélité, exactitude, amour et persévérance, plus il nous enrichit et nous comble de biens...

Dieu, dit saint Augustin, dont le service est si avantageux à tous, au service duquel se trouve la seule et vraie liberté, délivre de tout ce qui peut nuire. C’est là notre espoir, d’être délivrés par celui qui possède la suprême liberté, et d’obtenir notre salut par l’affranchissement qu’il nous donne. Car nous étions les esclaves de la cupidité; rendus libres, nous devenons les serviteurs de la charité (1).

Se soumettre au service du Seigneur, c’est le louer, dit encore saint Augustin : /psi laudant Dominum qui subdunt se Domino (Lib. de Qualit. animæ).

Vous qui cherchez et servez le Seigneur, dit le Psalmiste, vous célébrerez ses louanges, et votre âme vivra éternellement : Zaudabunt Dominum qui requirunt eum, vivent corda eorum in seculum seculi (xxx. 27). Dieu est mon pasteur, continue le Psalmiste, je ne languirai pas; il m'a placé lui-même au milieu de ses pâturages, il m’a conduit près d’une eau pure et tranquille. [rend la force à mon âme; il m'a fait entrer dans les voies de la justice pour la gloire de son nom. Quand je marcherais au milieu des ombres de la mort, je ne craindrais aucun

(2) Ile ab omnibus liberat, cui servire omnibus utilissimum est, et in cujus servitio placere perfecte, sola libertas est. Hæc spes nostra est, ut a Liber liberemur, et liberando salvos nos faciat. Servi enim eramus cupiditalis; liberati, servi eflicimur caritatis ( Lib. de Qualit, animæ).

mal, parce que vous êtes avec moi, Seigneur. Vous préparez une table pour moi, sous les yeux mêmes de ceux qui me persécutent. Vous répandez sur ma tête l’huile des parfums; votre calice est enivrant et délicieux, et votre miséricorde me suivra tous les jours de ma vie, afin que j’habite dans la maison du Seigneur pendant toute la durée des jours éternels (Psal. xxix), C’est ainsi que le Roi-Prophète décrit les avantages du service de Dieu...

Dieu est notre pasteur. Les brebis ont besoin, 1° de pâturages fertiles; 2° d’une eau pure; 3° elles ont besoin d’être ramenées si elles s’égarent; 4° d’être conduites par de bons chemins; 5° d’être défendues des loups et de toute autre bête féroce; 6° d’être soignées lorsqu'elles sont malades; 7° d’être soutenues lorsqu'elles sont fatiguées. Enfin, quand la nuit approche elles ont besoin de rentrer au bercail pour se reposer. Or Dieu, le divin pasteur, donne tous ces admirables soins à tous ceux qui le servent fidèlement...

Servez le Seigneur, et votre âme vivra, dit le Psalmiste : Quærite Deum , et vivet anima vestra (zxvir. 33). Oh! qu'il m'est avantageux de m'attacher au service du Seigneur! s’écrie-t-1il : Mihi adhærere Deo bonum est (1xx1. 28). Seigneur, vous perdrez tous ceux qui troublent mon âme, parce que je suis votre serviteur : Perdes omnes qui tribulant animam meam , quoniam ego servus tuus sum (CxLIt. 42).

Si vous cherchez le Seigneur votre Dieu de tout votre cœur, vous le trouverez, dit l’Ecriture : Si quæsieris Dominum Deum tuum, invenies eum, si tamen toto corde quæsieris (Deuter. 1v.29). Et quel bonheur infini de trouver le Seigneur! Celui qui le trouve, a trouvé la vie.

Choisis la vie, dit le Seigneur, afin que tu vives, afin true tu aimes le Seigneur ton Dieu, que tu obéisses à sa voix et que tu t’attaches à lui; car il est la vie et la longueur de tes jours: Zlige vitam, ut et tu vivas. Et diligas Dominum Deum tuum , atque obedias voci ejus, et illi adhæreas}; ipse enim est vita tua, et longitudo dierum tuorum (Deuter. xxx. 19-20).

Le service de Dieu est infiniment plus précieux que la liberté du siècle, dit saint Ambroise : Æeligiosa servitus suhdita Deo, mullo melior est quam seculi libertas (Lib. de Fuga seculi).

Servir Dieu, dit Philon, est une gloire incomparable; cette gloire est non-seulement plus grande que la liberté, mais infiniment plus précieuse que toutes les richesses, que la puissance, et toutes les choses que les mortels admirent le plus : Servire Deo maxima est gloriatio ; non modo libertate major, sed et divitiis, et principatu. et omnibus rebus quas, mortales, miramur, pretiosior (Lib. de Joseph.).

C’est unè immense dignité d’être le serviteur du Tout-Puissant, dit saint Ambroise : Dignitas est servum esse potentis (Lib. de Fuga seculi ).

Disons donc avec Cassiodore + Vous servir, à Seigneur, c’est plus grand et plus noble que de s'emparer des royaumes du monde par la victoire ; et cela avec raison, puisque à votre service, d’esclaves nous devenons enfants, d’impies nous devenons justes, de captifs nous sommes rendus à la vraie liberté : Tibi, o Domaine, nobilius est servire, quam mundi regna capessere; merilo, quando ex servis filit, ex impüs justi, de captivis reddimur absoluti (Xn Psal.).

La maison du serviteur de Dieu sera bénie pour l’éternité, dit l’Ecriture : Benedicetur domus servi tui in sempiternum (AL. Reg. vir. 29).

Ceux qui cherchent le Seigneur tiennent compte de toutes choses, disent les Proverbes : Qui inguirunt Dominum , animadvertunt omnia (XXVIIL. 5).

Voici ce que dit le Seigneur par Isaïe : Mes serviteurs seront dans abondance, et, (vous qui méprisez mon service), vous aurez faim ; mes serviteurs seront désaltérés, et vous aurez soif; ils se réjouiront, et vous serez confondus; ils feront entendre dans le ravissement de leurs cœurs des hymnes de louange, et vous crierez dans la douleur de votre cœur, et vous gémirez dans la tristesse de votre esprit (1).

S'ils écoutent et observent sa loi, s'ils servent Dieu , dit Job, ils passeront leurs jours dans le bonheur, et leurs années dans la gloire: Si audierint et observaverint, complebunt dies suos in bono , et annos suos in gloria (XXXVr. 14).

Partout où le peuple de Dieu est entré sans arc, sans flèche, sans bouclier, sans épée, est-il dit au livre de Judith, leur Dieu a combattu pour eux , et a vaincu. Et nul n’a insulté à ce peuple, si ce n’est lorsqu'il s’est éloigné du service de Dieu. Toutes les fois qu’ils ont adoré un autre que leur Dieu, ils ont été livrés en proie au glaive et à l’opprobre; et toutes les fois qu'ils se sont repentis de s'être éloignés du service de leur Dieu, le Dieu du ciel leur a donné la force de résister. En servant Dieu , ils ont détruit le roi des Chananéens, le roi des Jébuséens , le roi des Phérézéens, et les Ethéens, et les Evéens, et les Amorrhéens, et tous les forts en Hésébon, et ils

(1) Ecce servi meicomedent, et vos esurietis; ecce servi mei bibent, et vos sitietis; ecce servi mei lætabuntur, et vos confundemini : ecce servi mei laudabünt præ exsul-

tatione cordis, et vos clamabitis præ dolore cordis, et præ contritione spiritus ululabitis (LxY.13. 14).

ont possédé leurs terres et leurs villes. Tant qu’ils n’ont point péché en présence de leur Dieu, ils ont vu les biens se multiplier pour eux; car leur Dieu haït l’iniquité. Avant ces années, s'étant retirés du service de Dieu, ils ont été exterminés dans Les combats par plusieurs nations, et plusieurs d’entre eux ont été conduits en captivité dans une terre étrangère (v. 18-22).

Dans ce tableau tracé par l’Esprit-Saint lui-même, nous voyons les avantages merveilleux du service de Dieu, et les malheurs de ceux qui abandonnent ce service...

Qui a sauvé Noé du déluge ? sa fidélité au service de Dieu. Qui à rendu si célèbres Abraham, Isaac, Jacob , Joseph? Qui a rendu si forts et si puissants Moïse, Josué , Judas Machabée ? Où les prophètes puisaient-ils tant de vertus et de lumières? Qui a fait la gloire dé Job , de Tobié , de Suzanne, de Judith, d’Esther, de Débora , de Jaël? Qui a fait les apôtres si zélés , les martyrs si patients , les anachorètes si mortifiés et si parfaits , les vierges si belles en sainteté ? ‘Qui fait encore aujourd’hui les saints missionnaires, les saintes filles de charité? Qui peuple les déserts et les montagnes de fervents religieux ? Qui fait le bon pasteur , le bon troupeau? Qui peuple le ciel ? Qui fait tous les saints dans tous les temps? Il n’y a qu’une seule réponse à donner à toutes ces questions : le dévouement au service de Dieu. Quelle est la cause de tant de scandales , de tant de crimes, de tant de forfaits? le mépris du service de Dieu. Qui peuple l'enfer et fait les réprouvés ? l'oubli et l’abandon du service de Dieu...

Cest le suprème bonheur, la suprème gloire pour le temps et pout l'éternité, que de s’attacher au service de Dieu ; comme c’est Le suprème malheur, la suprème ignominie, que de ne plus servir Dieu...+,

Ecoutez le grand serviteur de Dieu , saint Paul : J’ai combattu le bon combat , j'ai achevé ma course, j'ai gardé la foi. Du reste , j’attends la couronne de justice , que le Seigneur, juste juge, me rendra en ce jour, et non-seulement à moi, mais encore à ceux qui aiment son avénement (1).

Nuz ne peut servir deux maitres, dit J. C.; car, ou il aimera lPun et haïra l’autre, ou il sera docile à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez pas servir Dieu et l’argent : Memo potest duobus dominis

(1) Bonum certäamen certavi, cursum consummavi, fidem servavi. In reliquo reposita est mihi corona justitiæ, quam reddet mihi Dominus in illa die, justus judex, non solum autem mihi, sed ct iis qui diligunt adventum ejus (LL. Tim. 1v. 7. 8),

Nul ne peut servir deux mailres.

Comment faut-il servir Dieu,

Moyens de servir Dieu.

‘servus non essem ( Gal, 1. 40).

servire ; aut enim unum odio habebit, et alterum diliget ; aut unum susÉLnebit , et alterum contemnet. Non potestis Deo servire et Mammonæ (Matth. vr. 24).

On ne peut pas servir le Créateur et la créature, Dieu et le démon, le cielet la terre , la vertu et le vice, l'âme et le corps...

Si je plaisais encore aux hommes , je ne serais point le serviteur du Christ, ditle grand Apôtre : Si adhuc hominibus placerem, Christi

Qui vous appartient plus que vous-même? dit saint Augusun. Mais qui vous appartient moins que vous-mème , si vous vous donnez à tout autre qu’à Dieu ? (Zn Psal.)

Vous n'aurez jamais de dieux étrangers, dit le Seigneur : Mon habebis deos alienos (Deuter. v. 7).

Le prophète Elie s’adressant à tout le peuple, lui dit : Jusqu'à quand boiterez-vous des deux côtés? Si le Seigneur est Dieu, suivez-le; et si Baal est Dieu, ne suivez que lui : Usquequo claudicatis in duas partes ? Si Dominus est Deus, sequimini eum : si autem Baal, sequimint lum (IL. Reg. xvur. 21 ).

On ne pourra jamais unir ensemble, dit saint Bernard , la vérité et le mensonge, ce qui est éternel et ce qui est transitoire , Les choses de l’esprit et celles de la chair, le ciel et la terre : vous ne pouvez jouir du ciel et vivre selon la terre : Nec misceri poterunt vera vanis , œterna caducis, spiritualia corporalibus, summa mis; uË pariter sapias quæ. sursum sunt, et que super terram (Serm. super Missus est).

Leur cœur est partagé, ils périront, dit le prophète Osée : Divisum est cor eorum , interibunt (x. 2).

Drav exige huit conditions pour son service , et pour que ce service lui plaise, il faut : 1° qu’on le serve dans la justice; 2 dans un cœur bon; pur, sincère, droit et fervent...; 30 que nous soyons tout entiers à son service; 4° que nous le servions avec joie, et non avec trouble et tristesse.….; 5° que nous fassions tous nos efforts pour Le servir de notre mieux...; 6° que nous le servions dans un cœur généreux, avec une bonne volonté...; 7e que notre service ne soit pas incohérent, vicié, corrompu, mais pur et parfait..….; 8° que nous le servions jusqu’à notre dernier soupit....:

Lo N'avez de goût que pour les choses du ciel , et non pour les chos ses de la terre, dit le grand Apôtre : Quæ sursum sunt sapite, non queæ super terram (Coloss. 11. 2).

SERVICE DE DIEU. M5 de Tout ce que vous faites, en paroles ou en œuvres, dit encore saint Paul, faites tout au nom du Seigneur Jésus, rendant grâces par lui à Dieu le Père : Omne quodcumque facitis in verbo, aut in opere, Omnia in nomine Domini nostri Jesu Christ, gratias agentes Deo Patri per ipsum (Coloss. nr. 47).

3° Pensez que vous commencez seulement aujourd’hui à servir Dieu , et que peut-être c’est votre dernier jour...

4 Pensez que vous àvez mal servi Dieu jusqu’à présent.

5° Je vous indique, dit saint Augustin, un moyen par lequel vous pouvez constamment servir et louer Dieu, si vous le voulez : c’est de bien faire tout ce que vous faites : Suggero medium unde tota die laudes Deum, si vis : quidquid egeris, bene age, et laudasti Deum (In Psal. XXXIV ).

Nécessité du silence.

ARDEZ le silence, vous qui habitez dans l'ile , qui êtes séparés

du monde , dit Isaïe : T'acete qui habitatis in insula (xx. 2).

Que tout homme soit prompt à écouter; et lent à parler, dit l'apôtre saint Jacques : Si omnis homo velox ad audiendum, tardus autem ad loquendum (1. 19).

Elle est célèbre cette sentence de Sénèque : Celui qui ne sait pas garder le silence , ne sait pas parler : T'acere quisquis nescit, hic nescit logui (In Prov.).

Le silence ne nuit à personne, dit Caton ; le rompre est souvent nuisible : Nemint tacuisse nocet, multis nocet esse locutum ( [ta Laert., lib. VIL c. 1).

L'homme, dit Epaminondas, doit être plus désireux d'entendre que de parler; car la sagesse vient de l'audition silencieuse, et la multitude des paroles donne lieu au repentir : Æ/omo debet esse cupidus audiendi potius quam loquendi ; quia, ex audiendo doctrina, ex loquacite pænitentia nascitur (1ta Maxim. ).

L'homme a la langue environnée de deux murs, des dents et des lèvres, pour lui apprendre à garder le silence...

Langue, lingua, vient, dit-on, du verbe ligare, lier; ce quiannoncerait la nécessité de retenir sa langue...

Théocrite entendant parler Anaximène , disait : Le fleuve de paroles commence ; mais pour le sens, c’est une goutte : Zncipit verborum flumen, mentis qutta (Ita Stobœus, serm. xxxIx ).

L’insensé ne sait pas se taire, dit Solon : Sfultus tacere nequit (Ita Stobœus, serm. XxXxIV).

Comme vous choisissez ce que vous mangez, dit saint Augustin : choisissez également ce que vous dites : Sicué eligis quo vescaris, sic elige quod loquaris (In Psal. r).

Parlez par les œuvres, et non par la langue, dit encore saint Augustin : Operibus loquantur, non vocibus (Serm. xxx11 in Evang. Luc. }.

Si quelqu'un parmi vous, dit l’apôtre saint Jacques, croit êtr religieux et ne met pas un frein à sa langue, mais séduit son propre cœur, sa religion est vaine : Si quis putat se religiosum esse, non

SLLENCE. 417 refrænans linguam suam, sed seducens cor suumn, hujus vana est religio (1. 26 ).

La langue est un cheval indompté, il faut la brider par la raison , la prudence et le silence...

L'eau retenue s'élève , dit saint Grégoire; l’âme silencieuse s’élève aussi. L'eau qui n’est pas arrêtée s’en va, se perd ; ainsi l’âme qui ne garde pas le silence s’en va çà et là, se dissipe, s’évapore , tombe, se perd et disparaît (Lib. VIE Woral., ce. vu).

Celui qui n’a pas le rempart du silence , dit encore ce saint docteur, voit la cité de son âme ouverte aux traits de l’ennemi; car, par ses paroles, l'âme se jette hors d'elle-même; elle se découvre tout entière à son adversaire, qui la surmonte sans travail et sans peine ; d'autant plus qu’elle aide elle-même son ennemi à la vaincre et à l’abattre (1).

Saint Antoine ne cessait de dire : Retenez votre langue : Contine linguam (In Vit. Patr. ).

Nous lisons dans la vie des Pères qu'un vénérable vieillard appelait ceux qui ne savaient pas garder le silence, une étable sans porte : Stabulum sine janua.

L'abbé Agathon, pendant trois ans, porta une pierre dans sa bou- ‘che, afin d’être forcé de garder Le silence ( Zn Vit. Patr. ).

Le Prophète royal disait à Dieu : Seigneur, mettez une garde à ma bouche et une porte à mes lèvres : Pone, Domine, custodiam ori meo, et ostium circumstantiæ labs meis ( cxL. 3).

Même en recevant une injure, dit saint Ambroise, il faut garder le silence. Si vous savez le motif pour lequel on vous insulte, taisezvous; si vous l’ignorez, taisez-vous encore, afin de fermer la plaie : car en gardant le silence, vous êtes seul témoin de la faute de votre prochain; mais si vous répondez, sa faute devient la vôtre (Zn Psal, cxvIMm ).

Garder Le silence, fermer l'oreille et passer outre, voilà ce qu’il convient de faire lorsqu'on est insulté..... Cest ce que faisait le saint roi David : Je faisais le sourd, dit-il, je faisais le muet : Z'go autem sicut surdus non audiebam, et sicut mutus non aperiens os suum

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