V. Marie n’a jamais péché; elle est comme impeccable
pas de commeitre éet attentat, qu’il sache qu'i encourra l’indignation de Dieu tout-puissant et de ses bienheureux apôtres Pierre et Paul.
Donné à Rome, près Saint-Pierre, l’an de l’Incarnation de Notre- Seigneur mil huit cent cinquante-quatre, le six des ides de décembre de l’année MDCCCLIV, de notre pontificat l'an neuvième.
PIUS IX, pape.
Mare conçue sans péché, immaculée dans sa conception, née sans tache , vécut sans tache ; jamais elle n’éprouva aucune révolte dans les sens, dans la chair, dans l’âme, dans l'esprit et dans le cœur... Marie n’a jamais commis la moindre faute, le plus léger péché véniel. Cest la ferme croyance et l’enseignement formel de l'Eglise ; le saint concile de Trente l’a déclaré (Sess. VI, éan. xx).
A l'extérieur, Dieu éloignait de Marie les occasions du péché ; à l'intérieur, il lui suggérait de saintes pensées et de sublimes désirs. Elle ne s’occupait que de Dieu. Son intelligence était remplie
de lumières, sa volonté de célestes affections. Elle éprouvait une
horreur invincible pour le démon , pour le péché, et semblable aux eaux d’un fleuve rapide , elle avançait constamment dans la voie de la plus sublime perfection. Jamais ses forces ‘et son ardeur pour le bien ne diminuèrent, mais elles allèrent au contraire toujours en augmentant.
Deux causes préservèrent Marie même de la faute la plus légère. La première est la protection et la constante assistance de Dieu, qui gouvernaient et réglaient tellement tout en elle, qu’elles prévenaient mieux encore que dans Adam innocent tout mouvement , même indélibéré, de la concupiscence. Telle fut la véritable cause de l’assoupissement , ou plutôt de lextinction absolue du foyer de la concupiscence et de l’absence de tout péché en Marie. La seconde cause fut la parfaite correspondance qu’elle apporta à toutes les grâces et son ardent amour pour Dieu...
Il faut avouer que, par sa dignité de mère de Dieu, Marie méritait cette faveur, d’être presque confirmée en grâce et comme impeccable. IL était d’ailleurs très-convenable qu'il en fût ainsi, parce qu’elle est l’avocate , la médiatrice et en quelque sorte la rédemptrice des hommes. Beaucoup de docteurs ont soutenu que Marie était absolument impeccable. Cest le sentiment de saint Bonaventure , de Richard de Saint-Victor , de Marsilius , d’Almain , et de beaucoup
d’autres. La plupart croient que Marie était du moins moralement impeccable , et par cette impeccabilité morale , ils entendent la certitude infaillible où elle se trouvait qu’elle ne pécherait pas.
Celle qui avait été destinée par Dieu à écraser la tête du serpent, ne pouvait pas tomber dans les piéges de l'ennemi des hommes...
Celle qui devait porter dans son sein le Sauveur du monde devait être sans tache.
Creux, versez votre rosée : nuées, envoyez le juste comme une pluie; que la terre s’ouvre et qu’elle enfante le Sauveur : Forate, cœli, desuper, et nubes pluant justum; aperiatur terra et germinet Salvatorem (Isai. xLv. 8). Ces paroles prophétiques, admirable expression des désirs d’Isaïe, s'appliquent à J. G., mais aussi à Marie, puisque sans Marie le Verbe ne se serait pas incarné.
Une étoile sortira de Jacob, dit Balaam : Orietur stella ex Jacob (Num. xxiv. 17). Cette étoile c’est Marie; elle vient au monde comme l’astre brillant de l’aurore qui annonce le lever du soleil de l'éternité. Aussi l'Eglise invoque-t-elle Marie sous le nom d’Etoile du matin : Stella matutina (Litan. ).
Un rejeton, dit Isaïe, naïitra de la tige de Jessé; une fleur s’élèvera de sa racine : Ægredietur virga de radice Jesse, et flos de radice ejus ascendet (xx. 1). L'esprit du Seigneur reposera sur ce rejeton, l'esprit de sagesse et d'intelligence , l’esprit de conseil et de force, l'esprit de science et de piété, et il le remplira de la crainte du Seigneur : £#t requiescet super eum Spiritus Domini ; spiritus sapientiæ et intellectus , spiritus consilit et fortitudinis, spiritus scientiæ et pietatis, et replebit eum spiritus timoris Domini (Ibid. 2. 3). Voilà des prophéties qui se sont accomplies en Marie lors de sa nativité.
Levez-vous, hâtez-vous, ma bien-aimée, ma colombe, vous qui êtes belle à mes yeux, venez : Surge, propera, amica mea, columba mea , formosa mea, et veni (Cant. 11. 10). Avant la venue de J. C., le ciel et la terre empruntaient à l’envi ces paroles pour exprimer combien ils.désiraient la naissance de celle qui devait être la mère du libérateur promis. Accomplissant le serment que j’ai fait à Abraham ton père , je te bénirai, dit le Seigneur à Isaac, et toutes les nations de la terre seront bénies en ta postérité : Benedicam hibi, complens juramentum quod spopondi Abraham patri tuo : et benedicentur in semine tuo omnes gentes terræ (Gen. xxv1. 3. 4). Venez, à libérateur du genre humain; en vous comme en J. C., ou plutôt, en vous parJ.C., toutes les nations de la terre seront bénies. Je vous salue, pleine de