‹ Les trésors de Cornelius a LapideChapitre 23 sur 57 · XXVI. Marie médiatrice · texte numérisé non relu

XXVI. Marie médiatrice

Marie étant au premier rang dans le ciel , étant reine pour léterunité, a une puissance. égale à son titre. Elle peut tout ce qu’elle veut..…, Par conséquent, nous avons tout en Marie; nous trouvons tout en elle. Elle veut notre bonheur et notre salut; rendons notre volonté conforme à la sienne.

ÎL est nécessaire , dit saint Bernard, d’avoir un médiateur auprès de J. G. médiateur lui-même ; or, nous n’en avons point de comparable à Marie : Opus est mediatore ad mediatorem istum ( Christum ) ; nec alter nobis utilior quam Maria (Serm. in illud Apoc, : Signum magnum apparuit).

Marie a été établie de droit par J. C. médiatrice entre Dieu et les hommes. C’est pourquoi elle a recu des grâces spéciales, nonseulement pour elle, mais pour tous les fidèles , comme étant leur chef.

Qui peut, en y réfléchissant, dit saint Anselme, estimer de quelle louange est digne celle qui, seule de toutes les créatures, a dû devenir la médiatrice de tant de faveurs? Quis ista perpendens , æstimare queat , qua laude digna sit, quæ tantorum beneficiorum sola præ cunctis effici debuit mediatrix ? (Lib. de Excell. Virg., c. 1x.)

Eve fut l'instrument de la perte d’Adam; car ce fut elle qui lui présenta le fruit défendu; notre premier père le dit lui-même à Dieu : La femme que vous m’avez donnée pour compagne , m’a présenté du fruit de cet arbre, et j’en ai mangé (Gen. 111. 42). Marie fut l'instrument du pardon, de là rédemption et de la résurrection de l’homme; c’est d’elle qu'est né J. C. le fruit de vie; c’est elle qui l’a présenté au monde. Elle a été vraiment la médiatrice de notre salut en consentant à devenir la mère du Sauveur. La race humaine est tombée par Eve; elle s’est relevée par Marie. Sans Marie, que devenait le monde? Il fallait un rédempteur; serait-il venu sans elle? De toute éternité Dieu avait résolu de sauver l’homme par le Verbe fait chair; mais de toute éternité il avait résolu de prendre Marie pour mère du Verbe incarné, et par conséquent, de l’employer à notre salut. Marie à eu autant de part à la rédemption, qu’Eve en avait eu à la chute..…. ee

C’est Marie qui a écrasé la tête du serpent : Zpsa conteret caput tuum (Gen. 111. A5).

La mort nous est venue par Adam, etla vie par J. G., dit saint Chrysostome ; le serpent a séduit Eve, Marie a donné son consentement à l'ange Gabriel : mais la séduction d’Eve a apporté la mort au

monde, tandis que le consentement de Marie lui a donné un sauveur. Ce qui avait péri par Eve a été rétabli par Marie: le Christ a racheté la race humaine qu’Adam avait livrée à la captivité; l'ange Gabriel est venu nous promettre le retour des biens que le démon nous avait fait perdre sans espoir de les retrouver jamais (1).

Après le déluge , Dieu fit paraître l’arc-en-ciel comme le signe de l'alliance qu’il faisait avec l’homme : Je placerai , dit-il, mon arc dans la nue , comme signe d’alliance entre moi et la terre; et je me souviendrai de mon alliance avec vous, et il n’y aura plus désormais de déluge pour détruire (2). L’arc-en-ciel était la figure de Marie que Dieu a placée entre le ciel et la terre , en signe de l'alliance qu'il a faite avec les hommes, etc...

Saint Bernard appelle Marie l’échelle de Jacob , le buisson ardent, Parche d'alliance, l'étoile du matin , la verge d’Aaron, la toison de Gédéon, le lit nuptial , la porte du ciel, Le jardin fermé, l'aurore du salut : Zst scala, rubus , area, sidus, virga, vellus, thalamus , porta , hortus, aurora (Serm. in Assumpt. ).

J. C. ne peut rien refuser à sa mère; puisqu'il a voulu que tout nous vint par Marie...

La bienheureuse vierge a réconcilié Dieu avec l’homme. Par son humilité et sa pureté, elle a appelé J. G. du ciel sur la terre; par ses paroles, ses exemples et sa protection, elle nous a ouvert la porte du ciel et elle nous en a montré le chemin. Voilà pourquoi J. CG. l’a mise au-dessus de tous les élus et a voulu que personne ne fût sauvé et n’arrivât au ciel sans le consentement, le secours et la direction de Marie. Celui qui désire être sauvé et assurer son salut, doit donc être constamment le fidèle et fervent serviteur de Marte; il doit s’efforcer de faire chaque jour des progrès dans l'amour et la dévotion qu’il a pour elle.

Marie est notre mère. Or, les bras et Le cœur d’une mère sont toujouré ouverts pour recevoir, excuser, défendre, caresser, embras. ser et bénir ses enfants...

(1) Mors per Adam, vita per Christum; Evam serpens seduxit, Maria Gabrieli consensit ; sed seductio Evæ attulit mortem, consensus Mariæ attulit seculo salvatorem. Restauratur per Mariam, quod per Evam perierat : per Christum redimitur quod per Adam fuerat captivum; per Gabrielem promittitur, quod per diabolum fuerat desperatum ( Serm. de Incarnat. Verbi).

(2) Dixitque Deus : Arcum meum ponam in nubibus, et erit signum fœderis inter me et inter terram. Et recordabor fæderis mei vobiscum; et non erunt ultra aquæ diluvii ad delendum (Gen. 1x. 12-15).

Les mérites de Marie intercèdent toujours pour nous auprès de Dieu; ils nous obtiennent toutes Les grâces...

Marie étant mère de Dieu et ayant coopéré activement à l’incarnation et par conséquent à la rédemption, saint Anselme et les autres Pères l’appellent la médiatrice de toute l'Eglise et de tous les fidèles... |

Par Marie, mère de la grande famille humaine, et médiatrice entre J, C. et nous, Dieu donne aux martyrs la force , aux vierges la chasteté, aux apôtres le zèle, aux confesseurs la patience, aux anachorètes l’austérité, aux religieux l’humilité, la pauvreté et l’obéissance, aux époux la continence et la fidélité conjugale, à tous les fidèles enfin, les dons, les vertus et Les grâces qui leur conviennent...

Ni les anges, ni les hommes, eussent-ils été réunis, n’auraient pu mériter et obtenir la réhabilitation du monde. Ila fallu J. C., et après lui et par lui la bienheureuse Vierge; il suit de là que Marie peut plus auprès de Dieu, que tous les anges et tous les hommes ensemble, D’où saint Anselme conclut que c’est par Marie que le monde entier est sorti de ses ruines , s’est relevé et a été renouvelé (Lib. de Excell. Virg.).

J.C., qui a choisi Marie pour se revêtir de notre nature, veut nous recevoir par elle. Comme il s’est incarné et s’est fait, d’après saint Paul, notre sagesse, notre justice, notre sanctification et notre rédemption (1); ainsi a-t-il accordé à sa mère d’être, par sa coopération, notre sagesse , notre justice et notre sanctification. ILa voulu nous communiquer par elle la grâce, la sagesse , la justice et la rédemption dont il est le principe.

Dieu nous a donné Marie pour mère ; sa volonté est que , dans les tentations, les difficultés, le manque de force et de grâce, nous ayons recours à elle comme à la meilleure des mères; que nons recevions de sa main tous Les biens, et que par conséquent, en elle et par elle, nous rendions constamment grâces au Seigneur notre Dieu...

Etant mère de J. C., la très-sainte Vierge est nécessairement le moyen de notre rédemption , et de tout l’ordre des grâces institué Dar de Csvaine

Heureuse Vierge, dit saint Pierre Chrysologue, heureuse Vierge qui , seule dans l’univers , a mérité d’entendre ces paroles : Vous

(1) Factus est vobis sapientia et justitia, et sanctificatio, et rédemptio (I. Cor. r. 80),

avez trouvé grâce devant le Seigneur! Et quelle grâce? celle que l'ange lui avait annoncée en commencant de la saluer, une grâce abondante et parfaite : Ave gratia plena. Oui, vraiment abondante, car elle la répand sur toute la terre. Vous avez trouvé grâce auprès de Dieu. Et après avoir parlé ainsi , l'ange lui-même admire à la fois et une femme douée de tant de grandeur, et que tous les hommes fussent redevables de la vie à une femme : /pse angelus miratur et feminam tantam, et omnes homines vitam meruisse per feminam ( Serm. GXLI ).

O femme, qui avez reçu la plénitude et la surabondance de la grâce , s’écrie saint Anselme, cette abondance a rejailli sur toute créature et l’a rendue à la vie ! O femina plena et super plena gratia, de cujus plenitudinis abundantia respersa reviviscit omnis creatural (S. Bonav., Speculi, c. vit.)

Marie, dit saint Bernard, Marie demande cette surabondance pour le salut de l’univers : Petit superfluentiom ad salutem universitatis (De Aquæductu). L’Esprit-Saint viendra en vous, Ô Marie, et il vous comblera de tant de grâce , qu’elle débordera de toutes parts : elle sera entière et parfaite pour vous, surabondante pour nous : Plena tibi , superflua nobis. Le Dieu de toute bonté à mis la plénitude et la surabondance de la grâce en Marie, afin que si nous espérons en elle, ce débordement et ce déluge de grâce vienne en nous (Æjusd. eod. loco).

Marie est une nuée pleine des éaux incorruptibles de la grâce, une nuée qui arrose, vivifie et féconde les âmes , tempère l’ardeur du feu des vengeances célestes , et éteint la flamme de la concupiscence. Marie ressemble à la colonne qui précédait le peuple de Dieu; elle porte Dieu dans son cœur et elle conduit le peuple chrétien à travers le désert de ce monde...

Je suis, dit Marie par la bouche de l’auteur de l’Ecclésiastique, je suis la mère du bel amour, et de la crainte, et de la science , et de la sainte espérance : Zgo mater pulchræ dilectionis, et timoris, et agnitionts, et sanctæ spei (xxiv. 24).

Que par vous, s’écrie saint Bernard , que par vous, Ô Marie, nous ayons accès auprès de votre fils. O Vierge bénie, qui avez trouvé grâce et qui avez enfanté la vie, mère du salut! que celui-là nous recoive par vous, qui nous a été donné par vous : Per te accessum habeamus ad filium, o benedicta inventrix gratiæ, genitrix vitæ , mater salutis; per te suscipiat nos, qui per le datus est nobis (Serm. de

Assumpt. ).

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